‹ Guide du botaniste, ou Conseils pratiques sur l'ètude de la botanique (volume 2)Chapitre 22 sur 148 · ARTIFICIELS · texte numérisé non relu

ARTIFICIELS

nique imaginés dans le seul but de faire trouver aisément le nom des espèces, sans qu’il soit besoin à celui qui les crée et h ceux qui en font usage, de connaître l’organisation approfondie des plantes. Ces systèmes sont fondés sur des eonsidérations relatives à un seul organe ou à un très petit nombre d’organes* Ainsi, le système de classification inventé par Linné, comme système provisoire, et qui est basé sur le nombre et l’arrangement des étamines et des pistils, est un système artificiel.' Les systèmes artificiels pouvant être établis sur des données incomplètes, précèdent, dans la marche des connaissances humaines, les méthode^ naturelles dont rétablissement suppose la connaissance, sinon de tous les objets, du moins de tous les principaux types d’organisation. Aussi, Linné n’a-t-il imaginé son système artificiel (très supérieur du reste à tous ceux qui ont été inventés avant ou après lui) que faute de données suffisantes pour créer une méthode naturelle, dont il s’est efforcé cependant de tracer une esquisse avec les matériaux insuffisants qui avaient pu être réunis de son temps.— Le système artificiel de Linné a pour conséquence (et Linné ne l’ignorait pas) de rapprocher souvent des objets très dissemblables; il renferme d’ailleurs un assez grand nombre de groupes qui ont dû être conservés dans les méthodes naturelles : les Composées, les Crucifères, les Ombeîlifères , les Papilionacées ; les Graminées, etc., etc. — Linné avait rendu possible l’étude des plantes par l’idée qu’il eut le premier d’imposer à chaque espèce un nom spécifique composé d’un seul mot (avant Linné, chaque espèce avait pour nom une phrase descriptive latine longue souvent de plusieurs lignes); en créant son système il rendit l’étude des plantes facile , et ce fut * un immense service qu’il rendit à la science, car les botanistes pouvant dès lors arriver au nom des plantes avec sûreté et promptitude, purent profiter de ce qui était déjà écrit sur ces plantes, et surtout coordonner les nombreux matériaux qui arrivaient de toutes parts. — Grâce à ces moyens d’étude créés par Linné , et aussi par Tournefort qui est le fondateur de la délimitation rigoureuse des genres, les faits acquis s’étant multipliés considérablement dans l’espace d’un petit nombre d’an-

ZlO/| ARTIFICIELS. — ASCENDANT.

nées, un nouveau législateur, Antoine-Laurent de Jussieu, a pu établir une méthode basée sur les affinités naturelles des plantes entre elles. — Des essais d’une méthode naturelle avaient antérieurement été tentés, non seulement par Linné, mais aussi par Adanson et plusieurs autres botanistes ; mais A.-L. de Jussieu eut la gloire de reconnaître et d’appliquer le premier les véritables principes de cette méthode. Adanson comptait les caractères, A.-L. de Jussieu s’attacha à les peser. En un mot, il démontra le principe de la subordination des caractères , principe qui consiste à fonder les divisions de premier ordre sur des caractères tirés de la présence ou de l’absence des organes les moins variables, et à se servir, pour établir les groupes de second ordre, de troisième ordre, etc., de caractères de valeur de plus en plus secondaire , c’est-à-dire tirés de la présence ou de la forme d’organes de moins en moins fixes, de plus en plus variables. — Le système de Linné qui a rendu de si grands services à la science n’est plus aujourd’hui qu’un monument historique. La méthode naturelle est la seule qui soit adoptée maintenant dans les ouvrages descriptifs ; la classification des plantes d’après cette méthode est perfectionnée et modifiée chaque jour par les botanistes qui se succèdent, et au fur et à mesure des nouvelles découvertes de plantes et des nouveaux progrès de la science; et telle est la vérité des principes sur lesquels cette méthode repose, que, bien que le nombre des plantes connues ait été quadruplé dans l’intervalle qui s’est écoulé depuis sa fondation, tous les nouveaux types ont pu trouver place dans les anciens cadres, et qu’il a * suffi de les subdiviser. ,>

arvensis (de arvum , champ), qui croit dans les champs. , ascendant, ascendens , étalé ou arqué à la base, puis redressé. Chez les plantes qui croissent en touffe compacte, les tiges de la circonférence étant rejetées en dehors par celles du centre, se dirigent d’abord obliquement, puis se redressent quand elles ne rencontrent plus d’obstacle; ces tiges coudées à la base sont dites ascendantes. Chez d’autres plantes, les tiges se couchent naturellement sur la terre et ne se redressent que dans ‘ leur partie supérieure; tel est le cas pour les tiges de certaines

ASCENDANT.— ASTOME. 405

espèces annuelles : par exemple, une variété du Chenopodiùm rubrum, du Polygonum Persicaria , etc. — Tous les organes coudés k la base, puis redressés, sont dits ascendants; les ovules qui naissent au-dessus de la base de la loge qui les renferme, et sont dirigés vers le sommet de cette doge, sont dits ascendants. — Les filets des quatre longues étamines de la fleur des Crucifères sont ascendants , les filets des deux étamines courtes chez la même fleur sont droits.

Ascidium, synonyme’ inusité d 'Utriculus, Utricule. — ascidia tus, muni d’utricules. — ascidiiformis , en forme d’utricule.

(plur. Asci), sac renfermant plusieurs spores; sorte de Sporange. — ascigerus, qui porte des sacs sporifères. uscyphus. On a donné le nom de Scyphus (coupe, verre k boire) • aux godets qui renferment les lmlbilles des Marckantîa , et aux processus foliacés en forme d’entonnoir qui, chez certains Lichens, portent les fructifications. ^Ascyphus signifie manquant de l’organe désigné sous le nom de Scyphus, et s'oppose à scy phi fer ou scyphi férus. ■.

asper, âpre, rude, dont la surface est chargée d’aspérités, de . poils courts et roides, etc.

aspergilliforme,... mis, en forme de goupillon ou dé pinceau à - .poils divergents. 11 est plus court et plus clair de se servir de l’expression : en goupillon,

Aspergillus , Goupillon, organe ressemblant k un goupillon, faisceau de poils divergents porté k l’extrémité d’un corps cylindrique.

Asperies, Aspérité. — asper, rude. — asperulus, un peu rude. aspersus et adspersus, parsemé (de poils, de taches, etc.).* aspirus, qui n’a point de spire. * •

Assimilation, Assimilatio ; force organique qui agit dans les corps vivants, animaux ou végétaux , et en vertu de laquelle des substances puisées k l’extérieur, après avoir été modifiées par les organes du corps vivant , entrent dans sa composition. La nutrition et l’accroissement du corps sont le résultat de l’action de l’assimilation.

astome, astomus, qui ne présente point de Stoma (bouche) ; on nomme stoma l’ouverture de l’urne ou capsule des Mousses;

Page 1