FAISCEAUX FIBRO-VASCULAIRES. — FASCIATION
Faisceaux fibro-vasculaires; on désigne sous ce nom les faisceaux composés de tissus fibreux (clos t res J et de vaisseaux qui constituent la partie ligneuse des tiges et qui chez les Monocotylédones sont isolés, et chez les Dicotylédones constituent des cylindres ou zones concentriques qui emboîtent la colonne médullaire centrale (moelle).
falcQtus , courbé sur le tranchant; en forme de fer de faux, falsinerves (Feuilles) , folia falsinervia ; on donne cette qualification aux feuilles des plantes cryptogames cellulaires, des Fucus par ex. qui présentent des nervures, ces nervures étant composées de tissu cellulaire allongé et ne contenant pas de vaisseaux.
Famille, Familia , Ordo. Groupe naturel de plantes formé par l’agglomération d’un certain nombre de genres ; quelquefois même par un seul genre, si la structure des plantes que ce genre renferme présente des caractères tels qu’il doive rester • ,en dehors des familles déjà établies.
farctus , plein ; s'oppose à vacuus , vuide, creux, farineux, farinosus , amylaceus ; qui renferme de la fécule, qui .a l’aspect de la farine. ' .
farinaceusy farineux; qui est saupoudré d’une poussière semv blable à de la farine; les feuilles de certains Atriplex , par ex. farius, bifarius : aculei unifarii, bifarii , trifarii , aiguillons disposés sur un* deux, trois rangs; uni, bi , trifariam aculeatus présente la même signification. .
Fasciation, Fasciatio ( fascia , bandelette); on désigne sous le nom de fasciation un phénomène de tératologie végétale signalé par les plus anciens botanistes chez les tiges et les rameaux. Jusqu’à ce jour on a considéré ce phénomène comme consistant essentiellement dans la forme aplatie ou rubanée substituée à la forme cylindrique ou prismatique des tiges normales. Il résulte de mes propres observations que la forme aplatie ou rubanée n’est que le premier degré de ce phénomène tératologique, et que dans un degré plus complet ou plus avancé, le . . phénomène consiste dans la séparation verticale ou partition [partitio) d’un même axe en deux ou plusieurs parties qui, étant isolées dès l’état naissant, constituent autant d’axes corn-
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plets qui ne diffèrent que par leur origine d’un axe normal ; telle est aussi l’opinion de M. Link, et M. A. de Saint-Hilaire adopte, bien qu’avec doute, celte manière de voir. — Des faits que j’ai été ii même d’observer et d’étudier, il résulte que non seulement les phénomènes de la fasciation et de la partition constituent un même phénomène, mais que le phénomène
désigné sous le nom de dédoublement (diremptio) (et qui consiste dans la multiplication, soit parallèle, soit latérale, des
organes appendiculaires) est aux organes appendiculaires ce que le phénomène de la partition est aux organes axiles; et
que, si la partition est un degré avancé de la fasciation chez les axes (tiges, rameaux et pédicelles), le dédoublement n’est de même qu’un degré avancé de la fasciation appliquée aux organes appendiculaires ( feuilles de la tige ou de la fleur). Le dédoublement avait été signalé seulement chez les pétales et les étamines, je l’ai fait connaître chez les feuilles où il était confondu avec le phénomène de la soudure.— Il existe donc un important phénomène entrevu seulement dans plusieurs de ses manifestations considérées comme autant de phénomènes isolés, mais dont je crois avoir le premier indiqué le lien commun ; ces phénomènes sont : 1° la fasciation , aplatissement et tendance à la séparation des parties constituantes (admise avant moi chez les axes exclusivement); 2° la partition , ou degré dans lequel un môme axe est divisé en plusieurs; 3° le dédoublement ■, ou degré dans lequel une môme feuille est divisée en plusieurs. Je propose d’appliquer au phénomène général dont ces trois phénomènes ne sont que des manifestations à des degrés plus ou moins avancés, et portant soit sur des axes, soit sur des feuilles, le nom collectif de diruption ( cliruptio ). 11 faut se garder de confondre avec le phénomène de la diruption ou épanouissement et désagrégation des parties constituantes d’un organe simple, le phénomène de la disjonction ( disjunctio ) que je limiterai au défaut accidentel d’union entre des organes simples ordinairement et normalement soudés entre eux, par exemple dans le cas où une corolle gamopétale devient dialypétale par la désunion des pétales entre eux. J’insiste en outre sur ce fait que , soit dans les diruptions , soit dans les disjonc-
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tions, la séparation des parties n’a pas lieu chez des organes ou des réunions d’organes adultes, ou môme déjà constitués , cette séparation n’a lieu qu’à l’état naissant de l’organe, et alors qu’il n’est représenté que par une masse de tissu cellulaire. Un môme axe cylindrique à sa base peut bien, à mesure qu’il s’allonge , être plat dans la partie formée ultérieurement au développement de sa partie inférieure, et môme se terminer (par partition ) en deux ou plusieurs branches résultant d’une di ruption poussée à ses extrêmes limites , mais, même dans ce cas qui est fréquent, la séparation ne s’opère que pendant la période où l’organe est à l’état de tissu cellulaire, et jamais dans la partie de cet organe déjà formée et passée à l’état de tissu fi bro- vasculaire. — Il faut se garder aussi de confondre certains organes qui paraissent composés de plusieurs, en vertu du phénomène de la di ruption dont ils sont le siège, avec les organes entre lesquels des soudures ont pu s’opérer, en raison de greffes accidentelles; ces soudures ou greffes sont beaucoup plus rares que les diruptions. J’ai observé des cas de diruption (fasciation à tous les degrés , partitions et dédoublements) chez les tiges herbacées ou ligneuses, florifères ou non florifères; sur des pédoncules terminés par diverses inflorescences, des capitules par exemple; sur des pédicelles terminés par une fleur, soit à ovaire libre, soit à ovaire adhérent; enfin, sur les organes appendiculaires à l’état de feuille foliacée , de sépale, de pétale, d’étamine, et de carpelle. (Ces nombreuses • observations, que j’ai figurées avec soin , font partie du Traité de tératologie végétale dont je réunis les matériaux depuis plusieurs années.) — Chez la tige et les rameaux, le premier dègré de la diruption connu sous le nom de fasciation, consiste dans l’aplatissement de l’axe du' bourgeon dès son apparition , c’est-à-dire dès sa formation à l’aisselle de la feuille r la tendance à l’aplatissement va en général en augmentant d’intensité à mesure que l’axe s’allonge, les fibres de cet axe étant écartées comme les branches d’un éventail ; mais, ainsi que je l’ai dit , cet écartement a lieu à l’extrémité celluleuse du bour- 'geon à mesure que ce bourgeon terminal s’éloigne de son point de départ par l’accroissement de la branche ou de la tige dont
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il est la terminaison ; en aucun cas, la fasciation d’une branche n’est postérieure à la formation des mérithalles qui la constituent, soit chez les végétaux ligneux, soit chez les végétaux herbacés. (Je ne saurais partager l’opinion de M. Moquin- Tandonqui, si je l’ai bien compris, considère la fasciation comme une altération qui déforme ultérieurement un rameau normal dans l’origine , et admet que si les rameaux ligneux ne se déforment pas quand ils sont adultes , c’est à cause de la résistance qu’offre à la déformation la solidité de leurs tissus). — J’ai observé la fasciation chez plusieurs plantes Cryptogames. Divers Agaricus, le Scolopendrium officinale et V Asplénium Trichonianes. Chez les Phanérogames (vu la proportion relativement plus petite des Monocotylédoncs que des Dicotylédones, et, chez ces dernières, des végétaux ligneux que des végétaux herbacés), j’ai rencontré, dans les divers groupes, des exemples de fasciation (aplatissement) ou de partition (division en plusieurs branches terminales) également nombreux. Parmi les végétaux ligneux je citerai : le Frêne ( Fraxinus excelsior ), le Sureau ( Sambucus nigra) (les tiges et les fleurs sont fasciées), le Cerisier ( Cerasus vulgaris ), le Poirier ( Pyrus commuais), le Chèvrefeuille ( Lonicera Capri folium), l’Acacia ( Robinia Pseudo- Acacia) et un Fuchsia . Les végétaux ligneux qui présentent des rameaux fasciés à l'état herbacé n’en présentent que rarement
à l’état ligneux par une raison bien simple, c’est que les bran-
ches affectées de fasciation périssent et se dessèchent au moins dans leur partie supérieure (qui est celle où le phénomène a sa plus grande intensité) avant la seconde année, et par conséquent sont détruites avant de pouvoir être revêtues des couches ligneuses dont un accroissement prolongé les aurait pourvues ; en effet, l’extrémité d’une branche fasciée est généralement molle et pulpeuse, et est atteinte facilement par la gelée, d’autres branches fasciées périssent par épuisement et par le seul fait du changement de température, lorsque des journées chaudes et sèches succèdent brusquement ii un temps humide et pluvieux. Les rameaux fasciés, lorsqu’ils continuent à vivre, tendent à perdre à l’extérieur leur forme aplatie; en effet, la partie formée la première année (c’est-à-dire le canal médul-
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laire et le premier anneau de )>ois) conserve bien sa forme primitive aplatie, mais cette forme est masquée à l’extérieur par les couches de bois qui descendent les années suivantes des rameaux situés sur la branche fasciée, tellement que cette branche prend une forme irrégulièrement prismatique , et que sa forme primitive ne peut être constatée que par une coupe transversale qui met à jour la formation de la première année. — Des branches normales peuvent émettre des rameaux fasciés* et réciproquement, des rameaux fasciés peuvent émettre, soit des rameaux fasciés, soit des rameaux cylindriques ; les bourgeons qui naissent sur les branches fasciéessont en général très nombreux et disposés en lignes spirales irrégulières. — Il arrive fréquemment qu’une torsion plus ou moins marquée coïncide avec le phénomène de la fasciation; Y enroulement de haut en bas est un accident qui est surtout très fréquent, soit que l’enroulement. se fasse selon l’une des faces-plates du selon un des cotés étroits de la tige fasciée. Je trouve l'explication de cet enroulement dans le développement inégalement rapide des deux faces ou des deux côtés opposés du rameau; on conçoit que la face qui se développe le moins, bride en quelque sorte celle qui se développe le plus et l’oblige à se courber de son côté; or, d’une série d’inclinaisons successives çntées les unes sur les autres doit résulter un enroulement. — J’ai rencontré sur un même individu de chèvrefeuille ( Lonicera Capri folium), avec des rameauxcylindriquesk feuilles normalement opposées, des rameaux cylindriques k feuilles ternées et à feuilles disposées en spirale; et enfin, des rameaux fasciés et tordus selon leur axe, k feuilles également en spirale. Toutes les transitions de forme et de disposition entre ces différents types existaient chez les rameaux d’une même tige, et l’observation de ce fait a contribué k me démontrer que la disposition des feuilles accidentellement ternée, quaternée* en vertieille ou en spirale, se rattache essentiellement au phénomène de la fasciation. — J’ai dit que la fasciation est susceptible d’atteindre toutes les parties du végétal ; j’ai recueilli des exemples d’inflorescences fasciées chez des capitules de Dahlia et chez les involucelles gamophyltes du Scahiosa atropurjmrea , chez l’inflorescence de
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Ylberis umbellata , du Cheirdnthus Cheiri, de V impatiens Balsamina , du Campanula Medium , de YQEnotftœra suaveolens du Tulipa Gesneriana et du Hijacinthus orientalis , etc. (Dans ces divers cas, la fleur de l’Onagre et celle de la Jacinthe participaient seules à la fasciation.) — Enfin les pédicelles et la fleur qui les termine (et qui constitue réellement leur bourgeon terminal) sont fréquemment fasciés; et, de même que chez les tiges.et chez les axes d’inflorescence, la fasciation peut être portée jusqu a une division complète (chaque branche de la division peut produire une fleur en apparence normale, ou une fleur plus ou moins, anormale). Parmi les fleurs h ovaire libre, chez lesquelles j’ai observé la fasciation, je citerai le Pavot, le Coquelicot, un Pélargonium , un Fraisier, le Cerisier, la Vigne, le Primula elatior , le Primula Auricula } la Tomate, le Sureau, la Tulipe et la Jacinthe; les fleurs à ovaire adhérent chez lesquelles j’ai observé la fasciation appartiennent aux espèces suivantes : le Poirier, le Pommier, le Groseillier rouge, un Fuschia , YOEnothera suaveolens , la fleur centrale de l’ombelle de la Carotte sauvage et le Lonicera Periclymenum . — 11 me reste U parler des organes appendiculaires (feuilles) fasciés. Les feuilles (surtout celles qui appartiennent à des tiges offrant une tendance à la fasciation ) présentent quelquefois un curieux phénomène : les unes sont légèrement échancrées à leur sommet ; d’autres sont bifides, d’autres sont bipartites ; enfin la division , chez d’autres, est si complète, que, sans les feuilles voisines, qui indiquent le passage d’une feuille entière k deux feuilles par la division longitudinale d’une seule feuille , on ne saurait remontera l’origine de ce nombre supplémentaire. Ces feuilles, anormalement bifides, ne sont pas, comme les feuilles normalement bifides, le résultat de l’arrêt de développement de la nervure moyenne audessous du niveau qu’atteignent deux nervures latérales secondaires. La bifidité des feuilles anormales en question résulte de l’épanouissement et delà bifurcation de la nervure moyenne; ces feuilles sont donc individuellement le siège d’une véritable fasciation. Un fait extrêmement remarquable est que les deux moitiés qui résultent de la bifurcation de la feuille ont la forme
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régulière d’une feuille complète , le côté de la demi-feuille correspondante la bifurcation de la nervure émettant des nervures secondaires et un parenchyme aussi développé que celui du côté extérieur qui est normal. Ces feuilles bifides ont été jusqu’il ce jour considérées par les tératologues comme résultant de la soudure de deux feuilles, lorsque la feuille qu’ils ont observée était profondément bipartite ou bifide, et comme une fissure lorsque la feuille n’était qu’éch ancrée. Des faits identiques se trouvent môme, dans les ouvrages de tératologie, rapportés sous des titres différents il ces deux causes opposées. 11 est souvent facile de constater d’une manière directe que ces feuilles bifides représentent une seule feuille fendue, par la position qu’occupe cette feuille sur la tige, lorsque la fasciation delà tige étant presque nulle ou peu considérable, les feuilles ont conservé leur position normale. — Ce phénomène a été désigné, ainsi que je l’ai déjkdit , lorsqu’il a été observé chez les fleurs , sous le nom de dédoublement ; en effet , non seulement les feuilles caulinaires, mais aussi les feuilles modifiées qui constituent la fleur peuvent subir la fasciation ; cette fasciation, poussée jiisqu’à la complète partition, constitue un véritable dédoublement latéral qui augmente le nombre des pièces dés différents verticlHesde la fleur.. Cette anomalie coïncide ordinairement avec la fasciation de l’axe même de la fleur. Je rapporte à ce phénomène les cas de bifidité que j’ai observés chez les étamines du Gentiana luteâ , du Campanula Medium et du Scabiosa atropurpurea. — Enfin j’ai trouvé des folioles terminales bifides ou remplacées par deux chez la feuille composée du Phaseolus vulgaris. — De l’ensemble des faitsque je viens d’exposer il résulte qùeda fasciation existe chez les feuilles comme chez les axes, et peut être simultanée ou exister isolément chez ces deux ordres d’organes. 11 résulte, en outre, que la fasciation peut exister chez les fleurs h tous les degrés, depuis la partition d’un seul de ses éléments , ou l’addition par dédoublement d’un seul élément, jusqu’au nombre double, triple ou plus considérable des parties qui constituent chaque verticille à l’état normal. A mesure que le nombre des parties surnuméraires augmente et que l’axe de la
FASCICÜuL — FAUSSES-TRACMÉl-S.
fleur est fascié à un degré plus avancé, l’ensemble prend une
formé elliptique; dans un degré plus avancé encore, un* rétrécissement se manifeste à la partie moyenne de l’ellipse ; enfin, ’ dans un degré plus complet encore, il existe deux fleurs plus ou moins complètement séparées à l’extrémité d’un même pédicelle, souvent lui-même bifurqué. Chez les plantes à ovaire adhérent, la bifidité peut se prolonger jusqu’à la base de l’ovaire, y compris le tube qui le recouvre, et même plus bas. — Les fruits qui résultent de ces fleurs à ovaires fasciés arrivent à la maturité comme les fruits normaux; ils sont très remarquables parla singularité de leur forme, et ont de tout temps attiré l'attention des personnes qui les ont rencontrés. 11 était naturel à priori de les considérer comme le résultat de la soudure de deux ou plusieurs fruits, et cette opinion a régné à peu près sans contestation parmi les botanistes jusqu’à ce jour. On vient de voir qu’il s’agit au contraire d’un phénomène de division ou partition , et que ces faits intéressants sont un des résultats les plus curieux du phénomène si varié dans ses manifestations que je désigne sous le nom de Diruption , fascicule, fa$ckulatus> se dit de plusieurs organes réunis en faisceau,
Fascie, FaseAa. On désigne sous ce nom une tige ou un rameau déformé accidentellement sous l’influence du phénomène de la fasciation ou diruption, et dont la forme est rubanée,
fascié, fasciatus ; qui est. déformé sous l’influence du phénomène de la fasciation ou diruption.
fastigié, fastigiatus ; se dit d’une tige ou d’une inflorescence dont les rameaux sont dressés et appliqués les uns sur les autres. fatuus, = cassus, creux, vide, stérile.
Fausses-cloisons, Septaspuria. (Voir le mot Cloison.) fausses parasites; qualification donnée aux plantes dites épiphytes, qui vivent sur d’autres végétaux sans se nourrir de leur sève, mais en étant alimentées par l’humidité de l’air et par les débris de l’écorce des vieux arbres et l’eau que ces débris conservent à la manière des éponges.
Fausses-trachées ; vaisseaux qui présentent une ligne spirale, mais qui ne sont pas susceptibles d’être déroulés. .