‹ Guide du botaniste, ou Conseils pratiques sur l'ètude de la botaniqueChapitre 11 sur 48 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

Se l’Sspèee, de la Variété et de< Bybrides,

■ Tous les individus végétaux qui offrent les mêmes caractères, et dont les graines semées pendant plusieurs générations cx)nséeutives reproduisent des individus présentant ces mêmes caractères, constituent une fs/jcce botanique.

On sait que les groupes formés d’espèces voisines par leurs caractèresont reçu le nom de 6'crires; — que les genres qui présentent entre eux certaines analogies dans. les organes de la floraison ou de la fructification constituent , par leur agglomération, des groupes qui ont reçu lé nom de Familles (en latin Ordines)-, —et que U*s familles sontà leur tour groupées, selon 4es analogies qu’elles présentent entre elles, en agglomérations plus générales nommées Divisions , Classes et Embranchements; embranchements au nombre de trois, et qui sont désignés généralement par les noms de Dicotylédones, Monocotylédones , et ’ Acotylédones (ou Cryptogames).

ün très petit nombre de botanistes étudient- les plantes à un point de vue assez général pour avoir à se préoccuper de leur disposition en Familles; relativement aux plantes de l’Europe, l’arrangement auquel on est déjà panenu ne paraît pas d’ailleurs avoir des modifications bien importantes à subir. Il est beaucoup plus fréquent que l’on puisse avoir à modifier la délimitation des caractères qui circona-rivent le plus naturellement un Genre.

Mais c’est la délimitation des espèces qui exerce surtout la saga- ' cité des botanistes descripteurs. Il semblerait cependant, d’après la définition que nous avons donnée de l'espèce, que cette délimitation étant faite par la Nature elle-même, il ne puisse y avoir

Digilized by Coogle

DE LA nECUEUCHE DES DLASTRS.

entre ks bftanistes de graves dissidentes îi cet égard; les difficultés et les dissidences tiennent il ce que les individus ol tenus de graines d’une même espèce sont susceptibles de varier dans certaines -limites, et affectent des formes générales souvent assez différentes entre elles, selon que la plante s’est développée dans un terrain maigre ou riche, à l’ombre ou au soleil, tardivement ou de bonne heure, par la siTheress.', ou pendant une saison pluvieuse.

Mais si l’on resème les graines de. cette seconde génération ou de l’une des générations suivantes, dans les circonstauees où l’espèce, se développe librement à l’état sauvage, on peut être certain de voir reparaitre le type primitif ou espèce normale dont Tesseuce est d’être variable dans ses caracté;’es secondaires, mais invariable dans ses caractères essentiels, et qui doit seul, par conséquent, recevoir un nom spécifique. Si, à chacune des Formes ou Variétés accidentelles et présentant souvent toutes les nuances ou dégradations possibles entre elles, on attribuait un nom différent, la nomenclature tomberait dans un dédale dans lequelies auteurs mêmes de tous ces noms seraient les premiers à s’égarer.

Uien nes’Ckppose, cependant, kcectue l’on dohne des noms particuliers à chaque variété d’une même espèce, pourvu que l’on considère ces noms de variétés comme des dépendances du nom spécifique réel qui doit toujours les précéder. Les noms propres, en permettant de désigner les principales variétés de ' chaque espèce, facilitent même à l’étude de ces formes souvent si multipliées.

C’est surtout chez les espèces cultivées dans les jardins que le nomltre des variétés . et àe&^variulions est eonsidéralde ; chez quelques unes il peut, pour ainsi dire , être augmenté k l'infini ; mais quelque éloignées d’aspec t que cf>s variétés puissent être du type primitif, si pour ces plantes comipe |)our to<i tes les autres on sème les graines dans les lieux ou rest)èce-type est susceptible de croître spontanément et sans culture , et qu’on les y abandonne, on verra les types primitifs reparaitre après une ou plusieurs générations.

Du reste, les variétés et les variations que l’on obtient dans les jardins par la culture sont si multipliées et l’on reproduit si ra-'

DË L.4 HKOHKItCHK »K8 PLANUES.

rement la même par les semis , que les amateurs d’hortirtillure ont dù renoneerà donner des noms particuliers aux variétés des plantes annuelles. Ils n’ont donné de noms particuliers qu’aux variétés des plantes vivaces qui peuvènt se reproduire par éclats, par caïeux, deboutpre, ou par greffe, et dont un même individu peut fournir une postérité nombreuse et aussi prolongée qu’il convient aux besoins de l’horticulture. .

Telles sont les variétés i'ÜEillet obtenues de graines, et tjui se perpétuent et se multiplient indéfiniment par les éclats de la souche ; ces éclats constituant bientôt chacun une nouvelle touffe que l’on divise k son tour. Telles sont encore les variétés d’arbres, des Poiriers ou des Rosiers, par exemple, obtenues d’un serais, et qui peuvent être répandues dans le monde entier et être reproduites indéfiniment au moyen de la greffe ou par bouture. Dans ces différents cas, c’est un même individu que l’on fractionne k l’infini et dont chaque fragment devenu individu complet est susceptible d'être fractionné k son tour. Mais à partir du jour où les horticulteurs («sseraient de diviser, de bouturer et de greffer, toutes les variétés de plantes vivaces it d’arbres fruitiers ou autres cesseraient d’exister aVee les individus qui les représenteraient alors; les graines de ces individus ne reproduisant pas nécessairement la même variété, et tendant, ainsi que je l’ai déjà dit, k reproduire la forme primitive, sinon immédiatement, du moins après une suite plus ou moins nombreuse de générations.

H en est de ces variétés comme de certaines espèces d’arbres diuiqucs, dont un sexe seulement a été naturalisé dans une contrée éloignée du pays où elles sont indigènes, et qui, par conséquent, ne sauraient y être propagées que par bouture. Tels sont le Sauk pleureur [Salix Babylonien), originaire de l’Asie, et duquel nous ne possédons que des individus femelles; et le Peuplier pyramidal {Populus fastigiata), indigène en Italie, et dont nous ne possédons en France que des individus mâles; tous nos Saules pleureurs el tous nos Peupliers d’Ualie proviennent, en effet, de boutures recueillies originairement pour chaque espèce sur de > arbres d’un même sexe.

Une cause de variation dont je n’ai point encore parlé est Vhy-

1»E LA KEOHEKCHE DES l’LA>TES.

bridation : il parait constant, qu’une plante dont la fleur est fécondée par la fleur d’une autre espèce appartenant au même genre produit des graines qui, étant semées, donnent naissance à des individus dont les formes sont intermédiaires entre les formes des deux parents, et que ces hybrides se reproduisent de graine une ou plusieurs fois consécutivement: mais si l’on sème les graines dans les conditions dans lesquelles les plantes mères se développent spontanément, on verra la plante résultant du semis revenir à l’un des deux ty pes primitifs après un certain nombre de générations.

Linné, dans l’immense travail de délimitation et de classification qu’il avait à faire de toutes les espèces du règne végétal connues à l'époque où il vivait, ne imuvant trouver le temps d’étudier à fond toutes les espèces de chaque genre, dut quelquefois se résoudre à réunir provisoirement un groupe d’espèces voisines, bien que distinctes, sous une seule et même désignation d’espèce. C’est ainsi qu’il avait réuni sous le nom de Valeriana Locusta plusieurs espèces de Valerianelles , dont il avait,, du reste, distingué la plupart, comme variétés, avec les botanistes antérieurs, et que, faute de temps pour une étude approfondie, il considérait comme des formes d’un même type. — Iæs botanistes qui ont succédé à Linné ont eu par conscHjuent à subdiviser ces espèces multiples., et à dénommer les espèces distinctes qu’elles pouvaient renfermer.

Mais il est arrivé une époque où (la plupart des plantes de l’Europe, ou du moins les plus faciles à se procurer, étant connues, classées et nommées), des Imtanistes désireux de perfectionner la science et d’attacher leur nom à la découverte' de nouvelles espèces, ne trouvant plus de types véritablement distincts a isoler, se sont plu à séparer les variétés et les plus légères variations des types auxquels elles appartiennent, pour les élever nominativement au rang d’esiièce.

C’est alors qu’à la confusion qui était résulU'e, à une époque antérieure, d’un nombre de noms plus petit que le nombre des espèces, a succédé la confusion inverse et bien plus préjudiciable résultant d’un nombre de noms supérieur de beaucoup, dans certains genres, au nombre des espèces. — Uneesiièce du

DK LA HKCHKnClIK DES l’LAMES.

genre Rubus fui divisée en plus de vingt espèces; plus lard ce fut le tour des y?osa,.et successivement enfin de toutes les plantes dites polymorjphes et sujettes à varier.

Ces jeux faciles ne présentent aucun Inconvénient, toutes les fois qu’ils restent renfermés dans les monographies où ils sont exposés par leurs auteurs ; dans ces conditions ils peuvent même * être utiles en appelant l’attention sur des variétés intéressantes jusqu’alors négligées, pounu toutefois que les auteurs qui ont adopté ce système donnent des descriptions claires et méthodiques des variétés qu’ils ont élevées au rang d’espèce, et qu’ils n’augmentent pas- la difficulté de les reconnaître, en les éloignant, dans leurs livres, des esiièces auxquelles eHes doivent être rattachées. . - .

Mais dans les traités généraux et les Flores, on doit se garder soigneusement de cette tendance à la pulvérisation de l’espèce, qui aurait pour résultat de rendre impossible d’appliquer un nom incontestable aux plantes les plus vulgaires et jusque-là les mieux connues.

Ses plantef communes et des plantes rares.

Lorsque l’on commence à étudier et à recueillir des plantes, il semblerait que Ton dût immédiatement s’intéresser surtout à celles que l’on est susceptible de rencontrer partout, et qui constituent la masse de la végétation du pay^que l’on habite, ou à celles auxquelles on attribue des propriétés médicinales, ou môme qui sont du domaine de la culture.

.Le plus généralement, il n’en est point ainsi : un fâcheux préjugé fait au contraire que toute l’attention se porte d’abord sur les plantes regardées comme rares , et que l’on appelle de bonnes plantes, quelle que soit, du reste, le genre de beauté de ces espèces, et abstraction faite,de l’intérêt qu’elies peuvent préseuler,

90 DK LA IIKCIIKIU.IIK DKS l'LAMKSJ

Cela tient en partie à l'habitude que l’un a de considérer cünime jm-cieux ies objets rares, et de les désirer par cela même que tous ue peuvent les posséder; une autre raison, en apparence plus plausible, est que l’on a toujours le temps et la fa<dliU* de recueillir les espèces que l’on a sous la main , et que d’ailleurs on |M>ut an besoin les voir vivantc’s et les consulter; mais le plus ordinairement on se contente de cette possibilité, et il est iMtn nombre d’herbiers dans les(|uels les plantes dites rares se trouvent en abondance, tandis que les plantes vulgaires y man- (|uent compK'lement ou y »int ü |)eine représentées.

yn’esl-ce, en détinitive, qu’une plante rare ?G'est une plante qui se trouve aiTidentdlement ou en très petit nombre dans la contrée que l’on habite , mais qui est presque toujours commune dans une contrée plus ou moins éloignée. Il en résulte que si tous les botanistes suivaient le même principe, les liantes ne seraient jamais chen hées que lit où on a le moins de chances de les trouver, et seraient négligées dans tous les lieux que la Nature leur a réellement a.ssignés pour domicile; une plante rare n’est réellement meilleure qu’une autre que par la difficulté de se la procurer ou l’impossibilité où l’on pourrait être delà remplacer si l’on venait à la perdre. Mais lorscju’on se livre à l’étude de la végétation d’un pays, ce sont celles dont on doit le moins se préoccuper dès l’abord, et ce sont au contraire les plantes communes que l’on doit les premières bien connaitre et posséder.

Ce sont en effet les plantes abondantes qu’H est commode d’étudier, en raison de la facilité que l’on a de se les procurer ii tous les états et en quantité suffisante; ce sont aussi ces plantes dont il est facile de préparer des sivécimens complets ù toutes les périodes de leur végétation et qu’on peut recueillir, tant en fieurs qu’en fruits, dans toutes leurs variétés.

C’est seulement lorsqu’on possède et que. l’on connaît bien toutes les plantes qui constituent le fond de la végétation du |)ay.s (|ue l’on habile, que celles qui .s’y trouvent rarement peuvent devenir l’objet d’un véritable intérêt, et qu’on doit attacher de l’importance à leur recherche, non pas seulement pour compléter la collection , mais aussi pour se rendre compte des circonstances qui déterminent leur présence. C’est ainsi que telle

UK KA RKCIIKRCHE DEH PLAHTKS.

espt^ce |»ul caractériser une veine ou un îlot de terrain isolé dans lacontnV, et dont le terriin analogue n’occupe une grande éten- • due que beaucoup plus loin ; et que tel échantillon isolé pont indiquer l’extrême limite géographique septentrionale on méridionale d’une plante abondante dans une région voisine.

Une que-stion intéressante ii étudier est aussi la naturalisation d’une es|)èce introduite accidentellement dans le pays avec des graines de céréales ou de toute autre manière; et il importe de s’assurer si cette es|)èce dépaysée cesse <iu bout d’un certain tem|ts de se reproduire, ou si elle persiste et se naturalise; et dans ce cas, si elle présente quelques différences d’aspect avec l’état qui lui est habituel dans le pays d’oü elle est originaire.

Commencez donc par bien connaître les arbres de vos forêts, les Graminées de vos prairies, les Cypéracées de vos étangs et de vos tourbières, toutes les plantes, en un mot, qui vous entourent ou que vous foulez constamment sous vos pieds ; et lorsque vous connaîtrez les plantes communes as.sez k fond pour qu’en en recueillant un fragment au hasard , vous puissiez avec certitude reconnaître l’es|)ècek laquelle ce fragment appartient (autant que l’état de l’objet |>eut le |)ermettrc), vous chercherez avec d’autant plus d’intérêt et de plaisir les plantes rares, que vous vous les serez réservées pour l’instanl oii vous n’en aurez plus d’autres à recueillir.

Oet diveriM Station* de* plantes.

Le Créateur, en variant à l’infini les forces et les conditions d’exisUmee , je pourrais dire les mœurs et les tempéraments de tous les êtres vivants, a rendu les végétaux sus 'eptiblesd’étre répartis dans les contrées du globe les plus dissemblables par le climat et la température, et d’être propres, les uns ou les autres, k peupler tous les imintsde chacune de ces (xnitrées.

Ausei les différences les plus grandes existent-elles, non scule-

Digiltzed by CiKjglt

02 Ut: UA KKCIIËKCUt UES PLANTES.

ment entre les flores des pays situés sous <les latitudes très diverses, mais, dans un même pays d’une certaine étend^ue, de la France, par exemple, entre la flore des montagnes, celle, des plaines des climats tempérés, et celle des plaines des contrées méridionales.

En effet, le climat normal qui, pour une zone donnée, résulte de la latitude, est le plus souvent modifié par de nombreuses circonstances locales. Quelques unes de ces circonstances déterminent, pour certains points, un climat en réalité septentrional au centre d’une contrée tempérée ; la principale de ces causes locales consiste dans l'altitude des montagnes. C’est ainsi que, les sommets de ces montagnes sont couverts de glace et de neige dans le même temps qu'une température élevée règne dans les plaines qui s’étendent k leur base ; et que ces points élevés présentent la végétation de la Norvège au centre de pays méridionaux occupés, à un niveau moins élevé, par les plantes des latitudes tropicales.

D’auties circonstances agissent en sens inverse et déterminent dans des pays sinon froids, du moins tempérés, un climat qui les assimile aux contrées véritablement méridionales : c'est ainsi que certaines goiges exposées au midi, et dont les terrains, d’un blanc éclatant, réfléchissent et coneentrent les rayons du soleil, élèvent la température à un degré bien supérieur à celui qu’elle peut atteindre en dehors de ces circonstances locales. Le climat de la région méditerranéenne en France , qui donne lieu, presque sans transition, à une végétation si caractérisée, n’est pas seulement le résultat de la latitude méridionale : les vents chauds qui arrivent sur les côtes de la Provence, après avoir traversé les plaines brûlantes de l’Afrique ; et surtout l’expositiofi en espalier tourné vers le midi et abrité des vents du nord par la chaîne des Alpes , en sont en grande partie les causes déterminantes.

Un exemple frappant des différences qui existent dans la distribution des végétaux pour des points peu éloignés d’une même contrée , selon les circonstances locales qui peuvent en modifier le climat, peut être puisé dans la circonscription même de la flore des environs de Paris : en effet, tandis qu’a Étampes, sur des coteaux exposés au midi , et dont le terrain de couleur blanche réfléchit sur les plantes les rayons du soleil , nous rencontrons des

»K LA RECUEKUIE D«S PLAM'ES. 9U

plantes méridionales, (elles que le Tragus racfmosm, tandis que nous trouvons à Malesherbes le Carduncellus mitissimus, et dans les rochers de Fontainebleau VAllium flavutn et le Phalangium Liliago; dans des localités éloignées seulement de quelques lieues vers le nord, nous rencontrons des plantes des contrées septentrionales ou des montagnes élevées, telles que : J’ylconitum Napellus, YActœa spicata, le Senecio FuchsH, les Vaccinium Myrtilus et V'itis-idœa , et même le Swertia perennis. Il y a plus, à deux lieues de distance à peine, on trouve; h Versailles, le Ranunculus pari'iflorus , et à Louveciennes, V Impatiens ^oli^ tangere.

D’autres flores doivent leur caractère non plus au climat, mais k la nature chimique et surtout à l’état physique du terrain c’est sur la connaissance de ces propriétésdusol qu’est, en grande partie, fondée la théorie des engrais. Il est incontestable , par exemple , que les terrains baignés par les eaux salées de la mer possèdent une végétation si)éciale, et qui ne saurait s’établir ailleurs, sinon dans les pays qui possèdent dés sources ou des lacs d’eau salée, ou qui sont, de plus ou moins loin, exposés par les vents, à l’influence maritime.

Certaines plantes ne se rencontrent guère ailleurs que dans les terrains sablonneux, par exemple : Alsine setacea, Corrigiola littoralis, Süene Otites et S. conica, Piantago arenaria, Jasione montana , Scleranthus perennis , Herniaria glabra , Myosotis stricto, Digitalis pufpurea, Linaria supina, Spergula pentandra. Vicia lathyroides, Helianthemum guttatum, Veronica l'ema, Aira prœcox , Aira canescens , et Mibora minima , etc. -

D’autres végétaux paraissent appartenir spécialement aux terrains argileux ou aux terrains calcaires; je citerai entre autres : TusSilago Farfara, Diplolaxis tenui folia et D. viminea, Calendula arvensis , Helianthemum pulverulentum, Libanotis montana, Teucrium montanum, T. Chamœdrys et Digitalis lulea, etc.

Néanmoins la plupart des végétaux sont bien moins influencés par les différences géologiques du sol qu’ils ne sont sensibles aux différences de latitude, à l’exposition chaude ou froide sous une même latitude, et au degré de sécheresse ou d’humidité. — Je suis même porté à croire que les terrains sablonneux

l>K LA ItECHLHCIIE DKS l'LAMES.

lion inoiitlés ne «•oiispnatil iws les eaux pluviales, qui les traversent comme un filtre, agissait surtout comme terrains secs, et que les terrains l ali aires ou arpileux, consenant l’eau qui ne peut k*s traverser, a};istient surtout comnu' terrains humides.

Un savant distingué comme botaniste et comme géologue, et (|ui a étudié as.siddnient |)ciidant de longues années la distribution des espèces vt'gétales dans les montagnes de la chaîne du Jura, est arrivé Ji des conclusions (t) qui viennent it l'appui de celle dernière considération. Il insiste sur le lieu d’influence de la nature chimicpie des roches relativement ;'i la distribution des espiues végétales, et sur l’extrême importance au contraire des prtqiriétés physiques des roches selon leur étal plus ou moins complet de désagrégafion. ’

Kii effet, on trouve quelquefois certaines plantes des terrains sablonneux dans les terrains calcairi's ou argileux élevés qui sont très arides, et sur li'squels les eaux pluviales coulent sans y sé-

(I) Tiiuiihass, Jittni de pliylotlatique appliquée à la chatue. du Jura et niiJ" roiilrées voisines. .M. Thiinnaiiii r'.a«sc les roclies ite la coiilree qii’il a •‘liiilice cil trois sections , savoir : !• tes roches siliceuses ml sllici’o-aliiiiiliieiises ; 2" les rorhes calcaires; 3“ les roches mélanyéss, lelles une les (li'p'ils tie j;raviers. île i;a!els, île |iiiu'1ingiies, etc., les iiinllasses, les grès ^ ciment ca cairo, les lelims. les tufs, etc, — L'anteur fait remaniner : preinièrcnient, i|iic les rucli-s sitic uses ii'alletgiienl i|ii'il un certain lUal de division, et fnrment du sable |iiiis no moins rin : il nomme res rncUespsammoyrnes et leur détriins psammiqur ; secondciiiciit , nue les roches calcaires tondent an c intraire, dans leur ili'sa;ri*^atioii, k une subdivision indt'iinie ipii produit la forme pnivérniente on terreuse : il les nonimc pélogrnes et leur di'trilus pélique ; cl t.'ois.èiiiemenl, eidiii, ipie les roches mélangées donnent Ihmi, par lenr d sa:;rC^alion. .1 nn ddirilcs udxtc participant de la nature sableuse et de la nature terreuse ! il les nomme pelopsammogénes et lenr dé- Iritns pélopsammique. Il nomme d'iine manière gi'ni'raîé dÿs jéogénes liinles les roclies ii di‘<a.!;ri'gation faible, et eugéagrues, celles dont la ddsagri'galion est facile et atteint le maximum d'inicnsild ; — mais il insiste sur la m'eessilt' de tenir ronipic du dllurluin ipii peut recouvrir ces roclies et i|ui cuiisllliie souvent le vi'rilabic sol.

Ta 18 les lerrains eii^tfugénes du JiiiM, l'auteur a rcniari|ué i s 1" une plus I grande diversité d'espf'ces, une plus facile mobilisation , une aire pins di!- I veloppiie |H)iir les espaces sociales, une plus large dispersion des espèces I cuminniies, mie moindre ab mdancc des plantes saxicnles ; 2 " une plus > griiide aptjliide it'extension vers le nord t 3° une prédominance parlicii- I licre des faiiiilles iiifêricnres ; 4‘ une préilimiinancc inaripiiie des plantes ■ il Mcliies profondes et divisées i ;,® mie supériorité générale de taille, • excepté |ioiir certains végétaux ligneux t 0 ® une prédoniliiance notable des

DE LA R£aiE:u:HK DES PLANTES.

journw. — Et (J’aulre pj^rt, les plaiiL^s des prairies sablonnci.'Si'S basso.s et constamment mouiiiées srnit souvent les mêmes que. celles des prairies argileuses. — 11 y a plus : les sables humides pn^senteut souvent une partie, des plantes des terrains tourbeux qui sont composés seulcinenl.de terreau ou de débris organiques, et cependant ces deux sortes de terrains sont de la composition la plus dissemblable possible. ^

Enfin, l’ensemble de la végétation spontanée est très différent, suivant que le sol , quelles que soient, du reste, sa nature et son exposition, est couvert de forêts ou de prairies, ou qu’il est fréquemment remué |>ar les labours, et soumis à l’influence die la culture. Le botaniste le moins expérimenté sait qu’un même terrain, ipui est successivement occupé par un bois, des céréales ou une prairie, présente, pendant ces diverses j)ériodes, des plantes spontanées d’espèces complètement différentes. Il est aisé de se' > rendre compte des causes de ces différences : les plantes des forêts sont celles qui demandent de l’ombre ou de l’humidité, et un terrain amendé par le terreau végétai ; les prairies sont occupées

I npecet chez IC!M|iiclle« (tomine te <t<!¥el.>pp<*nent des reiiilles canlinatres

> aux dépens des radicales; 7* un déveinppemeut plus verlicat de l'axe gü-

> néral des ruriiics ; 8° une plus grande. inipleiir de rainificalion ; ܰ un plus • granit développement herhacé, mais nu moindre dévclop|femcnt ligneux

> et une inuiiidre longévité clicz Certaines espèces arborescentes. • L'ensemble de CCS caractères dérivant de certaines coiidiliuns relatives à t'en», à la fhalrur, i la t/imiérr cl .m sol, et uni sont déterminées par la racnilé absorbante on iioii absorbante des roelies , l'accideiitaliou de leur surtacc, leur couleur, leur degré de cpnduclildliti' du caloriipio, etc.

M. Tliiirmann regarde, en outre, le riimnl comme iine des c.iiises délcrmiiiaiites les plus actives de la staliun et de li dispersFim des espèces. Il divise la région ipi'il étudie en cim| climats : le climat tinrent, le , le moyen, le chaud, Inuslrnl. Potir une même coniréft. l'nliiliidc eal une des causes priiicipalesqiii innuent sur le cUiuat ; Niais l'atlitiide est, dit l'auteur, modinée dans ses résultats par l'cxposillon générale, la silualion par rap-' port aux grands reliefs, l'exposition parlicnlièrc , la connexion des grands, reliefs , la dispersion de proelie en proche, la diversilé des terrains , et la tenipéraliirc exceptionnelle de certaines sources.

J'ai cité, sans les di'cnlcr. les plus imporl.anics opinions de M. Thnrinatin ;

Je crois cependant devoir faire otiserver ipie si, comme cela parait inconlestablc, la eoiislilulion pliysiituc du sol iniiiie puissMiiment sur la végélali iii d'une contrée, les ipialilés cliimiipics du terrain ont, d'antre part, une in- ‘ fluence réelle «pi'it n'csl pas moins nécessaire d'examiner.

Voyez, pour l'étude de la géographie bolanhpie, le cliapitre important <|iil termine le Cours l'icmeutaire de bolnnique de M. Adr. de Jiissien,

|):ir (les plantt-s vivaces dont les souches compactes ou traçantes laissent p('u de place aux plantes annuelles; enfin, les terrains consacrés k la culture des céréales étant remués chaque année, on conçoit qu’a l’excrplion de plantes vivaces presque indestructihles (qu’elles soient hulbeuses comme certaines liiliacées : Alliumvineale, Mtiscari comnsum, etc., ou traçantes comme certaines (iraminées : Trilicnm repens, etc.), ils conviennent surtout aux espèces spontanées anniK'Iles, qui frucfifit'nt dans un court (>space de temps, et dont la végétation rapide demande de l’air et du soleil.

C’est ainsi, en général, (jne si un terrain labouré est abandonné k lui-même, les platites annuelles qui le recouvrent les prennères anniies sont la plupart, au bout d’un certain temps, étouffées par les plantes vivaces qui les empêchent de se reproduire en s’emparant comphMement de la surface du sol.

Ou s’est étonné (iut‘l(|ucfois que les plantes des hautes montagiu’s, qui Si'tuhlent exposées dans cos régions k des froids rigoureux, ne résistent pas aux gelées de nos^ hivers lorscju’elles sont transportées dans la plaine : on a reconnu la causiî de cette apparente singularité dans l'épaisse couche de neige qui, en ri*couvrant ces végétaux sur la montagne pendant toute la durée de l’hiver, et en leur servant d’abri , empêche le rayonnement du calorique, les préserve par cûnsi‘quent d’un froid trop rigoureux, et ne les laisse k découvert que lorsque la température est arrivée k un degré de chaleur assc'z considérable, tandis que dans les plaines ils sont exposés accidentellement et sans abrik des froids assez infensc's pour les faire périr.

S’il est des plantes qui ne peuvent vx'géter et prospérer ((iie dans des conditions déterminées, les OrchidiVs, par exemple, qui semblent [vour la plupart redouter le voisinage de l’homme, il en est d’autres qui craignent peu les accidents, et qui s’aceommodent volontiers de tous h's terrains t‘t des expositions les plus différentes. Ces plantes, qu’elles soient de grande ou de petite taille, sont robustes et peuvent être impunément broutées et fou- ItVs aux pieds par les hommes elles Ix'stlaux. Tels sont : Saponaria officitialis, Lychnis lUoica,- Arenaria rubra, Sa/jina procumbens, plusieurs G<‘ranium et Erodiim , Malra sylvestris

Pi rofutuli folia, Reseâa lutea et Luteola, Shymhrium officinale et Sopkia, Marritbhtm vulgare , plusieurs Atriplex et Cfteno/wdium, etc.

Ou voisinage des habitations, considéré eoinme Station.

Certaines plantes paraissant , au premier eôiip d’oeil , appartenir exclusivement à cette station , qui est le résultat des modifications apportées aux divers terrains par la présence de l’homme et les produits de son industrie, on est conduit naturellement à se demander dans quels lieux vivaient, avant l’apparition de l’homme sur la terre, ees plantes qui semblent ne se développer que sous son influenee. Voici la réponse à cette (luestion : l.e voisinage des habitations se. compose de deux soi tes de terrains : 1° de murailles en débris renfermant dn nitrate de soude ef de potasse, des sels calcaires , etc., mêlés ii du sable siliceux et :i de la terre végétale ; 2 • de terreau tri“s riche en détritus de matières animales, provenant des fumiers et des immondices de tout genre. — Or oft rencontre çà et l;i, dams la nature, des terrains qui renferment les éléments de ce sol, et dans le.sfjuCls On observe les mêmes plantes. Ces plantes n’appartiennent donc pas exclusivement au voisinage des habitations, bien que ce soit là qu’elles se plaisent le plus; et l’on pourrait affirmer qu’elles existaient, comme leurs congénères, avant l’apparition de l’homme sur la terre : seulement elles étaient probablement alors moins abondantes qu’elles ne le sont aujourd’hui. Tels sont : Géranium pusillum. Malva rotumli folia , Sisymbrium officinale, Capselïa Bursa-pas'toris, Sempervivum tectorum, Plantago major, Echium vulgare, Solanum nigrum, Hyoscyamus niger, Marrubiurn vulgare, Leonurus Cardiaca , Pyrelhruin inodorum , Senecio vulgaris, Sonchus oleraceus , iMpsana communis Chehopodiwn Bonus- IlenricuSfPolygonum aviculare, Vrtica'urens et U. dioica, Parietaria o/ficinalis, Mercurialis atmua, Poa annua, etc.

DE LA nECIIERCllE DES PLANTES.

Nous avons suivi aveo intériH, dans les Alpes, ees plantes amies de la présence de L’homme et des animaux dômestiqiies. Le Chenopodium Honus-Henricus , le Pohjgonum avkulare, VUrtica dioira, le Tararacum Dens-I^onis , l’.l/.vine media, les Malca et les lîtimex, plantes des plaiiu>s et des vallées, s’élèvent et foisonnent jus<ju'aiix derniers chalets, puis s’arrêtent brusqnemeut à quelques pas au delà de l’enceinte où séjournent les troupeaux peu ant 1a nuit. La pri-sence de quelques autres es|>ècre, dans le voisinage des habitations, est le résultat d’une natufalisati m provoquée volontairement ou involontairement par le sé^ui de l’homme; leurs graines sont Irausportées, par les habitants, d’une contrée à une autre, accidentellement ou pour leur utilité, et des plantes propres à un pays plus ou. moins éloigjié se développent près des cultures où on les a introduites, ou des habitations où on les a transportées, soit que les graines aient été em|)ortées par le vent, perdues dans le transjmrt, ou rejetées avec des immondices, les Uellehorus viridis , Papaver somniferum, Lepidium sativum, Coriandrum satimm., Anthriscus Cere folium, Xirotiana rustica, Datura Stramonium , Salvia Sclarea, Silybum Marianum, Pyrethrum Parlhenium, Erigeroh Canadense,Inula graveolens, Artemisia Absinthium, Blitum virgatum, Atriplex hortensis, Rumex Patientia et sanguineus, Fagopyrum vulgare et Tataricum, Euphorbia Lathyris, etc., n’existent probablement aux environs de Paris que parce qu’ils y ont été ainsi tran.sporlés volontairement, comme le Salcia Sclarea, V Artemisia Absinthium , V Euphorbia Lathyris, etc., plantes médicinales naturalisées çà et là depuis longues années, ou accidentellement, comme VErigeron t’anadc/ise, plante actuellement vulgaire dans toute l’Europe, mais originaire d’Amérique.

C’est ehcore ainsi queje yiM.vi'œa grandiflora {ïann. des Onagrariées), |tlante originaire de l’Amérique septentrionale, s’est naturalisé dans certaines localités aquatiques de la Provence , et que teGalinsoga parviflora (fam. des Composées), plante de l’Amérique australe, s’est répandu en abondance aux environsde Berlin.

En revanche, d’autres espèces originaires de l’Europe ne sont pas moins communes aujourd’hui autour des villes du Brésil qu’aux environs de Paris. Tels sont : Alsine media. Géranium

DE LA RECHER< HK DES l'LATITES.

robertianunifConiummaculatum, llYtica dioica, Echium vuhjare, Marrùbium mlgdre, elc Quelques unes ont été ainsi naturalisées dans la plupart des contrées du globe : tel est YAmirina ambrosioidi’s. Il ne faut pas confondre cette dispersion accidentelle, due à la présence de l’homnie, avec la dispersion si curieuse des plantes dites sporadiques, et qui croissent spontanément dans les contrées du globe les plus éloignées Tels sont : YOsmtin'da regalis, qui croit également en Europe et dans l’Amérique septentrionale; le Samolüs Valerandi, et surtout le Scirpüs viaritimus, si commun en Europe dans les lieux marécageux , tant d’eau douce que d’eau salée, et qui a été retrouvé dans l’Amérique du Nord , aux Indes occidentales , au Sénégal , au Cap, et ü la Nouvelle-Hollande.

D’autres plantes, dont les graines sont apportées accidentellement d’une contrée dans "une autre , après s’être développées et avoir végété pendant quelque temps, ne persistent pas les années suivantes, faute de rencontrer le climat et le terrain qui leur conviennent ; tels sont le rn/o/ûtm resupinatum, plantede l’Ouest et du Midi, dont la graine avait été apportée ü Paris dans la cour du palais des Beaux-Arts, avec des fragments dè monuments, et le Chennpodium maritimum , trouvé sur le port du Louvre, dont la graine était arrivée des bords de la mer avec des marchandises, par les bateaux qui remontent le cours de la Seine. EnOn, la présence de certaines espèces a quelquefois pour cause le voisinage des jardins botaniques : c’est ainsi que YAtriplex nitens , le Xanthmm spinosum et le Sisymbrium Lceselii se trouvaient abondamment aux environs du Muséum d’histoire naturelle de Paris, dans des terrains vagues où s’est élevé depuis un nouveau quartier.

D’autre.s sont quelquefois semées ou plantées çà et là par des naturalistes amateurs. Telle est sans doute l’origine du Veronica peregrina et du Senebiera pinnatifida , à Versailles (cette dernière plante est presque cosmopolite dans la région tropicale, elle est fréquente dans la région méditerranéenne de l’Europe, et remonte les côtes de l’ouest en raison de la douceur du climat). Telle est l’origine de VAcorus Çalamus , du Stratiotes aloides et du CaUa palustrû dans certaines mares de la forêt de Marly,

ut: LA ItECIlËKClU: UKS PLAKTt:ü.

(cptte dernière cspèœ s’y est naturalisée dans, un marécage, au point de l’envahir complètement dans l’intervalle de six années). Il serait difficile de remonter à l’origine, aux environs de l‘aris, du Glaucium flavutn , dtÿà observé par Cornuti, au bois de lloulogue, et que l’on y a rencontré encore de nos jours. Quant aux Potentilla recta et Pensylvanka, ils ont été évidemment plantés dans cette localité; il en est de même du Lathyrus latifolius, du Scutellaria Columnœ et de plusieurs autres espèces naturalisées dans le bois de Meudon et le bois de Vincennes.

Je dois ajouter que certaines plantes communes çà et là, dans le voisinage des habitations, s’y rencontrent en raison de la latitude, ou en raison de la nature du sol abstraction faite de.s modifications que la présence de l’homme a pu lui faire subir. C'est ainsi que tes Sisymbrium Iriu et Sopkia, si vulgaires dans tes terrains calcaires des environs de Paris, ne se rencontrent dans le département de la Loire-Inférieure, où les terrains calcaires sont rares, que dans deux ou trois localités où ces terrains existent; je citerai encore le Carduus ienuiflurus qui, à Paris, recouvre tous les décombres de sa vigoureuse végétation, et qui manque dans les départements de la Nièvre, de l’Ailier, ainsi que dans la France orientale; U s’agit, dans ce cas, non pas.de la nature du terrain , mais de la latitude (1).

Bel rooherj, det vieiiz murs et dei muraitles des vieux châteaux.

Les rochers et les murailles en ruine, dans le.squelles le travail de l’homme tend à dispai’aître à mesure que la nature reprend ses droits, peuvent donner lieu à des observations identiques et présenter une même végétation.

(I) M. Boreau {Flore du centre de la France) fait oliscrver ijuc celle espèce iiiaiii|iic coiiiplèlcinent à l'est de ta Loire. — Le même auletir a fait une ohservalion aiialu.iiiic relativement an Calcndiiln arrensis, si commun dans les vi|;nes aux environs de Paris , et qu'il n’a rcnconlré nntle part dans le département de la Nièvre, sinon une seule fois sur les Lords de la Loire.

DE E\ UKUIEIICHE DES l‘L\.MES. 101

Il y a une distinction importante à établir entre les roclu« calcaires (jui se désagrègent en une jKuissière impalpable d’où résulte une terre très divisée et que rauiciir de la Phyloslatique du Jura nomme Hoches pétogènes, et entre les roches siliceuses qui se désagrègent en un sable plus ou moins fin , mais beaucoup moins divisé que dans le. cas prémlent, et que le même auteur, nomme Roches psajiimugènes. Que l’on partage ou non l’opinion du savant botaniste-géologue qui admet une influence presque exclusive de l’état physique de ces diverses roches sur la distribution des espèces, et qui.rt'garde comme presque sans influence leur composition chimique , on ne saurait contester que les roches de ces divers terrains ou leurs détritus constituant le sol (et H'étant mélangés d’aucun détritus de nature différente venant d’ailleurs), n'aient chacun une végétation parfaitement caractérisée et qui leur est propre. C’est ainsi quô dans la contrée qui s’étend aux environs de Paris (et que je cite plus volontiers parce que c’est celle que j’ai le plus assidûment étudiée) la végétation des rochers calcaires est représentée par des est)éces la plupart différentes de celles qui habitent les rochers siliceux.

Les plantes propres à nos roches calcaires sont les suivantes : Linum tenuifolium , Cheiranthus Cheiri, Arabis aremsa , Erysimum cheiriflorum , Eruca saliva, Erucastnnn obtusangulum , Bisciitella lœvigata , Uelianthemum œlandicum , //. pulveru~ lenium. Viola Rolhomagensis, Astragalus Monspessulanus, Libanotis montana, Seseli montanum, Fœmculum officinale, Digitalis lutea , Linaria striata, Teucrium montanum, Phyleuma orhiculare , Rubia peregrina , Leontodon hostile, Cirsium Eriophvrum, Cardmcellus mitissimus, Lactuca perennis , Ruxus sempervirens , Melica ciliata , Sesleria cœrulea, Poa compressa, etc.

Voici maintenant laxiste des plantes propres aux roches siliceu ses des environs de Paris : Alsine setacea, Arenaria grandijlora, Sinapis Cheiranthus , Ilutchinsia petrœa, Uelianthemum guttatum, II. Eumana, H. umbellatum, Scleranthus perennis, Ttllœa muscosa, Sedum hirsutum , Cerasus Mahaleb , Rosa pimpinellifolia, Amelanchier vulgaris, Peucedanum Oreoselinum, iMserpitium lati folium, Veronica spicata, Digitalis piirpurea, Linaria Pelisseriana , Inula hirla, Rclula, alba Phalangium ramosum, , ' 9 .

DE LA lŒCIIEKCHE DES l'LA^iTES.

P. Liliago, Tragus racemosm, Corynephorus {Aira) canescens, Aira Caryophyllea , A. præcox, A. flexmta, Fesluca hromoides, F. stiuroides, F. Pseudo-myuros Asplénium Adianthum nigrum, A. ‘Ruta-muraria , A. Trichomanes , A. Germanicum, A. septentrionale, etc.

Parmi les] pierres peu susceptibles <le se désagréger, les porphyreset les pierres volcaniques n’existent pas naturellement aux environs de Paris, et y ont été, ainsi que la brique, peu employées pour lefe^constructions ; le grés, la pierre meulière (calcaire sili-, ceux), et le calcaire grossier abondent au contraire dans cette région.

Les roches susceptibles de se convertir au bout d’un certain nombre d’années en sable ou en terre végétale sont naturellement les plus riches en plantes; néanmoins, il est des plantes qui trouvent un aliment suffisant dans les fissures de roches qui résistent le plus complètement k la désagrégation : c’est qû’un véritable terrain a été, k l’aide du vent, trans|)orté k l’état de poussière dans ces fentes; ce terrain est arrosé par des phiies, et la profondeur des fissures lui conserve son humidité et sa fraîcheur; en outre, les Lichens et les Mousses qui s’y établissent d’abord constituent, par leurs détritus successifs, un terreau qui, k la longue, est susceptible de former une couche assez considérable.

Les principaux agents de la désagrégation des roches sont d’abord les eaux pluviales qui, par le fait de leur séjour, et surtout de leur écoulement sans cesse renouvelé , dis.solvent les parties solubles (qui servaient de pâte pour réunir des parties moins solubles et qui dès lors deviennent libres); et ensuite la gelée qui fait éclater ou s’exfolier les roches poreuses imbibées d’eau, ou qui présentent des lis.sures pleines d’eau (1).

T.es éléments de terrain qui sont le résultat de la désagrégation des roches sont as.sez variés: c’est, selon la nature des roches,

( t) Personne n'isnorc que rean.priisenlc un volume plus considérable à l'état de fil.icc qti'îi l'état liquide, et que, par consé([uent, la même quantité qui était librement contenue dans un vase <i l'état Ii(|iiide, augmentant brusquement de volume , en passant k l'étal solide par le fait de la cristallisation joue le rdle d'un coin cl fait briser le vase aux {>aroi8 duquel cite adbêrr.

DE LA RECtIEKCIIE DES PLANTES.

du sable silireux, des ferres calcaires, etc., etc. Si nous y ajoutons le terreau qui s’accumule à la longue par suite dé la décomposition des plantes des années précédentes, on comprendra que les rochers ou les vieilles murailles sont des terrains assez riches et d’une nature souvent très complexe ; les longues sécheresses et l’ardeur du .soleil pendant l’été ne permettent cependant de ' s’y établir qu’à un certain nombre de plantes qui trouvent en elles-mêmes les éléments d’une résistance prolongée à la sécheresse du terrain. Les plantes grasses , dont toutes les parties sont gorçées d’un suc qu’elles cèdent difficilement, sont de ce nombre. On ne doit pas oublier non plus que la fraîcheur de la nuit et la rosée compensent en partie l’ardeur du soleil pendant le jour; néanmoins on est quebiuefois surpris du peu de terrain nécessaire à la végétation de certaines plantes vigoureuses qui croissent entre les fissures des pierres , et de la résistance qu’elles opposent aux sécheresses les plus prolongées.

La cathédrale de Chartres est désherbée chaque année; on la nettoie des pauvres herbes bien inoffensives qui trouvent un maigre aliment dans les fis.sures de .ses vénérables et solides murailles. J’ai cependant trouvé eu abondance air les combles : le Galiurn Anglicum, le Linaria minor, le Galeopsis Ladanim, le Carduus tennillorus , et plusieurs autres espèces ; les graines sans aigrette du Galiurn, du Linaria et du Galeopsis, ont sans doute été portées à cette hauteur considérable dans quelques tQurbillons de iioussière.

Les plantes qui habitent les anciennes murailles sont celles qui aiment la sécheresse, et éprouvent le besoin de s’assimiler les sels minéraux qu’elles y rencontrent; les mêmes plantes habitaient les rochers avant qu’il y eût d’anciennes murailles , mais elles ne trouvaient peut-être pas de' terrains à leur convenance dans toutes les contrées dont elles peuplent aujourd’hui les vieux murs : tel ’est, par exemple, le Parietaria ofpcinalis.

Les toits de chaume, considérés comme terrain , sont une annexe des vieilles murailles : ils deviennent terrain lorsque leur surface pourrie et décomposée est réduite en terreau par les alternatives d’humidité et de sécheresse de l’atmosphère; les plantes qui s’y établissent augmentent rapidement, en se décomposant

loi DK I.A KKCIIKItClIK DKS I>I.A>TKS.

chaque anniv, la couche de terre végétale, et le"loit de chaume se trouve ainsi converti en un véritable parterre. Les habitants de la campagne concourent aussi quelquefois directement à l’ornementation des toits de chaume, en plantant sur le faite l'Iris pumila et la Joubarbe [Sempervicum tectorum). La végétation des toits de chaume est naturellement moins variée que celle des murailles et des rochers, |)uis(|ue le terrain manque des élénients qui résultent de la désagn'gation des pierres; mais la cause qui contribue surtout à restreindre le nombre des espèces susceptibles de croître sur les toits de chaume , est la sécheresse considérable et prolongée à laquelle ils sont exposés pendant l’été.

En effet, les racines des plantes qui s’y développent sont plongées dans un tern^au spongieux qui est loin de les abriter de l’ardeur du soleil comme peuwnt le faire les fissures profondes des murailles. Aussi remarquera-t-on que la flore de? toits de , chaume se compose de plantes printanières annuelles qui ont le temps de croître et de fructifier avant les chaleurs de l’été: tels sont le Saxifraga tridactilites , et l'Holostewn umbellatum ; ou bien de plantes grasses très riches en sucs aqueux, comme les Sedum et les Sempervivum ; et enfin de Mousses cl de Lichens, plantes dont la vie parait être interrompue |)cndant la sécheres^‘, et qui recommencent à vivre et à végéter aussitôt qu’elles sont humectées par l’humidité de l’air, la pluie ou la rosée.

Aperçu géologique iur les environs de Paris (j).

Les terrains les plus anciens ou les plus profondément situés qui fassent saillie aux environs de Paris, à la surface du sol mo-

(I) Consulter la Carte geognostique du plateau tertiaire parisien , par M. V. Raiilin.

« Comme c’est dans les cpDches superficielles et une petite profondeur • (du M. Adr. de Jussieu, Cours e'ie'mentaire de botanique, $ 900 ), «juc la

DE hX ItECUËKCllE DES l'LA^TES. 105

(lerne, ou qui constitueut le sol connue dernier déiwt ou par suite d’érosions, appartiennent aux étages supérieurs des terrains secondaires (couche supérieure du terrain jurassique et terrains crétacés) , ^ux terrains tertiaires (couches alternatives d’argile , de sable , de cakaire siliceux et de calcaire grossier), et aux terrains d’alluvion (terre végétale et tourbières). En aucun lieu de cette contrée, les terrains secondaires anciens (terrains jurassiques profonds, grès vosgien, terrains houilleis), et moins encore les terrains ignés anciens (terrains granitiques, terrains primitifs et de transition), n’ont été mis à découvert ni naturellement ni même par le sondage. Quant aux terrains ignés modernes (terrains volcaniques), ils n’y existent pas.

Le puits de Grenelle, qui a 555 flièlrcs de profondeur (500 . mètres au-dessous du niveau de la mer), ne pcuiètre pa's jusqu’à la première couche de terrain jurassique que nous venons d’assigner, comme limite de profondeur, au terrain parisien (limite fixée à notre point' de Vue, puisque nous n’avons à nous occuper que de l’état de la surface du soi).

Sur un point assez restreint du département de l’Oise, les couches inférieures de ce terrain ont été relevées avant que les couches supérieures se soient formées : telle est l’inclinaison ascendante de ces terrains à Lanlu et Villc-en-Bray, que l’argile de Kimmeridge et le terrain wealdien situés au-dessous de la

» TCgiitatton se prépare et s’élabore, la géologie, en nous apprenant quelles » sont l'origine de cetlc couclic, sa nature et celle de l'inférieure sur laquelle

> elle repose, nous donne sans doute des indications précieuses dans beau- *

• coup de cas ; mais elle no i>eut et ne doit p.as, en général, entrer dans des

• détails purement locaux qui viennent cbanger souvent les circonstances » pliysiques. Ainsi, par exemple, les cartes géologiques désignent par la » même conleur plusieurs des plateaux des environs de Paris sur lesquels

• s'étend une couebe de meulière. Cependant, qu’on compare cchii de » Montmorency, couvert de moissons, avec celui de Sannois , couvert d'un » gazon court et stérile, ou avec .celui de Meudon couvert de bois secs , de

• ChÂtaigiiiers principalement, au milieu desquels pullulent IJiy» flexuosa,

» le Melampyi'tim pralcntc, le Pleris aquiliua, on sera frappé de la diffé-

• rcnce conmlètc de ces végétations, différence qni résulte de ce que tantôt » la meulière est accompagnée de glaise, et (pie tantôt sa couclic très mince

• repase imiiiédiatcniciit sur le sable, souvent liii-iucmc à découvert. Il n'est » pas douteux néanmoins que les cartes gt'-ologupie.s piiisscnt cire d’un très

> utile usage dans les bcrborisalions, et aident à constater un jour des rap*

> ports (lu'unii'aperçuit encore que trop vaguement. >

DE LA UKCIIEKCIIK DES l’LASTES.

craie chloritée, qui, à Paris, constitue le fond du puits de Grenelle, occupent la surface du sol dont la hauteur est, sur ce point, de 214 mètres au-dessus du niveau de la mer; leseouches qui dans les autres parties de la région sont sujærposées à cette couche ancienne ont été, à ce niveau, détruites par érosion, et entraînées à l’état de détritus dans les plaines situées à la base du plan incliné.

De ces phénomènes de dépôt et d’érosion, il résulte que, selon les lieux , c’est telle ou telle couche des terrains secondaires supérieurs, ou des terrains tertiaires, qui comstituc 1 j sol des environs de Paris; mais on ne devra pas oublier que la couche superficielle d’un terrain , quelle que soit d’ailleurs sa nature primitive, est souvent nvouverte par les alluvions modernes ( détritus de divers terrains entraînés par les eaux , mélangés de terreau provenant de la décomposition des végétaux), et modifiée dans sa constitution par les travaux de l’agriculture.

Ces alluvions (ou déi>ôts modernes) |)euvent constituer pour les végétaux le véritable sol , suivant l’épaisseur de la coimhe qu’elles forment, et suivant la profondeur a laquelle s’enfoncent normalement les racines des plantes qui s'y établissent. —Quant au terrain sous-jacent , il n’a d’influence sur la végétation des plantes herbacées à racines peu allongées , que selon son degré plus ou moins grand de perméabilité et selon son inclinaison; ces diverses circonstances pouvant déterminer la sécheresse ou l’hu- ’ midité habituelle du terrain d’alluvion qui le recouvre.

. Les terrains superposés à la craie , et qui constituent presque entièrement le sol des environs de Paris, ont été nommés terrains parisiens; ils appartiennent aux périodes éocène et miocène. Ce sont des couches alternatives d'argile , de calcaire siliceux, de pierre meulière, degrés |de Fontainebleau, de sables et de calcaire grossier.

, Le grès et le sable pur n’occupent nulle part une surface très considérable, mais ces terrains constituent les plus hautes collines du pays de Ilurepoix et du Gâtluais (Versailles, Rambouillet, Chevreuse, Palaisc;au, Orsay, Étrechy, Ltampes, Laferliv Aleps, Milly, Maiesherbes, Fontainebleau et Nemours ) ; ce terrain

constilue eft outre un grand nombre des plateaux de la Brie (pays situé entre la Marne, et la Seine, jus<ju‘au voisinage (îu confluent des deux rivières, (presqu’ile de Saint-Maur). Ces terrains sablonneux forment aussi un grand nombre de chaines dç collines du départementale l’Oise dans le Valois et le Soissonnais.

De vastes terrains argilo-sabionneux s'étendent à l'ouçst et constituent le Perche et le pays d’Ouche ( Bonneval , Cliartres, Châteauneuf , Dreux, reux , jusqu’à Rouen ) ; ce terrain , dont les plaines sont assez insignifiantes à notre point de vue, est relevé de txilHnes de craie (à Chartres, Courville , Dreux, Anet, Nonancourt, forêt d’ivry, etc.), localités qui en recèlent les richesses botaniques.

Le terrain le plus récent (à part les terrains d'alluvions), le calcaire de la Beaucè, constitue dévastes plaines à l'est et au sud de notre région. La Beauce proprement dite est, comme toutes les plaines fertiles, un pays tellement cultivé, qu'il pe laisse qu’une place bien restreinte à la nature spontanée; les environs de Pithiviers présentent cependant un assez grand nombrp de plantes intéressantes.

I.e sol des plaines de la Brie, région située à l’est de Paris , est constitué par un calcaire siliceux dit calcaire de la Brie, et par des marnes gypsifères. (Les environs de' Melun, le Châtelet, Brie-Comte-Robt;rt, Tournan, Lagny, une partie des environs de Provins appartiennent à ce terrain.)

Immédiatement au nord de Paris, Sur fa rive droite de la Seine , on rencontre un terrain calcaire siliceux nommé calcaire de Saint-Ouen , dominé çà et la par le calcaire siliceux de la Brie, et rehaussé de meulière et de sables siliceux. (Les points les plus importants de cette étendue sont Saint-Denis, Montmorency, Dammartin, Meaux, etc.)

La zone de terrain située au nord de la précédente ( le Soissonnais), est constituée par des calcaires grossière mêlés de sables dont nous avons déjà parlé. (Au nord-est; liez, Liancourt, Creil, Senlis, Chantilly, forêt de Ilallate, forêt d’Ermenonville, Crespy en Valois, Yillers-Cotterels , la Ferlé-Milon ; et à l’ouest : forêt de Saint-Germain , Pontoise, Marines, Magny, Chaumont, etc.)

Digilized by Goc^le

Ce terraiD laisse k découvert sur certains points les calcaires de la Beauce et est recouvert ça et lîi de calcaires de la Brie.

Enfin, au nord de la zone précédente, se trouvent des terrains tertiaires de la plus ancienne époque (argiles sableuses , argile plastique et calcaire pisolithique). Ce' terrain se divise en deux sections, dont la première comprend le pays de Thelle, et plus loin le Vexin normand. Nous avons déjà vu que ce pays est relevé de nombreuses chaînes de collines de craie (Mt‘ru, Etrépagny, forêt de Thelle, etc:). La seconde section de ce terrain tertiaire ancien (basse Picardie), est relevé comme celui de la première section par des chaînes de collines calcaires (Pont-Sainte- Maxcnce, Verberie, forêt de Compiègne, Clermont, Beauvais, Songeons, Crèvecceur, Breteuil, Montdidier, etc.).

C’est entre, les deux sections de ce terrain tertiaire ancien que se trouve la contrée géologique la plus curieuse des environs de Paris. Je veux parler de ce pays élevé que j’ai mentionné déjà au comniencement de ce chapitre, dont la circonférence est formée de terrains crétacés anciens et dontie point culminant appartient aux terrainsjurassiques; de cette île, en un mot, qui dominait la contrée où devait s’élever Paris, à une époque où celte vaste plaine était encore ensevelie sous les eaux de la mer. Le pays qui fut cette île a environ U lieues et demie dans sa plus grande largeur (18 kilomètres), sur 12 à 15 lieues de longueur; il est à peu près parallèle à la direction du cours de la Seine, et commence à partir de Uodenc-l’f'vêque (non, loin de Beauvais). Le terrain crétacé inférieur qui occupe la circonférence de Pile nous offre les villages de Saint-Léger-en-Bray, le Bequet, lléricourt, la Chapelle-aux-Pots , Gournay, et plus loin la^ forêt de Bray; la partie culminante del’ile, formée par le terrain jurassique, renferme les villages de Ville-en-Bray, L'anlu , Villers-sur-.Vnchy, Bols- Aubert, llacx)urt, Doudeauville, Villers et Saint-Michel ; au delà de ce point, quelques crêtes formaient d’étroits îlots qui dépassaient çà et là seulement le niveau de la mer.

Ce point culminant, cultivé depuis longues années en terres labourées, n'a présenté à .M. Graves, qui l’a soigneusement exploré, qu’une végétation peu intéressante. Une plante toute spéciale, le

Page 1