‹ Guide du botaniste, ou Conseils pratiques sur l'ètude de la botaniqueChapitre 13 sur 48 · I.es herborisations publiques commencent au mois de mai et · texte numérisé non relu

I.es herborisations publiques commencent au mois de mai et

(1) A M. Decaitne, actnelleroeot profesceor de culture au Muséum, a snccMé, bomme aide-naturaliste de H. A, de Jussieu, M. Weddell, l'intrépide explorateur de t' Amérique du Sud, auteur d'un ouvrage sur les Quinquinas d’un rare mérite et d'nne magnifique exécution.

DE LA RECHKKCHK DES PLA.NTES.

cessent à la fin d'août (1). Ces promenades, fort agréables pour tous , sont éminemment utiles à ceux qui sont cncctre peu versés dans la connaissance des espèces, et qui. après avoir reçu du professeur le nom des plantes qu'ils ont recueillies et avoir attaehé une étiquette à chacune d’elles, puis Kavoir placée avec soin dans la boite d'herborisation, peuvent, de retour clmz eux, en lisant de bonnes descriptions de leurs plantes nommées, apprendre facilement (la plante sous les yeux), les taractères des familles, des genres et des espèces, et panenir assez promptement à se familiarise’!' avecje langage botani(|ue. Après avoir étudié la plante, on doit la préparer avec soin pour l’herbier ; ces échantillons sont des ty^es pré( ieux qui aident à délerniiner les espèces voisines.

Des réunions de botanistes font en outre, à Paris, de fréquentes promenades en petit comité; ces herborisations, où chacun apporte sa part de renseignements et de lumières , sont toujours fructueuses, et non moins pleines de gaité que d’intérêt et de charmes (2).

Les herborisations à (b>ux ont aussi leurs avantages; ce sont, en général , des explorations faites par de laborieux travailleurs. Telles sont les excursions que les deux auteurs de la Flore des environs de Paris ont faites assidûment, pendant plusieurs années, dans la circonscription de leur domaine de cinquante lieues de diamètre.

(!) Dcü herborisations non moins intéressantes que prati(|ues sont éttalcnieiit dirigeet aux environs de Paris par M. Ach. Hicliard, professeur d’iiistoirc iialurdie iiiéiUcaie à ia Faculté île iiiOdecinc, et par U. Clialin , pro< fessciir de liotaniipic i l'École de rliarinacie.

* — Des afTiclics placées à l'École de liolanii|uc du .Muséum d'Iiisloire iialurelle et dans ia cour de la Surbonne indiipient le lieu du rendez-vuns , le jour et l'Iieurc du départ, et le trajet ipie l'on doit parcimrir.

(2) Il n’est pas rare ipic ces réunions soient favorisées de la présence d'habiles cryptugamistes, parmi lcs<|uels 11 faut citer en première ligne le docteur Léveillé , l'un des bolanistcs de France ipii cunnait le mieux les espèces de l'im|H>rlanlc famille des Cbainpignuns , M. Duricu de Maisonneuve, ai versé dans l'étude des Mousses, et M, G. Thuret, dont le beau travail sur la famille des Algues vient d'êire couronné par l'Académie. La plMuérogamie s'y trouve souvent repri'-sentce par les deux auteurs de la Floi-e des environs de Paris , et non moins utilement aussi par M. Graves, botaniste habile et géologue distingué, M. le comte Jaubert, M. de Sclnruefeld , M. C. de Chanibine; M. Ramond, et M. Maire.

Bü LA HËCHKHCilË DLS PLANTES. 113

(J’est dans ces excursions laborieuses q*ie l’on peut interroger chaque buisik»u , sonder, les mares et les étangs, suivre le cours des ruisseaux, s'égarer dans les bt>is, gravir les falaises et les rochers, en un mot, parcourir le pays, non pas à la hâte, mais lentement et l'attention toujours en éveil , tantôt travaillant de la pioche et de la serpette, tantôt étudiant le scalpel et la loupe à la main, .^ussi les journées d’herborisation les plus longues sontelles vite passées, et faut-il, pour n’en rien perdre, se lever avec le soleil et ne s’occuper, de trouver un gile que lorsqpe le jour vous a abandonné. Quant aux ivpas, on les prend quand en peut et comme on les trouve; quels qu’ils soient on les accueille avec le même ap))étit. Le soir venu, je l’avouerai, il faut quelquefois du courage pour préparer, séance tenante, toutes les plantes récoltées, et résister à la fatigue et au sommeil; mais on dormirait mal si les plantes étaient négligées, et deux heures se passent k les mettre dans le papier etk les munir d’étiquettes. Quel bonheur alors alors d’avoir acquis le droit de se reposer ! Le lendemain la enurse ne sera pas moins longue, et la journée ne sera pas moins heureuse ni moins bonne (I).

Les herborisations solitaires ne peuvent présenter les mêmes plaisirs que les précédentes; ces longues excursions dans les bois ont toujours quelque chose de triste ou du moins de sérieux et de mélancolique; jmint d’ami k qui faire partager sesimpres-

(I) < La Botanique, dit ¥001006116 (Éloge de Teurnefort), n'est pas une

> science sédentaire et paresseuse , qui se puisse aci|uérir dans 1e repos et

> dans l’ombre d'un cabinet, coniinc la Géométrie et l'IIisloire; qui (ont

> au plus , comme la Cliimie , l'Anatomie et l'Astronomie , ne demande que

> des opérations d'assez peu de mouvcmenl. Elle vent que l'on coure les

> Montagnes et les Foresis , que l'on gravisse contre les Itocbcrs escarpés ,

• que l'on s'expose au bord des Précipices. Les seuls livres qui peuvent

> nous instniire à fond dans cette matière ont été jeltez an hasard sur toute

• la surface ,1c la Terre, et il faut se résoudre à la fatigue et au péril de les

• chercher et de les ramasser. De lit vient aussi <pi'il est si rare d'exceller » dans celte science ; le degré de passion qui suffit h faire un Savant d'une » autre espèce, ne suffit pas pour faire un grand Botaniste, et avec cette

• fiassion même, il faut encore une santé qui puisse la suivre, une force

• de corps qui y réiwude. M. de Tournefort était d'un tempérament vif, la- » borieux, robuste, un grand fond de gayeté naturelle le soutenait dans le » travail , et son corps aussi, bien (pic son esprit avait été fait pour la

• Botanii|ue. >

\ih DE LA RECHERCHE DES PLARTES.

sions en face des spectacles si variés de la iiatupe,>faire part de ses remarques, soumettre ses doutes, et avec qui discuter les points difficiles ; quel dommage surtout d'être réduit fi concentrer en soi son bonheur, lorsque l’on vient fi s’emparer de quelque plante depuis longtemps cherchée , ou dont la découverte est bien Inattendue! Cependant, si vous vous occupez moins de la recherche des espèces que des mœurs et de la structure des plantes, si, en un mot, vous étudiez la physiologie végétale, faites souvent des promenades solitaires , cherchez, observez et méditez; et, seul, en face de la nature , fi force d’interroger ses mystères, vous jmrviendrez peut-être iven pénétrer les secrets.

Mais, jamais, n’herborisez avec les personnes étrangères fi vos études; vous les fatigueriez bien vite par vos allure.s irrégulières, vos temps d’arrêt ou votre marche précipitée; tandis que, d’autre part, ralrconlrariéde votre compagnon, privé d’un auditeur et s'étonnant que vous regardiez une plante commune ou vous demandant si vous ne l’avez pas déjà récoltée, vous serait fi vousmême une insupportable gêne. Gardez-vous surtout d’entreprendre, dans de telles conditions, un long voyage ; son but serait absolument manqué.-

Ne vous associez pas davantage à un naturaliste cultivant une autre branche de la science que vous-même, fi un géologue, par exemple, ou fi un entomologiste, quel que soit l’agrément que vous puissiez trouver dans leur société. Vous ne tarderiez pas fi vous gêner l’un l’autre, car où l’un devra longtemps s’arrêter, l’autre ne trouvera rien fi faire, et devra continuer seul ou perdre sa journée.

Excursions botaniques dans les pays de plaines.

Il est peu de contrées, en France, qui soient absolument dénuées d’intérêt au point de vue de la distribution naturelle des plantes, et aucune, évidemment, ne devait en être dépourvue fi une époque antérieure à Ifi culture.

DE LA RECHERCHE -B£S PLAriTES.

Mais , dans î’état actuel des choses (1) , les pays de plaines, spr- . tout si le terrain en est fertile, se 'trouvent généralement trans> formés en vastes jardins potagers soigneusement sarclés , en vertes prairies de Raigrass nivelées et tirées au cordeau , ou enfin en champs de blé non moins bien alignés, et surtout bien propres, c’est-à-dire nettoyés du plus imperceptible Bleuet et du dernier des Coquelicots.

A Dieu ne plaise que je regrette les temps où ces fertiles terrains étaient en friche; je suis heureux de ces utiles richesses; mais aussi, qu’il me soit permis de distinguer le beau du 6on, la nourriture de l’esprit de la future du corps. Personne ne s’est jamais, je pense, avisé d’admirer un sac d’argent ; je n’admire |)as davantage un sac de blé , tout en rendant justice à l’utilité de l’un et de l’autre.

(<11 • L'humme civilisé, auquel ne suffisent plus les prodiictiuils sponla-

• nées que lui offre h terre, et qui cherche à multiplier autour de lui les ani-

> maux et les vé;;éiaux qui peuvent lui servir on lui plaire, ï détruire ceux s qui lui déplaisent ou lui nuisent , tend néceasairement à modifier de pins

> en plus la ilislrihutiqii de ces êtres et la physionomie de la nature pri-

> milive. ?(uus ne la voyons qu'ainsi altérée dans la plus grande partie de

> l’Eiiro|>e , où il faut qu’un lien soit bien Inaccessible ou irrévocablement

> stérile pour rester abandonné h lui-même. — Les forêts, dans l'état de la

> nature, tendent à s'emparer du sol, ainsi qu'on peut le voir encore dans

• le sud du Chili, où les bosquels de bois, une fois établis sur le bord on au

> milieu' des prairies, empiètent sur elle chaque année, en s'avançant sur

> tonte la ligne de leurs lisières, comme en colonne serrée , finissent en

> opérant leur jonction, et rétrécissant de plus en plus le cercle des grami-

• nées, par les remplacer complètement. — C'est le contraire dans les pays

> cultivés, Jes forêts qui en couvraient primitivement la plus grande éten-

> due, s'éclaircissent et disparaissent graduellement sous les coups de » l'homme ; et celles qu'on conserve, soumises pour la plupart à des coupes

• réglées , n'ont plus ni le mêmè aspect ni la même influence sur la nature

• environnante. — Les conditions du climat ont été ainsi modifiées; celles » du sol le sont sans cesse par la culture , qui règle d'ailleurs les espèces

> peu nomlireuscs qui doivent le couvrir. Beaucoup de celles qui formaient la » flore spontanée sont ainsi détruites, au moins par places; qnciqnes autres

• au contraire sont introduites, et ce sont çn général des plantes annuelles » dont les graines se sont mêlées h celles des céréales venues de pays plus ou

> moins lointains... — La géographie botanique et la géographie agricole » s'éclairent mutuellement. La première empruntera à la seconde des points

> de repère bien définis, et, une fois qii'on aura vu certains végétaux spou*

I tanés accompagner telle un telle culture, en les rencontrant autre part, on » en conelnra la probabilité que cette même culture pourrait y réussir f aussi. > Adr. de Jussieu, Cours élémentaire de botanique, S 904,

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. Si donc vous habitez un pays de plaines cultivées , vous y trouverez une assez pauvre végétation spontanée; les plantes communes ailleurs y sont presque des raretés, et les es|)èces facilement destructibles en ont été extirpées depuis de longues années. — Ce n’est pas que ces pays ne puissent avoir certains genres de Ijeauté; quoi de plus séduisant, par exemple, que les fermes de la N'orniandie , si coquettement parées de leurs prairies et de leurs vergers, et perdues au milieu de bouquets de grands arbres, comme un nid dans un buisson bien fourré ! Ce sont des oasis tous également pourvus de calme, de fraîcheur et de propreté ; mais aussi tous empreints de tristes,se et d’uniformité. Le botaniste, ‘on le comprendra, ne saurait trouver une plus grande variété que le promeneur, dans un pays si régulièrement cultivé , et dans letiuél des chênaies , c’est-à-dire quelques douzaines de chênes plantés en quinconce, remplacent les vraies forêts de chênes. ■ ’

Mais il s’en faut que les pays entrecoupés de plaines, de collines et de vallées, présentent la même monotonie d’aspect, et le même dénuement de végétation spontanée. — Quoi de plus riche, et en même temps de plus varié, que celle vaste et belle contrée qui entoure Paris, et comprend le pays qui s’étend de Rambouillet à Compiègne et de Beauvais à 'Fontainebleau ! Comme nos coteaux sont pittoresques et boisés, nos forêts accidentées, nos terrains variés, nos cours d’eau multipliés! Aussi, tous les botanistes sontils d’accord sur ce point, qu’aucune flore” de l’Europe n’est en même temps ni plus riche, ni plus intéressante à explorer. — Quelles tourbières présentent une plus belle collection de Potamoyeton et de C/wiraccesi' Quels coteaux peuvent offrir une plus riche famille dé Graminées? Et cependant, où la cultnre est-elle plus éclairée,.entourée de plus de considération, et plus favorisée par la richesse du sol, sous un climat si tempéré ? — Le secret de cette richesse agriculturale , qui n’exclut aucun genre de beauté, est une distribution habile et savamment ménagée des différents genres de culture dans les lieux et les terrains qui leur sont aj)propriés : aux vallées les prairies , les céréales aux plaines chaudes et élevées, les taillis et les bois aux terrains montueux et accidentés; aux rochers seuls et aux sommets arides leur nudité.

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UE LA laXHEHCUK DES ULAMTES.

Un se ferait difficilement une idée du nombre d’objets intéressanls qui s’offrirent aux recherclies des deux auteurs de la Flore des environs de Paris, loi-sque, remplis d’ardeur et de zèle, ils parcoururent tout ce beau pays, dont les deux tieiN étaient encore, au iK>iiU de vue botanique, complétemetit inexplorés, je IMJurrais presque dire istnorés. fat effet, de temps iirimémorial, chaque génération de botanislt*s visitait traditionnellement aux environs immédiats xle Paris, les mêmes localités, sans rien retrancher du programme , mais aussi sans y rien ajouter.

Peu de lo('alitt*s ont enrichi davantage le catalogue des plantes parisiennes que. les coteaux escarpés (depuis si souvent visités)

<|ui bordent la Seine, de .Mantes à la Koche-tluyon , à Vernon et au château des Andelys. A Mantes, (|uelle collection d’Orobanches et surtout d’Orchklées! {.'Ueriinuiam Monorchis, le Liinodorum abortivuni, les Ophrys de la section insertifera , etc., |)uis le Genisfa prustrala , VAslrayalus Monspessulanus , VHutchinsia petrœa, les Helianihemum wlandicmn et pulverulenpim , le Diyi- Ifilis lutea, le Liiiosyris ct4lyaris, le Melica ciliata, et le Sesleria cærulea , espèces dont i)lusieurs peuvent être suivies sur cette suite de coteaux au delà des limites assignées à la flore parisienne. C’est non l<jin de là qu’ont été découvertes (1) à Port- « Villez, VAnemone Ilepatka, et à la Hoche-Guyon le ThUispi monlanum et VOrobanche Hederæ.

Nouvelles richesses à Vernon ; Libanotis montunu, Rubin pereijrina , Gymnadenia odoralissiina el Luzula maoeima.

•Aux Andelys, sur les ruines si pittoresques des tours et des remparts du château, le Dianthus Cnryophyllus, le plus délicieux des Œillets j et à la gueule des oubliettes en entonnoir renverst* et creusées dans le roc, onverlures jadis terribles de souterrains maintenant effondrés et à ciel ouvert, les touffes du gracieux Arabis arenosa. A ((uehiues pas enfin, sur le nii her Saiut-Jacques, les épis argcnté’s du Melica ciliata et du Slipa liennata, VUrobanche ininor, le Cephalanthera rubra, et, découverte inattendue dans nos pays peu montagneux : le Hiscutella Ueviyata.

Je ne puis, dans ce coup d’œil rapide-, indiquer même le nom

(t) La première (te ce» plantes Inti-rcssantcs a été découverte par M. Giiil- Ion, le» deux autres par .MM. de Scliu'iieleld et Beauteiups-Beaupré.

• DlTi-,

C'.u.gu

118 I>E LA REOUEKGHE DBS PLAATES.

(les Ifxalités pî^i'isiennes les plus riches et les plus intéressantes ; hien qu’une telle énumération dût avoir pour moi beaucoup de charmes en nue rappelant tant de bonnes journées, tant de délicieuses recherches couronnées partout d’agréables surprises et d’heureust's découvertes. Je ne résiste pas cependant au désir de mentionner nos rochers de Fontainebleau , dont la vieille réputation est si bien méritée : les richesses du Mail de Henri IV, où les Ilelianthemum guttatum, vulgare, pulverulentum,Fumana et umbellatum se sont donné rendez-vous, k quehiues pas des Carex humilis et »»ün/aHo; les beaux sites embellis par les Phalangium ramosum elLiliago, les pelouses et les clairières^arnies des plus eharmautes Orchidées, de YAtlium flavum et du Scabiosa suor veolens. — Que de courses au pas gymnastique dans des sentiers ardus et i>ar un soleil brûlant ; mais aussi quels délicieux déjeuners k l’ombre dt*s grands arbres, en face d’une des plus belles vues du monde et des gigantesques pâtés du Cadran-bleu ; Dieu sait aussi quelles averses! On n’en essuie, je crois, de pareilles qu’k Fontainebleau.

Comment ne pas donner un souvenir aux tourbières de ■Malesherbes, où nous avons fait nas premières recherches et nos premières éludes dans la nombreuse et belle famille des Cyperacées; k ses ilôts mouvants de Sphagmim, où croissent, avec les Drosera, les Utricularia minor, vulgaris et intermedia k côté du Liparis Lœselii; k ses coteaux couverts du Carduncellus ; k .ses rochers que le Scabiosa Ucranica a adoptés j)oar sa demeure, et k ses moissons où l’on rencontre nos trois Admis et toutes nos Valerianella.

•Mais, je l’ai déjk dit, jæur passer en revue toutes nos merveilles et nos richesses, il faudrait |«rlerde chaque forêt, de chaque coteau, de chaque tourbière. Visitez donc ces belles localités vous-mêmes; iiarcourez le département de l’Oise; explorez les environs de Beauvais, Gisors, Chaumont, Magny, Marines, Senlis, Luzarches et Morfontaine; parcourez la forêt de Compïègne et la forêt de Villers-Cotterets; voyez aussi Dreux et Rambouillet, les marais de Saint-Léger, la vallée de Chevreuse et de Senlisse, Marcoussis, Corbeil, la vallée de l’Essone, les hauteurs d’Étampes, les environs de Pithiviers ; puis , après avoir parcouru la forêt

de Fontainebleau, visitez les environs de Nemours. Partout vous trouverez des sites délicieux à admirer et des plantes intéressantes à observer et à recueillir. Les environs immédiats de Paris sont eux-mémes, et y compris le bois de Boulogne, d’une richesse étonnante, et vous né vous lasserez jamais dé revoir Saint-Cloud, Meudon, Versailles, Marly, Saint-Germain, Montmorency, Bnndy, la presqu’île de Saint-Maur, etc.

Si, vous éloignant davantage de Paris, vous j>arcourez la valléé de la Loire , de nouveaux trésors vous attendent : aux environs mêmes d’Orléans vous trouverez, dans les bois, le magniflque Asphodelm albm et le Fritillaria Meleagris; en vous dirigeant vers la soun-e du Loiret, sur la lisière de la .Sologne, vous trouverez, dans certaine vailée tourbeuse, le Pinguicula Lusitanica,et sur les côteaux arides l’^tstrocorpus C/nsiï et l’yinarrAénMm bellidifolium ; revenant aux berges de la Loire, vous trouverez en abondance le joli Medkago orbicularis, le Glaucitm flarum et le Cynoglossum pictum.

Descendez-vous la Loire jusqu’à Blois, vous trouverez dans les moissons le Gladiolus segetum , les Omithopus ebracteatm et roseus, près du Lupinus angmtifoUus. A Angers, après avoir visité le délicieux jardin botanique, allez recueillir l’OFnontAe crocata sur.les bords de l’étang où fructifie Yhmrdia palustris, et dans plusieurs marécages ie Potamogeton acutifolium.

N’oubliez pas, à Nantes, d’explorer les marais del’Erdre, où fleurit VUtricularia intermedia , et dans lesquels se rencontre encore le rare Malaxis paludosa..

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