‹ Guide du botaniste, ou Conseils pratiques sur l'ètude de la botaniqueChapitre 14 sur 48 · IX · texte numérisé non relu

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Xxonriions botaniquaf dans les pays de nontagaes.

C’est au fond de l’une des plus pittoresques vallées de la Suisse, la vallée de Saint-Nicolas, dont le torrent va joindre ses eaux à celles du Rhône, à quelques lieues du glacier où k fleuve prend

DK I,A RKCHl'^KOHK UES PLAMKS.

lÜO

sa source, aux environs du joli village de Zerniatl (i), dominé par le gigantesque Mont-Gervin, que mon ami M. Cosson et moi nous sf)mines rencoulrés |>our la première-fois, -et avons fait ensemble nos premières excursions botaniques. Nous ne connaissions guère encore l’un et l'autre qu’un petit nombre de plantes des plaines; que l’on juge de notre bonheur au milieu de la richesse botanique exubérante des AI|)es,.où tout était si nouveau pour nous, et où les joies sans cesse renaissantes de la découverte et de la récolte s’unissaient au plaisir de pana^urir ensemble une si magniü<|ne contrée !

Il faudrait ici des énumérations de plusieurs pages pour donner un aperçu du nombre de plantes intéressantes que l’on peut en ((uelques jours recueillir dans les Alpes ; le lit des torrents, les prairies des vallées, les pelouses -et les escarpements des montagnes, vous ménagent à chaque instant des surprises nouvelles. — Que ne puis-je dépeindre au lecteur les riches.ses de la vallée de Saas, oü nous avons recueilli pour la première fois le Linncpa horealis; les abords du glacier du Rhûue, si riches en Saxifrages et en Gentianes, etc.; et Je mont N'uffenen, oü, entraînés par le plaisir de. la récolte des Renoncules alpines les plus belles et les plus rares, excédés de fatigue et de faim, séparés de toute habitation par une distance de plusieurs lieues, nous nous trouvâmes réduits à deux onces de pain à partager entre trois.

% Est-il rien de plus charmant que VAndrosace alpina, dont les touffes d’un blanc rosé tapissent les rochers à la limite de la neige fondante, près des jolies fleurs bleues des gentianes et du Soldanella ! Quoi de plus élégant que les Astrantia, que le Dryas octopelala! et quelle merveilleuse variété de formes dans les espè(u*s si nombreuses des Saxifraga, des Silene, des Dianthus et des Primula !

Il ne m’ap|>artient pas ici de décrire les beautés naturelles

(1) J'y arrivai, accompagné tl'un guide, après dix Ucihts de marctic d.-ins .la moiitagiir , i onze heures du soir; MM. Cosson et Dacnon arrivaient de leur cdté d'une longue herborisation. Mes nouveaux amis |iartagèreiit aussitôt leurs récoltes avec moi, et après un frugal mais bieu iiHIc souper, nous alhlmcs nous reposer et dormir au bruit sourd du torrent. — I.e lendemain, notre amitié était devenue une intimité (pie les annt'-es qui se sont écoulée» depuis n'ont fait que resserrer davantage. .

œ LA I RECHERCHE DES l>LA>’TES.

autres que celles des plantes ; mais n’est-ce pas être heureux deux fois que de faire de si riches récoltes dans un pays dominé par les cimt*s du Mont-Blanc cm du Mont-Kosa , et dans lecjuel on rencontre la cascade de -la. Handek, les lacs de Thun et de Brienz, et le village d'interlakcn ?

Les Alpes françaises sont bien belles aussi et bien intéressantes à parcourir. Pour les explorer complètement, nous nous sommes engagés à Nice dans les Alpes-maritimes, puis nous avons parcouru il pied (des mulets portant les plantes et les bagages) toute la cbaine des Basses-.14»es et des Hautes-Alpes.

Les montagnes de la Suisse sont généralement plus escarpées et ont quelque chose de plus grandiose, mais la richesse botanique des vallées, des pelouses et des prairies des Alpes françaises est peut-être plus grande encoreque celle des Alpes du Valais. Pour en avoir une idée, il faut avoir parcouru les environs d’Entrevaux, où croit le Molucella frutescens et le Teitcrium lucidum ; les environs de Villars-Colraars, où se rencontre \eBerardia subaeauliir: la vallée de Barcelonnette, la vallée de Larches.'Où croissent en abondance VEryngium alpinum, VAneuwne narcissiflora, le Cardamine asuri folia, le Sisymbrium t anaceti folium , \e Luzula pediformis et le Deiphinmm elatum ; et les environs du lac d’.Allos, où nous avons recueilli le Thalictrum alpinum. Il faut enfin connaître les environs de Briançon et de Grenoble, et avoir exploré la montagne du Lautaret, les glaciers de la Grave et du Monestier, et la forêt de la Grande-Chartreuse. — il était minuit quand nous arrivâmes au couvert caché dans Cette contrée si sauvage et si grandiose : la lune éclairait vivement les escarpements de la montagne, et laissait deviner la profondeur des ravins qui s’enfoncent entre les arbres séculaires de la forêt. — Quelques jours après, à la même heure nocturne, mais par un ciel sombre et sans étoiles, nous étions égarés dans les neiges qui avoisinent l’hospice du Lautaret, où nous trouvions quelques instants plus lard une bonne hospitalité, et, pour dormir, la paille et le chaud réduit où reposent ensemble les hommes,, les vaches et les mulets. .

I>E LA RECnERCnï; DES PLANTES.

Xxonrfioni boUuiiqaat dam la France méridiocale.

Quel ardent désir nous avions de paitourir la Provence, lorsqu'il nous parvenait quelques échantillons de plantes méridionales, ou lorsqu’en étudiant la liste des plantes de la France, nous pensions au nombre d’espèces intéressantes dont quelques heures passé«*s aux environs d’Avignon -ou de Marseille, pourraient nous enrichir. Eh quoi! après deux journées de voyage, nous nous trouverions transportés dans des plantations d’O/éviers, dans des chemins dont les haies sont mêlées de Grenadiers, de Paiiurus et de Jujubiers ; où les Lauriers-roses et les Citroniers croissent en pleine terre , où le Caroubier forme des bois , où les Terebinthes et les Myrtes sont les buissons des ravins et des rochers, où nous pourrions, à loisir, cueillir ]e Catananche cœndea et le Leuzea conifera , plusiairs Onopordon , quantité de magnifiques Carduus et Cirsium. Quelle' riche collection de Labiées! et, si c’est au printemps, que d’Orchidées, de Liliacées et d’Amaryllidées, ces belles plantes qui arrivent si rarement , et en si mauvais état, aux herbiers !

Enfin, par un beau jour de juin, nous monton.s en diligence ( ilétai^peu question alors de chemins de fer), nous quittons la diligence pour le bateau à vapeur; nous voïci à Lyon. — A peine débarqués, nous visitons les marécages de la Te'te-d’or, localité fameuse par ses nombreuses espèces de Thalictrum ; nous en faisons une précieuse moisson. C’est encore presque la végétation du Nord : mais déjà le Gypsophila Saxifraga nous indique que nous touchons au Mtdi.— La Provence nous attend, hâtons-nous, le soleil aura bientôt réduit nombre d’espèces en poussière. Vite en bateau, et descendons le Rhône. — Quel soleil ardent, quel beau ciel! Avignon !... Comme ces coteaux accidentés nous promettent, sous un pareil climat , de fructueuses journées !

Le lendemain , dès l’aurore , herborisation à Villeneuve-Ies- Avignon; cette excursion, par un soleil ardent, ne dura pas moins de douze heures. Le jour suivant, nouvelle course non

DE LA RECUKRUtE DES PLANTES.

moins intéres^nte sur les bords de la Durance, où rampe dans le sable le Typha minima, et où les plantes marécageuses sont dominées par les belles paniculcs du Saccharum Kavennæ. Mais la température cstaaablante, et, bien malgré nous, il faut nous reposer, car il nous reste à gravir le mont Ventoux, le géant des montagnes de la Dasse-Provence , et nous avons ]>our cela nos forces à ménager. — Nous voici cependant en route |Kiur la fontaine de Vaucluse dont on a si souvent décrit le torrt'ut et les magnifiques rochers; les jièlerinages des Ixitanistes y ont rendu presque introuvable la plante classique de la bx-alité, le rare Asplénium Petrarchee; en revanche, on y rencontre en aimndance les jolies touffes des Teucrium flavum, Polium et aureum.

Peu de jours après, munis des renseignements que nous devions à M. Kequien, l’ami de tous les botanistes qui ont visité la Provence, accompagnés d’un guide qui chassait devant lui un mulet chargé de vivres pour trois journées, et de couvertures de laine pdur passer la nuit sur la montagne , nous arrivions à la base du mont Ventoux , à travers des chemins rocailleux couverts des touffes parfumées du Lavandula vera, du Sepeta graveolens, du Thymus vulgaris et du Satureia montaûa.

Quels que soient les escarpements qu’il faille escalader |MMir gravir la montagne, malgré la difticulté des pentes recouvertes de pierres qui roulent sous les pieds, et quelle que- soit l’ardeur, du soleil, augmentée par la blancheur du terrain, on ne songe guère k la fatigue en présence de VEryngium Spina-alha , de VAllium grandiflorum , du Viola Cenisia , du Campamda Allionii, du Silene Vallesia et du Dianfhtis suhaeattlis. N’arrive-t-on pas d’ailleurs k la halte providentielle de la Fontrfiliole, et ne trouve-t-on |>as plus loin un abri pour une nuit dans la chapelle rustique qui, grâce à sa construction en forme de tumulus, résiste aux vents déchainésqui balaient presque constamment le sommet de la montagne. I.a végétation, sur ce point culminant, est réduite aux maigres touffes du fare'x rupestr/s.

BË LA ntXHËHOHË DËS l'LAATËS.

Xxcuriioos botaniques au bord de la mer.

Aujuui'iTliui, grice aux chemins de fer, la mer n’est plus qu’à quelques heures de Paris , et l'on visite les falaises de la Normandiq, les rochers du Calvados et les sables de l’embouchure de la Somme, en, moins de temps qu’il n’en fallait , il y a peu d’années encore, pour-se rendre de Paris à Fontainebleau. Allons doue en Aormandie , en attendant que nous pitissions explorer les dunes de la Bretagne et les cotes de la Méditerranée.

iN’aimez-vous pas l’odeur de la mer à la marée basse, et n’est-ce pas avec bonheur que vous vous aventurez dans les rochers quand les vagues lt*s ont désertés, tantôt glissant sur les algues qui les tapissent d’une couche verte ou rougeâtre, tantôt vous enfonçant dans l’eau jus(|u’aux genoux, en faisant fuir des myriades de crabes; ohservant-çà et là les belles couleurs des Actinies, véritables fleurs animées, mais, avant tout, cherchant et recueillant les nomhreu.ses es|)èces de la belle famille des Algues, qui pullulent dans les profondeurs de l’Océan.

Xe négligez pas surtout d’examiner les débris l'ejetés par les vagues sur la grève; vous y trouverez souvent, et en bon état, des espèces qui ont été détachées au loin et que vous chercheriez vainement sur les rochers de la côte. — Evitez, du reste, les plages sablonneuses et recherchez, pour la récolte des .Algues, les parages où les rochers sont à fleur d’eau.

Des falaises de la Xormandie et des rochers du Calvados et du Finistère, vous gagnerez les côtes de l’Ouest et l’ile de Xoirmoutiers, et vous irez ensuite recueillir les Algues de la Méditerranée, dont les côtes vous, fourniront nombre d'esi)èces qui n’appartiennent point à l’Océan. — Je dirai plus loin comment on prépare les Algues pour l’herbier, de manière à conserver leurs formes élégantes et leurs admirables couleurs.

Mais l’algologue n’est pas le seul qui doive fréquenter les bords de la mer, le phanérogamiste ne trouvera pas un moindre intérêt dans les promenades maritimes; il sera frappé, dès l’alwrtl, de

DE LA REEHËKCHË DES 1»LAATES. 125

l’aspect inaccoutumé qu’y revêtent plusieurs de «os plantes communes, devenues charnues et succulentes : le Plantago Coronopus, VArenaria rubra et VAtriplex palula, par exemple; puis il arrivera aux plantes essentiellement maritimes, il verra, dans les anfractuosités de tous les rochers, les touffes vigoureuses du Crithmum, et, dans le sable , le Cakile maritima et le bel Eryngium maritimum.

Visitez surtout les sables maritimes et les dunes de la Bretagne; je n’ai jamais fait, je crois,- d’herborisations plus agréables que dans celte contrée. Vous y tfouverez , entre le Poiiliguen, le Croisic, Guérande et le joli bourç de Balz, dont les habitants ont consené leur costume pittoresque ; Dianthus GalUcus, SHem maritima , Galium arenarium , Convoltnihis Solda»eUn , Helichrysum Etœchas , Eiiphorbia Peplis, PJphedra distarhya^ etc. — Explorez avec soin les marais salants, c’est la patrie des Statice, des Salsola, des Suœda, des Atripkx, des Salicornia et d’une foule d’autres plantes inléreœantes. — Les prairies vous fourniront des Trifolium et plusieurs Graminées maritimes, etc.

Vous trouverez même sur les côtes de la Bretagne certaines plantes méridionales, le Tribulus terrestris et le Scirpus Holoschcenus, par exemple; car la tenii)érature et la végétation du Midi se continuent le long des côtes, bien plus loin que dans l’intérieur des terres; cette influence méridionale .se fait sentir en Europe jusqu’à une latitude assez avancée vers le nord.

(Juant auvcôtes de la Méditerranée, elles sont plus remarquables encore par la richesse et la variété de leur végétation; caries plantes y trouvent combinées, l’influence de l’eau salée 'et la chaude température de la Provence. Parcourez les environs de Montpellier, visitez surtout, à Marseille, le mont Redon, à Toulon , les Sablettes , et ne négligez pas d’explorer les îles d’Hyères.

Un voyage en Corse doit être le complément des excursions botaniques dans la région méditerranéenne de la France; on y rencontre de nombreuses et intéressantes espèces qui n’appartiennent point à la Provence, tant parmi les plantes maritimes et méridionales que parmi les plantes des montagnes.

Dt; LA RECHERCHE' DES PLANTES.

OaleqdrÎCT dq Botanift*.

Les époques de l’année les plus avantageuses pour lierboriser sont, dans les hautes montagnes : juin. Juillet, août et septembre; dans la France méridionale : mars, avril, mai, juin et juillet. Quelques plantes du printemps repou-ssent et fleurissent de nouveau pendant les automnes pluvieux.

Dans le centre de la France, et sous le climat des environs de Paris ,on peut faire d’utiles herborisations pendant toute la durée de l’année : la dernière partie de l’automne est consacrée à la recherche des Champignons et d’un certain nombre de Mousses; l’hiver est la saison de la récolte pour de nombreuses espèces de Mousses et (V Hépatiques, les recherches cryptogamiques ne doivent être interrompues que pendant les fortes gelées ; aussitôt que survient le dégel , les Mousses, les Hépatiques et les Lic/»ens doivent être cherchés et recueillis. Ce n’est môme que \)ar tes tem|)s humides que les Mousses ont leur fraîcheur, et que l’on peut déta(;her les Lichens des écorces et des rochers, sans qu’on soit exjKtsé à les briser et à les réduire en poussière. Les Lichens, étant constamment en fructification , peuvent , du reste, excepté pendant les temps très secs, être trouvés en bon état dans-toirtes les saisons de l’année. Les Afoiwses et les Hépatiques fructifient, selon les espixes, à des époques différentes; les unes à la fin de l’automne, d’autres en hiver, d’autres enfin au printemps.

C’est aussi au printemps fpie l’on doit chercher et recueillir les Chara et les Xitella , ainsi que la plupart des Algues d’eau douce; plus tard, un grand nombre d’espèces disparaissent, ou ne se rencontrent plus .qu’en mauvais état.

Quant aux Algues marines , on peut les recueillir dans toutes les saisons de l’année , excepté pendant l’hiver. En été , les couleurs dos Algues sont plus vives et plus fraîches, et ces plantes sont d’un aspect plus agréable; si, cependant < on veut étudier leurs organes de la fructification , c’est en automne qu’on devra les recueillir, alors que leurs teintes ont bruni , et qu’ayant atteint la maturité, lenrs frondes tendent à se détruire.

Digitizc- :

Sons le climat de Paris , quelques plantes phanêrogaui^ des plus communes fleurissent pendant toute l’année , y compris la durée de l’hiver : ce sont en général des plantes annuelles, dont les générations se succèdent sans aucune interruption ; pendant les hivers peu rigoureux, on rencontre souvent en fleurs sous le givre, dans les champs et sur les bords des chemins , aux environs de Paris : Capsella Bursa-pastoris, Sinapis arvensis^ Alsinc media, Fumaria offkinalis, Veronica agrestis, et V. hederœfolia, Senecio vulgaris, Calendula arvensis, Beilis perennis , etc.

A un bien petit nombre d’exceptions près , on doit chercher les plantes phanérogames à partir du 15 avril jusqu’au 15 octobre. La floraison de quelques espèces est cependant plus précoce : c’est en février que fleurissent le Coudrier [Corylm Avellana ) , Y Eranthis hyemalis,,Vt Ruscus aculeatue, \eGaïanthus nivalis et le Daphné Mezereum. Dès le commencement de mars, si l’hiver n’a pas été trop rigoureux , on voit poindre sur les toits de chaume les rosettes du Saxifraga tridactylites, du Drabaverna et de l’Jïblosteum umbellatum, dont les fleurs ne doivent pas tarder à s’épanouir ; les Pâquerettes commencent kémalller le bord des chemins, et l’on rencontre dans les bois les premières fleurs du Ficaria ranunculoides, du Pulmonaria angusti folia, du Potentilla Fragariu, et de la Violette odorante, jolie mes.sagère du printemps.

C’est vers la fin de mars, et dans les premiers jours d’avril , que fleurissent : Hepatica triloba. Anémone ranunculoides et nemorosa , Isopyrum thalictroidès , Helleborus feetidus, Ocealis Acetosella , Corydalis solida. Prunus spinosa, Viscum album, Adoxa moschatellina, Bibes rubrUm et Uva-crispa , Fraxinus excelsior, Pulmonaria angustifolia , Primula grandiflora, elatior et offi~ cinalis, Veronica tri phyllos , Antennatia dioica, Tussilago Farfara et Petasites, Asarum Europæum, Bttxus sempervirens , Daphné Laureola, Taxus baccata; toutes les espèces des genres Salix et Populus, Ulmus campestris, Myrica Galé, Betulà Alnus, Scilla bi folia, Gagea arvensis èt Bohemica , Narcissus Pseudo- Narcissus, Orchis mascula, Luzulavernalis et campestris, Car ex prœcox et Aumiiis, etc.; enfin, la plupart des arbres de nos vergers et de nos forêts.

C’est pendant les^ntols de mai, juin et juillet, les plus riches

UK b\ KbKUKnCHK DKS 1>L.V.>TKS.

cil plantes de toute l'année ,.qu^ fleurissent la plupart des Orchidées el que l’on recueille les Carex el les Graminées..

Voici un aperçu de l’ordre dans lequel fleurissent et fructifient en France, dans les pays de plaines situés sous le climat de Faris, les plantes phanérogames des diverses familles :

Re.nom;lla(;kes. Les plantes de cette famille sont généralement printanières: VEvanthis Aj/ewwitîs, qui fleurit en février et fruclilie en avril et mal, est la plus précoce; Vlsopyritm thaliclroides, VAnemone nemor.osa et l’/l. ranunculoides fleurissent dès le mois de mai's el pendant le mois d’avril; en avril commencent à fleurir l’.l/ienionp Pulsatilla, h Hanunculus ayuatilis el je Myosurus miniinus; le Ficaria ranunculoides , le Caltha palustris et VHelleborus foetidus fructifient en mai. C’est surtout le mois de mai qui est la saison des Renoncules tant aquatiques que terrestres; la plupart sont encore en fleur en juin , et mûrissent en juillet et août ; il en est de même des Adonis, de VAquilegia et des Thalictrum. Le Xiqella arvensis, le Delphinium Consolida et r.lconiYam Mapellus ne fleurissent qu’au mois de juillet et leui*s fruits ne mûrissent qu’à la fin de l’automne.

Cauyophyllées. Ces plantes fleurissent la plupart pendant l’été; la plus précoce, l'Holosteum umbellatum, commence à fleurir en avril , puis viennent les Cerastium annuels et les S/eflaHa. Le&Arenaria, les Alsine , les Dianthu», le& Silène et les Lychnis fleurissent pendant l’été; l’espèce la plus précoce de ce dernier genre- est le L. Flos-Cuculi qui embellit les prairies au nutisde mai. Le Cucubalus baccifer, le Saponaria officinalis, le Cerastium aquaticum el le Gypsophila muralis sont des plantes d’automne. La floraison des Caryophyllées se prolongeant a.ssez longtemps pour chaque espèce , on trouve généralement sur le même individu des fleurs et des fruits; il est néanmoins préférable, comme pour les Renonculacées, de recueillir ces plantes pendant la période de leur floraison complète, el pendant la période la plus avancée- de leur maturation.

Linées. Elles fleurissent et mûrissent en été; leur floraison a lieu principalement en juin et leur maturation en août. — Oxali- DÉES. VOxnlis Acelosella fleurit en avril et mai ; VOxalis stricta, de juin à octobre. — L'Impatiens Soli-tangere fleurilet mûrit en

OK LA KFXHËKCHË UKS PLANTES.

juin et août. — Géraniacée.s. La plupart des Geianiuni tleurissenl dés le mois de mai, et se Irouveuleo fleurs et eu fruits jusqu’au mois d'auùt et de septembre. L'Erodium cicutarium fleurit dés le mois d'avril ; \e Géranium culumtinwn se trouve souvent encore eu fleur en octobre. — La l'û/ne (f’itis vint fera) fleurit en juin et mûrit vers la tin de septembre. — IIvpéiucinées. U-s Hyperiatm fleurissent et fructiiient pendant les mois de juin, juillet et août. — Hoiiiuilées. Drusera fleurissent |>eudant l’été; le Parnaxsia, en août et si^pteml»re; les Pyrola fleurissent eu juin et mûrissent en juillet. — Hésédackes. Fleurs et fruits de juin à septembre. — Nv.>ii‘iiÉ.\i'.KEs. Fleurs en juin, fruits eii .si'ptembre. — Papavéracéks. Printemps et été. — Ft .maiu.ac.êes. Le Corydalis sulida est une des planU'S les plus printanu-res ; il fleurit en mars et fructitie en avril; la plupart des Fumaria se, trouvent en fleur et eu fruit pendatit toute la durée dti printemps et de l’été.

CiirciKÈUES. l.a plujjarl des esi»éces de cette importante famille fleurissent pendant le printemps, et mûrissent |)endant l’été; on doit les recueillir il l’époque de la floraison, et plus tard à l’éiwque de la maturité complète; les fruits demi-mûrs doniuuaient lieu à des erreurs de déterminalion , ou doit <lonc éviter de recueillir les plantes dccelte famille, de même que cellesde la famille dt'sOmbelliféres, loi-sque les fleurs sont pas.sées et que les fruits ne sont pas encore mûrs, La Crucifère la plus printanière sous le climat des environs de Paris est le Ihaba verna ; puis apparaissent les Cardamine amara, pratensis et hirsuta, V Ilutrhinsia petrcea, les SisymI.rium Alliaria et Thalianum, \e Cheiranthus Cheiri , le Teesdulia nudkauUs et le Thlaspi j>erfolialum , qui fleuris.sent dès le mois d’avril , etc.

Violahiées. C’est dès le mois de mars que fleurit, sur la lisière des bois, le Viola odorata ; celle espèce est remplacée vers la lin d’avril par le V.hirta, qui préfère les pelouses et les prairies; la floraison des i’. canina et syleestris commence en avril, et se prolonge queUiuefois jus«|u’eu juin ; la Pensée, V. tricolor, fleurit (lendant l'été et jusqu’à la lin de l’automne.

Papiliunacées. Les nombreuses espèces de cette belle famille coiumenceut la {dupart à fleurir dès le mois de mai, et mûrissent

|)en(lant l’été; la plus précuce l'st le Sarothamnus scoparius [genét-à-balais), dont les fleurs dorées amioncent le retour du printemps; leGenisto Anglica, YOrobus tuberosus et le Ttcm lathyroides fleurissent éf^alement dès le mois d’avril. Un certain nombre de l'apilionaeées sont encore èn fleur dans le mois de septembre; tels sont : Ononis Natrix et O. repens, Melilotus an'rmis et M. afficinaUs, Medicago Lupulina, M. sativa et M. falcata, Lathgrm pratensis , L’itx-nanus , Trifolium pratense, T. repens, T. fragiferum, etc. — Il est surtout important d’étudier les Trifolium eu fleurs, et les Medieago en fruitsmiirs.

Lythrariées. Les Lythrum Salicaria et Hyssopifolia fleurissent de juillet à sepU’mlwe; la floraison du Peplis Portula commence en juin. — Fortilacées. Le Montia fontana est une plante printanière (pii disparaît apri’s le mois de juin; le Portulaca oleracea se trouve en fleur et en fruit jn.squ’à la fin d’octobre. — Faronychiées. Les Scleranthus, les Herniaria , Ylllecebrum verticillalurn et le Corrigioïa littoralis sont des plantes de la lin de l’été, et qui durent ju.squ’en septembre ou enoctobre ; on les trouve en même temps en flimr et en fruit. — Crassu- LACÉES. La plupart des Sedtm fleurissent pendant les mois de juin et de juillet, et fructilient pendant le mois d’aoiU; il en est de même du TiUœa muscosa et du BuUiarda Vaillantii; l’espèce la plus iwtTOce est le Crassula rubens, qui commence k fleurir en mai; la plus tardive est \eSedum Telephium , qui fleurit en août et septembre; le Sempervivum tectorum fleurit avec la plupart des Sedum au mois de juillet.

Amycdalées. Les fleurs des arbres de celte famille sont très précoces; lo Prunus spinosa et les Pruniers cultivés, l'Abricotier, le Pêcher, l'Amandier fleurissent dans le mois de mars, et souvent même dès la fin de février. Ces arbres sont en fruit de juillet à la fin d’auiH. — Les plantes de la famille des Husacées sont la plupart printanières. [.esSpirœa, leè Rosiers, les Geum, les Fragaria et la plupart dra Potentilla fleurissent dans les mois de mai et de juin; les Rubus fleurissent pendant tout l’été, et mûrissent en automne; les Rosiers ne sont en fruits complètement mûrs qu’au mois d’octobre. A cette époque avancée de l’année, les seules Rosacées qui se trouvent encore en fleur sont les Poten-

tilla supina, amerina et argetUea, et YAgrimonia Eupaiofia. — PoMACÉEs. Les fleurs des arbres de cette famille ne sont pas moins précoces que celles des arbres de la famille des Amygdalées. L'Amélanchter, les Poiriers et. les Pommiers fleurissent dès la fin d’avril; VA/ubépirie ouvre ses fleurs parfumées dès les premiers jours de mai;- le Néflier j le Coignassier et les Sorfners sont en fleur à la même époque. Les fruits de tous ces arbres mûrissent de la fin d'août au commencement d’-octobre.

O.MAGRARiÉES et Haloragées. Les Épilobes fleurissent pen-^ dant l’été ; les Onagres en août et septembre. — Le Cireaa et les AI yriophyllum en juin et août; le 2'rapa natans en juillet : ses fruits ne mûrissent qu’en octobre.

Omdellifères. Cette famille &st une de celles dont il importe le plus de recueillir les espèces à deux époques différentes de l’année : d’abord à l’époque de*la floraison, au point de vue non seulement de la fleur, mais des feuilles et des involucres, puis à l’époque de la maturité des fruits. On peut se dispenser de re> cueillir la plante entière à ce dernier état; il suffit d’en préparer à part des rameaux fructifères. Ces rameaux doivent être recueil- ' lis à i’é|M>que de la complète maturité, alors que les feuilles sont détruites, la tige presque sèche et les fruits prêts à se détacher. Les échantillons recueillis lorsque les fleurs sont passées et que les fruits ne sont pas encore mûrs ne sont presque d’aucun intérêt pour l’étude. Les espèces les plus précoces sont lè Sanicula Ettropœa, VAnthriscus vulgaris et le Scandix Pecten-Veneris, qui fleurissent vers la fin d’avril, et le Trinia vulgaris, le Caucalis daucoides et VAnthriscus sylvestris qui fleurissent dans le mois de mai ; le plus grand nombre des espèces fleurissent en juin et mûrissent en août et septembre : tels sont, par exemple, les Œnanthe et les Peucedanum ; quelques espèces ne fleurissent qu’en juillet et août : telles sont les Eryngium, les Sison, le Falcùria et les Buplevrum : les fruits de ces espèces mûrissent en octobre.

IIÉDÉRACÉES. Le Lierre fleurit en septembre, ses fruits n’arrivent à la maturité qu’à la fin de l’hiver. Le Cornus mas fleurit en mat^t leComtto sanguinea en mai : l’un et l’autre mûrissent leurs fruits en octobre. — Loranthacées. Le Gui fleurit en mars et avril; ses fruits ne sont mûrs qu'en novembre. -> Grossvra*

131 DE LA RECHettCHK DES PLANTES?

iuEks. l.(»Gro8eillers fleurissent dès la fin d’avril et le commencement de mars; ils mârissent en juillet. — S.vxikragées. Les plantes de cette famille sont précoces ; elles fleurissent en avril et arrivent à la maturité en juin.

Ericinéës. Les Eriea fleurissent de juin à septembre, leurs caractères spécifiques étant tirés de la fleur, on ne les recueille guère que pendant la floraison. — Primilacées. La plupart sont des plantes. printanières. Les Primula officinalis, eldlior et grandiflora commencent à fleurir dès la fin de mars, et doivent être recueillies eti avril; VHottonia fleurit dès les premiers jours de mai. Au contraire, les Lysimachia, le Samolm, le Cpntimcu- /ms et les Anagallisne. fleurissent qu’à partirde juin et de juillet.

— Plantagïnées. Plantogo lanopolata, major et media fleurissent en avril et mai ; les /'. arenaria et Cormiopus en juillet.'

— Apocynées. La Pervenche IVinca minor) fleurit en avril, et ses fruits, qui se dévelopi)ent assez rarement, mûrissent en juin. Le Vincetoxicum offieinale fleurit et mûrit en été. — Gentia- NÉES. Le Menyanthes trifoUata fleurit en avril et mai. La plupart des autres plantesde cette famille, le Chlora perfoliata, les Gentianes, leu Cicendia et \e&Erythrœa, et le Pitlarsia nyjpphoides ne fleurissent qu’à la fin de l’été et en automne.

Borraginées. Quelques unes de ces plantes fleurissent dès le. mois de mai; c'est alors qu’il faut recueillir les Myosotis. Plusieurs Borraginées sont en fleur pendant tout l’été, par exemple: Anchusa , Borrago , Lycopsis , Lithospermum , Cynoglossum , Echium, etc. Les Pulmonaria sont les plus précoces; ils sont fleuris dès le mois d’avril. — Solanées. \æ Hyoscyûmtis niger tximmence à fleurir en mâi ; la plupart des autres plantes de cette famille, Solanum, Physalis, Atropa, Lycium, Datura, fleurissent en juin et juillet , et mûrissent en août et septembre. — Les Verhascum fleurissent de juillet à septembre.

ScROPHiLARiNÉES. Lcs Véroniques sont dés plantes printanièresj plusieurs espèces annuelles commencent à fleurir en avril, sont arrivées à la maturité à la fin de mai, et disparaissent ensuite : tels sont V. arvensis, acini folia, verna, triphyllos; d’autres se ressèment plusieurs fois dans le courant de la même année, et se rencontrent jusqu’à la fin de l’automne, tel est le

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r. agrestis. Parmi les espèces vivaces, les K. Cbamœdrys et Teucrium sont printanières; les V, offiqinalis, spicata, Beccabanga, etc,, fleui'issent pendant l'été. 'On doit avoir soin de recueillir les Véroniques pendant la floraison,, et à la maturité des fruits. Les Scrophularia, Digüalis, Linaria, Rhinanthus, et Evr phrasia , sont la plupart des plantes de l’été et de l'automne. Les Pedicularis sont des plantes vernales, le Gratiola, au contraire, fleurit de juillet à septembre. — Les Utricularia fleurissent en juin et août; les Pinguieulfi en mai et juin. — C’est en juin et juillet que la plupart des Orobançhessoolen fleur; lapins précoce est l'O. Rapum, les Phelipœa sont un peu plus tardifs, le P. ramosa fleurit jusqu’en septembre.

Labiées. Un certain nombre de Labiées fleurissent dès le printemps : XeGlechoma, lesLamium, Galeobdolon, Salvia, MeUttis, Ajuga; le plus grand nombre cependant sont en fleur pendant les mois de juin, de juillet et d’août, et ne cessent de fleurir qu’à la fin de septembre. Tels sont les genres Stachys, Teu^

rrium, Betonica, Origanum, Nepeta, Galeopsis et Clinopodîum.

Vaccinikes. Les Vaccinium fleurissent en avril et mai, et leurs fruits mûrissent en juillet. — C.ampanülacées. La plupart des Campariules fleurissent en juin,, juillet et août; les Phyteuma sont plusprécoÆs; le Jasione, au contraire, fleurit jusqu’à la fin de l'automne. — Caprifoliacées. VAdoxa est en fleur dès les mois de mars et d’avril; les Sambucus, les Viburnutn et les Lo- ‘ nicera fleurissent en mai et juin, et leurs fruits mûris.sê,nt en automne, tt- Rebiacées. Le plus précoce de nos Galium est le G. cruciatuvn; il est en fleur dès les mois d’avril et de mai; la plupart des autres espèces fleurissent en juin et juillet; les Aspe~ ru/a fleurissent à la même époque.. 11 est important de recueillir les Galium en fleur puis en fruits complètement mûrs. — Valé- Ri.ANÉES. Les Valerianella doivent être également recueillies en fruits mûrs; on les rencontre en bon état (lendant les mois de mai, juin et juillet. Le Valeriana dioica fleurit en mai; le V. officinal ism juin et juillet. — Dipsacées. LesSeabiosa et les Dipsacus fleurissent à la fin de l’été et pendant l’automne; on doit les recueillir en fleur, et à la maturité des fruits.

Composées. Il est indispensable de recueillir toutes les plantes

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134 DE LA RECHEnr.ire DES PLANTES.

(le celle nombreuse famille en fleur d’abord, el plus tard quand leurs fruits sonl mûrs; on peul, comme pour les Ombellifères et les Crucifères, ne recueillir la plante complètement qu’à l’époque de la floraison , et ne recueillir plirs tard que des rameaux ou mc'me des sommités fructifères; si les capitules sont volumineux, on peut même se contenter d’un seul.

On doit fendre longitudinalement l’un des capitules, afin de voir si le réceptacle est ou non chargé de paillettes. On doit aussi , comme pour la plupart des plantes dont les fruits sont peu volumineux, renfermer des fruits mûrs dai>s des sachets que l’on place dans l’herbier auprès de la plante, afin de les consulter au besoin sans qu’il soit nécessaire de détruire les capitules des é(;hantillons complets. Quelques espèces fieuris-sent dès le printemps; telles sont les Tussilago, Donmicum, Bellis el Leontodon; mais la plupart des Compostées, UintCorvmbifèresqiie Cynarocéphales et Chicoracées , fleurissent pendant l’été et la première partie de l’automne. C’est pendant les mois de juin, juillet el août qu’il faut recueillir les diverses formes des Centaurea, les nombreuses espèces de Filago el de Gnaphalium, lYOrmenis, A' Anthémis et de Pyrethrum, de Carduus ei de Cirsium, etc.

Amaranthac.ées. Ces plantes fleurissent en juillet, août et septembre. — CnÉNOpoiiÉES. Les Chenopodium et lès Atriplex sont aussi des plantes de la fin de l’été et du commencement de l’automne; les espèces, as.sez faciles d’ailleurs à distinguer entre elles, ^ présentent des variétés et sous-variétés nombreuses.

PoLYGOSÉES. Les Rumex de la section Lapathum sont en fleur el en fruit dans le courant de l’été; c’est surtout à la maturité des fruits qu’on doit les recueillir; les feuilles radicales des grandes espèces doivent être préparées à part. Les Polygonum sont généralement des plantes d’automne; on les trouve en fleur et en fruit jusqu’à la fin de septembre.

ÜRTiGÉES. Les Urtica et Parietaria sont des plantes rustiques qui fleurissent pendant presque toute la durée de l’année. — Les Ormes fleurissent dès le mois de mars, et leurs fruits mûrissent "en mai. Le Houblon fleurit et mûrit de juillet à septembre. — Sangitsorbées. l'Aphaties arvensis fleurit au mois de mai et a disparu en août; le Sanguisorba officinalis fleurit de juillet en

Digi'.:zi’'^yGqpgl(i

DE LA REUlEftCUE DES PLANTES.

septembre. — ÜAl>lL^OIDÉl■:s. Les Daphné sont des plantes très printanières; le D. Mezereum fleurit en mars, et le D. Laureola en avril ; les fruits de ces espèces sont mûrs en juin. Le Passerina Stellera est une plante d'automne. — Les Thesium fleurissent tout l’été. — AuLSTOLOCiiiÉES. L’.'lsarum Eunpœum fleurit dés le mois d'avril , l'Aristolochia est moins vernal. — Ei'piioriiiacÉEs. Les Euphorbia sont des plantes d’été et même d'automne; on doit les recueâllircu fleui's et en fruits mûre; leseaiBules et les tçraines fournissent tes caractères les plus imiwn tants, on conserve ces graines et cre capsules k part dans dt» sacheli> que l’on attache aupri*s tfes échantillons complets; les espèces qui fleurissent di*s le printemps sont; les E. duicis , verrucosa, palustris et sylvatica. Le Mercurialis pereunis est en fleur dès le-mois de mars. — Les Callil riche et les Ceratuphyllum se trouvent en fleur, à partir de juin, et en fruit en août et septembre.

CiPLXiFKKKS. La plupart des arbres de cette famille, qui peuplent nos forêts, fleurissent de bonne heure; le Cottdrier est en fleur dès la lin de janvier, les Chênes, le Hêtre, le Charme, fleurissent dès le mois d’avril, et le Châtaignier au mois de mai; leurs fruits mûrissent d’août k septembre. On doit donc recueillir des rameaux de ces arbres k des épo<iues de l’année tri*s différentes. — Salicinées. Les Saules fleurissent en avril , les fnjits sont mûrs k la lin de mai ; les Peupliers sont encore plus pi-écoces, ils sont en fleur dès le mois de mars. Les Saules doivent être l’objet d’herborisations spéciales; les arbres sur les<{uels on recueille les échantillons de fleurs doivent être maniués pourque l’on puisse recueillir plus tard sur les mêmes pieds les feuilles adultes ou les chatons mûrs. Les Peupliers sont en général mal représentés dans les herbiers, c’est sans doute en raison de la difttculk^ d’atteindre les rameaux florifères sur des arbres en général très élevés; on ne doit négliger aucun moyen de se procurer des échantillons de ces espèces, d’autant plus intéressantes qu’on les a, jusqu'à ce jour, négligées davantage. — L'Aulne fleurit en février et mars, et ses fruits mûrissent en septembre; la floraison du Bouleau est un peu moins vernale. — IjO Mgrka gale fleurit en avril et mai; ses fruits mûrissent en août. — Abiétinées. Les arbres de cette famille fleurissent eu avril et mai , les fruits n’ar-

136 Itt: LA RECHERCHE DES PLAM'ES.

rivent pas k la maturité dans le courant de la même année. — CiPKEsSi.vÉES. I.e,6'enétr*>r fleurit en avril; les fruits mûrissent en octobre.

.\lisiiacées. Les Alisma fleurissent en juin et juillet, et sont en fruit en août et septembre.' Le Sagittaria fleurit k la même épo(jue; il disparaît k la lin de septembre. — Le Butomm umbellattts est en fleur de juin k août. — Le Colchicum est une des plantes les plus tardives de l’automne; l'apparition de ses jolies fleuis d’un rose lilas, dernière parure des prairies, nous annonce l’apprm'he de l’hiver; il fleurit en septembre et octobre," ses feuilles ne se dévelopiwnt et ses fruits ne mûrissent qu’au mois de mai et de juin de l’année suivante.

Liliacées. Les Liliacées sont généralement des plantes' printanières; les Gagea sont les plus précoces, ils fleurissent dès les mois de février et d’avril, \eScilla ht folia fleurit presque k la même épocjue; le Scilla autumnalis , au contraire, ne fleurit (fu’en août et sejdembre; VAliium ursinum est une plante vernale; la plupni;t des autres Allium fleurissent |>endant l’été; U's Phalaugitm sont des plantes de l’été et du printemps. —

. .Vsi>AnAGi>ÉE.s. Le Ruscun aculeatus fleurit en février et mars; le Muguet dès le mois d’avril, les Polygonatum en avril et mai, le Paris et le Maianthemurn dans le mois de'mai ; les fruits de ces plantes ne mûrissent qu’en septembre et oétobre. — Iridées. Les Iris Germanica cl pumila fleurissent en mai; les I.J^seudo- Acorus et fœtidissima en juin et juillet. — Amaryllidées. Le Galanlhus nivalis [Perce-neige) fleurit dans nos bois dès le mois de février; les Xarcissus PscudoSarcissm, poeticus, etc.# fleurissent à la fin de mars et au commencement d’avril.

Urchiréks. Le plus grand nombre des plantes de cette intéressante famille embellissent les prairies, les bois, et les marais, de leurs fleure élégantes pendant les mois de mai et de juin; les Orchis Morto et mascula fleurissent dès la fin d’avril', les autres esjwces printanières sont lœ Orchis fusca, galeata, ustulata y laxiflora , lati folia, les Platanthera Mfolia et chlorantha, les Neottia ovata et Nidus-avis , les Ojphrys myodes, aranifera , arachnites et api fera , les Cephalanthera lanci folia et ensi folia, etc- A ces espèces succèdent,, pendant les mois

DE LA RKCIlkitCHE DES PLAA'TES.

de juin et juillet, l'Orfhis maculata, les Gymnmlenia odoratissinia elconopaea , le Lorogloasum hircinum , le Liparis Lceselii , le Limodorum abortivum, Y H er minium Monorchis, les Epipaptis loti folia et paltistris, le Cephalanthera ruhra, le Malaxis paludosa , etc., et enfin, en août le Spiranthes œstivalis, et en septembre le Spiranthes aulHinnalis.

PoTAJtÉES. Les Potamogeton et les Zanichellia fleurissent et mûrissent en juin , juillet et août ; c’est en fruits mûrs qu’il faut avoir soin de les recueillir. — Les Xaias fleurissent et fnictifient de juillet k septembre. — T.es Lemna doivent être recueillis en mai et en juin ; on peut les préparer à la manière des .Vignes.

Aroidéés. i.es Arum fleurissent en avril et mai , leurs fruits mûrissent en septembre et octobre. — Typhacées. Lcs.Typha et les Sparganium fleuris.sent en jum et juillet, et mûrissent en automne. — Joxcées. Le printemps est la saison des Luzula; les Joncs sont moins précoces; ils fleurissent généralement eu juirT et août.

Cypér.acées. La plupart des nombreuses e.si>èces de la famille des Cypéracées, Carex, Scirpus, etc., fleurissent du 15 mai au 15 juin. Slais c’est surtout k l’époque où les fruits arrivent k leur maturité, du 15 jiiia au 15 juillet, qu'il est important dè les recueillir.

Graminées. Les éspèces de cette importante famille doivent être recueillies de préférence k l’époque de la floraison; la plu* part fleurissent de mai en juillet; l’espèce la plus précoce est le Mibordminima, on le recueille en mars ou en avril (1). Quelques espèces ne fleurissent qu’en aufomne ; telles sont le Cynodon Dactylon, \\4ndropogon Ischæmum, le Crypsis alpecuroidés, le Tragus racemostét , les Sftaria verticillâta , viridis , et glauca , r.lrurirfo Phragmites (ordinairement stérile), etc. ^

(1) Pétulant rbiver de l8Sl , cette planic a commencé! fleurir vers la fin de janvier. ^ - . -

Préoaations A prendre diuu les excursions et les voyages botsuniques.

Dans les pays qù les moyens de communication et de transport sont nombreux et faciles, il ne m’appartient pas d'indiquer (Je limites aq bagage du botaniste voyageur; je me contenterai de lui rappeler le proverbe : S’il fait beau, pret\ds ton manteau; s’il pleut, prends-le si tu veux. Néanmoins, pour un voyage d’exploration botanique , le strict nécessaire sera presque toujours le plus commode. — Mais s’il s’agit de voyager ^ans les montagnes, le strict nécessaire devient la règle absolue; en‘ effet, un grand nombre de routes ne sont accessibles qu’aux voyageurs à pied et aux mulets; et le matériel botanique indispensable étant assez considérable , on doit faire en sorte de ne point en augmenter le volume et le poids sans une absolue nécessité. Ce bagage se compose de deux ou plusieurs rames de papier gris, du format de l’herbier, destiné U la préparation çt k la consenation des plantes ; cette provision de papier doit être serrée avçc des courroies, entre des planchettes de même format destinées à servir de presse. Ce iiaquet ne tarde pas à se transformer en plusieurs, au fur et à mesure des récoltes succesives de plantes. — Puis viennent la Imite ou les boîtes d’herborisation, dontla plus petite doit pouvoir entrer dans la plus grande.— Quant aux divers objets d’utilité personnelle, ils doivent être contenus dans un modeste sac de nuit. Le même sàc doit renfermer un flacon en fer-blanc, rempli d’alcool, et les autres objets deslinra k la récolte, k la préparation et k l’étude des plantes.

On doit être vêtu en vue du froid et non e.n vue de la chaleur, car dans les montagnes, quelle que soit la chaleur du jour, il fait toujours frais et souvent froid pendant la nuit; souvent d’ailleurs on passe en quelques heures , dans une même promenade, de la chaleur la plus excessive k la température glaciale des vents froids qui régnent fréquemment dans la région des neiges éternelles, et il faut craindre, après une marche forcée qui a provo-

J jy Conal,

que uue forte transpiration, d’être ex|>osé à un froid subit, ce qui ne manquerait pas d’arriver si l’on n’était pas vêtu chaudement.

On doit donc n’avoir que des vêtements de laine, y compris les bas. Les chaussures doivent être très fortes; ce sont des souliers solidement ferrés et des guêtres très solides de drap ou de toile ii voiles. Deux paires de ces souliers sont indis|)ensables. Le sac doit aussi renfermer un manteau de toile cirée ou de (caoutchouc à capuchon, très léger et bien imperméable.

On a peu de temps pour étudier eu voyage; ayez seulement une bonne loupe portative et une lou|)e montée , et, si eela c.st nécessaire, un microscope à monture légère ; des crayons, des couleurs, des pinceaux et du papier k dessiner, etc. Tous ces objets n’occupent dans le sac qu'une très petite place, ils sont indispensables pour recueillir certaines olKcnalions , et ils peuvent être d’un grand secours pendant les joui-s de pluie pass(‘s dans un chAlet ou dans une chambre d’auberge. — Ouartl aux livres, qui sont lourds et souvent volumineux , il faut en emporter le moins jxtssible. Un catalogue annoté des plantes du pays, extrait des flores locales, et que l’on doit préparer à l’avance, est le seul, livre qui soit indispensable. — 11 va sans dire que l’on doit être muni d’un baromètre et d’un thermomètre, si l'on veut observer les hauteurs auxquelles croissent les différentes espèces dans les montagnes.

On doit se servir de voilures pour traverser au plus vite It's pays insignifiants; mais, dans les contrées montagneuses et surtout dans les Alpes, on doit les abandonner et parcourir le pays k pied, suivi d’un mulet ou d’un âne chargé des paquets de plantes et du bagage, et accompagné d’un guide expt'rimenté qui puisse au be.soin vous prêter son aide dans les passages difficiles et dangereux.

Le. botaniste se. réserve de modifier le trajet indiqué par le guide , selon les renseignements qu’il |W)s,sède sur la station des espèces intéressantes du pays, et sedon que les lieux qu’il aperçoit lui paraissent devoir mériter qu’il les visite et qu’il y fasse de plus ou moins longues stations. Dans quelques localités des Alpes et des Pyrénéts, certains guides ont l’habitude d’accompagner les botanistes, et les indications qu’ils peuvent fournir sont loin d’être à dédaigner; mais, dans toute autre circonstance, faites eu

làO 1>E ÊA RKCHEKEHE DES PLANTES.

sorte- (l’avoir (les guides et non des cicerme; si vous voulez herboriser eu paix, choisissez-ies silencieux, et dispensez-les à l’avance de toute histoire ou description.

Si vous avez à traverser dans les Al|)es de vastes étendues de neige, munissez-vous de conserves à verres bleus. On ne doit jamais s’aventurer dans les glaciers ou même dans les plaines de neige sans être muni d’un long bftton ferré; on s’én sert pour sonder la neige sur les points où elle recouvre d’une couche mince les anfractuosités des rochers. Les pointes nues de ces rochers, en s’échauffant au soleil, font souvent fondre en-dessous la neige , dont il ne resté qu’une croûte légère , et il peut arriver qu'on se blesse si l’on y |)ose le pied sans précaution, croyant marcher sur un terraia solide. —On descend en quelques minutes les pentes neigeuses que l’on a mis longtemps à gravir en se laissant glisser du haut eu bas, surtout si la surface de la neige, après s’être fondue, s’est recouverte d’une couche de glace.

Le temps e.st précieux en voyage, aussi fait-on les journées longues, en se levant avec le soleil et en ne rentrant qu’après la fin du jour; il faut pourtant trouver le temps de préparer les plantes ; on songe ensuite à prendre ses repas et à dormir. Une loi dont il est bon de ne jamais se départir est celle de conserver son indépendance, quelles que soient les instances des personnes amies que l’on peut rencontrer dans les villes oü l’on doit faire une halte; ces haltes doivent être consacrées à l’achèvement de la préparation des plantes, à la mise en jaaquets de celles qui sont sèches, et à leur expédition quand les paquets sont en nombre assez considérable. Chaque soir , enfin , on doit mettre en règle le journal de son voyage , ofi l’on consigne les observations de la journée.

Dans les pays méridionaux, pendant les jours les plus chauds (le l’année, pour éviter de succomber à la fatigue, partez de très grand matin , et consacrez au repos le milieu de la journée, soit k l’ombre des arbres , soit dans les chambres basses où le soleil ne pénètre pas. . , •

Sur le bord de la mer, que la marée montante ne vous surprenne pas adossé à une falaise; n’oubliez pas que si la plage est au loin de même niveau^ elle sera recouverte par l’eau en un

DK LA RKCHEttCHK DBS I>LA:HTKS.

instant dans nne vaste étendue. Que' les éxcursions maritimes soient donc entreprises à la matée descendante, et pour revenir n’attendez pas son retour.

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