LA PELLETERIE PROPREMENT DITE
La pelleterie preprement dite se compose pour le chasseur de la côte nord du Golfe Saint-Laurent de la fourrure enlevée aux animaux dont les noms suivent :
Ours Martre'
Renard Loutre
Carcajou Castor
Loup-Cervier Vison
Pékan Rat-Musqué
J'ai cru devoir ajouter à cette liste, la belette, l'écureuil ordinaire, le polatouche et le putois qui appartiennent en réalité, par la beauté de leur pelage d'hiver, aux animaux à fourrures et qui échapperont, sans aucun doute, dans un avenir rapproché, au discrédit dans lequel ils semblent être tombés.
Trois langues sont parlées dans la Province de Québec, \q français, l'anglais et la langue des aborigènes.
J'ai donné à chaque animal, outre son nom scientifique, le nom sous lequel il est connu en français, en anglais et en montagnais. J'ai adopté l'idiome montagnais parce qu'il est le plus répandu sur la côte et dans l'intérieur, les représentants de cette peuplade ayant conservé les coutumes nomades de leurs pères. Les Hurons, paraît-il, ont presqu'entièrement disparus. Localisés dans le village de Lorette, près Québec, ils se livrent peu à la chasse aux fourrures. C'est à peine si quelques-un 'd'entre eux
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parcourent encore les territoires de chasse de leurs ancêtres. Les Montagnais sont répandus tout le long des rives du Golfe Saint Laurent et continuant les traditions d'autrefois, vont rejoindre à la hauteur des terres, pendant l'automne, l'hiver et le printemps, leurs rivaux en exploits nemrodiens, les Naskuapis.
Toutes ces peuplades sont catholiques, sauf quelques représentants de la tribu des Naskuapis qui ont conservé les superstitions d'un culte mal défini. Toutes sont de relations sûres et de mœurs douces. Peut-être, existe-t il dans leur sein quelque mauvais drôle, mais j'en doute, tous les sauvages que j'ai connus étaient de parfaits honnêtes gens et lorsque ma mauvaise étoile m'a mis en présence d'un coquin, il était blanc.
On me pardonnera cette digression, elle a sa valeur. Elle rendra la sécurité à ceux de mes lecteurs français, qui, ayant négligé l'ethnologie et la géographie pour plaire aux horlogers teutons, se seraient laissés persuader par Gustave Aimard et par Gabriel Ferry que tout homme-rouge vit de scalpes et de chair humaine grillée.