Guide du Congrès de Troyes et de Provins en 1902
D’après M. d'Arbois de Jubainville, Troyes, l’ancienne Augustobona des itinéraires, serait de fondation romaine. Trois enceintes l'entourèrent successivement.
Première enceinte. — Elle renfermait la Cité proprement dite, dont les maisons s’élevaient sur un tertre au milieu des marécages, à proximité de la Seine et à sept kilomètres environ de la grande voie romaine de Milan à Boulogne. Cette fortification carrée se composait de fossés et de remparts en terre. Ses portes, défendues par des tours, correspondaient aux quatre rues qui partageaient la ville, dans le sens des quatre points cardinaux.
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A l'extrémité sud-est s’élevait un temple dont remplacement est occupé actuellement par la cathédrale.
Les ravages des Normands ayant exigé une défense plus sérieuse, la levée de terre protégeant la Cité fut remplacée par un mur construit à l’aide des pierres provenant des monuments ruinés par ces barbares.
Au nord-ouest, dans le cours du IXe siècle, on vit s’élever le plus ancien château des comtes, avec sa o-rosse tour, dont relevaient toutes les mouvances du comté de Champagne.
De cette première enceinte il ne reste que le souvenir; cependant, à l’aide du tracé encore visible des rues qu’elle renfermait, on peut assez facilement reconstituer son périmètre.
La vieille demeure des comtes et son donjon ont également disparu; seuls, quelques débris de la porte d’entrée, datant de la fin du XIe siècle, sont conservés au musée.
Deuxième enceinte. — Vers 1 an 1150, I liibaut 11 fit élever une nouvelle enceinte englobant toutes les constructions groupées à l’ouest de la Cité autour du vaste emplacement des foires importantes, qui contribuèrent à la renommée commerciale et à la fortune de T royes.
Les jardins publics et les places qui entourent la ville à l’ouest du canal, occupent l’emplacement de cette seconde enceinte que le comte de Champagne rendit plus facile à défendre en faisant couler les eaux de la Seine dans ses lossés.
Le tracé de cette enceinte est indiqué d’un côté par le cours d’eau qui remonte du bassin du canal vers le moulin de Jaillart, puis traverse la ville derrière
l’église Saint-Nizier et rejoint un affluent supérieur, près du moulin Brûlé; de l'autre côté, au nord, par le cours d'eau voisin du temple des protestants, partant du canal et descendant au même moulin Brûlé.
Dans cette ceinture de fortifications élevée au XIIe siècle, furent compris les emplacements de l’abbaye de Notre-Dame-aux-Nonnains (aujourd'hui la préfecture), des églises Saint-Nizier, Saint-Urbain, Saint-Jean, Sainte-Madeleine, Saint- Pan taléon et Saint-Nicolas ainsi que le second chôteau des comtes, connu sous le nom de Palais-de-la-Salle. Ce monument, dont on doit déplorer la perte, fut construit vers la fin du XIIe siècle et démoli en 180(3.
Troisième enceinte. — Kn 1220, Thibaut IV compléta la défense de la ville en entourant de fossés le quartier qui s’étend de l’ancien fossé passant derrière Saint-Nizier jusqu’à l’entrée du faubourg Saint- Jacques, dans la direction du levant. Dans cette enceinte se trouvent Saint-Martin-ès-Aires, Notre-Dameen-l'Ile (ou le Grand-Séminaire) et remplacement de l’église de Saint-Aventin.
Au XIVe siècle, pendant la guerre des Anglais, on exécuta des travaux de défense considérables, en élevant des murs en pierre flanqués de plus de quatrevingt tours, qui firent de la ville de Troyes une des places fortes les plus importantes du royaume. La ville fut en outre protégée par une seconde enceinte de fossés distante de près d’un kilomètre des murailles.
Pendant la lutte de François Ier et de Charles V, quand les Allemands menaçaient la Champagne, on acheva les boulevards, on construisit de nouvelles
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tours, et les travaux se continuèrent jusqu à la soumission de la ville à Henri IV.
A partir du XVIIIe siècle les fortifications sont abandonnées; les portes sont enlevées, une à une, et des pans de murs sont démolis. Enfin, en 1850, les murailles ont entièrement disparu, puis les lossés furent comblés peu à peu et, de nos jours, il ne reste rien de ces fortifications si importantes.
Bibliographie. — Arnaud : Voyage archéolog., p. 8. 25 et 234. — Babeau (A. ) : Quelques aspects du vieux Troyes, 1878; Les vues d'ensemble de Troyes, 1892. — Boutiot : Hist. de Troyes; Anciennes fortifications et ancien beffroi de la ville de Troyes, 1874 . — Ann. de l’Aube, années 1867, 1868, 1870: Notices diverses. — Congrès archéol. Troyes, 1853, p. 141. Gorrard de Breban : Mémoire sur les diverses enceintes et sur les fortifications de la ville de Troyes, dans les Mém. de la Société acad. de l’Aube, t. V, 2‘ série, 1854. Annuaire de l’Aube, années 1855-1860: Notices diverses. — Det (S.): L’ancienne porte Saint-Jacques et les derniers vestiges des fortifications, 1894; L’ancien déversoir de Croncels, 1883. — Finot : Sotices sur les anciennes portes de la ville, dans les Annuaires de l’Aube, années 1861, 1865, 1867, 1869. — Gréau (Julien) : Mémoire sur les derniers restes des fortifications de Troyes, 1857. — Le Glert : Etude sur les anciennes fortifications de Troyes; La tour Chapitre, 1890.