PREMIÈRE EXCURSION
Église de Brienne-le-Château.
Cet édifice avait été rebâti à la fin du XIP siècle, mais la nef fut remaniée au X I N e siècle. Le transept et le chœur ont été reconstruits au X\ Ie siècle. Deux piliers primitifs de la nef, flanqués de colonnes et de colonnettes, supportent un arc dont les arêtes sont abattues en biseau, et un formeret en tiers-point permet d évaluer la hauteur de l’ancienne voûte. Les autres piles ne sont pas antérieures au Xl \ 0 siècle.
La façade est une œuvre de la même époque, mais ses trois portes furent remaniées au X \ IIIe siècle. Une grande rose à six lobes s ouvre au-dessous du pignon gothique. Le clocher latéral, épaulé par des contreforts et ajouré par des baies en lancette, fut bâti vers 1390, mais les deux étages supérieurs flanqués de pilastres ne furent élevés qu a la lin du X\ IIIe siècle.
La corniche de la nef se compose d’une série de modifions grimaçants et les clefs des fenêtres sont ornées d’un masque. Ces baies s ouvrent au-dessus d’un bandeau intérieur.
Le transept et le chœur sont voûtés d ogives et les cinq chapelles rayonnantes du déambulatoire renferment de belles clefs pendantes. L’encadrement des fenêtres du chevet est orné de feuillages et leur archivolte en accolade devait venir s engager dans une balustrade qui n'a jamais été mise en place.
Cette église renferme de belles grisailles du X\ Ie siècle: le martyre de sainte Agathe; 1 histoire des saints Crépin et Crépinien, etc.; une bonne peinture
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sur bois; quelques bas-reliefs et des statuettes en pierre et en bois; un bénitier en fonte de fer, portant une inscription de 1530 en caractères gothiques.
Bibliographie. — Annuaire de l’Aube, années 1834. p. 108; 1800, p. 07. — Arnaud: Voyage archéolog . , p. 56. — Chapellier: Le bénitier de l’église de Brienne, dans les Mémoires de la Société acad . de l’Aube, 1865, p. 267. — D’Arbois de Jubainville: Répert. archéolog . , p. 41.
Château de Brienne.
Le château de Brienne, propriété des ducs de Bauffremont. s’élève sur remplacement d'une forteresse bâtie au Xp siècle par Engelbert et Gosbert, chefs de bandes normandes.
Sa construction, commencée en 1770 par le cardinal de Loménie et son frère le lieutenant général, ne fut terminée qu’en 1777. I.es travaux avaient été exécutés sous la direction de l'architecte Jean-Louis Fontaine, parent de P. Fontaine, architecte du Roi, chargé plus tard de la restauration du Louvre.
Le corps de logis principal est un grand bâtiment, composé d'un sous-sol, d’un rez-de-chaussée et d’un premier étage. Au milieu de sa façade se trouve un avantcorps surmonté d'un fronton triangulaire. A chaque extrémité de cette construction viennent aboutir des ailes en retour d’équerre.
Au point de jonction des pavillons latéraux avec le corps de logis central, deux vastes escaliers en pierre donnent accès aux antichambres. Sur celle de droite s'ouvre une grande salle d’attente ornée de tableaux de maîtres et de portraits de famille. La salle à
manger est décorée de l>as-reliefs en stuc reproduisant des attributs et des fruits. Dans cette pièce il y a de beaux bustes de marbre. A gauche s’ouvre un salon orné de magnifiques portraits.
Le grand salon placé dans l’axe de l’avant-corps renferme de fort beaux meubles, des vases de Chine anciens, des statues de laque et de nombreux bois dorés. Au plafond sont des peintures de style Louis XVI représentant un ciel et des amours.
La bibliothèque fait suite au salon et ses deux étages sont garnis de superbes balustrades en fer forgé ; elle contient 10.000 volumes. La précieuse collection dite Manuscrits de Brienne, reliée aux armes des Loménie, occupe son premier étage. Près de la bibliothèque, un petit salon entouré de vitrines renferme les pièces les plus remarquables des archives du château et de nombreux souvenirs de famille.
La chapelle contient des tableaux de l’école espagnole et de l'école italienne, des miniatures, des tapisseries remarquables et un tabernacle orné d’un fort beau Christ en corail, sur une croix de cristal de roche.
Un large escalier en pierre, avec une belle rampe en fer forgé de style Louis XV. conduit au premier étage où se trouvent le grand salon, la galerie des tableaux, la chambre d’honneur et des appartements, ornés de tableaux, de portraits, d'objets d'art et de souvenirs offerts par différents souverains à la maison de Bauffremont.
Napoléon Ier visita deux fois cette splendide demeure; en 1805, quand il était à l'apogée de sa puissance, et en 1814, à la veille de sa chute.
Le parc, très vaste et bien dessiné, renferme les ruines de l'abbaye de Basse-Fontaine, fondée en 1143,
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par Érard, comte de Brienne, et démolie peu de temps avant la révolution de 1789.
Biuliographie. — Babeau (Albert): Le château de Brienne, Ann. de l’Aube, année 1878, p. 3. — Arnaud: Voyage archéol., p. 54. — D’Arbois de Jubainville : Répert. archéol., p. 41.
Église de Cefïbnds.
Cette église fut reconstruite au début du XVIe siècle, car la pose de ses belles verrières s’échelonne entre les années 1511 et 1528, mais l’architecte conserva le clocher roman qui s’élève sur le carré du transept. Les voûtes d'ogives et la façade furent l’objet de remaniements vers l()(>9. La nef est divisée en cinq travées et l'un «les bas-côtés renferme des tonts baptismaux octogones du XVI* siècle, ornés de monstres qui reposent sur des masques. Le chœur à cinq pans communique avec deux chapelles latérales.
Les fenêtres à remplage flamboyant sont garnies de superbes vitraux qui représentent différents saints, le martyre de saint Étienne, donné par Etienne Chevalier en 1528. la vie de saint Jean-Baptiste, la conversion de saint Hubert et le martyre de saint Sébastien, le martyre de saint Crépin et de saint Crépinien, la vie de saint demi, la passion du Christ donnée par Lierre Pierri en 1511, les apparitions du Christ, verrière donnée par Poinsot Riche en 1522. la Création, datée de 151 1, l’arbre de Jessé offert par Jehan Perrin en 1522 et des scènes incomplètes de la vie de la Vierge et du Christ.
A l'extérieur, il faut signaler les élégants contreforts et la corniche de 1 abside. Le clocher central remonte au premier quart du XIIe siècle. Sur chaque face de ses
deux étages, trois baies en plein cintre, encadrées par des billeltes et divisées par deux arcades secondaires, s’ouvrent au-dessus d’un bandeau de billeltes. Cette tour, couronnée d’une flèche moderne, ressemble beaucoup au clocher de Wassv Haute-Marne). Ses petits chapiteaux ont une forme cubique.
Bibliographie . — Grancher (l'abbé): L’église de Ceffonds et les vitraux dans les Mémoires de la Soc. hist. et arch. de Langres, t. III, p. 190.
Église de Montiérender.
L’abbaye de Montiérender fut fondée par saint Berchaire, premier abbé d’I lauteviller, qui avait obtenu de Childéric II, le 4 juillet 672, la donation d’une partie delà forêt du Der. Ruiné par les Normands, le monastère fut restauré par l’abbé Adson. Son successeur, Bérenger, continua les travaux d'une église romane primitive, consacrée par Guibuinus, évêque deChàlons, le 24 novembre 998.
Dès la fin du XIIe siècle, les moines tirent extraire des pierres pour la reconstruction du chœur, qui se poursuivit pendant le premier tiers du XIIIe siècle. Ku 1334, l'abbé Ferry fit élever au nord la chapelle des fonts et la sacristie. La façade fut rebâtie au XV F siècle et les cloîtres du XIVe siècle furent incendiés en 1735. La restauration du chœur, qui menaçait ruine, fut commencée en 1851, sous la direction de M. Boeswilwald, et terminée en 1864. Il fallut reprendre les fondations en sous-œuvre et remplacer les tambours des colonnes écrasés sous la charge.
La nef romane, dont la charpente en carène renversée remonte au XVIe siècle, était précédée d un narthex qui englobait les deux premières travées. Ses
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arcades en plein cintre, dépourvues de moulures, retombent sur des piles carrées et sur des tailloirs moulurés. Les baies en plein cintre des tribunes sont divisées par deux arcades secondaires qui s'appuient au nord sur un fût et au sud sur deux colonnes jumelles à chapiteaux cubiques. Cette nef, qui ressemble à celle de l’église de Vignory (Haute-Marne), ne doit pas être antérieure au milieu du XIe siècle. On remarquera, dans la huitième travée du sud, une arcade en tierspoint qui encadrait la tribune. Les fenêtres de la nef ont été remaniées.
Le banc d’œuvre, la chaire en bois et la tribune d’orgues doivent être attribués au XVIIIe siècle. Le bas-côté nord est recouvert de voûtes d'ogives du XVIe siècle. Dans la quatrième travée, rebâtie au XIIIe siècle, on voit un élégant tombeau de la même époque encadré par deux arcatures. La dernière travée communique avec une chapelle polygonale du XIVe siècle voûtée par six branches d’ogives et garnie d’arcatures trilobées.
Le bas-côté sud fut également voûté après coup au XVIe siècle. A l'origine, ses doubleaux en plein cintre encore intacts soutenaient un toit en appentis. Un fragment de retable du XVe siècle, adossé au clocher, représente le Christ en croix.
Le chœur, achevé vers 1220, comprend une large travée droite et cinq travées dans l’hémicycle. Les huit branches d'ogives de l’abside, précédées d'une voûte barlongue, retombent sur des colonnettes à trois bagues. Les piles, reliées par des arcs en tiers-point, se composent de deux colonnes jumelles dont les chapiteaux ont été refaits. On voyait autrefois, au-dessus des tailloirs, les statues du Christ et des Evangélistes, dont
Plan de l’église de Montiérender
bu CONGRES DE TROYKS ET DE PROVINS 45
les (Jais sont encore en place, comme à la cathédrale de Troyes.
La grande tribune qui contourne le sanctuaire, audessus du déambulatoire, n’a conservé qu’une seule voûte d'ogives primitive dans l’axe. Ses baies en tierspoint encadrent un oculus et deux arcades secondaires de la même forme, qui retombent sur des colonnettes. Les fenêtres, qui ont la forme d’une demi rose, ont été refaites à l'époque moderne. Au-dessus de cette tribune, une petite galerie de circulation se compose d arcatures trilobées, comme à la cathédrale de Xoyon. Derrière l’arcature centrale de chaque travée, une courte colonne se trouve posée sous le trumeau des baies géminées supérieures pour éviter la rupture des linteaux.
Le déambulatoire, voûté d’ogives, renferme cinq chapelles rayonnantes à trois pans, mais celle de l’axe est plus profonde que les autres. A l’entrée des chapelles, de grosses colonnes isolées portent les doubleaux et les ogives toriques, comme à Notre-Dameen-Vaux, à Chàlons, et à Saint-Remi de Reims. Sous b appui des baies en tiers-point, on remarque des arcatures tréllées dans la chapelle centrale et des arcatures à ressaut ou à double lobe dans les autres chapelles.
La façade du XVIe siècle est flanquée au sud d'un clocher dont les étages inférieurs remontent au XIIIe siècle. Les chapelles de l abside sont épaulées par des contreforts saillants ; celle de l’axe a conservé les modillons grimaçants de sa corniche. Tous les arcs-boutants ont été refaits pendant les travaux de restauration.
Bibliographie. — Bouillevaux (l'abbé) : Monographie de l’église abbatiale de Montiérender, 1855, in-8u. — Bœswilwald : Notice insérée dans le tome 1 des Archives de la Commission des Monuments historiques .
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