‹ Guide du Congrès de Troyes et de Provins en 1902Chapitre 3 sur 14 · MONUMENTS CIVILS · texte numérisé non relu

MONUMENTS CIVILS

Hôtel-de-Ville.

Cel édifice l'ut construit sur un emplacement acheté par l'échevinage à la famille de Mesgrigny. Le 30 juillet 1025, le duc de Nevers, gouverneur de Champagne et de Brie, en posa la première pierre. L’architecte, Louis Noble, avait été chargé d’en dresser les plans. Faute de ressources sullisantes, les travaux, suspendus jusqu’en 1655, lurent repris à cette époque, sous la direction de l’architecte Cottard, et terminés en 1670.

La décoration de la façade se compose, au rez-dechaussée. de pilastres corinthiens sous un entablement ionique; au premier étage, des colonnes en marbre noir, à chapiteaux composites, portent un entablement corinthien. La niche, placée au-dessus de la porte d’entrée, est occupée par une statue de la Liberté dont on a fait une Minerve; autrefois, elle abritait une statue de Louis XIV.

La grande salle du premier étage, restaurée en 1856, n’est pas en rapport avec l’extérieur. L'architecte a substitué au plafond à moulures des caissons Renaissance, tout en conservant la corniche primitive. La grande cheminée placée à l’extrémité de cette salle présente le même anachronisme; elle est ornée d un très beau médaillon de marbre blanc, œuvre de Girardon , représentant Louis XIV en

buste, accompagné de drapeaux et de branches de laurier. Au bas est gravée une inscription latine, composée par Racine.

Bibliographie. — Aufauvre (A.) : Troyes et ses environs, p. 120. — Courtalon : Topog . hist., Il, p. 396. — Groslev : Mém. hist., II, p. 266. — Fichot (Ch.) : Album pitt., p. 25 et 26. — Statist. monum., III, p. 162.— Voyage pitt. et romant. dans l’ancienne France : Hôtel-de-Ville de Troyes, 1 pl.

Hôtel des Ursins.

Cet hôtel, 5, rue Champeaux, construit en 1526, a jadis appartenu à la famille Jouvenel, connue depuis sous le nom de Juvénal des Ursins.

Le corps de logis, situé au fond de la cour, est seul intéressant. Au milieu de sa façade, à la hauteur du premier étage el à l'aplomb de la porte d'entrée, est un petit oratoire en encorbellement à trois pans ornés de pilastres superposés. Les frontons des trois fenêtres abritent de petits bustes en bas-relief.

Derrière ces frontons s’élève une lanterne décorée de balustres, recouverte d’écailles et terminée par un fleuron. Dans les panneaux supérieurs de cet édicule on voit, au centre, un écu aux armes de France, à gauche, un autre écu mutilé, et, à droite, un cartouche portant une inscription relative à la reconstruction de l liôtel et aux réparations qui y furent faites en 1688.

La fenêtre destinée à éclairer les combles mérite aussi d’être signalée, bien qu elle ait perdu une partie de son couronnement. Sa décoration permet de la faire remonter au commencement du XVIe siècle.

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Hôtel de Marisy.

Bâti en 1531 par Claude de Marisy, reconstruit eu partie et remanié de 1872 à 1874, sous la direction d< MM. E. Millet et P. Naples, l’hôtel de Marisy, 9, rue Charbonnet, a subi de grandes transformations.

I /élégante tourelle hexagone, placée en encorbellement à l’angle de la maison, rappelle, par son style et par son ornementation, celle de 1 hôtel des Ursins. Le cul-de-lampe qui la supporte est orné de figures en ronde-bosse surmontées d une rangée de consoles d’où partent les six pilastres encadrant les lenètres. Dans chacun des compartiments sont des écus armoriés. Quatre fenêtres à baies carrées, couronnées de frontons, éclairent l’édicule surmonté d'un dôme hexagone.

Les grilles en fer forgé, placées en avant de deux fenêtres du rez-de-chaussée, sont remarquables par leur agencement.

Dans la cour de l’hôtel se trouvent des pilastres très variés d’exécution; leurs chapiteaux sont ornés de corbeilles, de figures, d'anges, d écus armoriés et d’arabesques.

Hôtel d’Autruy.

Cette maison, 104, rue Thiers, bâtie à l’époque de la Renaissance, est construite en briques et pierres disposées en échiquier. La porte ouvrant sur la rue est encadrée d'une grecque: son linteau, qui porte à chaque extrémité un vase fleuri, est orné de cercles juxtaposés. Au-dessus de la plate-bande on voit trois

cens modernes. La tourelle d'escalier à pans coupés, qui se dresse dans la cour, est construite, comme la façade donnant sur la rue, en appareil réticulé.

Maison de l’Élection.

Maison en bois, de la Renaissance, 20. rue de la Monnaie. Au-dessus du premier étage, toute la construction en encorbellement se trouve soutenue par des liens décorés de baluslres reposant eux-mèmes sur des pilastres cannelés placés au rez-de-chaussée. La façade, dont les bois sont aujourd’hui apparents, était autrefois recouverte d’ardoises.

La tourelle est surmontée d’une toiture aiguë portant un épi en plomb remarquable par son ornementation.

Un curieux devant de foyer, sorte de mosaïque en ardoises, provenant de cette maison, est conservé au musée de Troyes.

Hôtel Deheurles.

Cet hôtel du XVIe siècle est situé, 42, rue de la Monnaie. Au fond de la cour, un corps de logis en pierre et en brique est tlanqué, en retour d’équerre, d’une tourelle dont l’appareil mérite d’attirer l'attention.

Au pied de cette tourelle, au midi, une porte, Manquée de deux colonnes Renaissance, est amortie par un fronton rectangulaire, donnant accès à une seconde cour. La porte ouverte à l'est, dans la tourelle, est surmontée d une corniche avec couronnement en

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forme de niche. Le rez-de-chaussée et le premier n'ont qu’une fenêtre flanquée de deux colonnes; celles de là fenêtre du rez-de-chaussée sont ornées de guu landes de fruits, suspendues à la bouche d’un chérubin, et de petits cartouches portant la date 1540, avec le nom du constructeur de cet hôtel.

Hôtel Riglet.

Nicolas Riglet, riche négociant, maire de Troyes, de 1544 à 1546, fit bâtir cette maison, 6, rue Juvénaldes-Ursins, dans le second quart du XVIe siècle, mais elle a subi une transformation complète. La tourelle d escalier octogonale est bâtie en pierre et couronnée par une riche balustrade de style flamboyant.

A l’intérieur, la cage de l’escalier à vis s’arrête au niveau du grenier sur un palier voûté. La tourelle s’élevant beaucoup plus haut que les combles, un autre escalier en spirale, assis sur ce palier, conduit à la dernière plate-forme voûtée où la tourelle reprend à l’intérieur la forme octogonale. Les huit nervures de la voûte rayonnent autour d une clef centrale, et leurs retombées se raccordent avec les ares-formerets pour venir s’appuyer sur des culs-de-lampe en saillie dans les angles rentrants. Le sol de ce palier est pavé de carreaux vernissés. Il laut également mentionner la balustrade de la lucarne à pignon qui domine la façade donnant sur la cour.

Hôtel de Mauroy.

Cet hôtel fut bâti rue du Cerf, aujourd’hui rue de la Trinité, vers le milieu du X’\ Ie siècle, par Jean

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Mauroy et sa femme Louise de Pleurre. Leurs armes, placées au fronton de l'hôtel, avaient pour support une aigle aux ailes éployées.

En 1580. les deux époux léguèrent cette maison aux Trinitaires pour 1 établissement de douze enfants pauvres.

La façade, modifiée par l’ouverture de plusieurs fenêtres, a conservé son appareil réticulé en pierre et en brique, une belle lucarne et des gargouilles datant de l’époque de sa construction. La cour offre un véritable interet. La façade du fond paraît moins ancienne que les autres; sa partie centrale est occupée par une tourelle d'escalier octogonale à demi engagée, revêtue d'ardoises.

Le corps de logis en façade sur la rue a seul un aspect monumental avec ses colonnes corinthiennes, rehaussées de branches de lierre, qui forment galerie sous 1 étage supérieur, décoré de colonnes de bois.

Hôtel de Vauluisant.

Avant le grand incendie de 1524, l’emplacement de cet hôtel appartenait aux religieux de Vauluisant, abbaye cistercienne du diocèse de Sens. De là vient le nom donné, à une époque assez récente, à cet hôtel situé, 4, rue de Vauluisant.

Le pavillon a double perron, flanqué de deux tourelles et couronné de deux épis de plomb très curieux, a été construit en 1564 par Antoine Hennequin. Plus tard, il passa aux de Menan, aux Angenoust, aux Coiffard, puis aux Mesgrigny. Ce corps de logis est composé d un rez-de-chaussée et d’un premier étage, séparés par une voussure en encorbellement abritant la porte

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d’entrée, ornée d’un cartouche aux armes des Mesgri-

gny.

Sa façade est ornée de pilastres et décorée d'une frise. Au niveau du toit est une petite balustrade, une lucarne à doubles baies cintrées et un élégant édicule amorti par une statuette nue.

Dans la grande salle du rez-de-chaussée, on peut admirer une belle cheminée de la Renaissance, dont les colonnes portent sur leurs fûts des groupes d'enfants et des guirlandes de fleurs et de fruits. L’entablement, les jambages et le linteau, sont couverts de rinceaux et de cartouches finement sculptés. Un remarquable motif décoratif, portant au centre les armoiries de la famille Hennequin de Vaubercey, complète ce magnifique ensemble.

Hôtel de Chappelaines.

Nicolas Largentier, l’aîné, père du baron de Chappelaines, fil construire cette maison, 56, rue Turenne, vers 1527, sur remplacement de l' hôtel de Clairvaux, détruit lors du grand incendie de 1524.

La décoration est fort simple au rez-de-chaussée orné de pilastres, .'vu premier étage, les fenêtres sont encadrées de colonnettes portant des frontons triangulaires surmontés de vases et de festons. Au pied du comble règne une galerie dont les pilastres sont ornés de vases cannelés.

A l angle sud-ouest de cette construction, à la hauteur du premier étage, on voit une niche avec cul-delampe et clocheton à jour et une énorme gargouille à tête monstrueuse. Au sud, on retrouve l'appareil brique

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et pierre en échiquier employé si fréquemment clans les constructions civiles du XVIe siècle.

Biiimoorapiiik. — Arnaud : Voyage archéol. — AufauvrelA.I : Troyes et ses environs. — Fichot iCh.l: Statist. mon., t. III, ot Album pitt. — Babeau : L’ancien hôtel Deheu.rl.es, 188r>: Les anciennes tourelles des maisons de Troyes, 1881.

Musée.

Le musée de Troyes, fondé et administré par la Société académique de l’Aube, fut transféré, en 1831, dans l’ancienne abbaye de Saint-Loup et successivement agrandi par la construction de deux ailes qui renferment des salles consacrées a la sculpture moderne et aux arts décoratifs.

Le musée d’histoire naturelle occupe le rez-dechaussée du corps de logis central.

La galerie de l'ancien cloître abrite une suite d objets se rattachant à I étude de l'archéologie monumentale : sarcophages en pierre, pierres tombales, deux très belles statues de prophètes, statues et statuettes en pierre et en bois, moulages de chapiteaux, pinacles et ornements de tous genres, plaques de cheminées armoriées, portes en bois sculpté provenant de la clôture du jubé de Sainte-Madeleine, poteaux, modillons, fenêtres en bois sculpté venant d anciennes maisons de Troyes, etc.

Musée de sculpture (lre salle): Œuvres nombreuses de Simart, bas-reliefs du tombeau de Napoléon 1er; modèle de la Minerve du duc de Luynes; O reste ; Le Discobole, etc.; Biblis changée en source.

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par Suchetet ; Sapho. par Pradier; Le baron Taylor, par Briden ; Combat de Chiens, par Mm* Thomas- Soyer ; Louis XIV et Marie-Thérèse, Le Christ, par Girardon, une remarquable cheminée provenant de l'hôtel de Chappelaines ; des sculptures anciennes et des moulages des œuvres les plus importantes des artistes troyens (retable de Saint-Jean-au-Marché ; retable de La Rivour; bustes provenant de Yillacerf, etc...)

(2e salle) : A la terre, les Coureurs, par Boucher; bustes divers, par Vassé ; bustes et statuettes, par Franceschi ; le monument de Lamoricière. Saint-Jean- Baptiste, Chanteur florentin, Narcisse, le connétable de Montmorency, etc., par Paul Dubois; les bustes des trois Casimir-Périer ; Pasteur, L. Ulbach, des moulages du jubé de Villemaur.

Peinture (lre salle): La Cène, par Vasari ; La Vierge et l'enfant Jésus, par Cima da Conegliano; Léota, par Lorenzo di Credi ; Capitouls de Toulouse, par Chalette ; la réception d’un Chevalier du Saint- Esprit, par Philippe de Champaigne ; deux grands tableaux de fleurs, attribués à Monnayer; scènes de la vie de Clovis. Danaé, Jupiter et Io, etc. (15 toiles), par Natoire; l’Enchanteur et l’Aventurière, par Watteau; Anne d'Autriche et Mmfl île Montespan, par P. Mignard, el de nombreuses toiles de Tiépolo. Boulogne. Greuze, Boucher, Hubert Robert. Paillol de Montabert, Vigneron, Louis David et autres.

(2Ç salle): Portrait de femme, par Mireveld ; Joueur de guitare, par Vélasquez : Après l’orage, par Chintreuil ; Lesueur chez les Chartreux, par Langée, et des toiles d'Arnaud. Aviort, Biennourry, Boulanger,

Rouot, Maison, Cabat, Prou, Truelle, Schitz. Royer,

etc...

Collection archéologique (lre salle): Mercure- Apollon, statue en bronze trouvée à Vaupoisson ; trésor de Pouan; émaux provenant des tombeaux des comtes de Champagne ; collection de céramique grecque, gallo-romaine et du moyen âge: importante suite de carrelages vernissés ; armes ; objets divers ; médailles et sceaux ; serrurerie.

(2e salle) : Armes et objets divers gaulois, galloromains et mérovingiens ; nombreux émaux peints et verrerie; grande collection d’objets en bronze (statuettes, armes, torques, bracelets, ustensiles de ménage, clefs), débris de fresques et de mosaïques; coffrets de Bagard, etc...

Musée d’art décoratif: Grande pendule en bronze doré ; fontaine à laver en bronze et émaux ; moulages de candélabres, etc., œuvres de M. E. Piat ; Buste de M. Piat, par Carrier- Belleuse ; Tapisseries d'Aubusson et des Gobelins.

Bibliographie. — Rabeau (A): Le Musée de Tropes (tiazette des Beaux-Arts, 18991.— Catalogues des tableaux, des sculpt lires, de l'archéologie monumentale , des bronzes, des carrelages vernissés, des émaux peints, des monnaies gauloises . de la collection sigillographique ; du Musée d’art décoratif, des Herbiers.— DArbois de Jubainville: Répertoire archéolog., p. 143.— Le Clert (Li : Le Musée de Tropes (Annuaire des musées scientifiques et archéolog. des départements, 1900, p.380|. Notice sur les collections du musée de Troyes, 1804.

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Bibliothèque.

La bibliothèque, installée au premier étage, s’augmenta, en 1796, par la réunion de quinze bibliothèques conventuelles du département, et par celle de vingt-cinq bibliothèques particulières confisquées.

Depuis cette époque le dépôt s’est encore accru. 11 renferme aujourd’hui (5.000 volumes manuscrits et pièces diverses, et 125.000 imprimés, dont 525 incunables.

Le fonds le plus considérable de la bibliothèque provient de l’abbaye de Clairvaux; il consiste en 50.000 volumes ou environ, y compris les 31.652 volumes, reliés en veau fauve, ayant fait partie de la collection des présidents Bouhier, achetée pari abbaye en 1781.

Au point de vue historique, la bibliothèque de Troyes est un vrai trésor; non seulement elle possède les grandes collections, mais encore un nombre considérable de chroniques, de pamphlets, d’armoriaux, ainsi qu’une collection importante d’ouvrages relatifs à l’histoire locale.

Bibuoorapuik. — Harmand: Notice sur la bibliothèque de Troyes (Ann. de l’Aube, 1845, p. 50). — llarmand : Cataloyue des manuscrits. — Kocard cl Dot: Cataloyue des imprimés <>n 23 volumes.

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