TROISIÈME EXCURSION
Église des Noes.
Cette église du XVIe siècle devait être terminée vers 1521, date de la verrière de l'arbre de Jessé.
La nef, dont les voûtes d’ogives atteignent le même niveau que celles des bas-côtés, renferme cinq travées. Ses piliers cylindriques, flanqués de quatre colonnes, reçoivent les moulures en pénétration des ogives, des doubleaux et des grandes arcades en tiers-point. Les larges baies des collatéraux ont un remplage flamboyant, comme celles du chœur à cinq pans voûté par six nervures à profil prismatique.
Les remarquables verrières représentent un arbre de Jessé donné par les marguilliers, le Baptême du Christ, saint Bernard à genoux devant la Vierge (1529), les légendes de saint Nicolas et de saint Georges, des scènes de la vie de la Vierge et du Christ.
11 faut signaler encore de nombreuses statues du XVIe siècle, une sainte Anne, un Christ couronné d'épines, une sainte Barbe, une Notre-Dame-de-Pitié, un saint Sébastien, un saint Roch, le retable en bois peint du maître-autel, des stalles de la Renaissance, une croix processionnelle du XIIIe siècle, la chaire de
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1644 et les fonts baptismaux dont le couvercle est daté de 1654.
Le portail de la façade est une œuvre du XVIIe siècle, mais la porte latérale du nord remonte au XVIe siècle. Ses deux arcades géminées s'ouvrent au-dessous d une grande baie et retombent sur des pilastres. Plus haut, saint Germain tue un dragon avec son epée. Le portail du sud est moins intéressant.
Bibliographie. — D’Arbois do Jubainville : Répert. arch., p. 127. — Fichot: Statist. mon., I, p. 128.
Église de Saint- André.
Bâtie dans la première moitié du X\ 1" siècle, cette église, dépourvue de transept comme celle des Noes, comprend une nef de six travées et des bas-cotes dont les voûtes d ogives sont soutenues par de gros piliers cylindriques. Le chœur a pans coupés renferme des retables en pierre de la Renaissance: 1 un d eux porte la date de 1541. Signalons encore des débris de vitraux et une châsse du XIIIe siècle.
Le portail latéral du sud, flanqué de pilastres couronnés par des pinacles à crochets, est divisé par un trumeau dont les linteaux sont surmontes d une archivolte. La fenêtre à remplage flamboyant, qui s ouvre au-dessus de cette porte, est encadrée par une archivolte en accolade garnie de choux frisés.
Le portail occidental, construit en 1549 aux frais des habitants, est une œuvre très remarquable de la Renaissance. Ses deux baies géminées en plein cintre sont séparées par un trumeau flanqué d une colonne cannelée et enguirlandée avec tètes de chérubins à 1 astragale. Quatre autres colonnes corinthiennes s'élèvent à
droite et à gauche des deux portes; dans les intervalles qui les séparent se trouvent des cartouches portant des inscriptions. Au-dessus de ces colonnes est un entablement composite qui encadre deux fenêtres et cinq colonnes disposées comme celles du rez-dechaussée. Entre ces colonnes, on voit deux niches décorées de pilastres et d’archivoltes renfermant des statues.
La corniche d’ordre composite repose, ainsi que le fronton, sur des consoles ornées de feuilles d’acanthe. Au milieu du fronton est un écu aux armes de France entouré du collier de l’ordre de Saint-Michel. Les ornements des archivoltes, les encadrements des niches et tous les motifs de la décoration se composent de fruits, de fleurs et de légumes.
Bibliographie. — Arnaud: Voyage archéol . , p. 14. — Aufauvre(A.|: Troyes et ses environs, p. 256. — Fichot (Oh.): Album pittoresq., p. 47. — Statist. mon. de l’Aube, t. I, p.
Église de Saint-Germain.
Au commencement du XVI" siècle, les habitants de Saint-Germain firent rebâtir leur église. Ce monument, qui se distingue par la simplicité de son plan, comprend trois nefs d'égale hauteur et un chœur à cinq pans. L’église, inachevée, a été complétée de nos jours, en 1856, par l’addition de deux travées et d’une tour.
Le rez-de-chaussée de cette tour sert de vestibule à la nef centrale; sa porte, dont le linteau est orné d’une statue de la Vierge, s’ouvre sous une large voussure. A la seconde travée, une porte, aujourd’hui murée,
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conserve un linteau garni d’un écu porté par deux anges. On remarquera la disposition adoptée pour faire reposer les combles de l’église sur une série de pignons latéraux.
La nef n'est pas éclairée directement et les nervures de ses voûtes d'ogives, ornées de moulures à pénétration, retombent sur des piliers ronds dépourvus de chapiteaux. Les bas-côtés présentent de larges fenêtres à remplage flamboyant, comme celles du chœur qui sont garnies de magnifiques verrières. 11 faut signaler un bel arbre de Jessé sur fond bleu, la verrière du Jardin des Oliviers donnée par le curé Le Peleux en 1514, des scènes de la Passion et de la vie des saints, et parmi les statues du W Ie siècle un Ecce- Ilomo, sainte Anne, sainte Barbe, sainte Marguerite, saint Germain, saint Roch, sainte Julie.
Bibliographie. — Arnaud : Voyage archéologique, p. 49. — D’Arbois de .lubainville : Répert . arch., p. 132. — Fiohot: Statist. mon., t. I, p. 246.
Église de Bouilly.
Construite en partie à la fin du XVe siècle et terminée en 1540 pour l’addition du porche, d'un second transept et de l’abside, cette église est une des plus vastes du diocèse de Troyes.
Le porche occupe toute la largeur du monument. On y entre par deux portes latérales placées, 1 une au nord, l’autre au midi. La porte principale, exposée au couchant, est une œuvre du style gothique flamboyant, son archivolte surbaissée encadre deux arcs de cercle réunis au centre de l'ouverture par une clef pendante ; le tout est orné de sculptures d'un aspect très décoratif,
mais fort mutilées. Le linteau de cette porte est surmonté d'une fenêtre à réseau flamboyant dont le meneau central est décoré d'une statue de saint Laurent dans une niche.
Le portail en tiers-point de l’église, encadré par des moulures prismatiques, est flanqué de deux niches, renfermant un Christ couronné d’épines et une statue
Plan de l’église de Bouilly.
de sainte Anne avec la Vierge à l’enfant, modèle assez rare qui se rencontre également à Ervv.
A l’intérieur, des piliers cylindriques très volumineux, sans chapiteaux et sans bases renflées, soutiennent les arcs-doubleaux et les nervures des voûtes d'ogives à moulures concaves. On a pratiqué de petites ouvertures cintrées sous les formerets pour éclairer la nef. Les fenêtres des bas-côtés ont un remplage flamboyant.
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Des piliers cylindriques, plus forts que ceux de la nef, renforcés chacun de quatre colonnes engagées, occupent le transept primitif du X\ e siècle et soutiennent les arcs-doubleaux et la charpente de la flèche placée au centre de l’église.
Les piles ondulées de la seconde travée du transept , décorées de consoles et de dais de style Renaissance, indiquent que tout le chevet fut reconstruit vers le milieu du XVIe siècle. Deux grandes fenêtres éclairent chacune des travées du transept; les premières n’ont pas de meneaux, les secondes sont divisées par des meneaux flamboyants.
La voûte de l'abside à cinq pans attire l'attention par la disposition de ses seize nervures reliées par des branches et des bernes. Sa couronne centrale, traversée par dix rayons, était ornée de clefs pendantes qui se sont détachées. Des niches très élégantes, surmontées de dais flamboyants, séparent les fenêtres du sanctuaire à l'intérieur et sont incrustées au dehors dans les contreforts de l’abside.
L’église renferme des débris de verrières, un remarquable maître-autel, surmonté d’un retable en pierre sculptée, daté de 1556, qui représente des scènes de la Passion, un retable en bois, du commencement du XVIe siècle, placé dans le croisillon sud, où l’artiste a figuré les quatre Évangélistes et des scènes de la vie
de saint Nicolas et de Moïse.
Enfin on peut encore signaler des statues de saint Jean-Baptiste, de sainte Marguerite, de sainte Catherine. de saint Vincent, de saint Laurent et un fragment de retable représentant saint Hubert.
Bibliographie. — D’Arhois de Jubainville: Répert. nrch., |, ]03. — Fichot : Statist. mon., t. I. p. 359.
Église de Saint-Léger.
Cette église, dépourvue de transept comme celles de Sainte-Savine, des Noes et de Saint-Germain, fut rebâtie dans le premier quart du XVIe siècle. Sa nef de quatre travées et ses bas-côtés sont recouverts de voûtes d'ogives, qui s’élèvent au même niveau. Les piliers cylindriques, à bases prismatiques, soutiennent des grands arcs et des doubleaux en tiers-point. I .es baies des collatéraux conservent leur remplage llambovant comme celles du chœur à cinq pans voûté d’ogives.
Parmi les verrières du XVIe siècle, il faut signaler une grisaille donnée par Jean de Marisy en 1558, représentant la Vierge dans sa gloire, des scènes de la vie de saint Sébastien et de saint Koch (1525), la verrière de saint Jacques (1523), le vitrail des sept Douleurs de la Vierge, donné en 1523. On remarquera encore des statues du XVIe siècle, l’abat-voix de la chaire, une peinture sur bois du XVIIe siècle, un bénitier en bronze aux armes des Marisy, une paix en cuivre de la Renaissance et la croix en pierre du XVIe siècle, adossée au mur méridional de l’église.
Bibliographie.— D’Arboisde Jubainville : Répert. archéol., p. 100. — Fichot (Ch.) : Statist. mon., I, p. 439. — (iayot(A): Lu croix du cimetière de Saint-Léger , 1802.