QUATRIÈME EXCURSION
Église de Pont-Sainte-Marie.
11 y a une grande analogie entre cet édifice et les églises de Saint-André et de Saint-Savine construites à la même époque, c est-à-dire dans la première moitié du XVIe siècle.
GUIDE ARCHEOLOGIQUE
La porte méridionale est une œuvre de l’art gothique à son déclin. Elle se compose de deux pilastres ornés de pinacles et décorés de motifs très élégants, qui soutiennent l'archivolte, dont les redents tréllés sont réunis par des bouquets de feuillages. Au-dessus de cet arc, une contre-courbe, ornée de feuilles de mauve frisée, traverse un remplage flamboyant et une corniche à rinceaux en s'élevant jusqu’au pignon.
La porte centrale de la façade est encore gothique avec ses pilastres, sa voussure, surmontée de contrecourbes, sa double baie surbaissée, séparée par un trumeau à dais bien fouillé.
La porte de gauche marque la transition du style gothique à la Renaissance; ses pieds-droits sont couverts de cartouches, de guirlandes et de médaillons, et deux colonnes corinthiennes portent l'entablement.
Les formes gothiques disparaissent entièrement dans le portail de droite. Au-dessus de la corniche qui surmonte la porte, s'élève une fenêtre à cintre surbaissé avec remplage, niches à dômes et voussures garnies de tètes de chérubins. Un entablement, orné de vases placés de chaque côté d'une arcade à fronton circulaire, domine tout le motif et décore le pignon.
Au nord s'élève une tour carrée, bâtie en 1550, et terminée par une flèche à huit pans. Sur la toiture de l’église, on voit encore quelques panneaux de tuiles vernissées noires, jaunes, vertes et brunes.
A l’intérieur, la nef, flanquée de bas-côtés et voûtée d’ogives, se termine par une abside à cinq pans, suivant le plan habituel des églises rurales bâties au XVIe siècle en Champagne. 11 faut signaler les panneaux gothiques d’une tribune du XVIe siècle et des
verrières de la même époque qui représentent le Jugement dernier, la Lutte des vertus chrétiennes contre les vices et la mort, l’Arbre de Jessé, des épisodes de la vie de la Vierge, etc., des stalles et des miséricordes fort curieuses, remontant à la première moitié du XVIe siècle, des peintures sur bois, appartenant à la même époque, ainsi que plusieurs pierres tumulaires, gravées aux XVIe et XVIIIe siècles.
Bibliographie. — Arnaud : Voyage archéol., p. 112. — Aufauvre (A.) : Troyes et ses environs, p. 257. — D’Arbois de Jubainville : Répert. urchéolog ., p. 124. — Fichot (Ch.) : Aiburn pitt., p. 45. — Statist. mon., 1. 1, p. 28. — Masson (l’abbé) : Pont-Sainte-Marie, son église, son histoire, 1893.
Église de Sainte-Maure.
Cette église appartient à deux époques bien distinctes; la nef et ses collatéraux furent construits vers la fin du XVe siècle; le transept et le chœur datent de 1546.
En avant de la façade, dans l’axe du bas-côté sud, se dresse une tour massive, à quatre étages, beaucoup trop large pour sa hauteur. La porte principale s’ouvre entre deux pieds-droits portant un arc surbaissé. Sur la clef du linteau une console était destinée à porter une statue. Le tympan, encadré par une archivolte en tiers-point, ne présente aucune décoration.
Les doubleaux de la nef, garnis de moulures prismatiques, reposent sur des piliers cylindriques cantonnés de quatre colonnes avec bases à rendement. Dans les bas-côtés, les fenêtres à meneau central ont un remplage tlamboyant. Le transept est franchement accusé.
GUIDE ARCHÉOLOGIQUE
Les voûtes d’ogives du chœur sont renforcées de liernes et de tiercerons, et le remplage de ses fenêtres latérales est formé de petits arceaux superposés. Cinq baies à meneau central éclairent le chevet dont la clef de voûte représente Jésus-Christ ressuscité portant sa croix au milieu d’une gloire à rayons.
Dans cette église, on peut signaler une balustrade de tribune ornée de sept panneaux à remplage ilamboyant du XVIe siècle; des débris de vitraux, en grisaille et en couleur, de la même époque ; un tabernacle orné de jolies peintures, daté de 1635; un autre tabernacle en bois doré du XVIe siècle; à la voûte du chœur, des anges en bois portant une châsse, sculptures faites à Paris en 1770; un siège du XVIe siècle, un retable en pierre et plusieurs statues du XVIe siècle ; des peintures sur bois de la lin du XVIIe siècle, et le tombeau de sainte Maure, sarcophage en pierre, du IXe siècle, à couvercle arrondi, revêtu d’une herse en cuivre moderne.
Bibliographie. — Audra (l'abbé) : Histoire de la paroisse de Sainte-Maure, manuscrit de la bibl. de Troyes, n* 2297. — D’Arbois de Jubainville : Répert. archéol., p. 1 24. — Fichot (Gh.) : Statist. monum., t. I, p. 54.
Église de La Gliapelle-Saint-Luc.
Construite en grande partie dans les premières années du XVIe siècle et terminée vers 1579, cette vaste église présente à l’extérieur un aspect imposant surtout du côté de l’abside. Son architecture appartient entièrement à la dernière période .de l art gothique. La nef très courte, le transept et le chœur à trois pans sont recouverts de voûtes d'ogives ramifiées.
On remarque quelques vitraux de la Renaissance : verrière des trois Marie, scènes de la vie de la Vierge, fragments d’un arbre de Jessé, etc. ; un retable (épisodes de la vie de la Vierge), et un bas-relief en pierre (la chasse de saint Hubert); un triptyque peint sur bois, daté de 1551; une clôture en bois sculpté à la chapelle des fonts, et le tabernacle du maître-autel.
Bibliographie. — D'Arbois de Jubainville : Répart, archéol., p. 1(26. — Ficliot (Ch.) : Statist . monum., t. I, p. 105.