LE COUP DE L'ARROSOIR
Tenterrement de madame votre épouse, vous entendez un individu qui parle de vous à son voisin.
— Pauvre homme, dit-il d'un
accent convaincu, comme il doit
être affligé !
On a beau avoir le caractère bien
fait, c'est toujours désagréable de
songer qu'on vous prend pour un imbécile, n'est-ce pas vrai?
Mécontent d'avoir été tourné en ridicule, au sortir du cimetière vous sautez sur votre insulteur, et toift en le bousculant, si vous êtes malin, vous lui chippez sa montre.
Une rencontre est inévitable.
i Cette fois, ce n'est pas dès le
matin, c'est vers onze heures que vous jrous retrouvez au bois de Boulogne, dans un petit taillis près d'une grandeaJlée, mettons si vous vo|fe V avenue de la reine Blanche.
On s'aligne, mais à peine^vezvous fait quelques dégagements^.
.; que votre adversaire reçoit un for-^
midable jet d'eau dans la figure.
■ 4* C'est un arroseur ^ Bois, au-
k quel vous avezTïonné cent sous,
fer'' ^^ <^
qui, caché derrière un arbre fait cette plaisanterie à votre insulteur.
Si les témoins ne sont pas contents, Tarroseur n'a qu'à répondre d*un air bête : Est-ce que j'savais moi ! ou bien d'un air digne : Je ne me mêle pas de vos affaires, moi, n'est-ce pas ? Eh bien ne vous occupez pas de mon service !
L'adversaire esttellemenfsûrpris qu'il ne s'aperçoit seulement Ipas que vous le traversez.
L'honneur est tellement satisfait qu'il en écrase des punaises dans le coin de son mouchoir, pour se donner un certain cachet de distinction.