DE LA PROVOCATION
n ne peut se battre avec quelqu'un «an»
l'avoir régulièrement provoqué, ainsi que cela se fait toujours d'ailleurs entre gens distingués. Les motifs? Quand il n'y en a pas, ce sont les meilleurs, ainsi :
4 GUtDE DU DUELLISTE INDi£lICAT
Un homme ne vous a cjen fait, comme il ressemble à votre, pro-
priétaire, il vous déplaît, c'est tout naturel . Si vous êtes honnête, loin de renfermer en vous tout le
GUIDE DU. DBELLI8TE INDl^LTCAT 5
mépris -qu'il vous inspire, vous allez carrément le provoquer.
Ainsi, par exemple, il est en train de lire une affiche, vous l'abordez :
— Que signifie cette manœuvre, Monsieur ; ailKéz-vous l'intention dem'éviter? -
— Moi ! mais... mais, Monsieur je ne vous connais seulement pas !
— A plus forte raison, Monsieur, je ne permettrai pas à un inconnu... ridicule, d'affecter des airs qui me déplaisent.
— Votre carte malotru, voici la mienne, demain vous aurez de mes nouvelles.
Un monsieur fredonne en marchant.
6 GUIDE DU DUELLISTE IN&ëLlC&T
Venez vous planter raide devant lui:
— Que signifie cette stupide gaîté î serait-ce pour insulter à mon
malheur ?... Je vouspréviens qu'une pareille audace m'échauffe singulièrement l'économie animale !
— Ah çà ! mais de quel malheur me parlez- vous?
OUtDK DU OCtLUtTB IKUittCAT 7
^- Je n'ai pas de comptes à vous rendre, entendez-vous ? Seulement je vous défends de me ricaner bêtement au nez.
— Mais...
— Allons, allons, pas de ces mines effarées, votre heure, Monsieur ?
Une autre fois, c'est un habitué
de votre cercle qui s'avance en se tenant la mâchoire.
Cet homme, c'est un pome qui tire à cinq !!!...
— Tiens qu'avez-vous donc, vous souffrez ?
— Oh I... j'ai... un mal... de dents... !
— ■ De dents, de dents, parbleu !
je vois bien que vous n'avez pas mal au coude, vous me prenez donc pour un imbécile ?
Pardieu, monsieur, je ne le souffrirai pas !
Vous m'avez insulté, demain mes témoins iront prendre de vos nouvelles.
Un autre jour, c'est un ami qui s'avance vers vous, un ami qui bégaie.
11 vous tend la main :
— Co... co... co... oment... va la san... san... an... té, et chez... et chez chez. . . et chez chez. . . ez vous ?
— Et chez moi ! comment et chez moi ! est-ce que cela vous regarde ?
Vous vous intéressez à Léocadie
d'une manière insolente, mon cher;
seulement je ne suis pas un mari
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complaisant, moi ; je ne suis pas un idiot, mot ; vous me provoquez en ridiculisant mon honneur, soit I vous m'en rendrez raison.
Ces simples indications suffiront aux personnes sensées, c'est évident, cependant pour les cas parti-
cuUers, écrire à mon éditeur {affranchir).