LE COUP DE LA CHARADE
ous pénétrez dans la chambre de votre femme; vous la trouvez couchée, et près du lit, vous voyez comme ornement, un monsieur en bras de chemise et en caleçon.
On a beau ne pas être jaloux, si
la chose vous arrive en été ca ne
vous fait pas plaisir, mais si c'est
r94 GDIDE DU DUELLISTE INDELICAT
en hiver, ça... ne vous en fait pas davantage.
Si cet homme est d'une anatomie redoutable, évitez de lui dire des choses dures, parce qu'il pourrait vous giffler, mais vous pouvez toujours lui donner votre carte, il ne peut la refuser. 11 vous donnera la sienne, tout l'indique, et il n'y a pas à tortiller, il faut se couper le sifflet.
Arrivés sur le lieu du combat, vous vous mouchez pour voir plus clair, vous retirez vos redingotes, vous prenez chacun une épée et vous vous regardez comme deux chiens de faïence.
Les témoins, qui n'ont rien à craindre, se préparent à vous dire:
Alleil
GUIDE DU DUELLISTE INDELICAT IQS
Mais à peine êtes- vous en garde, que vous dites à votre adversaire d'un air sombre :
Mon premier, c'est ce qu'on dit d'une personne qui a des ennuis de toutes sortes.
Mon second, c'est le nom du peintre qui a fait le portrait de l'ancien directeur des jeux de Monaco.
Mon troisième est un être qui ne dort jamais tout à fait, et mon tout, c'est vous.
L'adversaire, qui s'attendait à autre chose, vous regarde d'un air hébété. Ne lui donnez pas le temps de se remettre et poursuivez :
Mon premier est A, puisqu'on dit toujours d'une personne qui a des ennuis : A napas d^chance.
MoB acQB», tfea. JiaL, ptôs^
qii~OQ iii: épilement toujours : dul
Mon troisième c'est ter, puisque tout le monde sait que ter midort.
Et MON TOUT...
... L'adversaire ouvre une bouche énorme, il est ahuri; comme jusque-là vous n'avez pas bougé, il ne se méfie de rien ; vous en profitez pour vous jeter sur lui, et vous lui passez votre épée et votre bras au travers du corps en disant... C'est vous, c'est-à-dire: