LE COUP DU SUICIDE
ur le point de vous marier, vous courez chez votre fiancée pour lui rendre les visites d'usage, pendant lesquelles vous faites votre cour.
Vous avez pris un mouchoir blanc avant de sortir, mais comme vous ne tenez pas à le salir, malgré
l'affreux coryza dont le Tout- Puissant a jugé nécessaire de vous gratifier, vous guignez une femme qui passe près de vous, et vous vous mouchez sur son vêtement.
Le mari, que vous n'aviez pas vu, vous tombe dessus et vous poctie un œil.
Impossible de se montrer joyeux.
Vous ripostez, vous lui enfoncez son chapeau jusqu'aux épaules et vous filez. Seulement, si ce misérable vous rattrape, répondez-lui avec aplomb : « Enfin, drôle, vous vous décidez donc à en découdre ? >
Supposons-nous sous bois.
Votre adversaire tient sa lame, vous la vôtre, mais avant le traditionnel : Alle^ ! vous faites volteface, vous tirez un revolver de
votre poche, et vous faites le mouvement d'un homme qui va se faire sauter la cervelle.
A ce moment précis, un de vos témoins... dévoués fait un bond, se jette sur vous, pour vous empê-
cher de faucher votre belle existence, et, sans en avoir l'air, il vous place le bras dans la direction de votre adversaire.
Vous tirez et... çafait de lacopie pour les journaux du soir.
Vous feignez une douleur profonde, vous vous jetez sur le corps de ce malheureux, et, dans votre désespoir, vous lui volez son portemonnaie.
L'honneur est tellement satisfait qu'il invite son concierge à dîner, et au dessert il l'empoisonne, histoire d'amuser les enfants.
adoïc-