‹ Guide du forestier (volume 2)Chapitre 16 sur 52 · ANS SES · texte numérisé non relu

ANS SES

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On peut done exactement

savoir l’âge d’un arbre, en Fig. 11.

comptant lescouches feniéhsée de la base du tronc. On pourrait aussi arriver à la inème détermination, en fendant-la tige dans sa longueur ; car on devrait retrouver, de cette manière, la série de couches dont on voit les cercles sur la

tranche du bois. Mais, comme les fibres vues dans

fig. 11. — Portion de la tige d’un chêne âgé de 7 ans. — Les couches annuelles du bois sont séparées par des lignes blanches. Les couches corticales ne sont pas en. nombre égal à celles du bois, parce que les plus extérieures, plus anciennement formées, sunt déjà détruites.

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leur longueur sont difficiles à distinguer, la détermination serait moins sûre.

Nous avons vu qu’en même temps qu’il se forme une couche de bois, il se produit une couche. de fibres corticales : on devrait donc retrouver dans l'écorce une succession de zones pareilles à celles qu'on voit dans le bois. Gette série de couches corticales existe en effet, mais pendant peu d'années. Le grossissement du bois et l'application successive de couches nouvelles à l’intérieur de l'écorce font que les fibres formées les premières sont peu à peu repoussées à l'extérieur ; les couches cellulaires, subéreuses et lépiderme qui les recouvraient, distendus par cette force intérieure, prennent une apparence rugueuse, s’écallent et tombent par parcelles ou par larges plaques. Les fibres corticales, situées immédiatement au-dessous, subissent plus tard le même sort; de sorte que les couches ligneuses vont en se superposant toujours, tandis que celles de l'écorce se détruisent au dehors au fur et à mesure qu’elles se produisent au dedans.

S1 l'exposé des lois de la croissance des bois est suffisamment clair, le lecteur peut, dès à présent, en déduire toutes ses conséquences pratiques. Ainsi, il comprendra sans peine comment une empreinte apposée sur un arbre, pourvu qu’elle atteigne le bois, sera recouverte pär toutes les couches ligneuses,

qui se produiront postérieurement. Si, au contraire, l'empreinte n'attaque que l’écorce , elle se dilatera

Fig, 12.

comme celle-ci, deviendra rugueuse, et finira par disparaître avec les couches sur lesquelles elle a été apposée.

Pour donner une idée aussi nette que possible de la structure d’un arbre, nous représéntons ci-contre la coupe d’une tige‘de trois ans, fendue par son milieu dans toute sa longueur (he 49) ee

On voit que cette tige est formée de trois tronçons, placés bout à bout. Chacun d’eux est la pousse d’une année. Les branches latérales, dont on voit la base, sont exactement composées comme le tronçon né en même temps qu’elles, et chacune peut être considérée comme un nouvel axe d’où naïtront d’autres branches, qui donneront à l’arbre sa forme caractéristique. S1 toutes les feuilles deve-

naient l’origine d’un bourgeon, et si tous les bouraeons se développaient, la ramification suivrait une

Fig. 12. — Tige d’un arbre de 3 ans. — Section longitudinale. Au centre, le canal médullaire que recouvrent les couches annuelles du tissu

ligneux.

loi très-régulière et tous les arbres de même espèce seraient identiques; mais l’avortement des bourgeons réguliers, la naissance de bourgeons adventifs, modifient cette ramification de manière à la rendre différente pour chaque mdividu, tout en conservant à tous ceux d’une même espèce, une physionomie particulière, qui constitue le port de l'arbre.

Chaque printemps voit se reproduire les phénomènes que nous avons décrits. La séve s’élève, elle donne naissance à une production de bourgeons ; la tige et ses ramifications s’allongent; puis les feuilles naissent, entrent en fonctions, la séve s’élabore, descend et forme de nouveaux tissus, “qui orossissent la tige et prolongent les racines.

Dans les premières années, alors que les tissus sont encore jeunes, l'ascension de la séve se fait par la moelle, par les fibres, par les vaisseaux, par tout le végétal en un mot; mais au bout d’une période plus ou moins longue, suivant les essences, tous ces petits canaux s’engorgent , les matériaux charriés par la séve se déposent dans les fibres et rendent leurs cloisons de plus en plus épaisses. La partie centrale de l’arbre se solidifie ainsi peu à peu et fimit par former ce cercle de couleur, souvent foncée, qu'on nomme le cœur du bois. |

C’est alors par l’aubier, c’est-à-dire par la portion encore jeune, que s'opère l’ascension de la séve,

et comme c’est entre l’aubier et l’écorce que s’applique chaque année la couche nouvelle de cambium, le cœur ne participe plus à la vie de l’arbre, laquelle se trouve tout entière reportée à sa circonférence.

Cette partie centrale, devenue inactive, n’a plus d'autre destination que de soutenir le végétal ; c’est un support sur lequel viennent s'appuyer les générations successives de bourgeons, support qui peut disparaitre en partie sans entrainer leur mort. On voit, en effet, des arbres vivre, pendant des siècles, alors que leur tronc est entièrement creux.

Pendant que la tige du jeune arbre, dont nous avons suivi l’évolution, s’accroit en longueur et en orosseur , ses racines s’allongent par la formation constante de nouveaux tissus à leur extrémité, et orossissent par l’application successive des couches ligneuses qui continuent celles de la tige. Lorsque les radicelles ont enlevé au sol ambiant les substances solubles qui entrent dans la composition de la : séve , elles s’allongent pour attemdre un sol nouveau, elles s’enfoncent pour rechercher dans les couches profondes l’eau dont elles ont un besoin d'autant plus énergique que l'arbre grandit davantage. L’accroissement de l'arbre est d'autant plus prompt, qu'il a plus de feuilles ; aussi la surface des zones concentriques, qui en sont la mesure, va-t-elle en augmentant avec l’âge.

Au premier aspect, cela semble contredit par l’examen de la section d’un vieil arbre, car on voit . souvent les couches les plus extérieures avoir une épaisseur très-faible si on les compare aux moyennes. Mais il ne faut pas considérer seulement l’épaisseur de la couche pour en déduire le volume de l’accroissement; il faut tenir compte de la longueur de cette zone. Or cette longueur va en augmentant à mesure que la zone s'éloigne du centre. Ainsi, on peut dire, d’une manière générale, qu'un arbre s’accroit toujours tant qu’il vit. On pourrait ajouter que son accroissement irait toujours en augmentant, si des influences , que nous allons indiquer, ne venaient l'arrêter.

Dans les premières années de leur existence, les arbres de nos climats ont, en général, une végétation assez lente. Il s’écoule trois ou quatre ans avant qu'ils commencent à croître avec vigueur, mais lorsqu'ils ont passé cette première période sans éprouver d'accidents sérieux, ils entrent dans une phase d'activité qui se manifeste’ par un développement considérable en hauteur. |

La force de la végétation se porte principalement vers le haut de la tige, qui s’augmente chaque année de la longueur du bourgeon terminal. Les branches latérales s’accroissent aussi, mais comme la séve est appelée plus énergiquement vers le-sommet, qui est

mieux exposé aux rayons du soleil, leur développement n’est pas aussi actif. Il arrive un moment où les branches inférieures privées de l'accès de la lumière par celles qui les dominent, s’étiolent et meurent. L'arbre qui, dans sa jeunesse, était ramifié dès la base, se dégarnit alors, et sa tige principale qui porte le nom de tronc, on la forme d’un “ lindre plus ou moins irrég ee.

Celte marche de l’accroissement des arbres est facile à constater dans toutes les espèces de notre climat, mais c’est chez les résineux qu’elle se manifeste avec ie plus de clarté, à cause de la grande régularité de leur ramiftahons

Si l’on considère, en effet, un jeune > épicéa, on le voit prendre, à ee de 4 ou 5 ans, une forme conique, déterminée par des verticilles de branches, se raccourcissant successivement du pied de l'arbre jusqu'à la base du bourgeon terminal. Vers 25 ou 30 ans, les branches basses commencent à s’étioler ; une pousse annuelle, qui a souvent À mètre et plus, accroit chaque année la longueur de la tige ; à mesure qu’elle s'élève; les branches inférieures se désséchent, tombent, et le tronc se dégarnit. Vers l’âge de 60 ou 80 ans, l’épicéa a acquis presque toute sa hauteur ; le jet terminal ne s’accroit plus que de quelques centimètres; mais, en revanche, les branches latérales les plus élevées s’étalent horizon-

talement et forment, au sommet d’une tige haute de 29 et 30 mètres, une touffe qui donne aux vieux épicéas un aspect entièrement différent de celui qu’ils ont dans leur jeunesse.

Ce que nous avons précédemment dit de l’action

des rayons solaires, donne l’explication de toutes les

anomalies que présente la croissance des arbres. Il suffit, en effet, de se rappeler que l’assimilation se fait toujours sous l’influence de la lumière, pour comprendre que le développement de la tige ou des branches doit toujours se produire du côté d’où elle arrive. Quand, par une cause quelconque, laccès de la lumière est intercepté, l'assimilation cesse, et partant l’accroissement. |

C’est pour cela que les arbres dominés s’étiolent et meurent. C’est encore pour la même cause que les arbres en massif s'élèvent beaucoup plus haut

que ceux qui poussent isolément. L’ombrage des

- branches supérieures, qui met obstacle au passage

des rayons du soleil, fait dépérir peu à peu les branches basses, et les tiges sont toujours sollicitées à s'élever pour atteindre la couche baignée de

lumière.

Dans les arbres isolés, au contraire, la lumière arrive de tous les côtés; les branches latérales prennent un grand développement et se couvrent d'un feuillage abondant. |

Cette ramification puissante empêche la pousse terminale de devenir prépondérante. Aussi voit-on, le plus souvent, les arbres plantés dans ces conditions avoir un tronc peu élevé, mais gros, des branches nombreuses, fortes, et une forme arrondie tout à fait différente de celle des arbres de même espèce venus en massif. Ces derniers, en elïlet, ont des branches peu volumineuses, s’étalant à l'extrémité d’une tige très-élevée et relativement orêle.

L'art forestier repose en partie sur la connaissance- des lois de l’accroissement des arbres, il est donc très-essentiel de se rendre bien compte des divers organes qui concourent à cette fonction. Les détails dans lesquels nous sommes entré sur lassimilation par les feuilles, là formation successive des. couches ligneuses, lPabsorption par les racines, doivent suffire pour faire comprendre que, si les racines sont nécessaires pour fournir à la plante l’eau dont elle a besoin , les feuilles sont indispensables pour puiser dans lair le charbon qui formera les cellules, les fibres et les vaisseaux dont est composé tout végétal. Il faut donc qu'il y ait, entre les organes d'absorption (racines)etceux d’assimilation (feuilles), une corrélation naturelle que Part doit chercher à produire et à conserver, afin d'obtenir, dans un espace et dans un temps donnés, la formation de la

| NUTRITION. 13 quantité la plus crande possible des matières | ligneuses ; ce qui est le but de la culture forestière. |

La vie d’un arbre se compose de trois périodes, dont la durée est variable suivant les essences et les conditions locales. |

Le première, celle de la jeunesse, se manifeste à l'extérieur par la tendance de la tige à s’élever. Pendant cette période le feuillage est abondant, l’écorce est lisse et saine , les jeunes pousses sont longues et-droites. La deuxième période est celle de la maturité. Pendant sa durée, l’arbre cesse peu à peu de croître en hauteur, mais son accroissement en grosseur ne subit pas de ralentissement. Les branches prennent un grand développement, le feuillage reste vigoureux, l'écorce est encore saine, mais elle devient rugueuse; l’arbre prend une tête arrondie. |

À cette période succède celle de la décrépitude, qui se termine par la chute de l'arbre. La décrépitude se manifeste d’abord par le desséchement de l'extrémité supérieure de la tige, qui ne reçoit plus assez de séve pour continuer à s'élever. Les branches du sommet meurent les unes après les autres et tombent, les chicots restés adhérents à la tige se décomposent. Les eaux pluviales qui coulent le long de la tige et des branches retenues-par ces chicots

7 'PETYSTOLOGCIE:

devenus spongieux, s’infiltrent entre l'écorce et le bois, désorganisent les tissus et occasionnent ces suintements noirâtres qui se prolongent jusqu’à la base du tronc. | *:

En même temps, les couches centrales les plus anciennes subissent une décomposition lente produite par les réactions chimiques des substances dont elles sont formées. Cette décomposition commence au centre et à la base du tronc. La partie qu’on nomme le cœur du bois change de couleur, prend un aspect terreux, et l’on voit se former au pied de l’arbre des ouvertures par lesquelles s'échappe un liquide noirâtre. Ces ouvertures laissent voir dans

l’intérieur du tronc de grandes cavités pleines d’une

poussière brune, qui n’est autre chose que le résidu de la décomposition du tissu ligneux. se

Pendant que toute apparence de vitalité a cessé dans la partie centrale, l'arbre continue à vivre par les couches superficielles ; sa durée peut être encore très-longue , si les matières décomposées et les eaux ont pu trouver une issue par la base du tronc, parce qu’alors l’intérieur se vide et reste sec. Si, au contraire, le bois pourri reste enfermé dans le bois sain, l’eau corrompue, dont il est imprégné, pénètre dans la séve, la décompose et amène promptement la désorganisation de tous les tissus; les branches, n'étant plus suffisamment soutenues,

en DR - CR

CA

NUTRITION. 75 tombent alors les unes après les autres, et entrainent souvent le tronc dans leur chute.

| Pour bien se rendre compte des phénomènes de la vie et de la mort chez les arbres, il faut regarder leur charpente solide comme le support des générations de bourgeons qui se succèdent depuis la naissance du jeune plant. Chaque géneration a la durée de l’évolution du bourgeon. Elle commence avec le bouton et finit avec la feuille. Ces générations successives se continuent tant que la tige met les boutons en communication avec le sol qui leur fournit l’eau nécessaire à leur existence. Quand cette communication vient à s’interrompre, l’évolution des bourgeons est arrêtée.

On peut donc se représenter la charpente d’un arbre comme composée d’une série d'arbres emboîtés les uns dans les autres, et dont chacun ne vit réellement que pendant la dune ée de l’év olution des bourgeons qui l’ont formé.

Au bout d'un certain temps, les plus anciens de cés arbres, ceux qui sont les plus intérieurs, meurent et se décomposent, les autres continuent à vivre; mais quand la décomposition intérieure à détruit la solidité de la charpente végétale qui les supporte, celle-ci tombe, et cette chute entraine la mort des parties restées vivantes.

Les arbres destinés à fournir des bois d'œuvre

s’exploitent pendant leur maturité. Comme la durée de cette période est assez longue, on peut régler l’âge de l’exploitation suivant la nature et la qualité des bois qu’on veut produire. Si l’on trouve profit à obtenir de la petite charpente , des pièces longues et effilées, on pourra abattre les arbres dès qu'ils cessent de croître en hauteur, c’est-à-dire au début de la période de leur maturité. Si, au contraire, on veut produre des bois de qualité supérieure et de fort échantillon, 1l faudra attendre la fin de cette période. |

Dans tous les cas, il est important de ne jamais conserver les arbres au delà de l’époque où 1ls présentent des signes certains de décrépitude; car ces signes accusent un commencement de désorganisation intérieure, qui ôte aux pièces une grande partie de leur valeur.

Il ne faut pas toujours prendre pour un symptôme de décrépitude l'apparition de branches mortes vers le sommet d'arbres sams d’ailleurs. [1 arrive souvent que Îles réserves des taillis se couronnent ainsi, sans ètre pour cela dépérissantes.

Lorsque l'exploitation du tallis laisse les tiges de ces réserves exposées au soleil, elles se couvrent de branches qui absorbent la séve au passage et l’empêchent d'arriver en assez grande abondance vers les sommets. Ceux-ci se dessèchent alors, et l’on

| dit que l'arbre est couronné. Mais & l’on coupe rez- | tronc ces branches gourmandes, on voit bientôt la | séve reprendre son cours habituel, les branches . mortes tombent et sont remplacées par de nouveaux

bourgeons , qui font à l’arbre une nouvelle tête. Il

| n'est même pas nécessaire de faire cet élagage pour

obtenir ce résultat; 1l se produit tout naturellement par l'accroissement du taillis, qui, en s’élevant, étouife les branches basses des arbres de réserve, et fait ainsi refluer vers la tête la force de la végétation.

L'exploitation des bois se fait souvent avant que les arbres soient parvenus à leur maturité. Il est certains produits, comme les écorces, les perches , les cercles etc., qui ne peuvent s’obtenir qu'’autant qu'on abat les arbres pendant leur jeunesse. Quelques essences , le chêne entre autres , ne donnent de bon bois de feu que si elles sont exploitées à un âge peu avancé. C’est au propriétaire à calculer, d’après les conditions dans lesquelles il est placé, s’il a avantage à diriger sa culture forestière vers la production des bois de gros échantillon, des bois d'industrie ou de ceux de chauffage. Comme ces conditions sont essentiellement variables, il est impossible de fixer aucune règle générale à cet égard.

En traitant de la croissance et de la fin des arbres, nous nous sommes borné à décrire les phases qui précèdent et déterminent la fin produite par la vieil-

lesse ; mais nous n'avons pas parlé des causes qui peuvent aussi déterminer une mort beaucoup moins lente.

Ces causes peuvent agir sur les racines, organes d'absorption, sur les feuilles, organes d’assimilation, et sur la tige, organe de transmission.

Parmi les causes de nature à entraver les fonctions des racines, 1l faut placer en première ligne celles qui sont relatives à la quantité ou à la qualité de l’eau. Le manque d’eau se manifeste immédiatement par le flétrissement, et la chute des feuilles ; excès d’eau détermine une production exagérée de feuilles et de tissus sans consistance. Quand de l’eau, contenant des substances vénéneuses, atteint les racines, elle est absorbée et élevée jusqu'aux feuilles , qui jaunissent et tombent, l'arbre meurt empoisonné. Les matières grasses, goudronneuses ou sirupeuses , obstruent les ouvertures par lesquelles l’eau pénètre dans les radicelles et arrêtent la végétation. Quoiqu'il soit assez difficile de savoir, au premier abord, quels sont les organes atteints dans un arbre qu’on voit dépérir, on peut, en général, affirmer que si le dépérissement s’est manifesté avec rapidité, sans lésion extérieure apparente, c’est vers les racines qu'il faut en rechercher la cause.

Les feuilles vivant dans l'atmosphère subissent, l'influence de tous les changements qui se produi-

PEN dr

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sent dans ce milieu; l’air chaud et sec active l’évaporation, qui se fait à leur surface. La lumière détermine l'assimilation du carbone; cette fonction se ralentit à l’ombre et cesse pendant la nuit. L’ombrage empêche donc les feuilles de se développer, et comme ce sont elles qui fournissent les matériaux de la tige, on voit toujours les arbres dominés avoir une apparence maladive. Les insectes qui détruisent les feuilles occasionnent un grand trouble dans la croissance des arbres; car l’absence de feuilles, pendant l’été, empêche la formation du cambium et entraine par suite une lacune dans la série des couches du bois. Si les feuilles ne sont détruites que pendant une saison, l’arbre peut réparer ce dommage l’année suivante ; car la séve ascendante trouvera dans les dernières couches de l’aubier des matières amylacées encore solubles et assimilables ; mais si l’enlevèment des feuilles se repète pendant plusieurs années consécutives, l'arbre meurt d’imanition. [l est fort important de se rendre bien compte de l’utilité des feuilles ; car on suppose trop généralement, qu’elles ont dans la végétation un rôle secondaire. Les émanations gazeuses, la fumée et la poussière qui obstrue les pores, le défaut de lumière sont, en dehors des destructions opérées par les insectes, les animaux et l’homme, les causes les plus ordinaires de dépérissement des

arbres, par les troubles apportés aux fonctions des feuilles. |

Le tronc et les branches subissent les conséquences des perturbations des fonctions des feuilles et des racines, mais ces parties du végétal sont en outre exposées à de nombreux accidents. Les chocs et les blessures qui désorganisent ou tranchent leurs tissus, produisent des écoulements de séve dangereux pour l'existence de l'arbre. Quand les blessures sont franches et qu’elles n’ont pas une trop grande surface, le cambium, qui s'échappe par les vaisseaux coupés, forme autour de la plaie un bourrelet dont les bords se rapprochent peu à peu et finissent par la recouvrir; mais si la plaie est grande , le temps que. ces bourrelets mettent à se rejoindre est si long , que le bois exposé à l’air se décompose avant que la soudure soit faite. Ce bois pourri forme alors un centre de décomposition, dont l'effet s'étend aux parties voisines et finit par entrainer la perte de l’arbre entier. |

Certains insectes s’attaquent aussi aux tiges des

arbres , ils se logent sous l'écorce, dans les parties

les plus jeunes de laubier et se nourrissent des matières féculentes et sucrées emmagasinées dans ces tissus. Les galeries que ces insectes pratiquent dans le bois, laissent échapper la séve, et deviennent une cause très-active de dépérissement des arbres.

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