‹ Guide du forestier (volume 2)Chapitre 15 sur 52 · NUTRITION. UN TES · texte numérisé non relu

NUTRITION. UN TES

en cellule, à travers les membranes très-fines qui les séparent ; elle atteint les fibres et les vaisseaux, oaone le tissu médullaire et monte Jusque dans la tige et les feuilles.

Mais pendant ce trajet, cette eau, d’abord presque pure, dissout dans les cellules de la racine et de la tige les substances nutritives , telles que la fécule, le sucre, qui s’y trouvent renfermées, elle les entraine dans son mouvement ascensionnel; à mesure qu’elle s’éleve, sa consistance augmente; ce n’est plus de l’eau, c’est un liquide chargé de substances sucrées ou sirupeuses , qui prend le nom de séve.

La circulation de la séve ascendante s'effectue par toutes les parties du jeune arbre; mais c’est par les vaisseaux qu'elle s’opère le plus rapidement , parce que ces longs tubes facilitent beaucoup ses mouvements. On voit toujours la séve se mettre en marche à l’époque où la température s’élève ; on est donc fondé à penser que la chaleur est la cause déterminante de cette activité.

Arrivée à l'extrémité de la tige, la séve pénètre dans les feuilles par les vaisseaux et les fibres du pétiole, elle suit les ramifications des nervures et va se répandre dans les cellules, qui sont, comme nous l’avons dit précédemment, séparées par de nombreuses lacunes mises en communication avec lPextérieur par les stomates.

Lust

0 PHYSIOLOCGTES

Il s'opère là une modification ‘profonde dans la composition de cette séve, pendant qu’elle cireule de cellule en cellule dans l’intérieur de la feuille. Au contact de l'air, qui pénètre par les stomates, elle perd une partie de son eau, qui est rejetée-dans l'atmosphère à l’état de vapeur; en même temps, l'acide carbonique contenu dans cet air se décompose sous linfluence de la lumière du soleil , le carbone est absorbé avec un peu d'oxygène, et ie reste de l'oxygène se dégage.

L'air qui sort des stomates est donc plus riche en vapeur d’eau et en oxygène que celui qui entre; par contre, il a perdu l'acide carbonique qu’il contenait. La séve a perdu de son côté une partie de son eau et s’est enrichie des atomes de carbone enlevés à latmosphère, atomes dont l’agglomération finit par constituer toute la charpente solide du végétal.

Il est difficile, au premier abord, de concevoir que l'acide carbonique, porté par l’air dans les feuilles, puisse produire des quantités de carbone suffisantes pour former de grands arbres. Nous avons dit, en effet, que l’air ne renferme pas plus de 3 à 6 dix-millièmes de son poids d’acide carbonique, et nous savons que les cavités intérieures des feuilles sont si petites qu’on ne peut les voir sans microscope.

Mais, si l’on considère que les feuilles d’un dibré

sont très-nombreuses, qu’elles baignent dans Pat mosphère, que l'agitation du vent fait à chaque instant pénétrer dans leur intérieur de nouvelles quantités d'air, et que chacune de leurs cellules accomplit sans relâche, pendant toute la durée du jour, sa fonction d’assimilation, on arrive à comprendre que ce travail incestant puisse, à la longue, donner de grands résultats.

L'atmosphère est d’ailleurs un réservoir inépuissable de carbone; chaque mètre cube d’air n’en contient à la vérité que quelques atomes, mais le volume de l’atmosphère est si grand que ces atomes réunis finissent par produire une quantité énorme. Des calculs fort précis, basés sur le poids de Patmosphère et sur sa composition, permettent d’évaluer à plus de soixante milliards de kilogrammes le - poids du carbone qu'il renferme.

La combustion, la décomposition et la fermentation des matières organiques rejettent constamment dans l’atmosphère, sous forme d'acide carbonique, le carbone précédemment fixé par les végétaux. Il s'établit ainsi, entre le sol et l'air, un échange CONS tant qui maintient l'équilibre.

L’assimilation du carbone ne s'opère que sous l'influence de la lumière du soleil et par les parties vertes des plantes. Dans l'obscurité, au lieu d’absorber le carbone et de rejeter l’oxygène, les végé-

faux dégagent de l’acide carbonique et absorbent une petite parte de loxygène de l'air. C’est pour cela qu’il est si dangereux de laisser, pendant la nuit, des branchages et des fleurs dans les chambres où l’on couche, car l'acide carbonique qui s’en dégage est un gaz Mméphitique. d

Cette action de la lumière sur l'assimilation fait comprendre pourquoi les plantes inaintenues à l'ombre jaunissent et s’étiolent, tandis que celles qui sont exposées aux rayons solaires prennent une belle couleur verte et croissent vigoureusement.

Cest que, dans le premier cas, l'effet d’une assimilation lente et incomplète, suite de linsuffisance de la lumière, est détruit par la déperdition qui se fait pendant la nuit ; dans le second cas, au contraire, la déperdition nocturne étant plus fable que l’assimilation, la séve conserve sa richesse et donne de la vigueur à la plante.

Il ne faudrait pas conclure de là que les jeunes plants doivent être exposés directement aux rayons du soleil. La lumière est, sans doute, indispensable à tous, mais à des degrés différents. Les plants de plusieurs essences redoutent la lumière trop vive dans leur jeune âge, et c’est pour cela qu’on leur ménage, jusqu'au moment où 1ls sont assez forts, des abris qui laissent arriver jusqu’à eux assez de lumière pour former leurs tissus, tout en inter-

ceptant l'excès de chaleur qui pourrait les dessécher.

Lorsque la séve a acquis, par son contact avec l'air, dans les cellules de la feuille, les qualités qui la rendent propre à nourrir le végétal, elle est ramenée dans son intérieur par un mouvement con-

traire à celui qui l’a élevée jusqu'aux feuilles.

Cette séve élaborée entre dans les canaux Tormés par les nervures des feuilles, elle arrive au pétiole et pénètre, en suivant le faisceau de fibres qui relie cet organe à la tige, jusqu’à la zone fibro-vasculaire.

Dans la description de cette zone, 1l à été dit qu’elle est formée de fibres rayées de petit diamètre, qui constituent le bois, de vaisseaux ponctués, dont l’ouverture est plus grande , d’une couche mince de cellules, que recouvrent des fibres longues et résistantes, nommées fibres corticales, et de vaisseaux laticifères.

S1 l’on se rappelle que le pétiole est le prolongement d’un faisceau de ce tissu fibro-vasculaire, prolongement dans lequel chaque partie conserve sa position relative, 1l est aisé de comprendre qu’en s’infléchissant, pour s’étaler ensuite sous forme de feuilles, les fibres corticales et les vaisseaux laticifères qui occupent la portion externe du faisceau dans la tige, occuperont la partie inférieure dn pé-

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tiole et de ses ramifications, et que les fibres formeront la partie supérieure.

La séve dont l'élaboration s’est faite dans les cellules des feuilles trouve là des canaux tout préparés pour la ramener. Ce sont ceux qui forment le prolongement des vaisseaux laticifères et des fibres corticales ; elle s’y engage et descend ainsi dans cette parlie de la tige qui constitue la couche intérieure de l'écorce, et qu’on ,nomme Liber, à cause de sa

disposition qui rappelle celle des feuillets d’un livre.

La séve descendante qui à acquis la consistance d’un liquide visqueux se répand entre la couche des fibres corticales et celle des fibres ligneuses; elle s’épaissit et donne naissance à une couche composée de cellules en voie de formation, qui s’intercale entre le bois et l’écorce. On donne le nom de cambium à ce tissu naissant.

L'organisation du cambium, d’abord purement cellulaire, se cornplète peu à peu, les cellules se multiplient; elles se transforment en fibres et en vaisseaux, qui reproduisent exactement les tissus sur lesquels ils s'appliquent. La couche du cambium, prumitivement homogène, se dédouble alors en deux parties distinctes : l’une composée de fibres et de vaisseaux ligneux, s'applique sur la zone ligneuse préexistante et la recouvre ; l’autre, formée de fibres

NUTRITION. | 61 corticales, revêt intérieurement la couche corticale et la repousse à l'extérieur.

Le cambium arrive ainsi, en descendant toujours, jusqu'à l'extrémité de la racine dont il accroit la longueur.

La plus grande partie de la séve descendante suit la voie qui vient d’être imdiquée, mais il en passe aussi une certaine quantité par les fibres du bois et par les cellules des rayons médullaires et de l'écorce. En traversant ces tissus, cette séve épaissitles parois des cellules et des fibres, qu’elle incruste d’une substance nommée cellulose , composée d’eau et de carbone, comme la fécule, mais qui en diffère par ce qu’elle renferme moins d’eau que cette dernière. La séve descendante dépose en outre dans l’intérieur des cellules de la fécule, du sucre et diverses autres matières solubles.

Les diverses phâses que nous venons de décrire peuvent se résumer amsi qu'il suit : l’eau, arrivant par les racines, dissout dans leurs tissus et dans ceux de la tige les matières nutritives qu'ils contiennent, elle s’élève jusqu'aux boutons dont elle détermine le développement en bourgeons et en feuilles. Lorsque les feuilles sont formées, la séve qui continue à y arriver subit dans leur tissu une élaboration qui la transforme en un liquide susceptible d'organisation, Ce liquide donne naissance à une couche de cami-

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bium , qui s’intercale entre le bois et l’écorce dans toute la longueur de la tige et de la racine. Le cambium se dédouble en deux couches, l’une, de tissu ligneux , qui s'applique sur le bois et augmente son épaisseur; l’autre ; de tissu cortical, appliquée à l’intérieur de l'écorce, et qui rejette à l’extérieur les parties précédemment formées.

La tige s’accroit donc d’une couche de fibres, qui se dépose sur le tissu ligneux comme une couche de peinture sur une baguette. L’épaisseur de cette couche dépend de la vigueur de la végétation, et varie suivant les essences et la température. L’écorce , au contraire, s’accroit en dedans, comme un tube qu’on enduirait à l’intérieur d’une couche de vernis.

À la fin de l’été, la feuille qui a accompli sa fonction perd sa couleur et jaunit, son pétiole se dessèche, elle tombe en laissant: voir à son point d’attache un petit amas de tissu cellulaire, qui est le bouton destiné à donner lieu , au printemps suivant, à une nouvelle génération de bourgeons; pendant l'automne, les tissus du bois et de l'écorce, impréonés des substances apportées par la séve descendante’ prennent de la consistance, les racines continuent à croître par leur extrémité, mais ce travail tout intérieur ne se manifeste pas au dehors. Les froids de l’hiver arrêtent complétement la végétation.

Les premières chaleurs du printemps produisent

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sur le jeune plant, dont nous venons de suivre le développement, un effet analogue à celui qu'elles ont produit l’année précédente sur le germe d’où il est sorti. Les boutons, situés à la base des feuilles et au sommet de la tige, s’accroissent comme s'était accru le germe; mais au lieu de tirer, comme ce dernier, leur nourriture des cotylédons, qui ont disparu ; 1ls la'trouvent dans les provisions déposées par la séve descendante dans les tissus de la tige.

L’eau que les racines tirent du sol monte dans la tige en se chargeant, pendant son trajet, de fécule et de sucre; elle arrive aux boutons, qui grossissent, s’allongent en bourgeons et donnent naissance à une nouvelle production de feuilles. |

Les phénomènes que nous avons déjà décrits se reproduisant tous les ans, dans le même ordre, il en résulte : une nouvelle couche de tissu ligneux appliquée sur celles qui existaient déjà, une nouvelle couche de fibres corticales s'appliquant à l’intérieur de l’écorce, un bourgeon terminal, qui prolonge la tige principale, et des bourgeons latéraux qui forment les branches. La longueur de la tige s’accroit ainsi chaque année de la longueur du bourgeon terminal, pendant que la grosseur s’augmente de l’épaisseur d’une couche ligneuse et d’une couche corticale. Ces différentes couches ligneuses sont assez faciles à distinguer; dans le chêne, elles sont très-netiement

dessinées par des lignes de points placés sur le bord interne de chacune d’elles. Ces points sont les ouvertures des vaisseaux qui n'existent pas sur le reste de la zone, dont le tissu formé de fibres serrées, est beaucoup plus compacte. Le bois d’orme présente la même structure. On ne voit pas ces,

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