‹ Guide du forestier (volume 2)Chapitre 24 sur 52 · U'SNLNICULTURE · texte numérisé non relu

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exploitations comme un mode de traitement particulier. Nous ne parlerons donc de ces deux dermères méthodes que pour dire en quorï elles consistent. Il suffira d'exposer les règles relatives à la méthode

naturelle et au jardinage pour faire comprendre la pré-

férence qu'on leur accorde généralement aujourd’hui.

Quoique le gemmage ne constitue pas un mode de traitement, mais bien l’utilisation d’un produit industriel fourni par certains arbres résineux, nous avons cru devoir le comprendre dans le chapitre consacré à l'étude des futaies.

Les arbres qu’on livre au gemmage se reproduisant exclusivement par leurs graines, les procédés d’exploitation qui leur sont propres viennent naturellement à la suite des méthodes de culture et d’exploitation dont ils sont un cas particulier.

Méthode naturelle. — La méthode du réensemen- cement naturel est fondée sur l'observation des-conditions nécessaires pour assurer la régénération par la semence et favoriser la végétation des massifs, depuis leur naissance jusqu’à leur exploitation.

La première condition pour obtenir un ensemencement naturel est d’avoir des arbres donnant des graines fertiles ; la seconde , qui n’est pas moins importante, c’est que ces graines trouvent un sol apte à les faire germer et à faire prospérer les jeunes su- Jets qui en proviennent.

asbl: À; me ne

FUTAIES. 135 Le sol des forêts dans lesquelles le massif a été conservé, est naturellement très-favorable à la germination des graines et à la croissance des jeunes plants. Les débris des feuilles et des brindilles accumulés pendant plusieurs révolutions y forment un terreau frais et léger, dans lequel les graines et les plants trouvent lhumidité et la température, au decré le plus favorable à leur développement. Si les arbres ne donnent pas un couvert complet, ce terreau se consomme sous l'influence de la lumière, le sol se couvre de gazon, de bruyères ou d’autres plantes qui retiennent les graines dans le lacis de leurs touffes compactes, et étouffent à leur naissance les jeunes plants qui ont pu se produire. Si, au contraire, la forêt forme un massif bien complet, si les rayons du soleil ne peuvent arriver jusqu'à la terre, il n’y a ni gazons, ni bruyères, le sol est couvert d'une couche épaisse de feuilles mortes dans laquelle les graines germent et se développent en toute liberté : aussi le maintien du massif est-il une des conditions les plus importantes de la régénération. Nous verrons plus loin que c’est encore une des conditions indispensables à la bonne vé des peuplements.

gétation

Dans leur jeunesse, les plants destinés par la nature à croître sous le couvert des arbres qui leur ont donné naissance redoutent d’être exposés trop

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promptement aux rayons du soleil ,-aux influences du hâle et de la gelée, il faut donc leur ménager un abri; d’autre part, ces jeunes plants exigent, pour se développer, une quantité de lumière, restreinte d’abord , mais qui doit s’accroître successivement; car nous savons que tous les végétaux tirent de l'air la plus grande partie de leur nourriture, et que leur accroissement s'opère seulement sous l'influence de la lumière.

Obtenir d’abord un semis complet, conserver aux Jeunes plants un abri suffisant, puis enfin les dégager peu à peu du couvert qui les gêne, tel est le but indiqué par la nature et que le forestier atteint au moyen des coupes de régénération. :

Dans une première coupe, dite d’ensemencement, on réserve un nombre d'arbres suffisant pour garnir le sol de graines. -

Quand les semences sont lourdes, les réserves devront être rapprochées, la coupe sera sombre ; elle sera claire quand les semences sont légères et se répandent au loin, si d’ailleurs le tempérament du Jeune plant n’exige pas qu’on lui conserve un abri complet.

Les coupes d’ensemencement dans les bois de hêtres, de sapins, se font à l’état de coupes sombres, car les jeunes plants de ces essences sont trèsdélicats. On fera de même les coupes d’ensemence-

FUTAIES. 137 ment dans les forêts de chênes, car le gland est lourd et ne se dissémine pas. Il importe d’ailleurs d'empêcher, au moment du semis, le sol de ces forêts de se gazonner, ce à quoi il'est généralement disposé à raison du. peu de couvert que donnent les chènes. Les coupes d’ensemencement des pins peuvent être claires, car les graines sont nombreuses, légères, et la reproduction facile.

En général, on conserve dans les coupes d’ensemencement un couvert d'autant plus épais que les” semences sont plus lourdes, les jeunes plants plus délicats et le climat local plus rude et plus exposé à de brusqués variations.

Lorsque le sol est suffisamment garni de jeunes plants, il devient nécessaire de les faire participer, suivant lès besoins spéciaux de chaque essence, aux influences de la lumière et de l'atmosphère. C’est au moyen des coupes secondaires qu’on atteint ce but.

Dans ces coupes, on enlève tous les arbres qui dominent des brins bien venants, assez robustes pour se passer d’abri; on éclaircit le massif de manière à laisser, suivant le climat et les essences, pénétrer plus ou moins le soleil; on conserve au contraire les arbres qui surmontent les semis encore trop jeunes, les parties mal repeuplées. Lorsque les plants sont très-sensibles aux influences atmosphériques (hêtres, sapins), la coupe secondaire

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se fait avec ménagement, et seulement lorsqu'ils ont acquis une certaine vigueur; on peut même l’effectuer en deux fois. Quand, au contraire, les jeunes plants craignent le couvert (chênes, pins), la coupe secondaire s'opère aussitôt que l’ensemencement est terminé.

Quand enfin le ; jeune peuplement est devenu assez complet et assez vigoureux pour être débarrassé sans inconvénient du couvert qui l’a abrité et dont le maintien nuirait à son développement ultérieur, on le dégage, au moyen d’une coupe définitive, de tous les arbres qui le dominent. — On avance ou on retarde cette coupe suivant que le repeuplement a été plus prompt, que les jeunes sujets sont plus robustes. 3

La coupe définitive termine la série des coupes de régénération. Le jeune forêt qui résulte de cette succession d'exploitations doit, si elles ont été bien dirigées, présenter un massif bien compacte de brins serrés -les uns contre les autres et à peu près d’égale hauteur; c’est là ce qu’on nomme un fourré.

A mesure qu'i's prennent du développement en grosseur et en hauteur, fous ces brins tendent à occuper plus d’espace; le sol sur lequel ils sont fixés ne suffit plus à les contenir tous. Le besoin de lumière lés pousse à croître en hauteur; les plus vigoureux surmontent les plus faibles, a

FUTAIES. 139 s’'éiolent et périssent. Leurs débris, réunis aux feuilles décomposées, forment un terreau qui conserve la fraicheur du sol et augmente sa fertilité. Le fourré passe à l’état de gaulis. Pendant cette phase de la végétation, les bois blancs, qui croissent plus rapidement que les bonnes essences et qui se reproduisent avec une grande facilité, arriveraient à dominer le jeune peuplement si l’on n’avait le soin d’arrêter leur envahissement; plus tard, on ne pourrait le faire sans interrompre le massif. Les brins dominés peuvent donner déjà des produits

utiles; il convient d’en profiter en régularisant les

éclaircies naturelles auxquelles les peuplements sont soumis pour passer de l’état de gaulis à celui de perchis , et enfin de haute-futaie.

Conserver le massif en favorisant le développement des bonnes essences et en tirant profit des brins surabondants ou inutiles , tel est le but auquel le forestier parvient au moyen des coupes d'amélioration.

Dans ces coupes, on enlèvera successivement les brins dominé , les bois blancs inutiles au maintien du massif, les morts-bois. Les premières, qui s’effectuent lorsque le besoin s’en fait sentir et généralement entre 10 et 20 ans, prennent le nom de nettoiements ; celles qui viennent ensuite prennent le nom d’éclaircies ; elles se succèdent à des intervalles réguliers de 10 à 20 ans, jusqu’à ce qu’on soit

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arrivé à l’époque où, les arbres ayant atteint leur exploitabilité, il convient de procéder à une nouvelle régénération. |

” Dans les nettoiements, on n’enlève que les brins dépérissants, les morts-bois et ceux des bois blancs qui ne sont pas indispensables au maintien du massif. Un nettoiement trop clair présente de grands dangers pour le peuplement. Les Jeunes brins qui le composent, étant en général grêles et élancés, n’ont pas assez de force pour se soutenir s’ils ne s'appuient pas les uns sur les autres; il faudra donc avoir grand soin de ne pas dégarnir le massif. Les éclaircies qui succèdent au nettoiement s’effectueront d’après des règles analogues, modifiées toutefois par la consistance plus robuste du peuplement.

Ce n’est pas tant l’espacement des tiges qui doit guider dans le choix des arbres à extraire que le développement de leur tête; c’est en regardant en l'air et non devant soi qu’on reconnait ce qu'il faut extraire ou réserver. Quand ie couvert est complet, les cimes bien développées et se soutenant mutuellement sans s’entraver, on n’enlèvera rien. On réservera les arbres même mal venants et les bois blancs dans les parties un peu claires où le sol se couvre d'herbes; car c’est une marque que le massif est interrompu, et 1l faut y remédier. On extraira au contraire les brins étiolés et vicieux, et même

des brins bien venants lorsque le massif sera trop serré. |

Des éclaircies bien dirigées conduisent un peuplement jusqu’à l’exploitabilité en favorisant l’accroissement et en améliorant la qualité des bois; elles laissent un sol bien meuble , amendé par les détritus des feuilles, dégarni de gazon, et le plus propre enfin à*une nouvelle régénération.

Tel est le résumé succinct des opérations culturales auxquelles est soumise, pendant tout le cours d’une révolution, une forêt traitée par la méthode . naturelle.

Il nous reste , pour compléter cette étude, à faire connaître les considérations sur.lesquelles l’on s’appuie pour fixer la durée dé la révolution de manière à obtenir dans un temps donné la plus granae quantité des produits les plus utiles, c’est-à-dire pour déterminer l’exploitabilité, et à indiquer les moyens employés pour obtenir des produits réguliers et constants, c’est-à-dire pour régler la possibilité.

Pour qu’une forêt se reproduise par les semis naturels, 1l faut que les arbres qui la composent soient en âge de produire une suffisante quantité de graines fertiles.

De cette première condition résulte l'obligation de ne pas exploiter les parties à régénérer avant âge où les arbres commencent à donner de bonnes

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graines. Comme d'autre part on cherche à produire des bois sains et de bonne qualité, il faut qu’on abatte les arbres avant l’époque où ils dépérissent.

C'est entre ces deux limites que doit être nécessairement fixée la durée de la révolution, c'est-àdire de l'intervalle qui s'écoule entre la naissance des jeunes peuplements L LÉXRIGRAUeR des bois les plus âgés.

Il ne suifit pas de savoir qu'il ne faut couper les arbres n1 quand ils sont trop jeunes ni lorsqu'ils sont trop vieux; 1l faut arriver à déterminer l’âge exact auquel il convient de les exploiter pour en tirer le meilleur parti. |

Pour cela, il faut avoir égard au sol, au climat, à la longévité des essences , et au prix des bois suivant leurs dimensions et leurs qualités.

Dans les bons terrains les arbres prospèrent Jusqu'à un âge avancé; dans les sols médiocres leur croissance s'arrête promptement. |

Aux expositions chaudes et dans les climats doux, les arbres donnent des semences plus tôt que dans les climats froids. Leur fertilité s’affaiblit dès qu'ils ont dépassé un certain âge.

Les chênes s’exploitent depuis 100 jusqu’à 180 ans; les sapins, épicéas, mélèzes purs ou mélangés, de 90 à 150 ans, suivant qu’ils sont dans un sol plus ou moins favorable. |

Les pins n’atteignent pas souvent l’âge de cent ans sans dépérir, aussi les exploite-t-on généralement entre 60 et 80'ans , à moins qu'ils ne soient destinés à faire des arbres de mâture, Les .parüculiers trouveront souvent avantage à exploiter, avant qu’elles aient atteint un âge aussi avancé, certaines futaies fournissant des menues charpentes, des bois de mines, des poteaux télégraphiques etc.

Des circonstances locales, souvent passagères, déterminent alors la durée des révolutions.

Régler la possibilité d’une forêt, c’est fixer à Pavance la quantité de bois qu'on y exploitera afin de n’enlever exactement chaque année que le volume dont la forêt s’accroit pendant cette année. Dans les taillis, on fait cette détermination très. simplemert, en partageant la forêt en autant de coupes qu'il y a d'années dans la révolution et en exploitant chaque année une de ces coupes; pour les futaies on ne peut agir ainsi. Les coupes de régénération ne se suivent pas avec la régularité des coupes de taillis, car il est souvent nécessaire de retarder les coupes secondaires ou définitives pour maintenir un abri aux jeunes plants; d’autres fois, au contraire, on est obligé de hâter l’abatage des vieux bois pour laisser croître des fourrés que le couvert fait languir. La possibilité ne peut donc pas

être basée sur la contenance ; mais si l’on calcule le

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volume de bois que la forêt produit chaque année, et si l’exploitations dirigée suivant les besoins de la reproduction, ne porte en définitive que sur le volume connu de l’accroissement annuel, on arrivera à n’extraire chaque année que ce que la végétation produit, et la forêt pourra indéfiniment donner les mêmes revenus. Calculer le volume de bois dont s’accroit une forêt chaque année, régler les exploitations de manière à profiter de cette quantité de produits tout en préparant la régénération, tel est le double problème à résoud’e.

Pour calculer l'accroissement annuel d’une forêt, ce qui n’est autre chose que sa possibilité, .on partage d’abord la forêt en divisions d’après l’âge et l’état des peuplements, puis, lorsqu'on a bien établi ces divisions, on détermine l’ordre dans lequel il conviendra de les régénérer, en commençant naturellement par les plus âgées. Pour faciliter le travail, on partage la révolution en un certain nombre de périodes de 10 ou 20 ans. L’on affecte à chacune de ces périodes les divisions qui, d’après leur âge, doivent être exploitées pendant sa durée, en ayant soin de rendre à peu près égale la contenance des divisions afférentes à chaque période, afin que la production soit sensiblement la même pour toutes les périodes. Quand ce travail est fait, il ne reste qu'à calculer la possibilité po la première période com-

prenant les bois les plus âgés, ce qu'on fait aisément en calculant le volume de tous les arbres de l’affectation, en y ajoutant le volume de l’accroissement probable, et en divisant par le nombre d’années de la période. |

Pour faire comprendre par un exémple la manière d'opérer, supposons qu’on veuille déterminer la possibilité d’une futaie régulièrement aménagée à 100 ans et présentant par conséquent la série complète des âges de 4 à 400 ans. Il est assez difficile, on le concoit aisément, de savoir aujourd'hui ce que deviendront dans quatre-vingt-dix-neuf ans des semis d'un an, dans quatre-vingt-dix-huit, ceux qui ont deux äns etc. Mais si l’on admet, ce qui est plausible, que ces semis venant dans des conditions semblables à celles sous l’influence desquelles ont crû les arbres âgés de 100 ans aujourd’hui, donneront une production sensiblement égale à la leur, il suffira de connaître la quantité de bois produite par ces arbres de 100 ans. Ce serait facile si le bois avait été exploité par coupes successives comme un taillis, et repeuplé artificiellement l’année qui suit l’exploita- ‘tion ; mais nous avons vu que la régénération naturelle ne s'opère pas aussi régulièrement. On ne sait pas au juste dans quelle année on abattra tel ou tel arbre, parce qu’on ne sait pas quand l’ensemence-

ment sera produit et quand les jeunes plants pourront : 10

se passer d’abri. Il faut done employer un autre moyen que celui en usage pour déterminer la possibilité des taillis ou des futaies par coupes à blanceétoc. Voici comment on procède.

On admet que dans une période de 20 ans, par exemple, le réensemencement de tous les cantons qui ont aujourd’hui de 81 à 100 ans sera terminé, et que dans cette période on aura pu abattre tous les arbres compris entre ces deux âges. On cube donc tous ces arbres, on ajoute au volume obtenu l’accroissement probable, et l’on divise le tout par vingt. Le résultat de la division donne le volume annuel que produiront les arbres de 81 à 100 ans pendant les 20 premières années de la révolution. Comme les ” bois qui ont aujourd’hui 61 à 80 ans auront à l’expiration de cette première période 81 à 100 ans et qu’on les suppose dans les mêmes conditions, on admet qu’ils fourniront un volume’égal à celui déterminé pour la première affeciation. Au reste, pour éviter des différences trop grandes, on recommence à calculer la possibilité pour chaque affectation. -

Les opérations que nécessite la détermination de la possibilité servent en même temps à régler la marche des exploitations. On voit en effet que si pendant la première période supposée de 20 ans on enlève chaque année, dans les divisions formant la première affectation, le vingtième du volume des

arbres qui s’y trouvent, à la fin de cette période il ne restera plus de vieux bois, et le sol devra être garni de jeunes plants. On passera alors aux divisions affectées à la deuxième période et on les exploitera de même, de telle sorte qu'après l’expiration de cette nouvelle période tous les vieux bois de l'affectation correspondante seront remplacés par des jeunes. Si l’on continue ainsi à abattre successivement les vieux bois de chacune des affectations, il arrivera un moment où tous les arbres qui se trouvaient dans la forêt, lorsqu'on a attaqué la première affectation , auront été exploités et seront remplacés par une nouvelle génération. Ce moment coïncide avec la fin de la révolution.

La méthode du réensemencement naturel repose sur l’hypothèse que chaque affectation sera entièrement repeuplée pendant la durée de la période des coupes de régénération. Cette hypothèse ne se réalise pas toujours. On peut même dire qu’il est rare que le repeuplement naturel soit assez complet pour suffire à constituer un massif régulier. Il faut alors suppléer par des repeuplements artificiels à ce que lensemencement naturel n’a pu faire. On ne doit pas attendre, pour commencer ces repeuplements artificiels, que toute l'affectation dans laquelle ils doivent être entrepris ait été exploitée ; car il arrive souvent qu'à ce moment la régénération n'est pas

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complète. On est alors forcé de suspendre les coupes de cette affectation et d'entamer la suivante pour ne pas interrompre les exploitations. Lorsqu'on

s'aperçoit que l’ensemencement naturel ne se produit pas, 1l faut se mettre en mesure de garnir la coupe soit au moyen de semis, soit par des plantations. RÉ

Les plantations, quoique plus coûteuses en apparence que les semis, reviennent souvent moins cher, parce qu’elles ont moins de chances d’insuccès. Pourvu qu’on puisse se procurer de bons plants, on est à peu près sûr de réussir, et l’on peut mélanger les essences dans les proportions les plus convenables. Ce mélange d'arbres aptes à vivre ensemble est un des moyens les plus certains d'assurer la bonne venue des futaies.

Ainsi, en plaine, dans les terrains légers, le chène associé au pin sylvestre croit mieux qu’à l’état pur. Dans les sols plus compactes, le chêne s’associe au charme, à l’orme, aux érables. En montagne, les massifs mélangés de hêtres et de sapins ont une plus belle venue que ceux où ces arbres croissent sans mélange. Les repeuplements artificiels permettent d'introduire dans les forêts les essences qu'il est utile d’y propager; 1ls servent à empêcher la formation de clairières et complètent ainsi l’œuvre de la nature, dont l’action n’a pas toujours

FUTAIES. 149 la régularité que comporte un aménagement bien SUIVI.

En même temps que la première affectation se repeuple soit naturellement, soit artificiellement, les affectations suivantes sont parcourues par des coupes d'amélioration, éclaircies et nettoiements. Ces coupes régularisent les peuplements, préparent la régénération et permettent de tirer parti de tous les bois surabondants. Comme elles peuvent se suivre dans un ordre bien déterminé, on les as= seoit par contenances égales sans se préoccuper des différences des produits. Il nous resterait maintenant à tracer la marche des coupes tant de régénération que d'amélioration; mais nous ne pourrions, sans dépasser les limites de ce travail, entrer dans l'examen de ces questions.qui sont du ressort de la science de l’aménagement plutôt que de la sylviculture proprement dite.

— L’abatage, dans les futaies, doit s’effectuer après la chute des feuilles et avant l’époque où la séve se met en mouvement. — On croit en général que les bois exploités en temps de séve, ainsi que ceux qui sont coupés hors des époques de la pleine lune , ne se conservent pas. Aucune expérience concluante ne légitime cette croyance vulgaire. Si l’on prescrit de faire les exploitations en automne et en hiver, c’est principalement pour atténuer les dé-

oâts causés aux jeunes peuplements par des abatages faits au printemps et en été, époque où les pousses sont tendres et cassantes. La chute des arbres et leur transport à travers les recrus occasionnent alors bien plus de dommage que däns l’arrière-saison.

Dans toutes les coupes de régénération , on ébranchera les arbres à abattre et l’on dirigera leur chute: de manière à éviter d’endommager le sous-bois.

Dans les coupes de cette nature on n’a pas à ménager les souches comme dans les taillis. On peut donc permettre l’usage de la scie, pour l'abattage des gros bois. La scie qui est la plus commode pour ce travail, est celle dite tyrolienne. C’est un passepartout dont les dents sont découpées sur une lame convexe. Quand on veut profiter de toute la longueur de certaines pièces de prix, on procède à l’arrachage en creusant autour du pied un fossé circulaire. On tranche les grosses racines à mesure qu’on les découvre, et quand l'arbre est à peu près détaché, on le met à bas au moyen de cordes. Cette opération doit toujours être précédée d’un ébranchement complet.

On façonnera les branchages le plus tôt possible et on transportera les bois sur les laies, chemins et places de dépôt. On protitera des fortes gelées ou des sécheresses pour faire ces transports, beaucoup plus faciles alors que le sol est solide. On s’abstiendra de faire pénétrer les voitures dans les

coupes après les grandes pluies et les dégels. — Il ne faut pas trop s’effrayer des dégâts apparents occasionnés par les exploitations ; les Jeunes peuplements de bois feuillus qui paraissent dévastés après la coupe se complètent assez promptement, si on a soin de receper les brins endommagés. Les résimeux demandent à être mieux ménagés ; cependant il n’y aura pas de danger sérieux pour leur avenir si l’on a la précaution de ne pas faire de grandes clairières dans les jeunes fourrés. | L'établissement de bonnes voies par lesquelles les produits de toutes les coupes deviennent aisément transportables est sans contredit l'amélioration la plus profitable aux forêts; malheureusement ces travaux exigent des avances devant lesquelles beaucoup de propriétaires reculent. S'ils comparaient la surface occupée par les chemins de desserte successivement ouverts, puis abandonnés, à celle qu’occuperait un bon réseau de chemins, s'ils tenaient compte de la diminution des frais de transport et par suite de augmentation de valeur des bois, ils reconnaiiraient presque toujours que les frais de premier établissement seront couvefts en peu d’années par la plus-value des coupes.

Les produits des coupes situées en pays accidentés, où les voituresne peuventarriver, sonttransportés soit au moyen de glissoirs, soit sur des chemins deschlitte.

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