CHAPITRE IX
REPEUPLEMENTS.
MoDEs DE REPEUPLEMENT. — Semis, plantations, boutures et marcottes. — Comparaison des divers modes. — SEmis. — Choix des graines. — Récolte et conservation.
— Préparation du sol. — $Semis en plein, par bandes et par potets. — Semis sur la neige. — Binages. — PLAN- TATIONS. — Saison favorable. — Extraction des plants. — Précautions contre le soleil et le froid. — Mise en jauge. — Pose du plant. — kRecepage. — PéPiniÈRes. — Choix de l'emplacement. — Première préparation. — Clôture. — Division en plates-bandes et rigoles. — Abris. — Entretien. — Pépinières volantes. — Bou- TURES. — ÆEssences propres au bouturage. — Modes d'exécution, — Marcottage.
Modes de repeuplement. — On repeuple les terrains dégarnis de bois au moyen de semis, de plantations, de boutures et de marcottes.
La nature du sol, l’espèce d’arbres qu’on veut y introduire déterminent le choix à faire entre ces divers modes de repeuplement. |
On emploie les semis lorsqu'il s’agit de reboiser des terrains pierreux où les plantations sont d’une exécution difficile, les terres légères garnies de bruyères courtes et peu serrées. Les essences dont
46: SYLVIGULTURE. | la graine est à bas prix, comme le pin maritime, se sèment plutôt qu’elles ne se plantent. À
La plantation est préférable aux semis dans les terrains compactes, couverts d'herbes et exposés au soleil; elle est seule praticable pour le repeuplement des vides de peu d’étendue. En général, une plantation bien faite offre plus de chances de réussite qu’un semis, et ne coûte, en fin de compte, pas plus cher. Il est certaines essences qu'il vaut mieux semer que planter; ce sont celles dont les plants sont fortement enracinés, comme le chêne, le châtaionier. Les difficultés qu’on éprouve à extraire les plants de ces essences et à les mettre en terre avec leurs longues racines, rendent les plantations si coûteuses que le semis, malgré ses mconvénients, doit être préféré lorsqu'il s’agit de travaux de quelque importance.
Les repeuplements par boutures sont limités au très- petit nombre d’essences qui se reproduisent aisément par ce procédé. Le marcottage peut s’appliquer à un plus grand nombre d’espèces d'arbres, mais il exige de tels soins qu’il est difficile de l’emplover pour des reboisements importants. Ce mode, très-utile pour propager des arbres précieux, est du domaine de l’horticulteur plutôt que du forestier.
Semis. — Les semis se font au printemps ou en automne ; leur succès dépend : du mode de prépara-
REPEUPLEMENTS. 161 tion du sol, du choix des graines, de leur mise en terre, des soins apportés à la conservation des jeunes plants, et enfin des circonstances climatériques, qui ne peuvent être toujours combattues, mais contre lesquelles on peut cependant prendre quelques précautions.
Les graines doivent être saines, fraîches et de bonne qualité. On s’assure de leur qualité en les ouvrant à l’aide de l’ongle ou du couteau; elles doivent être pleines à l’intérieur et présenter les caractères d’une graine récemment cueillie. Ces caractères varient suivant les essences ; nous les ferons connaître spécialement pour les semences qui sont d’un emploi sénéral, en indiquant les soins à donner à leur récolte et à leur conservation.
Le gland doit être plein , lourd, frais à l’intérieur et muni de son germe; les glands piqués, moisis, ceux qui sont déjà germés, doivent être rejetés. La récolte se fait en automne, par un temps sec s’il est possible; on évite de choisir les glands qui proviennent d'arbres dominés ou trop âgés, ou ceux qui sont tombés les premiers. Aussitôt après la cueillette, on les laisse se ressuyer dans un lieu sec et bien aéré. |
Quand on sème les glands en automne, il n'y a d'autre soin à prendre que de les étendre et de les
remuer à la pelle, pour qu'ils ne fermentent pas; si 4!
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l’on veut les conserver jusqu’au printemps, il faut les mélanger avec du sable bien lavé et sec, les mettre en tas sur une aire bien battue et les recouvrir d’une couche épaisse de paille ou de feuilles sèches ; 1} est préférable de les garder en silos ou dans l’eau. On construit les silos en ouvrant, dans un sol bien à l’abri des eaux, une fosse assez profonde dont on sarnit le fond d’un lit de paille de 30 centimètres d'épaisseur ; les parois sont revêtues de pieux entrelacés de tresses de la même matière. Les glands sont étendus dans les silos par couches que séparent des lits de paille ou de feuilles sèches, et l’on recouvre le tout de planches ou de branchages sur lesquels on rejette la terre.
On peut aussi conserver les glands en les mettant dans des tonneaux qu’on remplit d’eau. Dans certains pays, les gardes emploient ce procédé pour obtenir à peu de frais une boisson rafraîchissante et assez tonique; la légère fermentation qui s'établit ne détruit pas la faculté germinative du gland ; quelques poignées de houblon jetées dans le tonneau donnent au liquide, qu'on retire au printemps, un goût d’amertume qui n’est pas désagréable. |
La faîne, qui est le fruit du hêtre, doit être pleine, fraiche et d’une saveur franche. L'on en tire une huile de très-bon goût, On récolte la faîne en automne ; 1l faut attendre qu’elle tombe naturellement,
RÉPEUPLEMENTS. 163 et se garder de hâter sa chute‘en gaulant les arbres, car on détruit amsi les bourgeons qui frucüfieront année suivante. Après avoir laissé ressuyer les oranes recueillies , il suffit de les entasser dans une chambre aérée et bien sèche, et de les recouvrir d’une couche de paille.
Les graines des épicéas et des pins'sylvestres se récoltent en automne. et en hiver; celles du sapin en septembre. On cueille les cônes à la maim, on les entasse dans un grenier aéré et on les remue de temps en temps. Les graines du sapin tombent avec les écailles; on les sépare par un criblage. Les écailles des cônes des épicéas et des pins sylvestres ne s'ouvrent que sous l'influence de la chaleur. L’extraction en grand s'opère artificiellement dans des appareils spéciaux. Pour les quantités peu considérables, il suffira d'exposer les cônes au soleil et de les remuer; après quelques heures, E graine s'échappe avec facilité.
Les semences ainsi recueillies sont garnies d’une membrane légère qui en facilite la dispersion; il est utile de les en débarrasser, afin qu’elles soient d’un moindre volume et que le vent ne les enlève pas aussi aisément. On exécute cette opération en les battant au fléau après les avoir renfermées dans un sac, où même en les agitant fortement dans un barillet où l’on place quelques cailloux.
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Les bonnes graines sont fermes, bien remplies; leur saveur est franche et résineuse. La graine de l’épicéa est un peu plus grosse et plus allongée que celle du pin sylvestre, elle est d’une couleur moins foncée. Comme elle est beaucoup moins chère, les marchands la mélangent souvent avec cette dernière, après l’avoir colorée en brun foncé. Pour reconnaître cette fraude, il suffira de prendre quelques graines et de les semer dans un vase rempli d’un terreau léger qu’on arrosera souvent avec de l’eau tiédie. La germination s’opérera promptement et permettra de distinguer les pins sylvestres, qui naissent avec 9 ou 6 feuilles, des épicéas qui ont presque toujours 9 feuilles séminales.
Les cônes du mélèze sont mûrs à la fin de l’automne , mais la dissémination ne se fait qu’au printemps suivant. Beaucoup de ces graines sont stériles. On récolte les cônes pendant l'hiver.
La graine d’orme est mûre au commencement de juin; elle se dissémine aussitôt. Cette graine est très-abondante, même chez les jeunes sujets; mais elle est très-souvent vaine. |
On récolte après la chute des feuilles les graines du charme, des érables et les chatons d’aune.
La graine de bouleau est mûre en août et septembre. Comme elle est très-petite et pourvue d’ailes, sa dissémination est rapide. Les semences de
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bouleau sont très-souvent vaines . aussi est-il fort rare de voir réussir les semis artificiels de cette essence; mais comme elle se propage très-bien naturellement et que les jeunes plants ne sont pas très-fortement enracinés, on peut aisément trouver dans les bois des sujets propres à la plantation.
On prépare les terrains suivant que le semis doit être fait en plein, par bandes ou par potets. Dans le premier cas, le sol est entièrement cultivé à la charrue ou à la houe. On emploie la charrue dans les terrains en pente douce ou en plaine, lorsque le sol n’est pas embarrassé de roches ou de racines; on cultive à la houe les terrains accidentés et ceux en général dans lesquels on ne peut se servir de la charrue. Il est parfois avantageux, pour débarrasser complétement des mauvaises herbes le terrain à reboiser, de faire, avant le semis des essences forestières, une récolte ou deux de céréales qu'on fait suivre d’une récolte de plantes sarclées, telles que pommes de terre, navets etc. : on sème ensuite les graines forestières après avoir donné une légère façon à la terre. Mais ce sont des moyens qui ne peuvent être employés que dans les sols de bonne qualité et dans les pays où la popula- tion agricole est nombreuse, conditions qui se présentent rarement dans les régions boisées. Le semis en plein est une opération coûteuse, surtout lors-
166 SYLVICULTURE, qu'il s’agit de défricher des terrains argileux fortement gazonnés. Dans de pareils cas, 1l est plus économique de semer par bandes ou par potets. Mais
Es on peut, sans dépense exagérée, DIE PAR semer en plein sur un terrain lécer, couvert de feuilles mortes, de bruvyères courtes et clair-semées ou précédemment cultivé, parce qu'alors on se borne à donner une légère facon au moyen d’un trident en fer qui écorche le sol et en ameublit la surface.
Le rateau ordinaire à dents de fer n’est pas assez solide pour cet usage. Ses dents trop courtes égratignent à peine le sol ; elles s’ébranlent d’ailleurs au bout de quelques instants et finissent par n'avoir plus d'action. Le trident recourbé (fig. 44), bien plus maniable et plus solide que le rateau , attaque assez énergique- | ment les terrains les plus durs, et les sillons qu'il trace sont assez profonds pour loger les graines et les abriter.
On prépare le terrain pour les semis par bandes alternes, en ouvrant, soit à la charrue, soit à la
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houe, des lignes parallèles espacées de 60 centimètres à 1 mètre, et d’une largeur de 30 à 50 centimètres. Les gazons qu’on extrait des parties ainsi cultivées sont rejetés sur le bord de la partie restée inculte, de manière à former un bourrelet qui garantit les jeunes plants de l’ardeur du soleil et conserve la fraicheur à leurs racines. Dans les pentes, ce bourrelet doit être établi sur le bord inférieur de la bande cultivée, et celle-ci doit être parallèle à horizon. Ro
La préparation pour les semis par potets se fait à
Ja houe; on enlève les gazons de place en place sur
une surface de 50 à 60 centimètres de côté, on les
rejette sur le bord du potet, et l’on donne une bonne
facon au terrain ainsi dénudé. Ces potets doivent être établis aussi régulièrement que le permettra la nature du terrain. On les espace suivant qu’on veut boiser serré ou clair. Que le semis doive être fait en graines lourdes ou légères, en essences traçantes ou pivotantes, la meilleure manière d’assurer le succès de l’opération est d’ameublir profondément la terre du potet. Les jeunes plants sont beaucoup mieux garantis contre la sécheresse lorsque leurs racines s’enfoncent dans une terre meuble que lorsqu'elles trouvent une terre tassée, que la chaleur pénètre bien plus aisément. Les grands travaux de reboisement faits depuis dix ans dans les terrains
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les plus variés ont prouvé que l’ameublissement du sol est, pour la plupart des semis , une condition nécessaire de réussite. NES
On sème les graines lourdes, telles que glands, châtaignes etc., dans des trous qu’on ouvre à la houe ou au plantoir. Ces semences doivent être à peine recouvertes dans les terrains forts, un peu davantage dans les terres légères ; on place deux oraines au moins dans le même trou.
Les graines résineuses veulent être semées presque à fleur de terre; il suffit qu'elles soient à l’abri du soleil et du vent. On obtient ce résultat en les recouvrant, à l’aide d’un rateau, d’une couche trèslégère de terre végétale. Les semis artificiels de sapin et d’épicéa réussissent rarement sur des sols découverts; on doit de préférence employer le procédé des bandes alternes ou des potets. Si le sol est complétement découvert, il faudra abriter le semis avec des branchages, qu’on enlèvera après que les jeunes plants auront bien pris. |
On a reboisé en pin sylvestre des terrains garnis de bruyères en répandant la graine à la volée lorsque la terre est recouverte des dernières neiges du printemps. La fonte de la neige entraine la semence vers le sol, l’y fixe, et le jeune plant trouve à l’abri des bruyères les conditions nécessaires à sa végétation. Ce procédé économique ne peut être em-
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ployé que dans des terrains assez profonds et garnis de bruvyères courtes. Si les bruyères sont hautes et épaisses, il faudra les brûler et semer deux ou trois ans après l’écobuage.
Les jeunes plants, surtout ceux de chêne et de châtaignier, demandent à être débarrassés des herbes qui entravent leur croissance; ceux de hêtre et de sapin croissent mieux sous l’abri des plantes parasites, pourvu qu'ils ne soient pas étouffés. Il faudra donc parcourir les semis en les nettoyant des mauvaises herbes, repiquer dans les places vides les plants trop nombreux ailleurs, et surtout les garantir avec soin des atteintes du bétail.
On a préservé des semis considérables en faisant répandre par les gardes quelques poignées de plâtre qu'ils faisaient passer pour de larsenic. La crainte de voir les bestiaux empoisonnés donnait aux bergers une vigilance qu’on ne pouvait obtenir autrement.
Plantations. — Les plantations se font en automne ou au printemps. Les bois feuillus peuvent être indifféremment plantés dans les deux saisons ; en pays de plaine, 1l est préférable de planter les résineux en automne ; en montagne, on°les plantera au printemps.
Le succès d’une plantation dépend beaucoup du choix des plants et des soins qu’on apporte à les extraire et à les mettre en terre.
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L’extraction sera faite de manière à ne pas endommager les racines, qui doivent rester fraiches et garnies de chevelu; il ne faut pas employer des plants qui ont crû sous un couvert épais: ils sont rabougris et languissants.
Quand on ne peut se procurer des plants de pépinière, il faut choisir, dans les coupes d’ensemencement et sous les arbres réservés dans les taillis, les brins de semence les mieux venants ; l’extraction de ces plants doit se faire par un temps pluvieux ; si le sol était desséché, on briserait toutes les racines. Les jeunes plants de chêne doivent être arrachés à la bêche.
L’extraction des plants d’essences résineuses demande plus de soin encore que celle des feuillus : leur reprise est plus difficile. Pour avoir un succès assuré il convient de les planter en mottes ou par touffes ; c’est alors dans les pépinières qu'il faut se procurer les jeunes sujets. Nous indiquerons plus loim la manière d'exécuter les plantations de cette nature. | |
Les plants doivent être garantis du froid et du soleil, etne peuvent être" longtemps conservés hors de terre. Les radicelles sont formées de tissus jeunes et tendres, qui se dessèchent avec une grande facilité : quelques instants d'exposition au soleil suffisent pour les rendre impropres à remplir leurs fonctions d’ab-
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sorption. Quand on transporte des plants , il faut donc avoir grand soin de les tenir à l’abri en recouvrant les paniers de mousse fraîche ou d’une toile mouillée,
On ne se rend pas assez compte, en général, des précautions qu’il faut prendre pour assurer la reprise d’un petit arbre, aussi les insuccès en matière de reboisement sont-ils très-fréquents. On pourrait en éviter beaucoup avec quelques soins faciles et peu coûteux. |
Si, pour une raison ou l’autre, on est obligé de suspendre une plantation dont les sujets sont arrachés , il faut les mettre en jauge, c’est-à-dire les placer provisoirement dans des rigoles à l’ombre, en recouvrant les racines d’une épaisse couche de bonne terre.
Les trous ou potets destinés à la plantation doivent être assez larges et profonds pour que les racines du plant s’y étalent complétement; si elles sont trop longues ou de forme irrégulière, on peut les raccourelr avec une serpe bien tranchante, en ayant soin d'y laisser assez de chevelu pour assurer la reprise. Avant de placer le sujet, on rejette au fond du potet la terre végétale qu’on a extraite, on entoure les racines avec la main, et l’on tasse légèrement de manière que la tige se tienne bien droite; on achève de remplir le trou, et l’on raffermit la terre en pressant avec le pied,
On a fait beaucoup de plantations en glissant simplement de jeunes plants dans l'ouverture pratiquée à la bèche dans des gazons compactes. Il estinutile de dire que la plupart de ces repeuplements ont manqué ; 1l faut, pour que le jeune plant reprenne, qu'il trouve une terre meuble et que les herbes ne œènent pas sa croissance.
La mise en terre doit être faite soigneusement: les jeunes brins ne reprennent qu’autant que les racimes sont complétement entourées de terre ameublie, la motte de gazon qui recouvrait le potet doit ètre rejetée sur son bord méridional pour préserver le plant de ia forte chaleur. ù
Plus les sujets sont âgés, plus il faut mettre de soin à les planter. On ne réussit à faire reprendre les résineux qui ont atteint l’âge de 6 à 8 ans qu’en les transplantant avec leur motte.
Pour assurer la réussite des plantations de chêne ou de châtaignier, il n’est pas de meilleur travail ‘ qu’une culture à la houe; on débarrasse ainsi les plants des herbes qui les étouffent, leurs racines trouvant la terre ameublie, sont alors dans les meilleures conditions pour se développer.
Cette façon peut être donnée d’une manière peu dispendieuse quand on fait la plantation sur un sol
préalablement cultivé pour être ensemencé de pommes de terre; les tubercules sont alors placés
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dans l'intervalle des plants, qui profitent des facons qu’on donne au terrain. ,. Ë
L’espacement des plants varie suivant le but qu’on se propose d'attendre; celui qu’on adopte généralement est d’un mètre dans tous les sens, il faut alors 10,000 trous par hectare; il est utile d’aligner régulièrement les plantations, on y pratique plus
facilement les cultures nécessaires et l’on est moins exposé à écraser les jeunes plants.
Lorsqu'on emploie des plants de haute tige, c’està-dire d’un mètre et au-dessus, les trous doivent être larges et profonds ; il est utile de mettre autour des racines la meilleure terre végétale, c’est-à-dire celle qu’on trouve à la surface; en y mélangeant du terreau de feuilles, on assure la reprise. Il convient toujours de battre légèrement la terre autour de la tige. Dans les terrains très-mouilleux, il faut seulement enlever la superficie du sol, lameublir et placer le plant en recouvrant les racines de bonne terre végétale, qu'on butte assez haut.
Les plants de haute tige d’essences feuillues doivent être retaillés proprement. On fait cette opération en coupant à la serpe ou au sécateur les branches principales, de manière à leur laisser seulement quelques boutons.
Les plantations de résineux par touffes s’exécutent
- au moyen de plants extraits des pépinières. On en-
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lève à la bèche les jeunes brins par mottes de la srandeur d’une brique; on transporte ces plaques dans un panier ou une brouette, on les divise à la main de manière à avoir des mottes contenant de trois à six brins, on les place dans les trous préparés à l’avance, on garnit les interstices de terre et l’on arrose, sil est possible.
Le recepage consiste à couper avec une serpe bien tranchante chaque plant à deux ou 3 centimètres audessus du collet de la racine. |
On ne recèpe que les plants de bois feuillus; les essences résineuses ne supportent pas cette opération. C’est après deux années de plantation et lorsque la reprise des brins est bien assurée que le recepage produit les meilleurs résultats.
L'époque la plus favorable pour receper est celle qui précède la mise en mouvement de la séve.
La création d’une pépinière est le plus sûr moyen d'obtenir des plants de bonne qualité, d’une extraction facile et d’une reprise presque assurée. Toute forèt bien soignée doit avoir sa pépinière, dont l’entretien est confié au garde du triage.
Pour établir une pépinière, 1l faut choisir un emplacement abrité, en plaine ou en pente douce; l'exposition du Nord doit être préférée pour les pépinières de résineux; si lon peut disposer de quelque petit cours d’eau pour l’arrosement, ce
- REPEUPLEMENTS. 179 sera un précieux avantage qu'il ne faut pas nécliger.
Le sol doit être défoncé à la bèche ou à la charrue et complétement nettoyé des mauvaises herbes; on peut profiter de cette première culture pour semer des céréales ou des pommes de terre. Gette dernière récolte est préférable, en £e sens qu’elle nécessite plus de facons et que la terre est complétemeñnt ameublie par l’arrachage des tubercules. L’ameublissement qu’on obtient par la culture ne suffit pas pour rendre tous les sols propres à l’établissement d’une pépinière forestière, il faut encore trans- . former le terrain par des composts afin qu’il devienne assez léger et mamiable pour qu'on puisse en exiraire les plants sans aucun effort. Le terrain des plates - bandes d’une pépinière doit être préparé comme celui des couches d’un jardin potager ; seulement, aulieu de fumier, on emploie le terreau des feuilles mortes et le gazon décomposé. — On entoure l'emplacement de la pépinière d’une haie ou d’un fossé, on divise le terrain en plates-bandes par un chemin central auquel viendront aboutir perpendiculairement des sentiers suffisants pour le passage d’un homme; parallèlement aux sentiers on ouvre dans chaque plate-bande des rigoles de 20 à 25 centimètres de largeur et d’une profondeur de 25 à 30, en laissant entre les rigoles un intervalle de 20
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à 90 centimètres, sur lequel on rejette la terre extraite. |
S1 l’on veut employer le système des plantations par touffes, recommandé pour les résineux, les sillons devront être rapprochés et larges seulement de 5 à 6 centimètres; on remplira les sillons ainsi praliqués d’un bon terreau de feuilles mortes et de gazons décomposés qu'on aura dü préparer à l'avance, on tassera légèrement la terre et l’on sèmera en recouvrant très-peu les graines ; le semis doit être trèsépais. On extrait plus tard les plants surabondants et on les repique dans les espaces demeurés vides.
Les pépinières destinées à l'élève des résineux seront autant que possible établies dans la terre de bruyère. Ce terrain léger et facilement pénétrable aux racines très-menues des jeunes plants est le seul qui offre des garanties certames de succès.
S'il n’y a pas de terre de bruyère dans la localité, on la remplacera par un compost de feuilles mortes bien décomposées et de terreau léger.
Quelques soins que l’on mette à bien choisir la semence , à la répandre dans un sol convenablement ameubli, on aura peu de chances de voir réussir le semis, si on ne l’abrite pas contre les vents secs et l'ardeur du soleil. Les abris qu'on emploie varient suivant l’espèce de graines et aussi suivant le degré de développement du semis.
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Pour les essences délicates (sapin, épicéa, mélèze, hêtre), on recouvre les plates-bandes d’un pallis de mousse coupée ou d’herbages qu’on maintient par des branchages.
Plus tard, quand le semis est levé et déjà un peu fort, on le dégage de cette couverture; mais, comme il est encore trop faible pour résister aux coups de soleil, on l’ombrage au moyen de claies légères faites avec des genèêts, des joncs ou des menues branches de sapin. Si le maniement de ces abris paraît trop compliqué, on peut y substituer des branches de genêts qu’on plante en travers des plates-bandes, par lignes espacées d’environ À mètre, de manière à ombrager légèrement tout le terrain ensemencé. — Les abris indispensables pour quelques essences sont utiles pour toutes; aussi toute pépinière bien tenue doit-elle avoir son approvisionnement de mousse sèche, de balais et de branchages. |
Les semis doivent être, dans les premières années, soigneusement sarclés à la main et lorsque le sol est frais. | :
Il convient d’avoir dans la même pépinière des. plants de différents âges ; on obtiendra ce résultat en ne semant qu'une portion chaque année. L’extraction des plants s'opère à la bêche ou à la main; on regarnit de terreau les sillons d’où l’on a extrait les
plants et l’on y fait un nouveau semis. Quelques
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brins de haute tige doivent être réservés dans une
plate-bande spéciale.
On désigne sous le nom de pépinières volantes les pépinières situées à proximité des terrains à repeupler et dont la durée ne doit pas dépasser celle des repeuplements projetés. Les pépinières volantes sont ordinairement destinées à préparer des plants d’essences résineuses, qui seront transportés en mottes sur l'emplacement à garnir. — Pour qu’un terrain soit propre à l’établissement d’une pépinière de cette espèce, il faut qu’il soit à l’abri des vents desséchants du Midi, sans être trop ombragé. Le sol doit en être assez consistant pour être enlevé en mottes. Les terres
siliceuses très-lésères ne conviendraient pas pour.
l'établissement de pépinières volantes, parce qu’en enlevant les jeuues plants, on émietterait la terre qui les entoure. On prépare le terrain par une culture donnée à l’automne qui précède les semis; le labour à la bêche est préférable à tout autre mode de culture. Quand l’hiver est passé, on régale le sol ameubli par les gelées et les pluies.
Les graines doivent être répandues à la main , ef simplement recouvertes au rateau. On sème en plein et assez serré. Quand on a lieu de craindre les coups de soleil et le hâle, on peut abriter les semis avec
des branchages, qu’on relèvera dès que les jeunes
plants auront pris un peu de force.
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Pendant les grandes chaleurs de lété, il est fort utile d’ombrager un peu les plants au moyen de claies ou de branchages plantés verticalement et formant des haies dans le sens de l'Est à l'Ouest. — Si le terrain qu’on a choisi n’est pas trop couvert de
-mauvaises herbes, ilest inutile de sarcler les semis. Cette opération ameublirait trop le sol ; d’ailleurs les herbes soutiennent les plants et les abritent lorsqu'on les enlève en mottes.
Les jeunes plants sont bons à employer dès qu'ils ont deux ans. On les extrait à la bêche par mottes renfermant 4 ou 5 plants, et on les porte dans des paniers ou des civières sur les places à repeupler. On peut encore se servir pour la plantation en mottes de brins de trois ans ; mais passé cet âge, ils sont trop fortement enracinés pour être arrachés avec tout leur chevelu. | |
Boutures. — On regarnit les places vides qui se trouvent dans des fonds mouilleux au moyen de boutures de saules, de peupliers ou d’aunes; onu: choisit de préférence les boutures provenant des orands saules et des peupliers étrangers : celles de marceau et de tremble ne réussissent pas. Pour faire une bouture, on coupe bien franchement et en biseau un jet de deux ou trois ans dont on enlève toutes les ramilles , on y conserve seulement trois ou quatre bourgeons et on le réduit à une longueur de 40 cen-
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timètres environ ; on le plante dans le sol, en ou-
. vrant au préalable le trou avec un plantoir.
On donne le nom de marcottes à des boutures que l’on fait en couchant dans le sol, mais sans les séparer de la souche mère, des brins maintenus au moyen de crochets en bois. Ces brins s’enracinent et peuvent au beut de 3 ou 4 ans former des individus isolés. S1 les brins qu’on veut marcotter sont trop forts pour être ainsi ployés sans se briser, on peut les entailler à moitié; on les courbe lentement et on les fixe au sol par des fourches solidement enfoncées. L’extrémité des branches ainsi courbées doit sortir de terre et être redressée avec des mottes de gazon. I faut avoir soin de ne conserver sur la souche mère que les brins soumis au marcottage , car ceux qu’on garderait dans leur situation naturelle absorberaïent la plus grande partie de la séve, qui contimuerait à s'y porter au lieu de se diriger sur les marcottes,
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