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CHAPITRE XI

ARPENTAGES. — Arbres de limite. -— Dégagement des lignes. — Outils d’abatage. Jalons, piquets. — Ceinturage des arbres de limite. — Entretien des lignes. — MATELAGES. — Martelages en réserve, en délivrance. — Préparation des virées. — Empreintes. — Criées. — Esri- MATIONS. — Marque des arbres abandonnés. — Criées. — Dénombrements. — Cubage des bois équarris, au volume réel, au 5°, au 6€, au 1/4 — Tarifs. — RéCoLE- MENTS. — But de l'opération. — (Ceinturage des réserves. — Virées. — Griffage. — Appels. — Fausses marques. — Récolement de souches.

Arpentages. — Nous avons vu dans les chap. VIT

et VIII que les coupes de taillis et celles d’amélioration dans les futaies s’assoient par contenance. Pour en fixer l'étendue lorsqu'elles ne sont pas établies sur le terrain par l'aménagement, il faut chaque année procéder à l’arpentage de la coupe qui vient en tour d'exploitation.

Dans les bois soumis au régime forestier, ces arpentages sont faits par les chefs de cantonnement. Dans les bois des particuliers, ils sont faits par des géomètres arpenteurs choisis par les propriétaires; les préposés sont leurs auxiliaires dans ces opérations.

PB: : | SYLVICULTURE.

Dès qu'un garde sait qu’on va procéder à l’arpentage des coupes de son triage, il doit rechercher les piquets de la dernière coupe, ainsi que les parois et corniers. On appelle parois des arbres qui se trouvent sur la ligne séparative de deux coupes et que. l’on conserve comme points de repère. Les corniers sont des arbres qui se trouvent à l’angle de deux lignes séparatives. Les parois sont marqués au corps, du côté de la coupe qu’ils délimitent. Les corniers sont aussi marqués au corps, dans la direction des lignes dont ils occupent le point de jonction. Quand il aura reconnu toute la ligne, le garde plantera des jalons contre les piquets et les arbres de limite. Si la tranchée est trop longue pour qu’une des extrémités puisse être aperçue de l’autre, 1l placera des jalons intermédiaires, de manière qu'ils se trou vent sur la ligne droite qui joint les deux piquets entre eux. E

Un garde doit connaitre la position qu’occupera la coupe à asseolr; 1l préparera le travail de l’arpenteur en dégageant autant que possible le périmètre de cette coupe; il élaguera les brins trainants , débarrassera les bornes, s’il en existe, des herbes et ronces qui les cachent; si la ligne est obstruée par des bois de la coupe en exploitation, il obligera les adjudicataires à les faire immédiatement enlever.

Lorsque l’agent chargé de l’arpentage aura indi-

qué le jour et l'heure de son arrivée , les gardes qui sont désignés pour l’assister s’entendront pour être munis des instruments nécessaires; il est d'usage que le garde du triage soit chargé de porter une hache, s’il en est besoin ; les gardes voisins se Mmuniront alors de bonnes serpes. Si l’on opère dans des taillis un peu forts ou dans les futaies, il sera bon d’avoir deux ou plusieurs haches. Un sabre d’abatage ou briquet est très-commode pour parer la ligne, enlever les brindilles et les feuillages qui masquent les jalons. Tous ces instruments doivent être bien iranchants et solidement emmanchés. |

Les jalons seront, autant que possible, choisis parmi les’brins les plus droits : les deux extrémités seront taillées en pointe.

Les piquets destinés à marquer les extrémités des lignes doivent avoir au moins 15 à 20 centimètres de circonférence, leur longueur est proportionnée à la profondeur du sol, la tête est taillée carrément pour porter l’empreinte du marteau de larpenteur, ils sont enfoncés dans le sol avec le talon de la hache. Ces piquets doivent, autant que possible, être en chêne, châtaignier ou autres bois durs: ceux de bois blancs, de charme et de hêtre se pourrissent avant l’époque du récolement.

Quand l’arpentage est terminé, le garde du triage

entoure les parois et les corniers d’un lien, de ma-

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nière à pouvoir toujours les reconnaitre; il doit aussi s'assurer de la présence des piquets, qu’il remplace s'ils viennent à être brisés ou enlevés. Quand la coupe est divisée en plusieurs lots, 1l est bon d’indiquer le numéro de chacun d’eux par des entailles faites sur les arbres de limite.

Les lignes d’arpentage dans les bois tallis doivent, autant que possible, être conservées même après le récolement, car il est toujours utile de pouvoir distinguer au juste l'emplacement de chaque coupe.

Lés gardes assureront la conservation de ces lignes en élaguant, surtout dansles années qui suivent l’exploitation, les brins qui les obstruent ; ils remplaceront les piquets soit par des petits fossés, soit par d’autres signes, suivant la nature du sol.

Dans les bois de l’État, où les coupes sont séparées par des tranchées et des laies sommières, les gardes sont chargés de l'entretien de ces lignes: les herbes et les produits de l’élagage leur appartiennent. (Décision ministérielle du 10 novembre 1835.)

Martelages. — Les balivages ou martelages, car dans la pratique ces deux expressions s’emploient pour désigner une seule et même opération, sont faits par les agents forestiers avec l'assistance des préposés; ceux-ci sont spécialement chargés de la marque des arbres à réserver ou à abandonner.

Il y a deux espèces de martelages : ceux en réserve, dans lesquels les arbres qui doivent être conservés reçoivent l’empreinte du marteau; ceux en délivrance, où l’on appose au contraire cette empreinte sur les arbres abandonnés.

Dans certaines coupes, où les arbres ne sont pas assez forts pour supporter l'empreinte du marteau, la marque se fait au moÿen de griffes 6u même par la désignation des dimensions ou essences des arbres.

Ces coupes sont dites en réserve ou en délivrance, suivant que le griffage ou la désignation des arbres porte sur ceux à réserver ou à abandonner.

Les martelages se font par virées; les gardes , au nombre de trois ou quatre et rarement cinq, marchent ensemble et autant que possible de front à 7 ou 8 mètres d'intervalle, choisissant, sous la direction des agents qui les suivent, les arbres à marquer, ‘el frappant du marteau ou griffant ceux qui leur sont désignés. :

Pour faciliter ce travail, les virées doivent en général être préparées à l'avance. À cet effet, le garde cu triage devra partager les coupes à marteler en un certain nombre de bandes à peu près parallèles, au moyen de tracés qui s’indiquent soit par des brisées,

soit par des blanchis de distance en distance. Dans les taillis très-fourrés, il est indispensable

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