‹ Guide du forestier (volume 2)Chapitre 33 sur 52 · MA · texte numérisé non relu

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minal. À l bone il se réfugie au pied des arbres, dans la mousse et sous l'écorce. | On reconnait la présence des hylésines à l'aspect des jeunes pousses, qui jaunissent et tombent. Cet insecte fait beaucoup de mal aux pineraies. Cest surtout aux bois dont la végétation est languissante qu’il s'attaque; aussi, pour s’en préserver, n’y a-fil d'autre moyen que de débarrrasser les peuplements de tous les bois morts ou dénérissants.

Fig* 46, — Hylésine du pin (grossi).

+ DÉGATS DES ANIMAUX. 237

— Le bombyx du pin (fig. #7) est un papillon de nuit dont la chenille, qui se nourrit des feuilles du pin sylvestre, est des plus nuisibles ; sa puissance de reproduction est si grande et sa voracité si redoutable,

que des forêts entières sont complétement dépouitlées de leurs feuilles par ses innombrables bataillons.

On a en vain essayé, pour les détruire, tous les moyens imaginables. On a tenté de couper par des fossés les cantons attaqués; mais les chenilles sont quelquefois en si grand nombre qu’elles remplissent les fossés et finissent par les franchir. Le seul procédé praticable est de recueillir et de brûler en hiver la mousse dans laquelle elles se cachent.

— Le hanneton est un coléoptère dont la larve porte

Fig, 47, — Bôümbyx du pin.

238 SYLVICULTURE.

je nom de nan ou ver blanc. A l’état parfait, le hanneton se nourrit des feuilles du chêne, du hêtre, du charme et de beaucoup d’autres arbres feuillus ; I] ne s'attaque pas à cellés des résineux. Les dommages qu’il cause, quoique très-apparents, ne compromettent pas l'existence des arbres forestiers, mais ils ont pour effet de ralentir leur croissance et de détruire les organes de fructification de l’année. La larve ou ver blanc produit des effets bien plus funestes. Cette larve (fig. 48) provient d'œufs que le hanneton dépose dans le sol vers le mois de juin. Elle éclot un mois ou six semaines

après la ponte et commence à creuser les galeries souterraines dans lesquelles elle vit jusqu’à l’été de la troisième année. À ce moment, elle se rapproche de la surface, se transforme et sort à l’état de hanneton.

Le ver blanc se nourrit des racines tendres de presque tous les végétaux ; 1l est redouté des cultivateurs, dont il détruit les récoltes. Sa voracité est très-orande. Les pépinières et les semis sont trèsexposés aux ravages de ce dangereux insecte, qu’il est très difficile de détruire à cause de sa vie souterraine.

Fig, 48, — Larve du hanneton.

DÉGLES DES ANIMAUX.

De tous les moyens employés pour se débarrasser

du ver blanc, le seul qui «it donné des résultats consiste à recueillir les hannetons quand 1ls sont ensourdis dans les feuilles. On secoue énergiquement

les jeunes arbres sur les lisières des bois , et l’on ramasse les insectes tombés. On peut ainsi en détruire en peu de jours d'énormes quantités.

Le hanneton dépose plus volontiers ses œufs dans la terre ameublie que dans le sol compacte des forêts.

Aussi les cultures qui avoisinent les bois sont-elles plus exposées que les autres aux dévastations de leurs larves. Les laboureurs emploient, pour les détruire, des enfants qui les ramassent quand la charrue les découvre. On habitue aussi à faire cette chasse les oiseaux de basse-cour et

même des chiens, qui sont très-friands de ces larves.

— La courtillière (fig. 49) est un imsecte du genre

des orthoptères. Il vit sous terre et creuse, comme le ver blanc, des galeries dans lesquelles 1l fait sa ponte ; il ravage les pépinières, les jardins, en dévorant les

racines de tous les végétaux qu’il rencontre dans le

tracé de ses galeries.

Fig, 19, — Ta courtillière à l’état d’insecte parfait.

240 SYLVICULTURE.

La courtillière est pourvue d’ailes dont elle se sert pour quitter vers le soir sa demeure souterraine. La femelle pond jusqu’à 200 œufs, qui éclosent au bout d’une ou de deux semaines. Les larves sont très-voraces et se jettent avec avidité sur toutes les matières végétales; aussi une seule couvée suffit-elle pour dévaster entièrement une plate-bande de pépiniere. :

On détruit cet insecte en recherchant, pendant le mois de juin, les nids dañs lesquels il dépose ses œufs. Ce nid n’est pas à une grande profondeur ; un coup de bêche suffit pour le découvrir: On brise la coque de terre durcie au milieu de laquelle les œufs sont placés, et ceux-ci périssent au contact de l'air extérieur. ;

Les courtillières, qui recherchent la fraîcheur pendant les sécheresses de l’été, vont souvent se réfuosier sous les planches et les paillassons mis à plat sur le sol. On peut détruire un grand nombre de ces insectes en disposant, dans un coin de la pépinière , quelques vieux paillassons , qu’on relèvera au milieu du jour. | :

En signalant dans ce chapitre quelques insectes des plus connus et des plus redoutables, nous n’avons eu d'autre but que de donner une idée succincte des ravages qu'ils causent et des moyens qu’on peut employer pour les prévenir. Nous renvoyons ceux de

DÉGATS DES ANIMAUX. 241 nos lecteurs qui voudraient étudier plus complétement cette branche des sciences forestières, à l’excellent petit traité publié par M. de la Blanchère, sous le titre de Les Ravageurs des forêts",

L'observation attentive des mœurs des insectes a fait découvrir quelques procédés de destruction qui peuvent être employés avec succès, mais on est obligé de reconnaitre que ces moyens sont tout à fait insuffisants en présence des grandes invasions. Lorsque la ponte et l’éclosion se sont faites dans des conditions favorables, le nombre des insectes est si considérable qu’on ne peut Songer à les détruire. Dans ces circonstances il n’y a qu’à laisser agir la nature, elle se chargera de susciter contre les espèces dont la multiplication est exagérée des ennenus qui auront bientôt rétabli l'équilibre.

Le’sylviculteur ne doit cependant pas rester inacüf ; mais au lieu de poursuivre des ennemis insaisissables à cause de leur petitesse, 1l cherchera d’abord à utiliser sans retard les arbres gravement compromis, puis 1l s’efforcera d'activer la végétation des massifs attaqués, de manière à réparer, sinon pour le présent, du moins pour l’avenir, les dommages qu'ils ont subis. Les movens à employer pour arriver à ce résultat varient suivant la nature du terrain et

1 Les Ravageurs des forêts, par La Blanchère; in-10, 200 pages,

44 gravures; libr, J, Rothschild, prix : 2 fr,

A SYLVICULTURE.

et l’état du peuplement ; mais on peut indiquer d’une manière générale : le mélange des feuillus avec les résineux , la conservation du sous-bois qui maintient la fraicheur, les nettoiements et l'enlèvement des bois morts, comme les procédés les plus surs de prévenir et de réparer les dégats qu’occasionnent les insectes les plus redoutables.

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