‹ Guide du forestierChapitre 19 sur 76 · FIE. M. - LE SAULE UÂRCEAU · texte numérisé non relu

FIE. M. - LE SAULE UÂRCEAU

FlonlHn, mari-nvi'll; rrucUBcallDD, Diali dlH4mliiBUi>n immëdUts.

Fig. 64. — LE SAULE MARCEAU.

Salix caprea.

Le saule marceau est, de tous les saules^ le seul qui soit exclusivement forestier. 11 est très souvent associé au tremble et recherche comme lui les terrains humides, quoiqu'il s'accommode à peu près de tous.

Le marceau se reproduit très aisément par ses graines, ses rejets et ses drageons. C'est une essence envahissante qui ne supporte pas le couvert et qui étouffe tous les plants qu'elle domine.

Sa croissance est rapide et son dépérissement prompt. Il est rare de trouver des sujets âgés de plus de 50 ans.

Le bois du saule marceau est peu estimé comme combustible. Les cultivateurs recherchent les tiges un peu fortes pour les refendre et en faire les dents de leurs râteaux.

Fig. 65. - LE SAPIN.

Abiea peetinata.

Le sapin aime les climats humides, les sols frais et divisés. Il habite plus volontiers la montagne que la plaine, mais il ne s'élève pas à de très grandes altitudes. En général, cet arbre a les mêmes exigences que le hêtre, avec lequel il est très souvent associé. Les cônes du sapin sont dressés, ils s'ouvrent vers le commencement d'octobre ; les écailles et les graines tombent en même temps.

On exploite le sapin en futaies pleines ou en jardinant. 11 se prête également à ces deux modes de traitement.

Les jeunes plants sont très sensibles à la gelée et aux effets du soleil, ils demandent à croître à l'abri, aussi faut -il serrer beaucoup les coupes d'ensemencement.

Les semis naturels réussissent bien, surtout quand la coupe est garnie de hêtres traînants; il faut donc se garder de trop nettoyer le sol des sapinières.

Quand on est obligé de recourir aux repeuplements artificiels, il vaut mieux planter des sujets repiqués que d'essayer des semis, dont la réussite est toujours douteuse.

Le bois de sapin est employé à la charpente, à la menuiserie «

Pig. «8. — L'ÉPICÉA.

Fig. 66. — L'ÉPICÉA.

Abiea pieea»

L'épicéa est moins difficile que le sapin sur le choix du sol) mais il préfère ceux qui sont frais.

C'est un arbre de montagne qu'on trouve souvent mélangé avec les hêtres, les érables et les chênes.

Ses cônes sont pendants; ses feuilles, moins larges que celles du sapin argenté, sont plus épaisses et n'ont pas, comme ces dernières, deux lignes blanches à la face inférieure; elles sont presque aussi épaisses que larges.

On exploite l'épicéa par la méthode de la futaie pleine , qui réussit assez bien quand les réserves des coupes d'ensemencement ne sont pas renversées par les vents. Dans les contrées où ces accidents sont à craindre, on exploite à blanc étoc et l'on repeuple artificiellement.

Le jeune plant est plus robuste que celui du sapin; il a besoin d'un léger abri pendant les premières années, mais il croît très rapidement dès que le couvert est formé. On doit se garder de constituer des massifs purs d'épicéas dans les sols maigres ou épuisés. Ces peuplements, après avoir végété pendant quelques années, s'étiolent; les insectes s'y jettent et les dévastent, Dans de pareils terrains, il faut mêler à l'épicéa le hêtre, le sapin et au besoin le pin sylvestre.

Flg. 07. — LE PIN SYLVESTRE turlLé, octobre dfl U seconde ânnëfl ; dlu^mlnatloDi prfntempa au

Fig. 67. — LE PIN SYLVESTRE.

PinuS sylvestris.

Le pin s'accommode de presque tous les terrains; on le trouve dans les plaines aussi bien que dans les montagnes. Les sols qu'il paraît préférer sont ceux qui sont légers et frais, comme les sables siliceux et granitiques.

Les cônes, qui commencent à se former aussitôt après la fécondation, c'est-à-dire vers le mois de mai, ne sont mûrs qu'au mois d'octobre de l'année suivante. Les graines se disséminent au printemps.

Le pin sylvestre croît très rapidement et vit jusqu'à 200 ans; mais il est exploitable vers 70 ans.

Cette essence s'exploite en coupes réglées et même à blanc étoc. Dans des conditions favorables, l'ensemencement naturel se fait aisément au moyen des graines apportées par les vents. Le jeune plant est robuste, il n'a besoin d'aucun abri.

Le pin sylvestre est un arbre précieux pour le repeuplement des sols maigres ou épuisés, qu'il améliore en peu d'années.

Le bois du pin sylvestre s'emploie aux mêmes usages que celui de l'épicéa. Il entre dans le commerce sous le nom de pin rouge du Nord,

Ftg. 68. — LE PIK MUGHO.

lutons milei. — Floialloii, msl-juln ; miturlté, oclobn

Fig. 68. — LE PIN MUGHO.

Pinua mugko.

Le mugho, appelé aussi pin de montagne , torche^ pin, ressemble beaucoup au pin sylvestre , mais ses aiguilles sont plus courtes; ses cônes, plus petits^ pendent aux branches et sont recourbés vers le sol

Le mugho croît sur les hautes montagnes vers les limites de la végétation forestière, et se trouve à Tétat d'arbuste dans les pâturages élevés, sur les terrains tourbeux et marécageux.

Le mugho, dont la constitution est très robuste, résiste à toutes les intempéries. C'est une essence précieuse pour fixer le sol sur les versants élevés où aucune autre essence ne peut prospérer.

Son bois n'a de valeur que pour le chauffage.

Fig. 69. — PIN MARITIME.

Pinus pincuter.

Le pin maritime habite de préférence les contrées voisines de la mer. On le trouve aussi dans les plaines du centre de la France ; mais comme il redoute beaucoup la gelée, il y atteint rarement de belles dimensions. La semence met deux années à mûrir, elle se dissémine en mai. Croissant sous un climat très régulier, le pin maritime produit des graines presque tous les ans ; aussi sa régénération est-elle facile.

C'est avec ce pin qu'on est parvenu à fixer la grande bande de sable qui longe les côtes de TOcéan depuis Bordeaux jusqu'à Bayonne.

Les jeunes plants sont assez robustes pour se passer d'abri, mais quand on les emploie pour fixer les sables des dunes, on est obligé de faire les semis sous une couvertures de branchages à moitié ensablés. Les graines germent sous ces abris, et les jeunes plants, passant à travers leurs interstices, ont bientôt couvert et fixé le sol.

Le bois du pin maritime sert à faire des étais de mines, des traverses de chemin de fer. Cet arbre est en général traité en vue de la production de la résine. Dans les pays du centre, où le gemmage est peu lucratif, on fait avec les jeunes pins du bois de four, dont l'emploi est considérable ♦

Pig. 70. - LE PIN LARICIO.

Fig. 70. — LE PIN LARXGIO.

PtntM laricio.

Le laricio diffère du pin sylvestre en ce qu'il a les pousses plus vigoureuses, les aiguilles plus longues et plus fortes, les cônes plus grands. Son tempérament est robuste, sa croissance rapide. Il s'exploite comme ce dernier.

La variété connue sous le nom de pin noir d'Autriche est remarquable par sa vigueur et par la facilité avec laquelle elle croît sur des sols de qualité inférieure. Les terrains calcaires secs, qui conviennent à très peu d'essences, ne lui sont pas aussi défavorables que les fonds argileux et humides.

La culture du pin laricio est la même que celle du pin sylvestre; ses jeunes plants se passent de tout abri. Les racines, très traçantes, s'étendent au loin.

Le pin noir a la tête fournie ; dans les contrées montagneuses^ où les neiges sont abondantes, ses branches sont souvent brisées. Si le sol est peu profond, l'arbre tout entier est souvent renversé par le poids des neiges qui s'accumulent sur son épais feuillage.

Le bois du laricio est très bon pour la charpente. On extrait aussi de cet arbre une résine qui sert aux mêmes usages que celle du pin maritime. Les procédés d'extraction sont à peu près les mêmes.

Fig. 71. — LE MÉLÈZE.

Larix europcea.

Le mélèze est le seul des résineux de nos climats qui perde ses feuilles chaque année. C'est un arbre éminemment montagnard ; il ne prospère qu'à de hautes altitudes et dans les sols frais et profonds des vallées supérieures. Transporté dans les plaines et les montagnes du centre de la France, il croît rapidement jusqu'à 30 ans; mais vers cet âge il se couvre de mousse et dépérit promptement ; son bois reste mou et spongieux. Dans les Alpes^ il vit jusqu'à 300 ans et produit un bois comparable au chêne pour la durée et la force.

Les repeuplements naturels de mélèze se font par petits bouquets. Il est difficile d'obtenir des massifs réguliers avec cet arbre, qui ne supporte pas le couvert ; aussi ne peut-on lui appliquer le système de la futaie pleine. Le mélèze aime à croître isolé, en pleine lumière ; c'est l'arbre qui convient le mieux pour garnir les pâturages des montagnes, car son couvert léger laisse croître l'herbe. Le jardinage est le mode d'exploitation qui paraît le mieux lui convenir.

On emploie le bols de mélèze au chauffage, mais il est surtout précieux pour les ouvrages de charpente et de menuiserie.

Page 1