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PRINCIPALES ESSENCES FORESTIÈRES

Fig, M. — I.E CHÊNE ROUVRE. \ I

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Fig. 51. — LE CHÊNE ROUVRE.

Quercus robur.

Le chêne rouvre est un arbre des climats tempérés. Les sols qui lui conviennent le mieux sont ceux qui sont profonds, frais et substantiels, mais il croît aussi dans les terrains granitiques, siliceux ou calcaires.

Sa longévité est très grande. Il vit jusqu'à 300 ans et l'on cite même des arbres de cette espèce qui ont plus de 600 ans.

Les jeunes plants sont robustes ; ils ont un pivot allongé qui s'enfonce profondément dans le sol.

On cultive le chêne rouvre en futaie et en taillis.

Le couvert de cet arbre est léger. Quand on le cultive en futaie, sans mélange d'autres essences, il n'ombrage pas assez le sol pour l'empêcher de se gazonner. On remédie à cet inconvénient en l'associant au pin sylvestre et au charme dans les plaines et les montagnes peu élevées ; à de plus grandes altitudes, on le cultive en mélange avec le hêtre et le sapin.

Le chêne est un arbre de lumière ; il ne supporte pas un état sei'ré ; il faut éclaircir de bonne heure les massifs de cette essence et élaguer peu à peu les plus beaux pieds pour régulariser leur forme.

Le bois du chêne rouvre est propre à la fente aux ouvrages de menuiserie.

Flg. U. — LE CHÊNE PÉDONCULE.

lig. 52. -> LE CHÊNE PÉDONCULE.

Quercus peduneuîata.

Le chêne pédoncule a les mêmes exigences que le rouvre; il est cependant un peu plus difficile sur le choix du terrain, Les sols argilo-calcaires ou argilo siliceux sont ceux dans lesquels il acquiert les plus grandes dimensions et la meilleure qualité.

Le bois du chêne pédoncule, plus nerveux que celui du rouvre, est plus propre à la charpente et aux constructions qu'à la menuiserie.

Les chênes sont très propres à être traités en taillis, parce qu'ils repoussent bien de souche. Dans les taillis sous futaie, on les choisit de préférence comme baliveaux à cause de la légèreté de leur couvert.

L'écorce du chêne fournit le tan employé au corroyage des peaux. Les jeunes brins de taillis à écorce argentée produisent le tan le plus estimé.

La croissance du chêne pédoncule est plus rapide que celle du rouvre. Les jeunes plants sont robustes, ils dépérissent sous un couvert épais ; pour les obtenir bien conformés , il faut semer les glands dans un terrain profondément ameubli et purgé des mauvaises herbes.

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Fig. 53. — LE HÊTRE.

Fagus sylvatka.

Le hêtre croît sur les coteaux et les montagnes ; les climats humides ne lui sont pas défavorables; il redoute les sols secs et les expositions chaudes.

Ses racines traçantes lui permettent de croître avec vigueur sur des terrains peu profonds, mais il craint ceux qui sont argileux et surtout marécageux.

Le hêtre convient surtout pour la futaie. Sa croissance ^ d'abord très lente, s'active dès qu'il a atteint l'âge de 15 ans. Cet arbre croît très bien en massif; il donne un couvert compact.

Les jeunes plants, sont très délicats, ils craignent d'être exposés au soleil et doivent être élevés à l'ombre. On associe très avantageusement le hêtre au chêne, au sapin et à l'épicéa.

Le bois de hôtré est employé au chauffage; on s'en sert aussi pour les ouvrages de boissellerie et de tour. Depuis quelques années, on fait les traverses de chemin de fer avec du bois de hêtre injecté. Cette industrie, qui a pris un grand développement, a fait reconnaître que l'élagage a pour effet de rendre impropres à l'in^ jection les portions des tiges qui portent des cicatrices recouvertes.

Fig. 54. — LE CHARME.

Oarpinus betulus.

Le charme est un arbre des climats tempérés ; il habite de préférence les plaines et les montagnes de peu d'élévation. Les sols qui lui conviennent le mieux sont ceux qui sont frais et profonds. Comme le chêne, à côté duquel on le rencontre souvent, il s'accommode assez bien des terrains argileux.

Le charme repousse bien de souche ; aussi est - il habituellement exploité en taillis. Comme sa croissance est lente , les révolutions adoptées pour les taillis de cette essence sont d'au moins dix-huit à vingt ans ; traité en futaie, en mélange avec le chêne et le hêtre, le charme est considéré comme une essence secondaire destinée à favoriser la croissance des arbres plus précieux auxquels on l'associe. Il supporte bien le couvert.

Les jeunes plants sont robustes et la reproduction facile.

Cet arbre, qui supporte bien la taille, est employé à la confection des haies.

Le bois de charme est excellent pour le chauffage. On l'emploie aussi à la fabrication des moyeux , des dents de roue et à tous les ouvrages qui demandent une grande ténacité. 11 peut remplacer le chêne pour les traverses, quand il a été préparé par les procédés d'injection.

le touffe de gniiiM. — Floislun, eu mMS] nuturil^, £

Fig. 55. — L'ORME.

Ulmtia eampestris.

L'orme croit mieux isolé qu'en massif ; il se trouve disséminé dans les forêts , mais il ne devient jamais l'essence dominante. Il aime les climats tempérés, les sols frais et divisés; il donne des rejets vigoureux et drageonne beaucoup. On l'exploite en taillis, mélangé avec le chêne, le charme et les érables.

Les jeunes plants sont robustes et leur croissance est très rapide ; mais ils sont exigeants sous le rapport du sol, ils ne prospèrent que dans les terrains substantiels, bien ameublis et frais.

La fructification de l'orme est très abondante. Les graines, pourvues d'une aile membraneuse, se disseminent vers le milieu du mois de juin. C'est à cette époque qu'il faut les recueillir pour les semer de suite, car elles se conservent peu.

Le bois de l'orme est très bon comme combustible, mais on n'emploie à cet usage que les branches et les tiges défectueuses, car les pièces saines sont très recherchées pour le charronnage.

On distingue plusieurs espèces d'ormes : le champêtre, qui est le plus répandu ; le pédoncule, qui diffère du précédent par la longueur du pétiole des feuilles, et le fongueux , reconnaissablc à la petitesse de ses feuilles et aux excroissances qui couvrent les jeunes branches.

Plg. as. — I.B FRÉNB.

cuills composée d'un pi^tlola sur lequel s'Iiiièrent des foliole

Fig. 56. — LE FRÊNE.

IVaxinus excé'sior.

Le frêne se trouve dans les plaines aussi bien que dans les montagnes, où il s'élève à de grandes altitudes ; mais partout il recherche les sols frais , profonds et divisés. Il redoute les expositions chaudes, les sols secs; aussi, dans les montagnes, ne le rencontre-t-on que sur les points où la terre est meuble et substantielle. Il est commun dans le voisinage des ruisseaux.

Cet arbre vit plus volontiers à l'état isolé qu'en massif, mais il s'associe trèf bien à l'érable , à l'aune , et, dans les montagnes, au sapin et à l'épicéa.

Les jeunes plants sont robustes ; ils redoutent cependant les gelées printanières et l'envahissement des herbes.

-Dans les taillis , le frêne s'associe très bien avec l'orme , les érables , l'aune et les bois blancs ; mais lorsqu'il est coupé jeune , son bois n'a pas toutes ses qualités. Cultivé en futaie et surtout comme arbre de bordure, il produit un bois très recherché pour le charronnage et la menuiserie.

On traite aussi le frêne en têtard, pour utiliser ses feuilles comme fourrage. Les troncs ainsi émondés tous les ans se couvrent de nodosités qui fournissent des loupes très recherchées pour le placage.

Fig. 57. — LE SYCOMORE.

Acer platanua.

Le sycomore est un arbre des montagnes. Il croît aux mêmes altitudes que le hêtre et le sapin, avec lequel on le trouve souvent associé. Il aime les sols frais et divisés. Cet arbre est disséminé au milieu des autres essences, mais il est rarement dominant. Cultivé en mélange avec le frêne et l'orme , dans de bons sols, il acquiert de très belles dimensions.

Le sycomore est apte à supporter le régime du taillis aussi bien que celui de la futaie.

Les jeunes plants croissent rapidement , et pourvu qu'on les abrite un peu dans les premiers temps de leur naissance, ils supportent très bien la chaleur.

Le bois de sycomore est assez recherché pour la menuiserie, le tour, le charronnage et la sculpture. 11 a le grain fin et prend un beau poli.

Fig. 58. — L'ÉRABLE CHAMPÊTRE.

Acer campestre.

L'érable champêtre a les feuilles petites ; ses jeunes pousses sont recouvertes d'une écorce rugueuse, sillonnée de côtes saillantes. C'est un arbre qui atteint rarement une hauteur supérieure à 10 mètres. On le trouve très souvent dans les haies et les bordures. Sa croissance est lente.

L'érable champêtre n'est pas, à proprement parler, une essence forestière. Cependant il est assez répandu dans les taillis, et comme il repousse bien de souche et qu'il se reproduit aisément de graine, on doit chercher à le propager.

Le bois de l'érable champêtre est rarement d'assez grande dimension pour être employé aux travaux de menuiserie, mais on l'emploie aux ouvrages de tour. Il est très bon comme combustible.

Dans les montagnes, on utilise les feuilles de l'érable comme fourrage.

Fig. 59. — LE BOULEAU.

Betula alba.

Le bouleau est un des arbres les moins exigeants sous le rapport du sol et du climat. On le trouve sur les hautes montagnes et dans les plaines des régions septentrionales. G*est l'essence qui supporte le mieux le froid. Elle s'accommode de tous les terrains, pourvu qu'ils ne soient pas trop compacts. Son feuillage léger abrite peu le sol et le laisse se couvrir d'herbes.

Le bouleau ne doit pas être cultivé à l'état pur, mais il croît très bien en mélange avec le chône et le pin sylvestre.

La graine, très fine, se dissémine en septembre; elle se conserve difficilement.

Traité en futaie, le bouleau s'exploite de 60 à 80 ans ; passé cet âge, il dépérit. On le cultive aussi en taillis, mais il donne des rejets peu vigoureux.

Les jeunes plants sont robustes et très abondants. C'est une des rares essences qu'on peut planter avec de jeunes sujets pris dans les bois.

Le bois de bouleau est surtout employé au chauffage des fours. On se sert des jeunes brins de taillis pour faire des cercles et des ramilles pour la fabrication des balais. Dans beaucoup de pays, cette industrie est entre les mains de maraudeurs qui aiment mieux voler la matière première que l'acheter.

Fig. 60. — LE TILLEUL.

TUia maeraphylla.

Le filleul est un arbre des climats tempérés, mais il s'élève à d'assez grandes altitudes. Les sols qu'il préfère sont ceux à base calcaire qui sont frais et divisés. On lé trouve cependant dans les rocbes fissurées et les sables granitiques ou siliceux.

Cette essence n'est jamais dominante dans les peuple* ments. Elle s'associe volontiers aux érables, au frêne et à l'orme. On la trouve assez souvent dans certains taillis croissant sur des terrains humides.

Les jeunes plants ont à craindre la gelée et la sécheresse pendant deux ou trois ans ; après ce temps ils sont très robustes et se transplantent aisément.

Le bois de tilleul est léger, tendre et n'est bon ni pour le chauffage ni pour le travail ; on ne peut s'en servir que pour la sculpture et quelques ouvrages de gaînerie. L'écorce des brins de taillis est recherchée pour la fabrication de liens de moisson; celle des arbres plus âgés sert à la confection de cordes à puits et de nattes très solides.

Fig. 61. — L'AUNE COMMUN.

Alnus glutinosa.

L'aune croît de préférence sur les bords des ruisseaux, dans les bas- fonds. Gomme le couvert de son feuillage est léger, les herbes poussent avec vigueur sur les terrains peuplés de celte essence qui exclut toutes les autres, à Fexception du frêne.

La croissance de Faune est rapide et son dépérissement prompt. 11 ne dépasse guère 60 ans en futaie et, traité en taillis, il doit être coupé à 20 ans au plus. On propage l'aune, soit au moyen de boutures, soit par des semis. Quand on emploie ce dernier mode, il faut avoir soin de semer sur un sol plutôt frais que sec. Les jeunes plants sont robustes et peuvent se passer d'abri.

L'aune donne un bois assez médiocre comme combustible, et impropre à la charpente, parce qu'il se pique. On l'emploie à la confection des sabots, des tuyaux de conduite et surtout, comme bois de tour, pour la confection des chaises communes. Il s'en fait une grande consomrnation à Paris pour ce dernier usage.

Fig, 62. — LE TREMBLE.

Populus tremvia.

Le tremble est un arbre très robuste qu'on trouve dans les plaines tempérées aussi bien que dans les régions froides et élevées. Il n'est pas difficile, sur le choix des terrains, mais il préfère ceux qui sont frais et légers. Sa croissance, rapide dans les premières années, s'arrête vers l'âge de 50 ans, époque où il commence à dépérir.

Le tremble drageonne beaucoup ; ses semences fines et abondantes se disséminent au loin. Il n'est pas rare de voir cette essence envahir les bois dont le sol est humide et arrêter la croissance des arbres les plus précieux. On remédie à cet envahissement en pratiquant des nettoiements et des éclaircies.

Les jeunes plants sont robustes, leur reprise facile. On n'a d'ailleurs pas à s'inquiéter de la reproduction de cet arbre, qui se propage spontanément plus qu'il n'est nécessaire.

Le bois de tremble est employé au chauffage des fours. On en fait des caisses d'emballage et des voliges pour la menuiserie. Depuis quelques années^ ce bois a acquis une assez grande valeur dans les pays où il existe des fabriques de pâte à papier, parce qu'il est très propre à cette industrie.

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EUPLIEB BLANO.

Fig. 63. — LE PEUPLIER BLANC.

PoptUua argentea.

Le peuplier blanc se distingue par ses feuilles luisantes à la face supérieure, d'un blanc cotonneux en dessous. Gomme tous les peupliers, il aime les sols légers et frais. On le trouve habituellement sur le bord des ruisseaux, dans les prairies humides.

Cet arbre est rare en forêt , et quand on l'y rencontre , c'est dans les parties humides situées sur les lisières ou le bord des fossés.

Employé comme arbre d'ornement, le peuplier blanc est d'un très bel effet à cause de l'opposition des couleurs de son feuillage. Il se détache très heureusement sur les masses vertes formées par les autres essences.

Les usages du bois du peuplier blanc sont les mêmes que ceux du tremble.

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