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LES JEUNE-FRANCE

Romans goguenards par Théophile Gautier. — Paris, Renduel, 1833, I vol. in-8° de 351 pp. tit. et f.-tit. compris; plus un feuil. non chiff.

pour la table.

Avec cette épigraphe :

Moins un homme qui pense Qu'un bœuf qui rumine.

Angola.

Frontispice, dessiné et gravé à l'eauforte par Célestin Nanteuil. Le titre est répété au milieu. Sur les bordures se

trouvent représentés les principaux personnages du livre, dans des compartiments reliés entre eux par des arabesques et des figures allégoriques.

Dans cette œuvre, Théophile Gautier semble se retourner contre la nouvelle école, dont il avait été, et par son caractère et par ses précédentes publications, l'un des plus ardents cor^'phées. Et ce qu'il y a de curieux, c'est que ceux qu'il plaisante avec tant de verve et d'esprit se reconnurent sous les types si drôlement mis en scène, et furent les premiers à rire.

L'ouvrage reparut plusieurs fois sous ce titre : Œuvres humoristiques. Les Jeunes-France : Sous la table. Onuphrius. Daniel Javard. Celle-ci et Celle-là. Elias Wilmanstadius. Le Bol de punch. Une larme du diable. Ces éditions comprennent de plus que la première : Une larme du diaMc, et une préface d'Arsène Houssaye. Quelquesunes des nouvelles contenues dans ce recueil ont été publiées séparément.

Par exemple : Celle-ci et Celle-là, et Une larme du diable.

L'édition originale est rare, et les exemplaires en sont chers, 150 à 200 francs broch.

Ex. dos et coins mar, r., non rogn. 23s fr. L***, fév. 1882; dem.-rel., v.

br., 100 fr. Paul de Saint-Victor, avril

131. J.-G. FARCY. — Reliquia. — Paris, librairie classique de L. Hachette, 29 juillet 183 1. i vol.

petit in-i2, avec portrait.

Voici un petit volume qui est demeuré dans l'oubli pendant bien des années, comme le nom de son auteur, du reste.

Il a fallu l'heureux retour des bibliophiles vers les ouvrages de l'époque romantique, pour faire sortir des caves

poudreuses ou humides de l'éditeur, les rares exemplaires non détruits de ce petit recueil, qui méritait vraiment un meilleur sort. A son apparition, en effet, ce livre ne s'était point ou s'était peu vendu; et nous croyons qu'il avait été tiré à un petit nombre d'exemplaires.

On en rencontre bien rarement, du reste, chez les amateurs ou les libraires, ou dans les ventes publiques. Et les exemplaires en seraient presque introuvables, si l'on n'en avait sauvé, nous a-t-on dit, quelques-uns qui avaient échappé par hasard à la destruction, dans les magasins de la librairie H;ichette.

L'auteur, Jean-George Farcy, qui était né en 1800 et qui mourut, en combattant pour la liberté, le 29 juillet 1830, n'avait encore rien publié qu'une traduction des Éléments de la philosophie de Steivart. Il était ami de plusieurs poètes et littérateurs de l'époque, entre autres, de Sainte-Beuve, qui venait de débuter dans la carrière depuis deux ou trois ans. Ce fut ce dernier qui se chargea de réunir les divers fragments de poésie et de prose laissés par le malheureux Farcy, et qui les publia l'année suivante. Le volume parut le jour anniversaire de la mort de l'auteur et il porte, du reste, la date du 29 juillet 1831.

Il serait regrettable que ces fragments eussent été entièrement perdus; car on y trouve, dans les vers comme dans la prose, à côté de la profondeur et de la justesse de pensée, un sentiment philosophique très élevé ; d'ailleurs le style de ces morceaux, hélas! trop peu nombreux, est partout remarquable. La forme des vers est cependant inférieure aux sentiments poétiques qui les ont inspirés. On y sent trop les défauts de l'école classique de la décadence, sans y voir les beautés pures et correctes des maîtres du genre, ni l'originalité et la

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passion des romantiques. Sainte-Beuve a exprimé judicieusement l'opinion que Farcy était plutôt destiné à devenir un philosophe qu'un poète. Le recueil de pensées superbes qui font partie de j Reliquia confirme hautement cette opinion.

La notice biographique et littéraire que Sainte-Beuve, alors âgé de vingtsix ans à peine, écrivit en tête du livre posthume de son ami, est pleine d'intérêt et d'un style remarquable. Un autre des amis de Farcy, le peintre A. Colin, a tracé de lui un portrait très vivant et très expressif, qu'il a reproduit en lithographie pour en orner le volume.

Voici la description bibliographique de Reliquia : un faux-titre, un titre, 208 pages chiffrées, y compris la notice de Sainte-Beuve, et 2 feuillets non chiffrés à la fin, comprenant l'un une pièce de vers à la mémoire de Farcy, signée Br....x, et l'autre la table. En tête se trouve le portrait lithographie par A. Colin, et à la fin de la plupart des pièces, on voit en guise de culs-delampe, de petits sujets gravés sur bois, qui pourraient bien avoir été dessinés aussi par Colin, et se rapportant toujours à la pièce qu'ils terminent.

Ce volume a passé si rarement en vente, qu'il est difficile d'en établir le prix. Cependant nous nous rappelons en avoir vu payer 12 francs un exemplaire relié médiocrement et très rogné.

Et nous pensons que s'il était broché et bien conservé, il vaudrait au moins de 25 à 50 fr. Ex. br. non rogn., 7 fr. Rochebilière, mai 1882. Nous donnons (planche 26) le fac-similé de la reliure qui orne un exemplaire de ce Hvre que nous avons eu sous les yeux. Cette reliure, en maroquin noir, bien exécutée par Amand, présente un intérêt particuHer.

Sur les plats sont semées des larmes et des immortelles, et sur le dos, des couronnes de laurier, avec des branches de palme. Au milieu du premier plat on a

incrusté le portrait de J.-G. Farcy, peint en miniature sur vélin. Cette idée de placer des portraits sur les reliures des livres avait déjà été mise à exécution au xvi^ siècle; mais à cette époque, le portrait n'était pas peint ni incrusté dans la peau ; il était estampé dans le cuir même, soit au repoussé, soit par un autre moyen de pression. Cependant nous avons vu quelquefois des reliures itahennes où le portrait était peint ou dessiné à la plume sur la peau de veau ou de parchemin.

Nous avons vu aussi, et très fréquem»

ment, des miniatures appliquées sur les plats, recouvertes de mica ou d'une substance transparente , comme l'on voit aujourd'hui certaines photographies.

132. — LE MYOSOTIS, petits contes et petits vers, par Hégésippe Moreau. — Paris ^ Desessart, éditeur, j, rue des Beau^-Arts, 1838. i vol.

gr. in-8.

Cette belle édition est la première des œuvres de Hégésippe Moreau. Elle ne contient pas toutes ses pièces, ni en vers, ni en prose, qui ont été réunies plus tard, dans l'édition in-12 de 1840, par M. Sainte -Marie -Marcotte. Il y manque notablement, en prose, Le Neveu de la Fruitière, et en vers, la Préface du Diogène et autres poésies, par exemple : Epître à M. Didot sur l'Imprimerie, ■ — Vive la beauté ! — L'Amant timide, — Les Jeux de l'Amour et du Hasard, — La Muse, — A une dame qui se plaignait de voir aux Tuileries sa chaise entourée de jeunes gens, — ie Corse, — M. Paillard, — Réponse à une invitation, — La Confession, — Les Signes de croix, — Le Chant des Anges, — Le Baptême, — A mes Chansons; poésies qui se trouvent dans la seconde.

D'autres pièces ont seulement changé de titre dans l'édition de 1840; enfin plusieurs ont été augmentées ou modifiées. La première, intitulée Préface, dans l'édition originale, a pour titre V Abeille, dans la seconde. Celle intitulée Élégie, à mon ami A.-R. Loyson, a été fondue dans la Préface du Diogéne. Celle qui avait pour titre A Joseph Bonaparte, s'intitule Le parti bonapartiste. La pièce Une séance à la Convention s'appelle désormais Merlin de Thionville. L'épître A M.***, ex-conventionnel, porte plus tard le nom : A M. C. Opoix, de Provins. La pièce adressée A un enfant est ensuite adressée A Henri V. Et toutes ces pièces contiennent dans l'édition de 1840 des changements et des augmentations importantes.

Une pièce n'a pas été réimprimée, et ne se trouve que dans l'édition originale. C'est celle qui a pour titre : A des eunes gens qui avaient désigné outrageusement M. 5*** dans un lieu public.

La première édition se compose de 2 feuillets préliminaires contenant le faux-titre et le titre, et 329 pages, plus I feuillet isolé pour les errata. Il n'y a pas de table. La pagination est fautive, entre les pages 30^ et 321, et il paraîtrait manquer un cahier, car les pages 305 à 320 n'existent pas. Pourtant le volume est bien complet ainsi ; le cahier qui renferme les pages 291 à 304 est signé au bas 19, et celui qui contient les pages 321 à la fin du volume est signé 20, et la pièce La sœur du Tasse, qui paraît coupée par cette lacune, est aussi bien entière.

Ce volume est fort recherché. Un exemplaire broché et non rogné vaudrait au moins 100 fr. ; et nous avons vu vendre des exemplaires rognés, de 30 à 50 fr.

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