‹ Guide du libraire-antiquaire et du bibliophileChapitre 54 sur 75 · Première partie : f.-tit. et 218 pp., commençant avec la Préface · texte numérisé non relu

Première partie : f.-tit. et 218 pp., commençant avec la Préface

Seconde partie : f.-tit., tit. et 180 pp II n'}' a pas de table.

Il existe des exemplaires tirés en plus grand format, petit in-S». Quoique ces exemplaires soient plus recherchés que les autres, nous les croyons d'un second tirage, car en général les épreuves y sont moins bonnes que dans ceux de format in- 18.

Cette éd'tion donne le texte avoué par Voltaire. On trouve au commencement du lei" volume la fameuse préface, si élogieuse pour l'auteur, intitulée Préface de dom Apuleius Risoritis, bénédictin. On y établit une comparaison entre le poème et plusieurs ouvrages d'auteurs anciens grecs ou latins et des écrivains français et italiens, et l'on démontre ou plutôt on cherche à démontrer que la Pucelle est un des ouvrages les plus chastes du genre.

Après le vingt-unième chant , on trouve la Lettre de Voltaire à l'Académie française, où il se plaint de ce qu'on a pubHé des éditions fausses de son poème ; avec la réponse de l'Académie. Plus VÈpitre du Père Griibourdon, à Voltaire, apologie plaisante de la Pucelle, et enfin une épigramme.

Les exemplaires ordinaires de format in-i8, valent 80 à 100 fr.; de format in-80, 550 à 400 fr. et plus. Au Répert. Morgand et Fatout, 1882, ex. in- 18, mar. anc, 200 fr. ; ex. in-S", élég. rel. mar. anc, incompl. du frontisp. et

d'un feuillet de notes pour le Chant II, 300 fr.; catal. Fontaine, 1882, jolie rel. V. anc, incompl. du frontisp., 400 fr. Au Bull, de la libr. Morgand, juin 1885, un in-8° complet; dem. rel., non rogné, coté 600 fr.

Le Ironiispice manque souvent dans les exemplaires de format in-8°.

11 fut tiré quelques épreuves à part de ces gracieuses vignettes, avant le texte. Des amateurs ont réussi à les réunir : elles sont au nombre de 22 ; mais on trouve rarement une suite complète. Celle qui se trouvait à la vente Sieurin, en février 1879, atteignit le prix de 850 fr.

199. — LE DICTIONNAIRE DES HALLES, ou extrait du dictionnaire de l'Académie françoise.

— A Bruxelles^ che\ François Foppcns (A la Sphère). M.DC.XCVI. i vol.

petit in-i2, de 6 fF, lira, le titre compris, et un feuillet blanc; et 228 pp.

C'est un recueil des expressions populaires, burlesques ou triviales, admises dans la première édition du Dictionnaire du l'Acadèinic, parue en 1694, et dont une partie fut supprimée dans les éditions suivantes.

L'auteur, Artaud, selon Barbier, annonce qu'il a fait cet extrait pour les gens du peuple, qui ne peuvent pas acheter le dictionnaire de l'Académie, « lequel coûte cher, dans un temps où le pain est plus nécessaire qu'un recueil de mots et de phrases. »

L'avertissement montre que ce n'est pas seulement de nos jours qu'on plaisante les lenteurs apportées par TAcadémie à la composition ou au remaniement de son ouvrage : « ... On dit mesme, qu'elle (l'Académie) n'est pas

contente de son premier travail, et que ce bel ouvrage ne lui semble rien moins qu'un chef-d'œuvre. Voilà ce que c'est que d'aller si viste en besogne : Ces messieurs les beaux esprits n'ont esté que cinquante ans à composer leur merveilleux Dictionnaire ! »

D'ailleurs, quelques années auparavant, Furetière ne s'était pas fait faute, dans quelques écrits et ensuite dans ses factums, de ridiculiser la docte société qui l'avait du reste expulsé de son sein.

Aussi ce volume lui a-t-il été quelquefois attribué, mais sans raison bien légitime, car Furetière était mort depuis six ans lorsque parut le Dictionnaire de l'Académie, et depuis huit quand le Dictionnaire des halles {ut mis au jour.

Cependant, le ton sarcastique qui règne dans cette œuvre est tout à fait du goût de Furetière. L'auteur du Roman bourgeois aurait bien pu laisser l'ouvrage en manuscrit, lequel aurait été publié par Artaud, si toutefois Artaud il y a.

Ce livre se paie aujourd'hui 40 ou 50 fr. suivant la condition. — Un exempl. fnar. de Kœhler, 41 fr., Béhague, mars 1880. Le même était coté 70 fr. au Répert. Morgand et Fatout, 1882; au catal. Fontaine, 1878-1879, bel exemp. v. f. de Bauzonnet, coté 180 fr.

200. — SATYRES SUR LES FEMMES BOURGEOISES qui se font appeller Madame, avec une distinction qui sépare les véritables d'avec celles qui ne le sont que par le caprice de la fortune, la bizarerie et la vanité du siècle. Par M. le chevalier D** (Denissart, ou d'Henissart) volume in-octavo, enrichi de figures en taille-douce : — A

GUIDE DU LlBRAIRE-ANTiaUAIRE

Paris, che:;^ Dainien Bciignic ci Denis Mouchet. M.DCC.XIII. Avec approbation et Privilège du Roy. i vol.

in-8*, avec 12 figures.

Ouvrage peu important au point de vue littéraire, mais recherclié à cause de son sujet. Dans presque tous les exemplaires connus la souscription est enlevée.

A ce sujet, le Supplément au Manuel dit -.«rexempl. b. Pichon vendu isofr., contenait une note que nous croyons devoir reproduire. Cet exempl. était celui du chancelier de Pontcliartrain; à la fin de la table, en face de l'Approb. et du Privil., on lisait : « Cette approbation et ce privilège n'ont jamais été donnés pour ce livre-ci, tel qu'il est. Ils ont été donnés pour un livre qui portait le même titre, et du même auteur, mais qui était purgé de tout ce qui se trouve d'insolent, de mauvais et d'impertinent dans celui-ci, que l'auteur a eu la hardiesse et la témérité de mettre à l'impression sous la même approbation et le môme privilège. Ce qui estant venu à la connoissance de M. le Chancelier, l'auteur a été mis à la Bastille et tous les exemplaires saisis chez l'imprimeur, mis au pilon, à la réserve d'un très petit nombre demeurez es mains de M. d'Argenson (alors lieutenant général de police). »

Le rédacteur du catalogue J. P** pensait que cet exemplaire avait dû servir à l'instruction du procès, car il portait la note suivante au bas du titre: « Paraphé suivant notre procès verbal de ce jourd'hui, 12 avril 171 3. » Et la signature : « Le chevalier d'He-

NISSART. »

Ce volume se compose de 8 ff. lim.

pour le tit., une Épître aux dames, la Préface, une pièce de vers Aux Critiques, et une page de prose : Le libraire au lecteur, 500 pages v compris la table

à la fin, plus 2 ff. non chiff. pour l'approb., le privil. et l'errata. — Figures médiocres.

L'exemplaire de M. le baron J. P**, comme nous l'avons dit, fut vendu 150 fr. en 1869; — "" autre, complet, rel. veau de Bauzonnet-Trautz, figurait dans les catal. Fontaine 1877 111879, ^^ prix de 250 fr. — Celui de la vente Renard, mars 1881, incomplet du titre et des 2 ff. de la fin ne se vendit que 30 fr.

On trouve des exempl. avec un nouveau titre sous cette rubrique : La Haye, che:^ H. Frick, lyi^.

201. — PORTE-FEUILLE D'UN TALON ROUGE. Contenant des anecdotes galantes et secrettes de la cour de France. — A Paris. De Vimprimerie du Comte de Parades. L'an 178*, i vol. pet.

in-S".

Pamphlet contre les personnages de la cour de Louis XVL et en particulier contre la reine Marie-Antoinette et les membres de la famille royale. Il se compose de 42 pages, tit. compris, et d'un feuillet blanc à la fin. L'impression a été faite sur des quarts de feuille, de sorte que les cahiers sont de 4 feuillets comme dans rin-40, seulement les pontuseaux sont verticaux ce qui accuse un in-8°. La dernière page chiffrée porte à la fin,: Versailles, par 18 juin 1779.

Il n'est pas besoin d'ajouter que Vimprimerie du Comte de Parades est tout simplement fictive. Du reste, ce nom ne figure pas dans le catalogue des libraires et imprimeurs de Paris, de Lottin.

Le dernier cahier, F, n'a que deux feuillets, dont un blanc.

Les exemplaires de cet opuscule, assez rares du reste, se vendent de 1$ à 60 fr., suivant la condition. Au catal. Fontaine, 1877, i exemplaire, mar.

d'Amand, coté 60 fr.; i autre broche 40 fr., et un troisième, dein.-reî., non rogné, 45 fr.; cxempl., dem.-rel.

15 fr., D"C**, avr. 1883.

Page 1