Tome I". 332 pp. chift
Tome II. 328 pp.chiff"., titre et f.-tit. non compris de part et d'autre.
Accompagné de deux vignettes sur chine gravées par Porret d'après Tony Johannot :
1° La séparation : Madelaine, pieds nus et debout ; Stephen assis et le front penché sur le bras de la jeune fille : « tous deux, en songeant à leur cruelle séparation, ils se prirent à pleurer amèrement. ))
2° La scène du cimetière : Stephen agenouillé au bord de la tombe ouverte de Madelaine. La tête seule se voit; un nuage noir voile en partie la lune. Stephen regarde, haletant, le cadavre avant de déposer sur les lèvres de la morte « le baiser de pardon et d'adieu. »
C'est la première production d'Al-
GUIDE DU LIBRAIRE-ANTIQ.UAIRE
phonse Karr. C'est aussi celle dont le succès fut le plus marqué : deux tirages la même année; environ une douzaine d'éditions successives, depuis 1832 jusqu'à nous, montrent assez la faveur du public en son endroit.
Néanmoins Sous les tilleuls nous paraît aujourd'hui singulièrement démodé.
Depuis un demi-siècle, il est vrai, les goûts et les idées ont dû se transformer. Aux conceptions tourmentées du romantisme de la première heure ont succédé des créations plus sobres de forme, plus a nature » et non moins dramatiques :
Laocoon , sous des tortures inouïes , reste calme et beau. Les sarcasmes à effet, les paradoxes prétentieux, sur les hommes, les femmes et la société, ont fait leur temps. Les défauts de l'humanité et les vices de l'organisation sociale sont envisagés, à notre époque, avec plus d'équité. Toutefois, de cette exubérance de style et de sentiment particulière à ce livre, il se dégage une passion forte et vraie : c'est là sa qualité propre.
En ces beaux jours de jeûne Karr a plus d'amour jeune Qu'un vieux Rothschild pensif N'a d'or massif,
dit son ami Théodore de Banville. Et d'après une lettre d'Alphonse Karr adressée : « A Madame ***, née Camille S*** », un amour déçu aurait été l'origine de Sous les tilleuls.
Toutes les éditions, excepté la première, contiennent cette lettre, et à la fin.
Les trois premières éditions et celle de 1840, Paris, Delloye, 2 vol. in-12, possèdent seules les vignettes décrites ci-dessus.
L'édition de 1850, Paris, Garnîer, 2 vol. in-32, renferme de plus que les autres un Post-scriptum, daté de Sainte- Adresse, novembre 1849, où se lit :
« Voilà donc ce livre tel qu'il a été écrit
en 1829-1830; l'auteur avait un peu plus de vingt ans. »
C'est encore l'auteur qui nous apprend que Sous les tilleuls avait d'abord été mis en vers : il ne faut rien négliger.
Ex. de l'édit. orig. vendu 15 fr., 1875; dem.-rel. bas., 25 fr., Marius Barras, mai 1882.
219. — L'ÉTÉ A PARIS par Jules Janin. — Paris, Aiihert, place de la Bourse; L. Curmer, rue Richelieu; fyp. de Lacrampe et O^, rue Damiette, s. d. (1843), I voL gr. in-8°.
Première édition.
4 ff. lim. pour le f.-tit., le tit. -frontispice par Thimms, et la préface signée : les Éditeurs; et 279 pp.
Avec figures sur bois dans le texte et 18 grandes planches sur acier tirées à part, avec la lettre.
Les artistes sont, pour les bois :
Thimms, Collignon, Montigneul, Cottard, Bernard, Jacque, Piaud.
Pour la gravure sur acier : Allen, Robinson, Wallis, Slaines, Willmore, Warrall , Mottram , Rolls , Roberts , Heath.
La dernière page contient le classement des gravures.
Publié en 18 livraisons à i fr.; vendu 20 fr. complet chez les éditeurs. Maintenant de 10 à 12 fr. Cart., non rogn., 10 fr. 50. M.D., 1880; demi-rel. chagr. bleu, 15 fr., vente A.D., mars 1882.
220. — LES PLVS BELLES PENSÉES DE ST-AVGVSTIN, prince et docteur de l'Église, mises en vers françois, par C, Le Petit, —
Earis, chei Jean-Baptiste Loyson, au Palais, à l'entrée de la Grand' Salle,
du cosié de S. Barthélémy, à la Croix d'or. M. DC. LXVI. Aucc priuilége du Roy. I vol. in-i2.
Coll.: 12 ff. lira, pour le titr., la préface, deux sonnets, « l'Avthevr av lectevr chrestien », les approbations, le privilège, la table des matières et un feuillet blanc; et 119 pp. chiff.
Sur le titre un fleuron représentant un panier plein de fleurs et de fruits.
Justification avec têtes de pages, lettres ornées et fleurons.
La netteté des caractères pourrait faire croire à une impression hollandaise.
L'approbation est du 9 octobre 1661, mais l'ouvrage ne fut imprimé que le 27 février 1666.
La préface contient une notice sur le poète par Du Pelletier son ami.
A la lecture des vers élégants et bien frappés dont se compose ce petit livre, on se demande, non sans un vague sentiment de tristesse, où serait arrivé C. Le Petit si l'intolérance religieuse n'eût arrêté dans son essor ce jeune homme qui, à l'âge de vingt-deux ans, avait déjà produit cinq ouvrages pétillants d'esprit.
Seule et unique édition. De 25 à 30 fr.
221. — LE POÈTE, ou Mémoires d'un homme de lettres écrits par lui-même (P.-J.-B. Choudard- Desforges). — A Hambourg (Paris), et se trouvent à Paris, che\ Maradan, rue du Cimetière- Andrè-des- Arts, n° 9, 1798, 4 vol. in-i2.
Avec cette épigraphe :
. . . Homo sum.
Et nihil humani a me alienum /uiV. Ter.
II y a des exempl. qui portent : Che^ les principaux libraires.
Accompagné de 4 figures dont deux signées Chaillou et gravées par Dambrun. Les deux autres, celles des tom. III et IV ne portent pas de signatures, mais elles paraissent être des mêmes artistes.
Coté dans le Guide Cohen de 80 à 100 fr. ; niar. r.. dos orné, fil., dent, int., ir. dor. de Belz-Niédrée, 72 fr., M. F., 1883.
Le Poète... — A Hambourg (Paris), chex les principaux libraires, 1799, ^ ^o^in-i8.
Avec la même épigraphe. — 8 fig.
non signées, dans le genre de celles de Chaillou. — Coté dans le Guide Cohen de 50 à 60 fr.; ex. pap. vél., fig. avant la lettre, de 80 à 100 fr.
Le Poète... Par Desforges. Nouvelle édition augmentée d'une notice biographique et de la Clef des noms des principaux personnages. — Paris , Emile Babeuf; impr. de Fain, 18 19, 5 vol.
in-i2.
Avec cinq fig., le portrait, de l'auteur compris. — Le faux-titre porte :
« Œuvres complètes de Desforges, en 22 vol. in-i2. » Le Poêle seul parut. — Vendu de 60 à 80 fr.
Le Poète. Mémoires d'un homme de lettres... précédé d'une notice et de la Clef des noms des principaux personnages. — Bruxelles , Gay et Damé, éditeurs, 1881, 5 vol. in-80, pap. de Hol.
Le nom de l'auteur ne se trouve que sur le dos de la couverture. — Avec cinq fig. le portrait, de l'auteur compris, signées J. Chauvet. — Tiré à 500 ex. numérotés et cotés 30 fr.
Le Poète est la biographie de l'auteur. « Il s'agit, dit-il en commençant, d'une histoire vraie et non pas d'un roman. » Le fond est peut-être réel, mais les
accessoires nous paraissent singulièrement romancés. Bien qu'il eût deux éditions coup sur coup, il tomba immédiatement dans l'oubli, d'où l'éditeur Babeuf, en 1819, essaya, mais en vain, de le tirer.
Le public n'avait pu lui pardonner, et avec raison, son peu de respect pour les membres de sa famille. Car Desforges ne craignit pas là de diftamer et sa mère, et sa sœur, et sa femme.
D'ailleurs il ne s'est pas fait faute d'y introduire un grand nombre de personnages, fort connus alors, parm lesquels nous remarquons, d'après la clé, d'Orléans, Richelieu, Fleury, Chanteloup, de Choiseul, Corsackoff, de Sartines, etc.
Les peintures lascives, les chaudes descriptions des voyages aux rives du Tendre renfermées dans ce livre rapprochent un peu et beaucoup Desforges d'un pornographe trop connu. Il n'a pas, il est vrai, de ces crudités de langage particulières à l'auteur de Justine. Mais celui-ci marche carrément dans sa voie; pour lui un chat est un chat ; pas de transaction : il va droit au but. Tandis que celui-là est tout aussi obscène malgré les circonlocutions hypocrites dont il enveloppe sa pensée.
On ne saurait pourtant refuser à cette œuvre, dit Ch. Monselet, un entrain réel, certains détails de lieux et quelques figures célèbres assez bien présentées : c'est vrai. Toutefois, ces qualités sont loin de racheter la faiblesse du style. Outre de rebutantes longueurs, il est rempli d'expressions néologiques plus ridicules qu'audacieuses. Par exemple, une année féconde en aventures sera, selon Desforges, une êmétiqiie année; de vives saillies deviendront sous sa plume des saillies lucifériques; un homme comblé de la fortune « est au pardessus d'un bonheur incroyable », et la personne dévote, une âme très églisière.
Et puis, chose inexcusable, il a livré au pilori de la publicité les noms de ses héroïnes : la discrétion est d'un cœur élevé ; la trahison, quel qu'en soit l'objet, est toujours odieuse. De plus, sa main profane a cyniquement dévoilé les mystères délicats célébrés à Lampsaque : la Volupté a aussi ses pudeurs, et les couronnes embaumées des roses d'Ionie demandent, pour s'effeuiller, et l'ombre et le secret :
. . . Vetabo, qui Veneris sacrum Volgarit arcanse, sub iisdem
Sit trabibus, fragilemve mecum Solvat phaselon...
TABLE DES NOMS D'AUTEURS