‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource] (volume 2)Chapitre 104 sur 344 · OEDÈME W$S NOUVEAU-NÉS · texte numérisé non relu

OEDÈME W$S NOUVEAU-NÉS

— TIUlTEMliNT.

Nous avons cité ailleurs (1) plusieurs cas dans lesquels des enfants fortement atteints ont été rendus a une santé parfaite par ce moyen. De son côté, M. Mondière (2), ayant à traiter une petite fille chez laquelle l'œdème était survenu le lendemain de sa naissance, le vit disparaître promptemént après l'application de quatre sangsues à la base de la poitrine. Enfin, étant chargé de l'inspection médicale des enfants à la Direction des nourrices, nous obtînmes la guérison complète d'un œdème assez considérable par l'application d'une seule sangsue à l'anus. Nous avons rapporté ce cas avec détail (3).

Ces faits prouvent que la déplélion sanguine est un moyen très utile contre l'œdème des nouveau-nés; mais, pour qu'elle ait tout son effet, il faut que la faiblesse congénitale ne soit pas trop grande. Dans plusieurs cas elle n'a pas eu un succès complet, parce que l'enfant était trop faible, et dans d'autres elle a complètement échoué, parce que cette faiblesse était extrêmement considérable. Avant donc de juger son efficacité, il faut tenir compte de l'état des enfants.

M. Henri Roger (U), dans ses recherches sur la température dans les maladies, ayant principalement égard au refroidissement remarquable que présentent les enfants, et considérant que d'après les expériences de ML Ghossat (5), le défaut d'aliments est une des causes les plus puissantes de l'abaissement de la température, a été porté à conseiller en première ligne une riche alimentation aidée par les moyens extérieurs de calorification. Il n'est pas douteux que ce moyen ne soit très utile ; mais, avant d'y recourir, il faut mettre en usage la déplétion sanguine, qui, donnant à l'enfant une vigueur suffisante, le met en état de profiter de celte alimentation. Ce qui le prouve, c'est que l'on voit tous les jours, chez des enfants à qui l'on adonné du lait en abondance, le refroidissement et l'œdème persister. Il est évident que la meilleure alimentation qu'on puisse donner aces enfants est le lait d'une bonne nourrice, car c'est là le seul aliment qu'ils puissent bien digérer.

Hestent maintenant certains moyens qu'il suffit d'indiquer, parce que rien ne prouve qu'ils aient été appliqués à des cas bien déterminés, et qu'ils aient une grande efficacité. Tel est d'abord l'emploi de la décoction de quinquina avec addition de quelques gouttes (L'acétate d'ammoniaque, conseillée par le docteur Cederschjœld (6). Nous citerons ensuite la pot ion cordiale recommandée par Chaussier (7), dans laquelle entrent Veau de menthe, Veau de mélisse et ['eau de cannelle; puis les frictions avec l'alcool térébenthine' (Pritschaft) , et les fric/ions mercurielles (8). Quant au sublimé corrosif, que recommande Feiler, il n'y a aucun motif pour l'administrer.

Résumé. — De tout ce qui précède il résulte que l'application des sangsues, faite dans le but de déterminer une déplétion sanguine, est le moyen le plus efficace qu'on ait employé, et par là s'expliquent les succès obtenus par ce moyen dirigé contre de prétendues inflammations. Une conséquence pratique qu'il faut tirer des

(1) Clinique des maladies des enfants nouveau-nés.

(2) Journal hebdomadaire de médecine, I83(i, t. XIII, p. 240.

(3) Bulletin général de thérapeutique, 1845, t. XXXVIII. p. 408. (i) Archivés de médéciné, Pittfls, Î844 et I84S, t. IV, V, VI, VII. 18) Recherches eo&périmênlàles sur l'inanition. Paris, 1843, in-4.

(6) Ars Itéra et. on svenska Laek., etc. Stockholm, 1825.

(7) Dictionnaire des sciences médicales, t. LV.

(8) A. -G. Hichtcr, Spec. Iherap. Berlin, 1821, t. II.

Y1*1* MALADIES DU TISSU CELU LAIRE

faits précédemment cités, c'est que les sangsues doivent être appliquées dans le lieu le plus convenable pour opérer cette déplétion, et ce lieu est le siège. N'oublions pas que, dans un cas assez grave, une seule sangsue, appliquée dans ce point, a suffi pour dissiper tous les symptômes.

Il est évident que la chaleur extérieure, le séjour dans une salle bien chaude, sont des moyens adjuvants d'une grande utilité. On doit par conséquent entourer l'enfant de laine, le frictionner avec une flanelle chaude, etc. Nous avons remarqué, et c'est un fait qu'il ne faut pas perdre de vue, quaud on veutapprécicr l'action d'un traitement quelconque, que, dans les castrés légers, le séjour dans un lieu chaud suffit, pour rendre aux enfants toute leur énergie, et pour faire disparaître tous les symptômes. Il est évident que si l'on faisait des expériences sur des cas semblables, on réussirait avec tous les moyens. N'y en avait-il pas un certain nombre de ce genre dans ceux qu'a rapportés Palletta? Toujours est-il que tout se réunit pour prouver que l'élévation de la température par les moyens artificiels a une efficacité incontestable.

Enfin, on doit veiller à ce que l'enfant ait une bonne alimentation, c'est-à-dire le lait d'une bonne nourrice.

RÉSUMÉ SOMMAIRE DU TRAITEMENT

Fomentations, fumigations émollientes, excitantes; vésicatoires aux jambes (Auvity) ; traitement antiphlogistique, bains de vapeur, chaleur, déplétion sanguine; riche alimentation, toniques, excitants; frictions térébenthinées, mercurielles, deutochlorure de mercure (Feiler).

ARTICLE IL

ANASARQUE.

§ I. — Définition, synonymie, fréquence.

On donne les noms (Vanasarque primitive ou idiopàthiqueà l'infiltration presque toujours très rapide de tout le corps, qui n'est la conséquence d'aucune autre maladie.

Comme les autres espèces d'anasarque, celle affection a reçu les noms de leucophlegmasie, hydropisie générale, hydroderrfia, hydrosarca. Elle est très rare, à tel point qu'il est des médecins qui. dans une assez longue pratique, n'en ont jamais vu d'exemple.

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