‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource] (volume 2)Chapitre 107 sur 344 · MALADTES DE L'APPAREIL LOCOMOTEUR · texte numérisé non relu

MALADTES DE L'APPAREIL LOCOMOTEUR

Les causes de cetle affection ont été peu étudiées. Sur cinq cas dont nous avons recueilli avec soin l'observation, quatre ont été observés chez des hommes de vingt à quarante ans, et un chez une femme de soixante-quatre ens.

Quant aux causes occasionnelles, on n'a pas pu en constater d'évidentes. On a avancé, il est vrai, que la maladie est produite par Y impression du froid, le corps étant en sueur, par l'exposition à la pluie, au froid humide, par le séjour dans un lieu humide; mais toules ces causes, qu'on a également attribuées au rhumatisme articulaire, n'ont pas été positivement constatées dans des cas d'arthrite simple aiguë bien déterminés.

On peut, à la rigueur, considérer comme des arthrites simples les cas dans lesquels l'inflammation de l'articulation survient dans le cours d'une blennorhagie, ou à la suite du cathéter isme, comme les chirurgiens, et M. Velpeau, en particulier, en citent des exemples.

§ III. — Symptômes.

Début. — D'après les faits que nous avons consultés, le début de l'arthrite simple aiguë est marqué par un état général plus ou moins remarquable. Tantôt c'est un simple malaise, avec céphalalgie, courbature et anorexie ; tantôt ce même malaise, et de plus des frissons répétés, ou un frissonnement presque continuel. Parfois c'est la douleur qui ouvre la scène, puis les phénomènes généraux se déclarent; mais en général, le début par des phénomènes locaux est beaucoup plus rare dans l'arthrite simple aiguë que dans le rhumatisme articulaire aigu.

Symptômes de la maladie confirmée. — La douleur qui occupe l'articulation est très rapidement intense; au bout de quelques heures, non-seulement les mouvements imprimés à l'article causent une vive souffrance, mais encore la pression est très douloureuse. En outre, lorsque la maladie occupe certaines articulations, et principalement l'épaule, qui, comme nous le verrons plus tard, est le siège de prédilection de celte affection, le décubitus, quel qu'il soit, est très difficile.

V articulation enflammée est chaude et offre une rougeur prononcée. Le gonflement est plus considérable, toutes choses égales d'ailleurs, que dans le rhumatisme t articulaire aigu. Ce qui le prouve, c'est que lorsque l'arthrite occupe l'épaule, on : constate facilement une augmentation notable du volume de celte articulation, tan- ■ dis qu'il résulte des recherches de Chomel et de M. Louis que, dans le rhumatisme articulaire, l'épaule ne paraît nullement gonflée, alors même que les douleurs y sont excessivement intenses.

Il est très difficile de dire, quand on considère certaines articulations en particulier, s'il y a un épiinchement dans l'articulation Dans les ouvrages de chirurgie, on • ne met pas en doute la formation du pus dans l'article, lorsque l'inflammation est très intense : rien ne paraît plus facilement admissible que la suppuration d'une articulation occupée par une inflammation franche; mais il sciait bon d'avoir à ce sujet des observations bien précises. On sait, en effet, aujourd'hui, combien il est important d'observer attentivement les faits, pour s'assurer que l'arthrite est spontanée dans toule la force du mol, c'est-à-dire qu'elle n'est sous l'influence M

ARTHRITE SIMPLE AIGUË. — SYMPTÔMES. 3f>l

d'une phlébite, ni de l'épanchement dans l'article de la matière tuberculeuse formée dans les os, ni d'une lièvre puerpérale Dans les cas où il en est ainsi, on a vu les tissus se corroder, les parois du foyer se détruire, une suppuration abondante se faire jour à l'extérieur, et les plus graves désordres se produire dans l'articulation.

Siège de la maladie. -- Le siège de prédilection de l'arthrite est une des deux épaules. C'est du moins ce qui résulte des faits observés, car nous n'avons jamais vu l'inflammation simple bien caractérisée occuper une autre articulation, si ce n'est dans le cours d'une blennorrhagie. Cependant d'autres observateurs l'ont vue fixée à une articulation coxo-fémorale, à un genou, à un pied.

Martin-Solon (1) a observé un cas d'arthrite blennorrhagique qui occupait cinq articulations à la fois. Les cas de ce genre sont très rares.

On a aussi mentionné des cas dans lesquels deux articulations ont été prises en même temps.

On a noté l'existence, dans celle affection, de douleurs lombaires intenses ; mais ces douleurs lombaires ont ordinairement précédé l'inflammation de l'article.

Dans les cas où la maladie a présenté les symptômes précurseurs, ces symptômes font des progrès ordinairement considérables. La fièvre prend de l'intensité ; le pouls est à 110, 120 pulsations, et quelquefois plus encore. La chaleur est vive. La céphalalgie augmente. Il y a un dégoût complet pour les aliments, de la soif, et généralement de la constipation. La douleur de l'articulation ayant un haut degré d'intensité, l'insomnie devient presque complète.

Cet état d'acuité dure quelques jours sans alternatives bien appréciables, puis la douleur se calme, les symptômes généraux s'apaisent, et bientôt le malade se sent parfaitement bien lorsqu'il n'imprime aucun mouvement à l'articulation ; mais dès qu'il veut faire un mouvement, la douleur se réveille, et une roideur considérable se fait sentir dans l'article. Plus tard, la douleur devient moindre et la roideur domine; mais cette roideur est telle que les mouvements sont très bornés, et que si l'on veut les forcer, on cause au malade de très vives souffrances. Ce dernier état se dissipe beaucoup plus lentement que la gène des mouvements qui succède au rhumatisme articulaire, et souvent, plusieurs mois après avoir complètement cessé de souffrir, les malades éprouvent la plus grande difficulté à exéuilerdes mouvements étendus; si, par exemple, ils ont une arthrite scapulairc, ils ne peinent pas élever leur main jusqu'à leur tête, ils ont de la difficulté à se Vêtir, etc. Noos avons même vu des cas dans lesquels le traitement le plus persévérant a, pendant fort longtemps, échoué contre cet état de l'articulation, et tout un hiver nous avons gardé à l'IIôtel-Dieu annexe un homme qui, à la suite d'une arthrite aiguë de l'épaule, est condamné a l'immobilité absolue du bras, sans que le traitement antiphlogislique le plus actif, les révulsifs, les dérivatifs, les fondants, les calmants, le repos absolu du bras, puis, en désespoir de cause, les mouvements forcés de l'articulation, aient fait autre chose que d'amener des améliorations passagères.

(l) Bulletin général de thérapeutique, mni 1847.

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