‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource] (volume 2)Chapitre 110 sur 344 · ARTHRITE SIMPLE CHRONIQUE · texte numérisé non relu

ARTHRITE SIMPLE CHRONIQUE

L'arthrite simple chronique a été, bien moins encore que l'arthrite simple aiguë, étudiée au point de vue sous lequel il nous importe de l'envisager.

Il ne faut pas confondre avec l'arthrite chronique la roideur, la gêne des articulations et l'ankylose qui succèdent à l'arthrite aiguë; ce sont des conséquences d'une maladie termiuée, et non des maladies nouvelles. Pour qu'où puisse dire qu'il existe une arthrite chronique, il faut qu'à la roideur et à la gène se joiguent de la douleur, et ordinairement un gonflement plus ou moins marqué des tissus.

L'arthrite simple chronique se montre de préférence, soit à l'épaule, soit aux genoux, soit dans une hanche.

Quelquefois elle se développe d'emblée avec son caractère chronique ; plus souvent elle succède à l'arthrite aiguë; elle condamne le membre à un repos absolu; elle occasionne de l'insomnie, surtout pendant les exacerbations, qui sont très fréquentes, et dans lesquelles la maladie reprend des caractères d'acuité plus ou moins tranchés; la douleur se propage souvent à toute l'étendue du membre, et celui-ci finit par s'émacier. Les autres détails donnés par les auteurs se rapportent particulièrement à l'arthrite par violence extérieure, et c'est dans les traités de chirurgie qu'il faut les chercher.

Le traitement de l'arthrite chronique ne diffère de celui de l'arthrite aiguë que parce que les topiques irritants y tiennent une plus grande place. Lorsque lessym» ptômes d'acuité se reproduisent, il faut recourir aux émissions sanguines.

M. Trousseau (1) a rapporté des faits dans lesquels l'application du calorique concentré autour des articulations malades a produit une amélioration prompte, et même la guérison. L'emploi de ce moyen consiste à entourer l'articulation de sachets de sable chauffés au point de rendre leur contact désagréable. Dès que les sachets sont refroidis, il faut les remplacer par d'autres chauffés au même degré.

% Legroux (2) a cité des cas dans lesquels il a réussi à guérir les arthrites très rebelles, localisées dans une articulation, .à l'aide de cautérisations avec l'acide sulfurique concentré, pratiquées de la manière suivante :

On imprègne un pinceau d'acide concentré et ou le passe sur les points les plus douloureux de l'articulation. Un laisse sécher sans essuyer, et il reste une eschai e peu profonde, d'un jaune brunâtre, qui laisse rarement une cicatrice. Ce moyen, qui n'est pas douloureux au moment de l'application, le devient beaucoup dans la journée, et n'a pas autant de puissance que la cautérisation transcurrentc, exempte de tout inconvénient (voy. Névralgies. T. I", p. b\>7).

M. le docteur Bicchi (o) emploie contre l'arthrite chronique la pommade au nitrate d'argent, dans la proportion suivante : , t

(1) Bulletin génér. de thérap., septembre 1817.

(2) Union médicale, octobre L84Ô.

(3) Voy. Joum, des connaiss. méd.-chir,, mars 18i7.

3'r>() MALADIES DE L'APPAREIL LOCOMOTEUR.

Tf Nitrate d'argent 5 gram. | Axonge 32 gram.

Pour frotter l'articulation largement une fois par jour.

Ce moyen avait déjà été mis en usage par "W. Adams et Guthrie.

Bonnet (de Lyon) a employé avec succès, dans les inflammations chroniques des articulations, les cataplasmes à l'alcool camphré (1), qui lui ont réussi dans l'arthrite aiguë. Les larges vésicatoires, la cautérisation transcurrente, les moxas, V acupuncture, les douches de vapeur, les bains de vapeur, les narcotiques, ont été mis en usage. L'arthrite chronique spontanée ou de cause interne étant une affection très rebelle, surtout quand eile siège à l'épaule, en désespoir de cause, on a conseillé d'imprimer des mouvements forcés, dans le but de ramener la souplesse dans l'articulation ; mais cette manœuvre doit augmenter beaucoup les accidents, el l'on doit ordinairement s'en abstenir.

ARTICLE III

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