‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource] (volume 2)Chapitre 113 sur 344 · OTITE AIGUË EXTERNE · texte numérisé non relu

OTITE AIGUË EXTERNE

Cette otite reconnaît pour causes principales l'action de corps irritants sur le conduit auditif, l'introduction de corps étrangers, l'accumulation du cérumen, l'action des instruments introduits dans l'oreille pour certaines opérations. Le plus

(1) Traité des malalies des articulations. Paris, 184 5, 2 vol. in-8, et allas de 16 pl. in-4. — Traité de thérapeutique des maladies articulaires. Paris, 1853, in-8 avec 90 pl. — Nouvelles méthodes de traitement des maladies articulaires, 2" édit., accompagnée de 17 planches intercalées dans le texte et d'un recueil d'observations sur la rupture de l'ankylose. Paris, ■1860, in-8.

(2) Essais sur la méthode sous-cutanée appliquée aux plaies en général et aux plaies des articulations. Paris, (841, in-8.

(3) De la ténolomie sous-cutanée, ou des opérations qui se pratiquent, pour la gnérison des pieds bots, du torticolis, de la contracture de la main et des doigts, des fausses ankyloscs angulaires du genou, du strabisme, de la myopie, du bôgayement, etc. Paris, 1841, in-8.

(4) De L'électrisalion localisée, et de son application à la pathologie et à la thérapeutique, 2e édit. Paris, 1860, 1 vol. in-8 avec, ftg,

(5) Galvanothérapie, ou de l'application du courant galvanique constant au traitement des maladies nerveuses et musculaires. Traduit par le docteur Alphonse Morpain, avec des additions de l'auteur. Paris, I8G0, in-8.

souvent elle est causée par l'action du froid sur les oreilles. On a vu quelquefois l'otite se développer par suite de l'introduction dans l'oreille de parasites, tels que des vers, des poux, des mouches (1). Elle se manifeste plus volontiers chez les enfants qu'aux autres âges de la vie.

Symptômes. — La douleur est le premier symptôme qui annonce la maladie. Elle est d'abord faible, souvent prurigineuse, puis elle va en augmentant et peut devenir très aiguë, ce qui s'explique par la densité des tissus envahis. Les mouvements de la mâchoire inférieure retentissent douloureusement dans le conduit auditif.

L'impression de la chaleur trop forte, aussi bien que du froid, augmente la douleur.

En même temps l'ouïe devient dure, et cette dureté d'oreille va en augmentant avec l'inflammation; il y a des bourdonnements, des sifflements d'oreille.

Dans les cas où l'inflammation est très intense, la douleur s'étend à toute la tète ou à un de ses côtés; mais ces cas ne sont pas les plus fréquents.

L'inspection du conduit auditif fait reconnaître : d'abord la rougeur et la sécheresse de ce canal, puis un plus ou moins grand nombre de boutons, d'abord petits, ensuite plus gros, qui se remplissent de pus. A une époque plus avancée, on constate la rupture de ces boutons et une ulcération consécutive, et, dans certains cas, un gonflement, un boursouflement considérable de la muqueuse.

L'écoulement du pus vient ordinairement, au bout de trois ou quatre jours, calmer la douleur. C'est d'abord un liquide ténu, puis un pus véritable qui a parfois une odeur fétide. Quelquefois le boursouflement de la muqueuse est tel qu'une certaine quantité de pus est emprisonnée derrière cet obstacle, d'où résulte une douleur très vive; il faut être prévenu de la possibilité de cet accident, afln dy porter promptement remède.

Ordinairement les symptômes généraux sont légers. Cependant toujours la douleur occasionne une certaine anxiété, du malaise, et souvent l'insomnie. Dans quelques cas, l'inflammation étant violente et profonde, la fièvre s'allume, et il y a de l'agitation ; mais tout le monde s'accorde à dire que, lorsqu'il y a une douleur excessive et profonde, lorsqu'il survient une agitation très grande, du délire, une fièvre considérable, c'est que l'inflammation s'est étendue à la cavité du tympan, car par elle-même l'otite externe n'est pas capable de donner lieu à des symptôme?

aussi graves. . .

La marche de la maladie est continue, bien que la douleur ait par moments, et surtout la nuit, de grandes exacerbations. La durée des symptômes violents est comme nous l'avons dit plus haut, de trois à quatre jours ; celle de la suppuration est souvent plus considérable. La terminaison ordinaire est une guérison prompte, parfois elle se fait attendre, les ulcérations ne se cicatrisant pas; et d autres lois aussi l'otite passe à l'état chronique. 1 Nous ajouterons seulement quelques mots sur le traitement en les emprunt.

à l'article de M. Velpeau (-2).

(1) Hard, Traité des maladies de l'oreille et de l'audition, 2" édit. Paris, l**2)*^ in-8 avec 3 pl. - Davaine, Traité des éntozoaires et des maladws vermtneuses de Ihomm et des animau.r domestiques. Paris, 1860, in-8, p. Ht- .. ,77.

(2) Dict. deméd.,ou Répert. des se. méd., en 30 vol., art. Oreille (pathol.), t. XXll, P-

otite aiguë intekm:.

(i Si l'iuflammatioi), dit-il , est bornée au conduit auditif, s'il y a peu de symptômes généraux, des injections émollientes, des cataplasmes maintenus sur l'oreille , l'éloiguement des causes qui ont produit ou qui entretiennent l'inllammation suffisent souvent pour faire avorter la maladie avant qu'aucun flux muqueux ou purulent se soit établi. Si la douleur est vive, il faut avoir recours aux injections calmantes et narcotiques, faites, par exemple, avec une solution de cinq à six grains d'opiwn dans p»r décoction de guimauve et de têtes de pavot . Itard (1 ) conseille, dans le même cas,, de placer dans le conduit auditif un bourdounet de coton d'ans lequel sont enveloppés quelques grains de camphre. Alors aussi une ou plusieurs applications de sangsues derrière l'oreille ; et si même l'état aigu ne cède pas sous l'influence de ces moyens, le chirurgien ne doit pas hésiter à pratiquer une saignée générale. L'écoulement une fois établi, il faut remplacer les injections narcoliques par d'autres émollientes, comme celles de lait tiède, d'eau de guimauve. Enfin, les pédiluves sinapisés, des dérivations sur le tube intestinal, sont encore souvent très utiles. »

2" otite aiguë interne (otite aiguë de la caisse (2).

Causes. — Les causes de l'otite interne ne se trouvent pas ordinairement dans une violence extérieure ou dans l'action d'un corps étranger. Nous avons vu que parfois l'otite externe pouvait gagner la cavité du tympan; mais le plus souvent on ne trouve d'autre cause à l'affection que l'action du froid, ou bien cette tendance qu'ont certains organes à s'enflammer secondairement dans le cours ou dans la convalescence d'une maladie grave, telle que la fièvre typhoïde, la variole, etc. Tous les auteurs conviennent que, dans la production de cette maladie, il faut reconnaître souvent une prédisposition non douteuse.

Symptômes. — La douleur est généralement beaucoup plus vive que dans l'otite externe, et cela à une époque rapprochée du début. Elle est profonde, continue, avec des exacerbations plus ou moins violentes. Elle reste souvent fixe dans une oreille, parfois elle s'irradie à tout un côté du crâne. Elle arrache de vives plaintes au malade. Il y a en outre une sensation de. plénitude et des battements dans la cavité du tympan. La surdité est marquée et causée par l'obstruction de la trompe et par la raréfaction et même l'absorption de l'air contenu dans la caisse (3).

En même temps on voit survenir de l'agitation, de l'insomnie, parfois des verliges, du délire, et même des convulsions.

La fièvre ne larde pas à s'allumer. Il y a de la soif, une perte plus ou moins complète de l'appétit, de la chaleur à la peau, de la céphalalgie, qu'il ne faut pas confondre avec la douleur causée par l'inflammation.

Ces symptômes violents, lorsque l'affection est simple et que les os et les cartilages ne sont pas altérés, durent ordinairement trois ou quatre jours, puis le malade sent le pus s'échapper par le conduit auditif externe, et ordinairement il en

(1) Trait/', ries maladies de VortiUr, el rie l'audition, nouvelle édition. Paris, 1842.

(2) Bonnafont, Traité thènrifjue et pratique des maladies de Voreille. Paris, 1860, in-8".

(3) Idem, tbid.

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sort un flot qui mouille l'oreiller. Dès ce moment il se manifeste un soulagement des plus marqués, la douleur cesse brusquement avec l'agitation et les aut esTymp tomes concomnants. Le .naïade peut s'endormir paisiblement. Dans que.ques'cas i iè^-gorge d'Eustache que s'écoule le pus qui tombe alors dans l'ar-

Les jours suivants, le pus continue à s'échapper; il est quelquefois fétide. Puis il diminue peu à peu, et, au bout de peu de temps, la maladie se termine par la guenson, sans laisser de traces. 1

[Mais avant que le pus se soit fait jour de lui-même, soit par la trompe d'Eustacne, soit par la membrane du tympan ulcérée, il est bon de diagnostiquer l'imminence de cette terminaison pour la prévenir, et surtout pour empêcher l'issue du pus a travers les cellules mastoïdiennes.

A cet effet, on pratique de bonne heure le cathétérisme du conduit auditif externe, soit avec le spéculum plein de M Oehan, dont la forme est celle d'un cône creux, soit avec le spéculum droit à valves d'Itard, soit avec le spéculum corrbe de M. Triquet.

Par ces moyens explorateurs, on découvre assez aisément l'accumulation du pus dans 1 oreille moyenne, parce que sa couleur jaunâtre se voit sur le tympan, dont la concavité externe est remplacée par une convexité dans le même sens. En même temps, cette membrane a perdu ses reflets blancs irisés, et le manche du marteau cesse d'être visible par transparence.

De cet examen, il sera permis de conclure que l'otite interne aiguë est phlegmoneuse et non pas seulement catarrhale, et qu'il y a lieu, ou de pratiquer le cathétérisme de la trompe afin d'évacuer le pus de ce côté, ou, si cette manœuvre est insuffisante, de pratiquer la perforation du tympan. Cette perforation se fait par le crayon de nitrate d'argent aiguisé ou avec le stylet. La première opération défendra, s'il est possible, le tympan de l'ulcération qui est imminente; la perforation devra prévenir la migration du pus vers les cellules mastoïdiennes.

En tout état de cause, l'absence d'intervention du médecin exposerait au moins le malade à d'autres accidents graves, tels que le ramollissement des cartilages, les diverses altérations des os, la propagation de l'inflammation aux membranes cérébrales et même au cerveau; mais les premiers doivent être étudiés dans les traités de chirurgie, et les autres ont été suffisamment indiqués dans l'histoire des affections cérébrales. ]

La marche de la maladie est, comme nous venons de le voir, continue et rapide. La durée est généralement comte; cependant il arrive quelquefois que la seconde période, c'est-à-dire celle qui est caractérisée par l'écoulement du pus au dehors, se prolonge pendant un temps assez long. La terminaison ordinaire de l'otite aiguë simple est la guérison. Les cas dans lesquels l'inflammation se propage aux organes intra- crâniens sont presque tous compliqués.

Le diagnostic ne présente ordinairement pas de difficulté lorsque l'affection est simple, et nous avons déjà dit plusieurs fois que nous ne devions pas nous occuper des cas compliqués. On distingue l'otite interne de l'otite externe par l'exploration du conduit auditif. L'absence de foui signe d'inflammation dans celui-ci, jointe à la douleur vive et profonde et au mouvement fébrile, suffit pour fixer le jugement du médecin.

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