‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource] (volume 2)Chapitre 114 sur 344 · OTITE AIGU1£ INTERNE · texte numérisé non relu

OTITE AIGU1£ INTERNE

[Le diagnostic de l'otite interne n'exige pas seulement qu'elle soit distinguée de l'otite externe; il est indispensable, pour fixer le pronostic et le traitement, de préciser si le cas actuel appartient à l'otite catarrhale pure ou à l'otite phlegmoneuse, sans parler de l'otite des fièvres graves qui se distingue assez nettement des deux premières par les signes anamnestiques.

L'otite catarrhale naît du froid humide; l'otite phlegmoneuse, des fièvres graves et de certaines prédispositions diathésiques. La première est peu douloureuse et offre une réaction fébrile assez peu intense. La seconde offre une douleur vive une réaction violente, des troubles cérébraux. Si l'on fait pénétrer dans la caisse du tympan une douche d'air au moyen du cathétérisme de la trompe et du soufflet de Kramer, dans le premier cas elle diminue la surdité et fait entendre une crépitation fine; dans le second, la douche d'air aggrave tous les symptômes et fait entendre un bruit de gargouillement (1).

L'otalgie offre un signe commun avec les deux maladies précédentes, mais cette douleur est intermittente et non continue ; elle monte tout d'un coup à son maximum d'intensité, et se calme de même pour laisser éclater d'autres accès de douleur dans un foyer voisin dépendant de la cinquième paire.]

traitement. - Nous avons dit plus haut que l'otite aiguë se termine ordinairement par la rupture de la membrane du tympan et par l'écoulement du pus au dehors et que dans quelques cas rares, c'est par la trompe d'Eustache que l'écoulemem a neu. Avant d arriver à ce moment, il faut employer des moyens propres à calmer tes douleurs et 1 agitation qui en est la conséquence. Pour cela on a recours à la saignée générale, aux sangsues appliquées derrière l'oreille; aux émollients, et principalement aux cataplasmes fréquemment renouvelés; aux calmants, et principalement a l'opium. Comme moyens adjuvants, on emploie les pédiluves sinapises, les purgatifs, etc.

[On prescrira surtout avec avantage les bains d'oreille pris de la manière suivante: Je malade inclinera la tète de côté, l'oreille malade tournée en haut on remplira le condu.t avec une décoction à parties égales de pavot et de racine de guimauve, a température tiède ; le malade se trouve souvent beaucoup mieux- < une température froide. Ces bains seront renouvelés plusieurs fois dans la journée et le malade les gardera le plus longtemps possible (2).]

ilais il peut arriver que le pus emprisonné dans le tympan ne puisse se frayer un me passage au dehors. En pareil cas, les accidents se prolongent, et le séjour du vanT M vT °CÇasion!ier des ^rations graves des os et des cartilages. Voici, sui- • elpeau, à qui nous croyons devoir encore emprunter ce passage, la conduite

tablé"' 1 CCtlC circonstance : " Le Pus ai,lsi formé constitue, dit-il (3), un vérie abcès, et il est de la plus haute importance de hâter son évacuation. Deux oyensse présentent : ou bien désobstruer la trompe d'Eustache, ou perforer la ^'mbrane du tympan... Par l'une ou l'autre de ces deux pratiques, on est plut<eurs fois Parvenu à donner an liquide une issue Suffisante, à arrêter l'inllamma- 10» dans sa marche, et à mettre lin à la maladie. Toutefois la perforation de la

11! !'ruIuet' Traité pratique des maladies de l'oreille, 185" 2) Bonnafont, loc. cil.

(3) Idem, loc. cit., p. 378.

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membrane du tympan e$t ordinairement préférable, bien qu'elle détruise une partie naturelle, parce que l'ouverture, ainsi pratiquée, reste facilement libre et béante, tandis que la trompe est sujette à se boucher de nouveau, soit par le gonflement de sa membrane, soit par le pus. Chez plusieurs malades, Itard a réussi à guérir l'otite interne par la rupture artificielle de la membrane t\ inpaniquc.

>» Après cette rupture, la caisse ne se vide pas toujours du produit qu'elle contient. Il est des eus où elle renferme, au lieu de pus liquide, une matière épaisse, concrète et adhérente aux parois de la cavité, de sorte qu'il faut l'aller chercher avec un stylet, ou bien la délayer avec des injections poussées avec force. L'inflammation cède ordinairement, une fois le foyer ouvert au dehors. Mais ce n'est pas tout ; il reste encore à lutter contre le séjour et l'accumulation du pus. La situation profonde du foyer, cette circonstance que son fond forme une cavité plus large que ne l'est l'ouverture de sortie, rendent souvent inutile la communication extérieure, et au lieu de se déterger, de se tarir, l'abcès se convertit en fistule. Joignez à ces causes l'altération que peuvent avoir éprouvée les parois osseuses de la caisse, et vous concevrez comment l'otite interne aiguë amène si fréquemment l'otite chronique ou otorrhée. » Il est presque inutile d'ajouter que d'abord les injections doivent être émollientes et calmantes, et que si, plus lard, l'inflammation paraît avoir de la tendance à passer à l'état chronique, on a recours aux injections légèrement excitantes et délersivcs.

ARTICLE 11

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