URTICAIRE. — TRAITEMENT
vues une seule fois, pour ne jamais les confondre avec les plaques de l'urticaire.
* Vwticaria tubcrosa pourrait, dans quelques circonstances, être confondue avec Verythema nodosum. La marche aiguë, continue et persistante de l'érythème suffira, dans tous les cas, pour le séparer de cette variété grave de l'urticaire, qui se présente avec des caractères tout à fait opposés. »
Il est évident, d'après ce que nous avons dit plus haut que le pronostic de l'urticaire n'est pas grave. Vurticaria tuberosa constitue seule une maladie sérieuse.
S VI, — Traitement.
Il nous suffira de présenter le passage suivant de M. Cazenave, qui indique très bien au médecin la conduite qu'il doit tenir dans les différents cas ; mais nous signalerons auparavant l'utilité des émissions sanguines , et principalement de la saignée générale, lorsque la fièvre est intense et l'agitation grande. Toujours, en pareil cas, la saignée apporte du jour au lendemain un calme remarquable, et ne produit jamais le moindre accident.
« L'urticaire, dit M. Cazenave, qui est le résultat de causes directes, ne réclame, le plus souvent , aucun traitement. Des applications locales acidulées, un bain tiède ou deux, des limonades légères , seraient les seuls moyens à employer, si l'éruption ne disparaissait pas promptement. Des lotions avec Y acétate de plomb liquide étendu d'eau, avec une dissolution de sous -carbonate de potasse, ou même des bains entiers, rendus alcalins par l'addition de ce sel, sont quelquefois nécessaires pour calmer les démangeaisons très vives, surtout lorsque l'éruption a été produite par le contact de certaines chenilles.
» Vurticaire fébrile simple cède facilement à un régime sévère, à des boissons rafraîchissantes et à quelques bains tièdes. De légers purgatifs sont souvent utiles. Mais lorsqu'elle est le résultat de l'ingestion de certains aliments, il faut se hâter de provoquer le vomissement, s'il n'a pas déjà eu lieu. On donnera ensuite une boisson fortement acidulée (eau d'orge avec 1 ou 2 grammes d'acide sulfurique médicinal par pinte), ou bien de l'eau sucrée, et, choque demi-heure, de trente à quarante gouttes d'éther sur un morceau de sucre. »
M. Stanislas Martin (1) avance qu'une cuillerée à bouche A'alcoolat de mélisse dissipe presque instantanément le ballonnement du ventre, les envies de vomir et les démangeaisons de la peau, lorsque l'urticaire est produite par des aliments irritants, et surtout par les moules.
« L'urticaire chronique, ajoute M. Cazenave, est bien plus difficile à guérir ; on devra surtout alors insister sur le régime, en ayant soin de supprimer tout ce qui paraît exercer quelque influence sur le développement de l'éruption. Dans quelques cas, il est bon de changer entièrement les habitudes du malade. Des émissions sanguines générales, ou l'application de quelques sangsues à l'anus, pourraient être fort utiles chez les jeunes gens pléthoriques et chez les femmes mal réglées. Les bains tièdes simples, quand la maladie dure trop longtemps, produisent un résultat moins avantageux que les bains alcalins et les bains de vapeur , ou même 'es douches de vapeur, quand l'éruption affecte un siège de prédilection. Des bois-
(t) Bulletin gcn. de thérap., mai 1850, p. 410.
sons acidulées, de légers laxatifs, sont les moyens qu'il convient le mieux, dans la plupart des cas, d'adjoindre aux précédents. »
Dans un cas très rebelle, où un grand nombre de médications avaient été employées en vain, M. le docteur Fabre (1) conseilla au malade de s'envelopper quelque temps avant la période d'exacerbation, dans un drap mouillé qu'il renouvelait au besoin s'il s'échauffait trop vite. Après trois semaines de ce traitement, l'exanthème avait disparu.
M. le docteur Marrotte (2) a obtenu la guérison d'une urticaire chronique, qui avait résisté pendant plus de six mois à des médications diverses, à l'aide de pilules contenant 0,05 gram. d'extrait à' aconit, à la dose de deux par jour d'abord, et portées rapidement jusqu'à douze. En trois semaines la guérison fut complète.
« Lorsque l'urticaire, dit M. Cazenave, accompagne une fièvre intermittente, il faut combattre celle dernière affection par une médication convenable. C'est ainsi que l'on obtient quelquefois beaucoup de succès du sulfate de quinine ; les accès fébriles cessent, et le plus souvent avec eux disparaît l'éruption. Enfin, si le quinquina avait échoué et si l'urticaire intermittente se présentait avec les symptômes graves dont nous avons parlé, nous avons vu plus haut qu'on pourrait avoir recours à la solution de Fowler avec des chances de succès. »