‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource] (volume 2)Chapitre 126 sur 344 · URTICAIRE. — SYMPTOMES · texte numérisé non relu

URTICAIRE. — SYMPTOMES

§ III. — Symptômes.

Dans la description des symptômes de l'urticaire, on a admis diverses espèces distinctes. Les principales sont : l'urticaire fébrile, Yurticaria evanida, Yurticaria tuberosa.

1° Urticaire fébrile. — Elle s'annonce par des symptômes fébriles d'une intensité variable et de plus ou moins longue durée (quelques heures ou quelques jours). Ces symptômes consistent dans un malaise général, des horripilations, des frissons, de la céphalalgie, des douleurs épigas triques, des nausées, des lipothymies.

Au bout d'un temps variable, il survient un prurit incommode et souvent insupportable ; une chaleur plus ou moins vive par tout le corps, et bientôt on voit apparaître sur une partie du corps plus ou moins étendue, et principalement sur les épaules, les lombes, les cuisses, des élévations tantôt roses, tantôt d'un rouge assez foncé ou d'un rouge vif, tantôt pâles , comme si elles étaient constituées par une suffusion séreuse du derme, tantôt enfin pâles dans leur centre, et plus ou moins rouges à leur pourtour.

Leur forme est variable, circulaire, ovale, irrégulière ; leur étendue très diverse; leurs bords sont durs. Leur nombre est également très variable, car tantôt on n'en voit qu'un petit nombre assez distinctes les unes des autres; tantôt, au contraire, elles sont confluentes, et, dans ce dernier cas, elles couvrent assez souvent tout le corps. Koch (1) affirme qu'il en a vu jusque dans la bouche.

Un prurit souvent insupportable, augmentant par la chaleur du Ut et aussi par les frottements exercés par le malade, est un phénomène constant.

Ordinairement les plaques, considérées individuellement, n'ont qu'une courte durée; cette durée peut n'être que de quelques minutes ou d'une ou plusieurs heures. Quelquefois cependant elles se montrent pendant un et même plusieurs jours; mais ces derniers cas sont très rares. Il en résulte que l'éruption consiste en une apparition plus ou moins rapide de plaques, se montrant ça et là, et disparaissant pour être remplacées par d'autres. Il est même assez commun de voir l'éruption diminuer très notablement, disparaître presque complètement pendant plusieurs heures pour se reproduire de nouveau.

Parfois la disparition, le retour des plaques sont périodiques; l'urticaire est alors intermittente; et ce qui prouve qu'elle est de la nature des fièvres de ce nom, c'est qu'elle cède promptemeat au fébrifuge. D'autres fois, comme nous l'avons dit plus haut, elle accompagne tout simplement une lièvre intermittente, et cède avec elle au sulfate de quinine.

De la présence des plaques sur divers points du corps il résulte un gonflement des tissus, avec gêne des mouvements. Ainsi les lèvres, les paupières s'épaississent et s'ouvrent plus difficilement. Les articulations sont un peu tuméfiées et roides. Parfois Yérythème se joint à l'urticaire; en pareil cas, le gonflement et la roideur soin plus considérables, el la maladie se termine par une desquamation qui n'appartient nullement à l'urticaire.

Les symptômes généraux ont une intensité des plus variables. Quelquefois la

(1) Progr. de febr. urtic. Leipzig, 1792.

«>y- MALADIES DE LA PJEAU.

fièvre est intense le premier et le second jour ; il y a une vive agitation et même du délire. Bien plus souvent, le mouvement fébrile est très modéré.

L'appétit est généralement perdu au début; mais il est rare qu'il y ait des symptômes un peu notables du côté des organes digestifs, à moins qu'il ne s'agisse de ces cas où la maladie est causée par l'ingestion des substances alimentaires ou médicamenteuses mentionnées plus haut. Alors ou observe quelquefois des vomissements, avec diarrhée plus ou moins abondante, des coliques. Ces symptômes paraissent être ceux d'une simple indigestion ; mais quelquefois ils sont si violents, qu'on est en droit de supposer un empoisonnement par une substance acre.

Après des apparitions plus ou moins nombreuses, les plaques de l'urticaire disparaissent sans laisser aucune trace.

2° Urticaria evanida. — Cette variété est particulièrement remarquable par sa marche, qui est chronique ; mais elle a aussi quelque chose de particulier sous le rapport de l'éruption. Les plaques, ordinairement irrégulières et allongées, ressemblent aux marques d'une flagellation récente. Elles se montrent pendant quelques heures, puis disparaissent, pour se reproduire une ou plusieurs fois dans les vingtquatre heures.

3° Urticaria tuberosa. ■ — V urticaria tubcrosa est la plus grave de toutes. L'éruption est constituée non plus par de simples plaques superficielles, mais par des espèces de nodosités pénétrant assez profondément dans le derme, et occasionnant dans les parties une tension et une gêne considérables.

Dans cette variété, les symptômes généraux sont ordinairement intenses; l'éruption se produit habituellement le soir, et le lendemain il reste un abattement notable. Dans quelques cas, on a vu , au lieu de simples indurations, se produire des ecchymoses, des ruptures, un gonflement énorme, avec suffocation, agitation, gêne extrême des mouvements ; mais ces cas sont exceptionnels.

§ XV. — Marche, durée, terminaison de la maladie.

La marche de Yurticaire fébrile est rapide. Il y a plusieurs éruptions ; mais elles ne sont pas interrompues par des intervalles aussi tranchés que dans les autres variétés, à moins que la maladie, ne complique une fièvre intermittente. La durée de cette espèce est d'un septénaire environ. Uurticaria evanida, dont la marche est chronique, ainsi que je l'ai dit plus haut, a ordinairement une durée de deux mois; elle peut durer beaucoup plus longtemps; etVurticaria tuberosa persiste quelquefois pendant des aimées. Il est au moins excessivement rare que l'urticaire se termine par la mort. Les auteurs qui se sont occupés des maladies de la peau' ont admis la possibilité de celte terminaison , mais on n'en a pas cité d'exemple.

§ V. — Diagnostic, pronostic.

« Dans le lichen urticans, qui pourrait, dit M. Cazenave, en imposer pour quelques cas d'urticaire, les papules sont arrondies, bien moins étendues , moins saillantes ; leur teinte est plus foncée; elles sont plus résistantes sous Je doigt; elles ne disparaissent jamais spontanément, et enfin elles présentent toujours, aux environs, les éléments propres du lichen : de véritables papules, qu'il suffit d'avoir

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