‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource] (volume 2)Chapitre 139 sur 344 · HERPÈS. — TRAITEMENT · texte numérisé non relu

HERPÈS. — TRAITEMENT

Pronostic. — Dans la plupart de ses formes , l'herpès est une maladie qui n'a rien de grave; il parcourt rapidement ses périodes sans porter une atteinte profonde à la santé générale. V herpès prœputialis chronique a pour effet, par sa persistance et par les inconvénients qu'il entraîne, de plonger souvent les malades dans une tristesse et un découragement qui font de cette affection une de celles qui méritent le plus d'attirer l'attention du médecin. Quant à l'herpès toitsurant il a une longue durée et il est difficile à guérir ; en outre, sa propriété contagieuse lui donne un caractère de gravité qu'on ne saurait trop se rappeler lorsqu'on est appelé dans des maisons où des enfants sont réunis en plus ou moins grand nombre.

S VII, — Traitement.

Le peu de gravité qu'offre l'herpès, la difficulté bien connue de l'empêcher de parcourir régulièrement ses périodes dans ses formes aiguës, font que le traitement de cette maladie se résume dans quelques détails, dont les plus importants sont ceux qui se rapportent à certaines variétés remarquables par leur longue durée.

^ 1° Traitement de i herpès à l'état aigu. — Quand la maladie est légère, que l'éruption se fait sur une surface peu étendue et que les symptômes généraux sont nuls ou peu marqués, le repos, l'usage d'une tisane rafraîchissante, telle que l'eau d'orge, la limonade, une diète légère, suffisent, et la guérison est obtenue vers la fin du premier septénaire.

Si, au contraire, les groupes vésiculeux se développent en grand nombre et s'accompagnent d'un mouvement fébrile prononcé avec une douleur violente dans les points occupés par l'éruption, comme cela a lieu parfois dans Y herpès zona, quelques médecins ont conseillé les émissions sanguines générales et locales. Si, malgré l'emploi de ces moyens, ces premiers symptômes persistent, M. Rayer revient volontiers à la saignée. « Lorsque, dit-il, les malades se refusaient à l'emploi de la saignée, je faisais appliquer une guirlande de sangsues vers les points les plus douloureux, et je prescrivais une pilule ou une potion narcotique pour le soir. Le prompt soulagement qu'on obtient ainsi se fait toujours attendre plusieurs jours lorsqu'on se borne à une méthode purement expeclante. »

Les purgatifs rejelés formellement par Bateman, les vomitifs administrés sans succès par M. Rayer, sont maintenant bannis du traitement de l'herpès. Les faits ayant prouvé que jes idées théoriques qui faisaient croire à l'existence des saburres, de 1 embarras gastrique, n'ont réellement pas de fondement, on a dû abandonner 1 usage de ces moyens.

Aujourd'hui la médication topique, presque réduite à quelques précautions pointe plupart des formes de l'herpès, ne reçoit d'application importante que dans quelques variétés. C'est par là que nous finirons d'exposer ce qu'il importe de savoir sur le traitement d'une affection où l'art n'a, en quelque sorte, besoin d'intervenir qu'exceptionnellement.

Ce que M. Cazenave dit des effets des topiques à l'occasion du zona donne parlement une idée de l'emploi qu'on peut faire de ces moyens dans les autres formes aiguës de l'herpès. Nous citons textuellement :

11 II faut, dit M. Cazenave, être dans le zona très sobre d'applications topiques prtout de celles que semble indiquer l'acuité même de l'éruption. Ainsi l'on pour- Valleix, 4° édh. — V. 27

mit être tente de combattre l'inflammation par des cataplasmes, par des lotions émollientes; il faut; au contraire, rejeter ces moyens, qui oui pour effet de macérer les vésicules, d'en faciliter le déchirement el de préparer ainsi au malade toutes les souffrances qui résultent de cet accident.

» Parmi les topiques dont l'emploi peut être utile, il faut citer l'eau saturnine employée en lotions, puis le cérat quand les vésicules se sont ulcérées; mais il en est un bien simple, que j'emploie depuis bien des années et qui m'a toujours donné de très bons résultats. Pour empêcher ou au moins atténuer autant que possible le déchirement des vésicules, je fais oindre les points malades d'un peu d'huile douce, puis je fais saupoudrer avec de l'amidon sec. Il en résulte une sorte d'enduit inerte qui abrite la vésicule et lui permet de suivre toutes ses phases sans être exposée à une cause de rupture; au contraire, elle se flétrit très rapidement, se sèche sur place, el la maladie se termine par résolution. »

Celte méthode est adoptée généralement aujourd'hui. En ajoutant qu'on emploie avec avantage quelques lotions d'eau fraîche, ou additionnée de quelques gouttes d'acétate de plomb liquide dans Yherpcs labial 7s, des injections mucilagineuses émollientes pratiquées entre le prépuce et le gland dans Y herpès pmputialis, quelques bains tiedes vers la fin de V herpès phlfpténoide, nous aurons indiqué les principales applications topiques qui conviennent dans les formes aiguës de l'herpès.

Collodion. — Nous ajouterons seulement que M. Briquet (1) assure que le collodion, appliqué de bonne heure sur les plaques du zona, arrête immédiatement leur marche et fait cesser toute douleur. Nous avons employé plusieurs fois cette médication, mais le succès n'a pas été aussi complet : les vésicules ont acquis, il est vrai, moins d'élévation, mais souvent elles se sont étendues en largeur; les douleurs ont été calmées, mais non complètement dissipées. Cependant il n'est pas douteux que le collodion, surtout quand on y ajoute 1 gramme d'huile de ricin pour 30 grammes, ce qui l'empêche de s'écailler, ne soit un très bon moyen protecteur pour les vésicules.

L'herpès circiné est combattu avec avantage, selon Balemau, par les topiques astringents et légèrement stimulants. M. Rayer préconise la cautérisation légère avec le nitrate d'argent. Ce moyen est rejeté par M. Cazenave, qui emploie avec avantage les lotions légèrement acides, alcalines, alumineuses. Pour hâter la résolution des plaques, ce dernier auteur conseille les onctions avec la pommade suivante :

y Catomel 2 gram. | Axonge 30 ?ram-

Mêlez.

La cautérisation des vésicules, pratiquée dans le but d'en abréger la durée et de diminuer les douleurs, est un moyen qui, dans beaucoup de cas, a l'inconvénient d'exaspérer et d'aggraver les symptômes. Elle est réservée, par beaucoup de médecins qui en redoutent l'usage, à quelques cas exceptionnels; mais M. Rayer, qui l'a tentée dans le zona, est arrivé à conclure que si, après avoir ouvert el épuise les vésicules, on touche légèrement leur intérieur avec le nitrate d'argent, de manière

(1) Uull. yén. de thérap., I* septembre 1850.

Page 1