GALE. — SYMPTOMES
une retraite assez sûre dans les plis de la peau ni dans les poils qui la recouvrent, se creuse un abri sous l'épidémie, et c'est dans celte espèce de terrier qu'il se tient caché tout le jour; la nuit, pour pourvoir à sa subsistance, il abandonne sa retraite, parcourt tout le corps, l'attaque sur plusieurs points, et chacune de ses morsures produit une petite vésicule. Au point du jour, l'insecte rentre dans son gîte.
Après les détails dans lesquels nous venons d'entrer, nous poserons cette question : L'acarus est-il la cause essentielle delà gale? De ses recherches, M. Aubé a tiré les conclusions suivantes : 1° la gale est une affection symptomatique, produite par la présence d'un insecte arachnoïde appelé sarcoptes hominis ; 2° elle n'est contagieuse que par la transmission de cet insecte; 3° la contagion est fréquente la nuit, rare le jour; k° la médication ne doit avoir qu'un seul but, la mort de l'insecte et de ses œufs.
Ces conclusions, auxquelles conduisent également les travaux de MM. Gras, Renucci (1), Bourguignon et Delafond (2) et Piogey, n'ont pas paru à Biett, MM. Rayer, Cazenave et Schedel devoir être adoptées dans toute leur rigueur. Ces deux derniers leur ont opposé quelques objections que les auteurs du Compendium de médecine pratique (3) ont cherché à réfuter.
En somme, aujourd'hui l'immense majorité des médecins se range à l'opinion des auteurs qui ont étudié avec soin l'acarus. M. Devergie (4) s'appuyant sur quelques faits dans lesquels, une maladie étant survenue, la gale a disparu pour reparaître dans la convalescence, croit encore, il est vrai, à la génération spontanée. Mais ces faits ne sont pas décisifs, car on peut parfaitement concevoir que les acarus se soient engourdis pendant la maladie, et même que les œufs aient été arrêtés dans leur développement. Ne voyons-nous pas des animaux de ce genre passer une et même plusieurs années dans cet état?
Enfin, dans des considérations intéressantes sur cette maladie, M. Chausit (5), interprète de M. Cazenave, dont l'opinion est aujourd'hui bien arrêtée, a combattu la manière de voir de M. Devergie sur le développement spontané de la gale et a montré que c'est uniquement à la transmission de l'acarus qu'il faut l'attribuer.
La gale des animaux ne peut pas se communiquer à l'homme.
C'est dans les points du corps mis en contact avec un sujet affecté, et en particulier les poignets, les intervalles des doigts, qu'apparaissent les premiers symptômes. Chez les individus dont la peau des mains est endurcie, comme les forgerons, ceux qui travaillent aux acides concentrés, etc., c'est de préférence sur les bras, sur les aisselles, sur le ventre, sur la verge, qu'on les rencontre ; c'est à la paume des mains chez les tailleurs, qui se servent de coussins de carreau communs à tous les ouvriers d'un atelier; aux fesses chez les enfants à la mamelle, ces par-
(1) Thèse. Paris, 183(i.
(2) Bulletin de L'Acad. de médecine, 1857, t. XXIII.
(3) Tome V, art. Insectes.
(I) Bull. gcn. du thérap., février 1817. i. (5) Traité élémentaire des maladies de la peau. Paris, 1853, p. 38b'.
/l2i MALADIES DE LA PEAU.
ties étant en contact avec les mains et les avant-bras des nourrices. Ajoutons toutefois que, d'après les recherches de M. Piogey, on en trouve fréquemment sur toutes les autres parties du corps.
Les symptômes consistent d'abord en un prurit léger, qui augmente d'une manière notable vers le soir, et qui devient surtout intense pendant la nuit. La chaleur du lit, les boissons alcooliques, tout ce qui accélère la circulation, le rendent plus violent.
Bientôt apparaissent des vésicules plus ou moins nombreuses ; elles sont petites, discrètes, acuminées, transparentes à leur sommet. Si on les ouvre, il s'en écoule une sérosité transparente et visqueuse. Leur nombre est variable. En hiver, chez les individus faibles, âgés, il n'en existe guère que sur les points qui ont été soumis au contact; ainsi, on en voit quelques-unes disséminées entre les doigts, au poignet. L'été, au contraire, chez des individus sanguins ou lymphatiques, chez les femmes, les enfants, elles paraissent très nombreuses. L'éruption peut s'étendre à presque tout le corps; toutefois, elle respecte toujours la face et le cuir chevelu.
Le prurit, dont l'intensité s'accroît avec l'abondance des vésicules, devient bientôt insupportable; les malades se grattent, déchirent les vésicules, dont le liquide s'épanche et se concrète en petites croûtes minces, peu adhérentes. Quelquefois les galeux se grattent avec tant de violence, qu'ils font saigner le derme dénudé au fond des vésicules; il se forme alors de petites croûtes sanguines semblables à celles du prurigo.
Les vésicules, qui ordinairement sont le premier symptôme local après le prurit, peuvent être précédées par des sillons; ceux-ci se présentent sous la forme de lignes ponctuées, noirâtres, longues de quelques millimètres; ce sillon a deux extrémités, une ouverte, déchiquetée, par où l'acarus a pénétré, et une autre fermée où l'on voit un point blanc, c'est l'acarus ; parfois ils sont isolés, et il n'est pas rare de rencontrer des vésicules sur leur trajet et dans le voisinage. Les vésicules isolées, développées sur des points où il n'existe pas de sillons, se montrent surtout sur le tronc, les avant-bras, les cuisses : elles sont fort rares aux pieds et aux mains. Il est inutile d'ajouter que, pour retrouver ces caractères, il faut examiner le malade avant qu'il ait subi aucun traitement et que les frottements aient détruit les vésicules ou les sillons.
Dans quelques cas, chez des individus robustes, sanguins, pléthoriques, qui vivent dans la malpropreté, se grattent avec violence, ou font abus des excitants, Y inflammation du derme devient beaucoup plus intense. On voit apparaître, au milieu des vésicules sporiques, des pustules tantôt petites, discrètes, comme celles de Vimpétiyo, tantôt à base enflammée, larges comme celles de Yecthyma; quelquefois ce sont des papules plus ou moins nombreuses, semblables à celles du lichen. Ce sont ces complications qui ont porté à admettre une gale pustuleuse, une gale populeuse, une grosse gale, etc., etc. ; ces divisions doivent être rejelées. Biett, MM. Rayer, Cazenave et Schcdel ne reconnaissent qu'une seule espèce de gale; quelquefois on trouve des furoncles et même des abcès compliquant l'éruption principale.
GALE. — DIAGNOSTIC. W2o § IV. - Marche, durée, terminaison de la maladie.
Marche. — Comme toutes les maladies contagieuses, la gale a une période d'incubation : la durée de cette période varie. Selon MM. Cazenave et Schedel, chez les enfants faibles et mous, elle est de quatre à cinq jours; elle est plus longue de deux jours seulement s'ils sont très forts et très sanguins. Chez les adultes, cette période est de huit à douze jours au printemps et dans l'été, et de quinze à vingt dans l'hiver. Enfin elle est plus longue chez les vieillards, et plus encore chez les individus placés sous l'influence d'une phlegmasie de quelque organe interne.
Dans les climats méridionaux, remarque Biett (loc. cit.), dans l'été et le printemps, la gale se développe et marche avec plus de rapidité que dans le Nord, en hiver et en automne.
Les cas de rétrocession, de métastase, de répercussion de la gale, dont les auteurs nous ont laissé de sombres tableaux, ne sont rien moins que concluants; les auteurs modernes, plus instruits dans le diagnostic et moins prévenus par des idées théoriques, n'en ont pas signalé un seul ; c'est ce que nous apprend la lecture des travaux d'Alibert, Biett, MM. Cazenave, Rayer, Gibert.
La durée de la gale est indéfinie. Cette affection, abandonnée à elle-même, peut persister des années et même toute la vie. Elle ne guérit jamais spontanément. Traitée par les méthodes ordinaires, sa durée varie de six à vingt jours. Nous verrons plus loin que par les' frictions générales telles que les font faire MM. Bazin et Hardy on abrège considérablement cette durée.
La gale, qui ne guérit jamais spontanément, ne se termine non plus jamais par la mort. Sa transformation en une autre maladie est loin d'être démontrée, et on ne l'admet guère aujourd'hui.
§ V. — lésions anatomiques.
Les détails dans lesquels nous sommes entré à l'occasion de la contagion nous dispensent de rien ajouter ici.
§ VI. — Diagnostic, pronostic.
Le diagnostic de la gale, comme celui de toute affection contagieuse, a une grande importance; la moindre erreur a ses dangers, et pour la réputation du médecin et pour la sécurité des malades. La présence de Vacarus, quand on parvient à la constater, ne laisse aucun doute sur l'existence de la maladie ; c'est le signe pathognomonique. Lorsqu'on ne le trouve pas, soit que l'exploration ait été insuffisante, soit que la gale ait déjà une longue durée et que l'animal ait disparu, etc., il faut chercher d'autres signes.
Les sillons, qui ne peuvent avoir été creusés que par l'acarus, qu'ils soient isolés ou qu'ils aboutissent aux vésicules, sont un indice certain de la nature de l'affection.
La difficulté, dans un grand nombre, de cas, de trouver les vésicules intactes, avec les caractères que nous leur avons assignés, met le médecin dans l'embarras quand il n'a pour asseoir son diagnostic ni les sillons, ni l'acarus, et qu'il n'a sous les yeux que des surfaces déchirées par un grattage irrésistible : le doute, dans ces cas, est inévitable.
Les affections cutanées avec lesquelles on pourrait confondre la gale sont le prurigo, le lichen simplex et Yeczéma.
On évitera l'erreur, en se rappelant que, dans le prurigo, la lésion élémentaire est unepapule; que cette affection a pour siège habituel, le dos, les épaules et les membres dans le sens de l'extension; que les papules, presque toujours déchirées, présentent à leur sommet un petit caillot sanguin desséché noir ou noirâtre, tandis que les vésicules de la gale , siégeant ordinairement dans le sens de la flexion, sont, après avoir été déchirées, surmontées d'une petite squame mince, jaunâtre.
Le lichen, constitué par des papules ordinairement très rapprochées, conservant la teinte de la peau, occupe, quand il siège aux mains, la face dorsale et non l'intervalle des doigts. Aux membres, il recouvre ordinairement les faces externes, et le prurit est médiocre. Ces caractères diffèrent assez de ceux de la gale pour que la confusion soit facile à éviter.
Nous avons donné, à l'article Eczéma, le diagnostic différentiel de la gale et de cette affection. Nous ne le reproduirons pas ici ; nous n'ajouterons qu'une remarque faite par MM. Cazenave et Schedel, elle nous paraît d'une assez grande importance pratique. « On voit quelquefois, disent ces auteurs, des individus qui, depuis le moment où ils ont contracté la gale, éprouvent tous les ans une éruption vésiculaire. Il est inutile d'ajouter que ce n'est pas la gale : c'est un eczéma, et, le plus souvent, un eczéma simplex. »
Pronostic. — La gale, par elle-même, est une maladie légère. Les complications d'ecthyma, d'impétigo, etc. , tout en aggravant la maladie, ne la rendent jamais dangereuse.
§ VII. — Traitement.
D'après ce que nous savons aujourd'hui de la nature et de la cause de la gale, le traitement sera facilement établi et sera tout local.
Longtemps déjà avant qu'on attribuât la maladie à la présence de l'acarus, on la traitait par des moyens purement locaux. Aussi trouvons-nous dans la science une foule innombrable de médicaments et de formules préconisés pour la cure de l'affection psorique. Parmi les modernes, Biett a soumis à des expériences comparatives quarante et un de ces moyens, et, dans son article, il nous a donné le résultat auquel il est arrivé pour les principaux d'entre eux. Mais, il faut le dire, pour les médicaments expérimentés par Biett comme pour ceux vantés par la plupart des auteurs, les résultats qu'ils proclament ne sauraient satisfaire pleinement, et il est impossible de se prononcer d'une manière bien précise sur la valeur de quelquesuns d'entre eux. Cela se conçoit facilement, puisqu'on ignore si, dans les expériences, on a tenu compte de l'ancienneté, de l'étendue, de l'intensité du mal ; de l'âge, de la constitution des malades; de la saison, du climat, etc., etc., circonstances qui ont par elles-mêmes une influence bien évidente sur la durée de 1 affection. Aujourd'hui, d'ailleurs, ces éludes, ont bien perdu de leur importance, puisqu'on a trouvé le moyen de guérir la gale en quelques heures.
Soufre. — C'est le remède le plus employé; on le trouve dans presque toutes les formules qui ont eu quelque réputation ; on l'a administré sous toutes les formes, seul ou associé à d'autres médicaments. Voici les principales :
GALE. — TRAITEMENT
Pommade soufrée.
If Soufre sublimé 1 à 6 gram. | Axonge > . . . 30 grain.
En frictions, deux fois par jour.
Pommade d'ffelmerich. — Cette pommade, qui a joui d'une grande vogue, est restée longtemps parmi les remèdes secrets. En 1824, M. le docteur Burdin (1) en fit connaître la composition, qui est la suivante :
lf Soufre sublimé 2 parties.
Potasse purifiée 1 partie.
Mêlez.
Axonge 8 parties.
M. Burdin ajoute qu'elle guérit en deux jours lorsqu'on l'applique comme il suit :
1° Bain savonneux pour préparer le malade au traitement ; 2° trois frictions par jour, faites devant le feu, avec 32 grammes de la pommade; bain savonneux pour nettoyer la peau.
« De toutes les méthodes, disent MM. Cazenave et Schedel, celle qui réussit le plus constamment, le plus promptement et qui détermine le moins souvent des éruptions accidentelles, c'est celle KHelmerich modifiée et employée presque exclusivement depuis plusieurs années par Biett. Voici cette formule :
Pommade d'Helmerich modifiée par Bielt.
If Soufre sublimé 2 parties. | Axonge 8 parties.
Sous-carbonate de potasse. 1 partie. |
Mêlez. Faites faire au malade, matin et soir, sur tous les points qui sont occupés par des vésicules, des frictions de 15 grammes chacune, ôn fait prendre au malade un bain simple tous les jours, ou seulement tous les deux jours. La durée moyenne du traitement est de douze jours.
Pommade de Laubert. — La méthode de Laubert consiste à faire deux lois par jour des frictions avec h grammes de la pommade suivante :
Ifi Soufre 16 parties. Axonge Q- »•
Protoxyde de plomb 1 partie.
Biett dit que cette pommade a l'avantage de calmer le prurit, mais qu'elle irrite la peau et ne doit être employée que chez les individus jeunes, vigoureux, affectés de gale simple et récente. M. Mclier a donné la formule (2) d'une pommade par l'emploi de laquelle la durée moyenne du traitement a été de treize jours.
Pommade de M. Mélier.
If Sous-carbonate de soude. 64 gram. I Huile d'olives 128 gram.
Eau 32 gram. | Fleur de soufre 128 gram.
Mêlez.
(1) Méthode du docteur Helmerich. Paris, 1822.
(2) Bull, des se. méd., 1825.
/.oc
Depuis une dizaine d'années, on se sert dans les hôpitaux militaires de la Bel gique d une pommade qui, au rapport de M. Florent- Cunier (1), J'i te qUe mt derement la peau et n'exige qu'un traitement dont la durée moyenne est de Zt jours. En voici la formule : Y de sept
Pommade belge.
3" fleur de soufre /.-„,., Eau de dIuïp n
Chaux vive | aa 3 k,loS- P 50 klloS-
iOMdeglle t0Ut da"S C"aUdière ^ f°nle' 61 éPUiSCZ ^ 1,ébUimi°n J'US,1U'à la densile de
La poudre de Pyhorel, qui paraît avoir eu, dans les mains de son auteur des résultats très favorables, est également recommandée par Biett, qui l'a employée avantageusement. Le remède est du sulfure de chaux simplement broyé auquel on ajoute une petite quantité d'huile d'olives au moment de l'employer. Les malades se servent de 2 grammes de sulfure pour chaque friction, qu'ils font deux fois par jour sur la face palmaire des deux mains.
Lotions de Dupuytren. — Cette méthode consiste à laver deux fois par jour les parties malades avec la solution suivante :
V Sulfure de potasse. .. 120 gram. | Eau 750 gram.
Dissolvez. Ajoutez :
Acide sulfurique ^3 gram.
Ces lotions ont été aussi vantées par Percy, qui en a obtenu des avantages marqués. Biett les a trouvées un peu irritantes, il ne les conseille que pour les sujets robustes; il leur préfère les lotions d'Alibert, qui ne diffèrent des précédentes que par des proportions plus faibles des substances qui en font la base. M. Rayer préconise les lotions suivantes :
Lotions de M. Rayer.
If Sulfure de potasse 30 gram. I Acide chlorhydrique 30 gram.
Eau de rivière 500 gram. | Eau distillée 500 gram.
Versez 30 grammes de cette liqueur dans 125 grammes d'eau chaude.
Les bains sulfureux, expérimentés par M. Jadelot (2) et par Biett, qui en a fait un fréquent usage à l'hôpital Saint-Louis, procurent une guérison assez prompte et n'entraînent jamais d'accidents. La durée moyenne du traitement est de vingt à vingt-cinq jours. Quant aux fumigations sulfureuses, elles ne jouissent plus de la vogue qu'elles ont eue dans ces derniers temps. La longueur plus grande de ce traitement qui ne peut être supporté par beaucoup d'individus, l'a fait abandonner presque entièrement. On pratiquait ces fumigations avec l'appareil de Darcet. La quantité de soufre à brûler ne dépassait pas 8 à 12 grammes, et la température ne
(1) Bull, gén, de thérap., t. XVI, p. 141.
(2) Bull.de la Faculté de méd . de Paris, 1813.
GALE. — TRAITEMENT. /,29
devait pas s'élever au-dessus de 50 à 52 degrés (Réaumur). La durée de chaque fumigation était de 30 à 35 minutes (Bielt).
Mercure. — Les préparations mercurielles ont été longtemps employées dans le traitement de la gale. On a reconnu qu'elles déterminent souvent des éruptions accidentelles; qu'elles peuvent occasionner la salivation, des glossites intenses, et qu'enfin, lorsqu'on a eu recours à elles, la durée du traitement a été notablement plus longue. MM. Gazcnave et Schedel proposent de les remplacer par des moyens plus doux : ils proscrivent surtout la pommade citrine et la quintessence antipsorique, qui paraît avoir pour base le sublimé. Indiquons la pommade de Werlof, qui a été expérimentée par Biett. Elle est composée comme il suit :
% Protochlorure de mercure. 1 partie. | Onguent rosat 8 parties.
Iode. — M. Cazenàve fait usage de lotions iodurées qui lui ont donné douze jours pour moyenne du traitement chez les hommes, et neuf chez les femmes. Voici la composition :
"¥ Iode 2 gram. I Eau 1000 gram.
Iodure de potassium... 10 gram. I
Faire trois lotions par jour.
Plomb. — A en croire le docteur Leson (l), la gale aurait cédé en un espace de temps dont la moyenne n'aurait été que de six jours, chez les sujets traités par la méthode suivante : Faire deux frictions par jour avec 16 grammes pour chacune d'elles du mélange suivant :
^ Litharge 32 gram. | Huile d'olives 128 gram.
Mettez sur un feu doux, et remuez jusqu'à ce que la litharge soit bien dissoute.
Chlore. — MM. Derheins et Fantonetti (2) ont préconisé l'emploi du chlorure de chaux; ils assurent que la guérison a eu lieu du sixième au dixième jour, en faisant trois ou quatre lotions par jour avec la solution suivante:
?f Chlorure de chaux.. 48 à 96 gram. | Eau 500 gram.
Ellébore. • — La poudre de racine d'ellébore a joui longtemps d'une grande répu tation ; elle fait partie de plusieurs pommades antipsoriques, telles que celles de Pringle, où elle se trouvait associée au soufre et au sel ammoniac. Biett a expérimenté isolément l'ellébore, et les quarante malades qu'il a soumis à ce traitement n'ont éprouvé aucun accident notable ; la durée de la médication a été de treize jours et demi. Il se servait de la formule suivante :
# Poudre de racine d'ellébore blanc. 4 gram. | Axonge 32 gram.
Mêlez.
(1) Bull. gOn. de Ihërap., t. IX, p. 31.
(2) Bull. gcn. de Ihérap., t. 111.
Plantes aromatiques — M. Cazenave (1), à l'aide des lotions de thym, a obtenu des résultats avantageux: la moyenne du traitement ne fut que de douze jours. Les lotions étaient composées comme il suit :
¥ Thym 60 gram. I Vinaigre 250. gram.
Eau bouillante 1000 gram. j
Mêlez. Faire trois lotions par jour.
M. Cazenave a préconisé aussi les lotions suivantes :
If Feuilles et tiges de menthe.
de romarin J ââ 4 gram.
de lavande
Essence de citron 4 gram.
Alcool rectifié. . 1000 gram.
Eau 5000 gram.
Incisez les plantes, faites-les macérer dans l'alcool pendant dix jours, et filtrez.
M. Bourguignon (2) préfère la pommade suivante qui, d'après ses expériences, a tué les acarus et guéri la gale en quatre jours.
If Poudre de staphisaigre. 300 gram. | Graisse bouillante 500 gram.
Versez la poudre dans la graisse, et mêlez; puis passez à travers un tamis grossier. Faire six frictions par jour.
Signalons encore les pommades acides d'Alyon [acide nitrique) et de Crollius ; le tabac employé par Boerhave et expérimenté par M. Mêlier ; le goudron, dont Alibert (3) dit avoir retiré de bons effets; le camphre, Y ammoniaque, essayés par M. Mêlier ; les liniments de Valentin et de M. Jadelot ; les lotions d'acide sulfurique étendu (30 à liO parties d'eau, 1 partie d'acide), employées par le docteur Laine' sursis cents galeux (4) avec une moyenne de huit jours de traitement; V huile d'olives en frictions, recommandée par Delpech et employée avec peu de succès par Biett ; l'essence de térébenthine, proposée par M. Aubé comme possédant lai propriété acarotoxique ; la staphisaigre, vantée par M. Ranque (5), et employée; en lotions; le savon, également employé en lotions par Thomann et Helmerich (6), etc., etc. Enfin, M. Pentzlin (7) a indiqué une formule que voici :
"if Poix liquide. 2 parties. | Beurre salé 2 parties.
Faites fondre ensemble ; ajoutez :
Sous-carbonate de potasse » • 1 partie.
Quelle que soit la méthode qu'on adopte, il faut suspendre tout traitement, si quelque éruption accidentelle vient compliquer la gale, et administrer aux malades ;
(1) Bull. gén. de thërap., t. XX, 1841, p. 112.
(2) Revue mèd. , janvier 1847.
(3) Bull, de Ihérap., t. IX.
(4) Bull, de l'Acad. roy. des sciences, 20 septembre 1634.
(5) Mént. et obs. clin, sur un nouv. procédé. Paris, 1811.
(6) Journal gén. de méd., 1813.
(7) Journ. der Chir. and Augenheilk, Graefo und Walther, 1836.
GALE. — TRAITEMENT
des boissons délayanles ou un peu acidulés. Si la gale s'accompagne d'une inflammation marquée du derme, Bietl recommande l'emploi des anliphlogisliques ; quand L'irritation esl apaisée, il a recours aux bains sulfureux, qui lui ont paru le moyen le plus avantageux. Pour assurer la guérison et prévenir la récidiv-e, MM. Cazenave et Schedel conseillent de désinfecter tes vêtements, surtout ceux de laine, par un courant de gaz acide sulfureux, et de continuer pendant quelques jours l'usage des bains simples.
Récemment, M. Bazin (1) a établi en principe que les frictions doivent être pratiquées sur tout le corps, et que c'est là le point capital du traitement. Tous les moyens proposés pour la guérison de celte maladie arrivent à ce but en un peu plus ou un peu moins de temps, mais toujours avec une grande rapidité, si l'on a soin de frictionner tout le corps. Les préparations auxquelles M. Bazin donne la préférence sont la pommade d'Helmerich, qui guérit la gale en deux frictions lorsque la maladie esl simple, l'huile de goudron ou la pommade de Bajard dans les gales compliquées d'eczéma, d'ecthyma et d'impétigo. Ce médecin est arrivé même à cette conclusion importante qu'en faisant des frictions générales, on peut se servir d'un corps gras quelconque, sans que le traitement soit très notablement prolongé, et qu'on guérit, de celte manière , la gale toujours beaucoup plus rapidement que par les procédés ordinaires ; car les malades qui auparavant avaient besoin de douze à quinze jours pour compléter leur traitement, ont été guéris de celte manière dans l'espace de deux à irois jours.
M. Hardy emploie une médication encore plus prompte ; il guérit en moins de deux heures :
Dès que le malade arrive, on lui frotte tout le corps pendant une demi -heure âvec du savon noir, et ce nettoyage a déjà pour effet de rompre quelques-uns des sillons où se loge l'acarus; puis un bain simple d'une heure est administré, qui ramollit l'épiderme, et dans lequel le galeux continue à se frotter; après le bain, une friction générale d'une demi-heure esl faite. Le traitement dure en tout deux heures.
La pommade dont se sert aussi M. Hardy ressemble, mais n'est pas identique avec la pommade d'Helmerich. Celle du médecin de Saint-Louis est moins irritante et se compose de :
Axongc 300 gram.
Soufre 50 gram.
Sous-carbonate de potasse. . 25 gram.
Dans la pratique de la ville il sera souvent difficile de faire ce traitement : on peut alors faire frictionner le malade avec des essences étendues d'eau ou de glycérine (glycérine, 200 grammes, essence de menthe ou de lavande 3 à /i grammes). . Des bains simples dissipent ordinairement, au bout de quelques jours, les éruptions secondaires qui accompagnent la gale.
«Quatre cents malades, dit ce médecin, ont été soumis à ce traitement; la guérison a été obtenue rapidement chez tous, excepté chez quatre, dont deux étaient des enfants qui s'étaient frottés incomplètement; la gale a reparu, ainsi que chez deux antres. Peut-être chez ces derniers avait-elle été contractée de nom eau.»
(1) Nouveau mode de trait, de la gale (Union méd., 9 juillet 1850).
'l32 MALADIES DE LA PEAU.
[11 ne faut cependant employer les agents parasiticides que quand l'acuité des éruptions inflammatoires concomitantes a presque complètement disparu sous l'influence des antiphlogistiques généraux et locaux.]
Ce traitement un peu modifié a donné , à l'hôpital militaire du Gros-Caillou, des résultats tellement avantageux que, conformément au Rapport fait par le conseil de santé des armées (1), on a établi dans tous les corps de troupes le traitement unique suivant :
Le malade prend un bain de trois quarts d'heure, et se frictionne fortement tout le corps avec du savon noir ; immédiatement au sortir du bain savonneux, friction générale pendant vingt minutes avec la pommade d'Helmerich (de 70 à 100 grammes). Après six heures de repos, nouvelle friction générale, puis le malade prend un bain tiède qui complète le traitement.
M. le docteur Millot (2) a employé les frictions générales avec le plus grand succès, mais en se servant d'une pommade qui est plus facile à préparer que la pommade d'Helmerich, et qui permet une guérison plus prompte. RI. Rlillo tient ce procédé de RI. le docteur Legrand (de Nello). Voici en quoi il con-siste :
Le soir en se couchant, se lotionner le corps avec de l'eau de savon, de manière à bien nettoyer les parties sales et préparer la peau aux frictions qui vont être faites.
Vers les quatre heures du matin se frictionner le corps, et surtout aux endroits où les boutons sont plus apparents, où les démangeaisons sont plus vives, avec une portion de la pommade suivante :
Ifi Axonge 125 gram.
Fleur de soufre 16 gram.
Chlorure de sodium commun. 4 gram.
F. s. a. une pommade; divisez en quatre parties.
Avec une deuxième partie, le malade se frictionnera, comme la première fois, six heures après la première friction, c'est-à-dire à dix heures.
A quatre heures de l'après-midi, troisième friction avec le troisième paquet.
Enfin, six heures encore après la troisième friction, vers dix heures du soir, par conséquent, quatrième et dernière friction.
Le malade se couche alors dans la chemise qu'il avait pendant la journée, et le lendemain malin, en se levant, il se lotionne de nouveau tout le corps avec de l'eau de savon comme la veille.
C'est là tout le traitement, et le malade est guéri. Seulement , par propreté, pendant le cours de la seconde journée, on fait prendre un bain simple ; puis on recommande au malade de mettre au four chaud les vêlements qu'il portait avant le traitement. Mieux vaut cette précaution que de les laver, on esl plus sûr de détruire l'acarus.
(1) Michel Lévy, Rapport sur le traitement de la gale, adressé au ministre de la guerre» Paris, 1852, in-8.
(2) Union méd. : Sur le trait, de la gale, lOsepleinhre 1850.
PF.MPHIGUS.