MÉTHODE DES FRÈRES MAHON
« MM. Mahon commencent par couper les cheveux à deux pouces du cuir chevelu, afin de pouvoir les faire tomber plus facilement avec le peigne ; ils détachent ensuite les croûtes avec du saindoux, ou à l'aide de cataplasmes de farine de graine de lin ; puis ils lavent la tête avec de Veau de savon. Ces onctions et ces lotions sont répétées avec soin pendant quatre ou cinq jours, jusqu'à ce. que le cuir chevelu soit nettoyé. C'est alors que commence le second temps du traitement, qui a pour but d'obtenir lentement et sans douleur l'avulsion des cheveux sur tous les points où le favus s'est développé.
» On fait tous les deux jours des onctions avec une pommade épilaloire. Ces onctions doivent être continuées plus ou moins longtemps, selon que la maladie est plus ou moius invétérée. Les jours où l'on ne met pas de pommade, on passe a plusieurs reprises un peigne fin dans les cheveux, qui se détachent sans douleur.,
>, Après quinze jours de ces pansements, on sème dans les cheveux une fois par semaine, quelques pincées d'une poudre épilatoire ; le lendemain, on passe e peigne dans les cheveux sur les points malades, et l'on y pratique une nouvelle onction avec la pommade épilatoire. Ces onctions doivent être continuées plus ou moins longtemps, selon la gravité de la maladie. .
,, On continue ainsi pendant un mois ou un mois et demi. On remplace aloi» ><> première pommade épilaloire par une seconde faite avec du saindoux et vu poudre épilatoire plus active, avec laquelle on pratique également c es onction sur tous les points affectés, pendant quinze jours ou un mois, suivant la gravi eu la maladie. Après ce terme, on ne fait plus ces onctions que deux fois par sema « , jusqu'à ce que les rougeurs de la peau aient entièrement disparu. Les jours ou ne fait pas usage de la pommade, on peigne le malade une ou deux fois, ayant de ne pas trop appuyer le peigne, qu'on imprègne de saindoux ou cl noue. »
POMÎIGO. — TRAITEMENT. £05
M. Cazenave, qui a expérimenté une foule de moyens, nous apprend que la méthode de MM. Mahon est celle qu'il a vue réussir le plus constamment; aussi n'hésite-t-il pas à formuler son opinion sur ce traitement delà teigne de la manière suivante : « Il est évident pour moi que les succès de cette méthode, dérivée de la calotte, sont dus à l'épilation d'abord, et ensuite aux soins minutieux et réguliers dont les frères Mahon entourent les malades qui leur sont confiés. Dans cette conviction, j'ai fait procéder depuis quelque temps dans mon service au traitement de la teigne suivant des errements analogues : ainsi je fais oindre et saupoudrer alternativement les places malades avec une pommade ou une poudre épilatoire. En employant ce moyen avec persévérance, et surtout en faisant nettoyer et peigner avec soin les enfants, j'ai obtenu des résultats vraiment remarquables, mais pas encore assez nombreux et assez complets. » Ce jugement d'un médecin aussi versé dans la thérapeutique des maladies cutanées nous donne la mesure de la valeur de la méthode épilatoire.
La pommade et la poudre épilatoire des frères Mahon sont, comme on le sait, encore un secret; elles ont pour base des préparations alcalines, et surtout la chaux. M. Rayer conseille de se servir dans le même but de la pommade suivante :
^Sous-carb. de pot. ou de soucie i à 8 gram. | Axongc 30 grain.
Si la peau est enflammée, il veut qu'on la lave avec la solution suivante : Ifi Sous -carbonate de potasse. 8 gram. | Eau 1000 gram.
Quant aux autres méthodes, la plupart consistent dans l'emploi des moyens journellement mis 'en usage dans le traitement des maladies chroniques qui affectent la peau ou le cuir chevelu. M. Cazenave dit avoir souvent employé avec avantage les préparations alcalines pour nettoyer le cuir chevelu, les douches sulfureuses légères, les lotions acidulées soit avec le vinaitjre, soit avec Vacide nitrique, soit avec Yacide chlorhydrique; il a aussi employé sous la même forme la dissolution de sulfate de zinc, de cuivre, de nitrate d'argent, de sublimé.
Biett, le premier, a expérimenté à l'hôpital Saint-Louis une pommade dont Yiodure de soufre faisait la base, et il a obtenu des succès remarquables. Après avoir employé pendant longiempsles émollients et les alcalins, il faisait frictionner, malin et soir, la tête du malade avec la pommade suivante :
1f> lodure de soufre i grarfi. | Axonge 30 gram.
M. Cazenave dit avoir souvent recours à cette méthode avec succès, en y ajoutant, toutefois l'usage des lotions alcalines.
A cette pommade on pourrait en joindre une foule d'autres qui ont été vantées. Nous citerons seulement les plus accréditées, celles, par exemple, où l'on a incorporé le soufre, \acalomel, Y oxyde de manganèse , le poivre, la suie, Yonguent citrin, etc., etc.
La cautérisation a été préconisée dans le traitement du porrigo. Ce moyen, qui »e saurait convenir quand la maladie est très étendue, ne doit être appliqué que
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partiellement et sur des surfaces très limitées. On comprend à quels inconvénients pourrait entraîner l'oubli de cette précaution dans l'emploi d'un agent aussi énergique. D'ailleurs les preuves qu'on a fournies en faveur de ce moyen ne sont encore ni assez concluantes ni assez nombreuses.
Le docteur Àffre (1) prescrit les bains de mer froids pendant dix minutes, deux fois par jour, avec aspersion d'eau de mer sur la tête. Il cite une observation de guérison par ce traitement, et annonce qu'il lui a également réussi dans d'autres cas: « Il faut préalablement, dit-il, faciliter la chute des croûtes par des cataplasmes et produire une dérivation au moyen d'un vésicatoire au bras. »
Le traitement par Y acide acétique, proposé parle docteur Wigan (2), doit trouver place ici. Voici l'exposé qui en a été fait (3) et qui suffira pour en donner une idée.