PATE N
Ofi Farine. 3 parties. | Chlorure de zinc 1 partie.
Mêlez. On peut diminuer davantage encore la proportion de chlorure de zinc, suivant l'irritabilité des parties.
On emploie cette pâte, ainsi que la pâte au chlorure d'antimoine, le caustique de Vienne, etc. , de la même manière que la pâte arsenicale du frère Cônie.
D'autres caustiques, et même le cautère actuel, ont encore été préconisés, mais j les précédents sont les principaux. Le cautère actuel est généralement abandonné aujourd'hui.
Restent les frictions faites avec certaines substances actives , dont on se sert principalement pour combattre le lupus non exedens, et les frictions avec la i pommade au calomel, à l'oxyde de zinc, etc. Celles qu'on pratique avec la pommade à l'iodure de soufre ont un peu plus d'efficacité. Voici la composition de i cette pommade :
% lodure de soufre 1 gram. | Axonge 30 gram.
Pour frictions, matin et soir.
M. Rayer a recommandé les frictions avec Yiodure de mercure. Il se sert de pom- • mades ainsi composées :
If Proto-iodure de mercure. 2 gram. | Axonge 30 gram.
Mêlez. ;
ou bien :
# Deuto iodure de mercure. 1 gram. | Axonge 30 gram.
Mêlez. Pour une ou deux frictions par jour.
U. Cazenave (1) recommande de mettre avec un pinceau, sur les parties que l'ouï veut attaquer, une couche légère du mélange suivant :
Tp Ki-iodure de mercure. .. . 15 gram. 1 Axonge 5 gram.
Huile d'amandes douces. . 10 gram. | Ce topique occasionne une douleur assez forte et persistante, mais les cicatrices que l'onobtient sont plus légères et de niveau avec le reste de la peau.
Il faut surveiller l'emploi de ces pommades, et surtout de la dernière, parce qu'elles irritent parfois très fortement la peau. Tant que cette irritation est modérée, y eût-il même un peu de rougeur érythémateuse autour de la partie malaaej on ne doit avoir aucune crainte, car ce degré d'irritation est nécessaire pour que
(1) Bull. gén. de thérap., 15 septembre 1851.
MOLLUSCUM, FRAMBOESIA, BOUTON D'ALEP, KÉLOÏDE. 525
la maladie soit modifiée; mais si cette limite était dépassée, il faudrait s'arrêter immédiatement, et combattre l'irritation cutanée.
Lorsque le lupus ou esthiomène occupe la région vulvo-anale, on doit, si la ma • ladie a résisté aux principaux moyens de traitement qui viennent d'être indiqués, enlever les parties malades. Ce moyen a été employé nombre de fois par M. Hu guier et a eu un grand succès.
Ajoutons qu'on doit surveiller la formation des cicatrices, afin qu'elles ne soient pas trop vicieuses , et remédier autant que possible à l'oblitération des conduits qu'elles tendent à produire.
ARTICLE III
MOLLUSCUM, FRAMBOESIA., BOUTON D'ALEP, KÉLOÏDE.
Ces diverses altérations ne méritent guère qu'une simple indication et n'ont qu'une importance très secondaire.
Ces affections n'ont pas sans doute tous les caractères des tubercules tels qu'on les a donnés plus haut, mais il importe d'éviter les divisions trop nombreuses, et c'est pourquoi on les a décrites dans ce chapitre.
1° MOLLUSCUM.
Bateman s'est servi de ce mot pour désigner une maladie de la peau caractérisée par des tubercules répandus sur divers points du système cutané. Son analogie avec les proéminences nuciformes qui se développent sur l'écorce de l'érable lui ont fait donner cette dénomination.
Le molluscum, qui paraît être Y éruption fongoïde de Bontius, le mycosis fungoides d'Alibert, est une affection rare, dont les causes nous sont totalement inconnues ; elle consiste en des tubercules nombreux, à peine sensibles, lents à se développer, du volume d'un pois jusqu'à celui d'un œuf de pigeon , affectant une forme tantôt globuleuse, tantôt aplatie. Le plus souvent ils conservent la couleur de la peau ; quelquefois ils sont brunâtres. Ainsi développés, ils restent stationnaires et* persistent indéfiniment sans altération de la santé générale.
Riett (1) en a observé une forme particulière, principalement chez les jeunes femmes à la suite des couches. Les tumeurs étaient petites, aplaties, fendillées au sommet, brunâtres, indolentes et répandues sur tout le cou. Bateman avait admis un molluscum contagiosum, mais ce point a besoin d'être éclairé par de nouveaux faits.
Le traitement du molluscum n'est guère mieux connu que son histoire, Biett a Vu la première forme résister à une foule de moyens. Dans celles qu'il a décrites, il a employé avec succès les lotions répétées avec une forte dissolution de sulfate de fer. La liqueur de Fowler a procuré une amélioration notable dans le cas de molluscum contagiosum de Bateman.
(2) Dici. dernéd., t. XX, art. Molluscum.
2° FRAMBOESIA.
Celte maladie, qui est connue eu Amérique sous le nom de pian ou épian et que dans la Guinée on appelle yaivs, a été décrite par Bateman sous le nom de frambœsia. C'est une affection extrêmement rare en Europe, commune en Afrique et aux Indes occidentales, et qui se développe particulièrement chez les nègres surtout chez les enfants. Ses causes nous sont peu connues; elle paraît êtreconiagieuse et, suivant les auteurs, elle se communiquerait par le contact de la matière qui s'écoule des tubercules ulcérés, Le frambœsia peut aussi se développer spontanément.
Le frambœsia se manifeste par de petites taches d'un rouge obscur, ordinairement groupées, se recouvrant bientôt de petites éminences qui deviennent de plus en plus saillantes et offrent l'aspect d'une surface hérissée de végétations exactement isolées par leur sommet et réunies parleur base. Ces végétations sont d'un rouge blafard et indolentes ; bornées à une petite surface, elles ressemblent parleur aspect à des framboises ou à des mûres. Les parties voisines ds l'éruption sont dures, comme calleuses ; les tubercules eux-mêmes se recouvrent habituellement de squames minces, -sèches et adhérentes.
Dans quelques cas, les végétations s'ulcèrent à leur sommet et laissent écouler • un liquide ichoreux qui baigne les parties voisines. Parfois un tubercule plus volumineux que tous les autres se change en une vaste ulcération dont le liquide sanieux corrode les tissus ambiants. Ce tubercule a reçu aux colonies le nom de mamapian, ou mère du pian.
Le frambœsia, qui peut avoir une durée indéfinie sans compromettre la santé, n'est pas immédiatement dangereux; quelquefois sa guérison s'opère par une résolution insensible des tubercules. Parfois les progrès de l'ulcération ont amené une terminaison fatale.
Le traitement du frambœsia se réduit à quelques applications caustiques pour détruire les tubercules dont la résolution ne saurait être obtenue autrement. La pâte arsenicale du frère Côme et le nitrate acide de mercure sont recommandés par MM. Cazenave et Schedel. Biett a réussi une fois avec le cautère actuel.