PUSTULE MALIGNE. — VARIÉTÉS
horrible de la région. En général, les téguments des paupières sont perclus, l'œil demeure le. plus souvent intact. Sur le nez, elle détermine des pertes de substance qui mettent les cartilages à nu. Sur les lèvres, on n'a jamais vu la muqueuse seule y donner naissance. En avant du cou, la tuméfaction comprime les organes profonds d'où naissent des accidents graves de compression. Le vide cervical se comble, la tète est comme implantée directement sur les épaules.
M. Bourgeois n'a jamais vu la pustule sur les organes génitaux de l'homme. De même pour la face plantaire et palmaire du pied et de la main, sans doute à cause de l'épaisseur de la peau.
• § IV. — Variétés.
Vœdème malinou charbonneux a été signalé par M. Bourgeois, le premier, en 1843. C'est une forme de charbon de cause externe, d'abord désigné sous le nom à' œdème malin ou charbonneux des paupières, à cause de son apparence, de sa nature al de son siège. Depuis, ce mal a été observé dans d'autres régions, et l'on a retranché de son nom. Il ne diffère de la pustule charbonneuse que dans les derniers temps de son existence : au bout de quelques jours, ces deux formes du même mal se confondent et n'ont plus rien qui les différencie, au moins quant à la période d'intoxication, car pour les phénomènes locaux, ils varient suivant les régions. Aux paupières, après les premières phases, ils sont tout à fait identiques avec ceux de la pustule. Sur les autres parties du corps, où l'on a signalé son apparition, le gonflement est mou, indolent et a toutes les formes de celui déterminé par le charbon malin ; mais on ne rencontre guère que des vésicules plus ou moins grosses et groupées irrégulièrement sur le point de la tuméfaction par où celle-ci a débuté, encore peuvent-elles faire défaut. La dureté de l'enflure n'est jamais considérable même au centre, et enfin on n'y a jamais observé jusqu'à présent d'eschare naturelle.
Quant aux symptômes généraux, ils ne diffèrent en rien de ceux de la pustule maligne, si ce n'est qu'ils marchent souvent avec plus de rapidité et qu'ils sont ordinairement plus formidables.
Les variétés qu'il affecte dépendent des régions. Aux paupières, il présente une démangeaison vive, une tuméfaction œdémateuse, pâle, transparente; en quarante-huit heures, aux deux paupières, on observe des élevures, des vésicules, une rougeur sombre, puis ardoisée. Bientôt la tumeur a gagné la paupière primitivement respectée, et son volume est celui d'un œuf coupé en deux avec une fente qui la divise à son milieu. Enfin des eschares se forment, et dès lors on ne peut distinguer l'œdème du charbon. Il en est de même pour les symptômes généraux. Sa gravité est considérable, parce qu'on ne peut l'attaquer que fort tard et qu'on le méconnaît au début. Dans les premiers jours, elle peut cependant guérir.
A la différence de la pustule maligne, l'œdème débute quelquefois par les utugueitses, comme la langue, les gencives, pour de là s'étendre à la peau voisine. Tous les cas développés dans la région sous-maxillaire se sont terminés par la mort, de même pour ceux de la région mammaire.
Il ne faut pas considérer comme des variétés essentielles des formes de la pustule les différences de siège ou d'apparence ci-dessus signalées. La forme de l'eschare ne justifie pas la division en proéminente et non proéminente.
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de la peau.
M. J Bourgeois n'admet, comme Chaussier et Énaux, qu'une seule espèce essentielle de pustule charbonneuse. Il faut donc admettre l'unicité virulente de
Marche. — Il résulte de l'exposition de ces faits qu'il faut admettre, avec M. Bourgeois, deux périodes à la maladie : une période dite d'incubation ou d'élaboration locale du virus, et une période d'empoisonnement. Énaux et Chaussier ont divisé à tort les phases de la maladie en quatre périodes arbitraires. Resterait à ajouter la période d'incubation.
Le virus étant déposé sur la peau, il se passe trois jours sans phénomène visible. Après ce délai, naissance de la tache rouge, d'où le nom de puce maligne. Cette tache est éphémère ; après douze ou quinze heures elle se change en vésicule accompagnée de démangeaison ; celle-ci disparaît quand la vésicule crevée fait place à une surface dure, brime, qui est Veschare. Au bout d'un jour, apparition du cercle vésiculaire autour de Veschare; après vingt-quatre ou quarante-huit nouvelles heures, apparition de la tumeur charbonneuse, puis formation d'un œdème périphérique; altération de couleur qui peut faire comparer la peau à la peau de crapaud; apparition des traînées d'angioleucite dites racines du charbon. Il faut, en somme, le plus souvent quatre à neuf jours pour que ces phénomènes morbides externes se bornent ou se développent jusqu'à la mort.
L'empoisonnement général et les symptômes généraux qui l'accusent ne se montrent guère avant vingt-quatre ou trente six heures, à partir du développement de la vésicule. Voilà pour les cas les plus rapides ; pour les autres, ce n'est qu'au bout de plusieurs jours, c'est-à-dire de quarante-huit à soixante heures après la naissance du bouton. Alors seulement le malade est forcé de s'aliter. Pendant deux jours, fièvre et faiblesse, troubles digestifs légers ; après ce temps, manifestation des désordres généraux les plus graves. Quelquefois les symptômes locaux s'amendent; il semble, comme dit le vulgaire, que le mal soit rentré. Enfin, du quatrième au neuvième jour, anxiété, orthopnée, refroidissement général, pouls nul, et, après quelques heures de cet état, mort brusque sans agonie.
La terminaison la plus commune n'est pas la mort ; dans la moitié, les deux tiers des cas, la guérison arrive par le retour de la tumeur à une coloration rouge clair, et l'amendement des symptômes généraux.
La durée est variable ; en moyenne, la mort arrive du cinquième au huitième jour, quand le cas est mortel. Ceux qui ne dureraient que vingt-quatre ou quarante-huit heures n'existent que dans l'imagination des malades ou des témoins étrangers à la médecine. Dans les cas sérieux qui doivent guérir, le mal s'arrête au septième jour seulement, et c'est au neuvième qu'il rétrograde franchement.
cette maladie.
§ — Marche, durée, terminaison.