‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource] (volume 2)Chapitre 227 sur 344 · Z|, L'OLIE ALCOOLIQUE AIGU · texte numérisé non relu

Z|, L'OLIE ALCOOLIQUE AIGU

Ce trouble momentané des fonctions cérébrales peut survenir spontanément ; mais le plus ordinairement il succède au delirium tremens.

Les cas de ce genre, dit M. Delasiauve (1), ont passé inaperçus des médecins d'aliénés, et cela se comprend. « Le plus souvent le délire suraigu des ivrognes, se confondant, en raison de l'appareil fébrile qui l'accompagne, avec les affections cérébrales, est traité dans les hôpitaux ordinaires, tandis que nos asiles reçoivent presque exclusivement les cas de simple stupeur ébrieuse, plus semblable à l'aliénation mentale. Sous une perspective si opposée, les faits ne pouvaient être envisagés de la même façon : de là une confusion dont la classification s'est ressentie. »

Dans ces cas, en effet, les phénomènes physiques, comme les manifestations morales , contrastent avec l'appareil symptomatique du delirium tremens. En effet, selon le même auteur, la ligure, au lieu d'être turgescente, animée, continuellement trémulante, est le plus souvent morne, abattue, pensive, parce que. « la réaction hallucinatoire ne fend le nuage que par intervalles. » Rarement le pouls s'élève an -dessus du type normal; la sueur est modérée oy nulle; on ne remarque point non plus cette soif ardente, si commune dans le délire suraigu ; la langue est seulement couverte d'un enduit muqueux, sale ou blanchâtre. Le tremblement est également beaucoup moins prononcé; parfois même il semble plutôt subordonné à l'hésitation de la pensée qu'à une irritation convulsive. Ajoutons que les attaques épileptiformes, complication fréquente de l'œnomanie suraiguë, sont exceptionnelles dans la forme bénigne.

Ce qui distingue surtout celte forme, au point de vue des fonctions cérébrales, c'est la production d' hallucinations qui reviennent par intervalles, au milieu de l'état physique que nous venons d'indiquer, état qui n'a rien de l'acuité et de la violence du delirium tremens.

Enfin, ce qui nous permet de faire rentrer les cas de cette nature dans l'alcoolisme aigu, c'est la rapidité de leur terminaison : quelquefois la guérison a lieu en moins de quinze jours.

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