‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource] (volume 2)Chapitre 26 sur 344 · GRANULATIONS DE L'UTÉRUS. — - TRAITEMENT · texte numérisé non relu

GRANULATIONS DE L'UTÉRUS. — - TRAITEMENT

siège indifféremment sur les diverses parties du museau de tanche; elles sont généralement d'un rouge plus vif, n'offrent pas l'aspect uniformément granulé et ne font pas de relief. Ordinairement même elles sont déprimées, ce que l'on peut constater facilement en examinant -leurs bords. Les ulcérations simples, qui sont rares et qui ne sont que l'exagération des érosions, offrent les mêmes caractères distinctifs à un plus haut degré. Toutes ces lésions sont liées dans certains cas à une inflammation du col de l'utérus parfaitement décrite dans ces derniers temps par le docteur Bennett (1), qui a signalé uu symptôme dont ou n'avait pas jusqu'à présent tenu un compte suffisant : la dilatation de l'orifice et de la cavité du col.

Pronostic. — Sans que le pronostic soit grave, il ne faut pas oublier ce que nous avons dit sur la tendance de la maladie àse perpétuer, sur les incommodités qu'elle occasionne, et sur l'obstacle qu'elle apporte à la conception.

§ VII. — Traitement.

Le traitement antiphlogistique n'a aucun avantage contre les granulations, à moins qu'il n'existe quelque complication. La médication qui convient réellement à cette maladie, et qui, lorsqu'elle est bien dirigée, procure toujours la guérison, est la cautérisation, à laquelle on joint quelques moyens adjuvants.

Cautérisation. — On a proposé de pratiquer la cautérisation avec diverses substances, et d'abord avec les caustiques liquides, tels que le nitrate acide de mercure, l'acide nitrique, l'acide su l fur i que, etc. A l'aide de ces caustiques ou a obtenu des guérisons incontestables, et l'on ne peut pas dire qu'il faille les proscrire. Mais il faudrait établir, par l'observation, qu'ils ont plus d'avantages, qu'ils guérissent plus promptement et plus sûrement que les caustiques sobdes, avant de les recommander exclusivement, comme l'ont fait quelques auteurs. Il le faudrait, parce que les caustiques liquides peuvent se répandre sur le vagin et occasionner de vives douleurs, et parce que, en les employant, on ne peut pas mesurer aussi bien qu'avec les autres la profondeur de la cautérisation : que le pinceau soit un peu plus ou un peu moins humecté, et la cautérisation est plus ou moins active.

C'est le nitrate acide de mercure qu'on emploie le plus fréquemment à cet effet. On se sert du spéculum plein, avec lequel on embrasse bien le museau de tanche ; on débarrasse le col de ses mucosités, soit avec un bourdonnet de coton porté sur un manche, soit par une petite injection; puis à l'aide d'un pinceau de charpie dont les brins sont coupés courts, dont le manche est long, et qu'on égoutte après 1 avoir trempé dans l'acide, on touche le point malade, en appuyant légèrement pendant un temps très court. Cela fait, sans retirer le spéculum, on l'ait une injection sur le col pour entraîner les parties du liquide qui n'auraient pas encore agi. Après cette cautérisation, la plupart des médecins prescrivent un bain cl le repos presque absolu pendant tout le reste de la journée. Nous avons vu, à l'hôpital de Lourcine, ces précautions négligées, sans qu'il soit arrivé aucun accident.

Parmi les caustiques solides employés, nous citerons la potasse caustique, la pute de Vienne, le même caustique solidifié et le nitrate d'argent. La potasse caustique, la pâte de Vienne, sont généralement abandonnées, parce qu'il n'est pas

(1) Loc. cil., c. v.

Yalleix, V édit. — V.

facile d'en limiter l'action. Le caustique de Vienne solidifié, que M. Filhos a obtenu par une préparation particulière, est bien plus facilement manié; mais dans la maladie qui nous occupe on n'a nullement besoin d'un caustique aussi puissant, et le nitrate d'argent, lorsqu'il est employé convenablement et avec la persévérance nécessaire, remplit toutes les conditions désirables (1 ). Le caustique mérite la préférence quand il s'agit de granulations utérines sans complication.

La cautérisation par le nitrate d'argent ne présente aucune difficulté. On peut la pratiquer avec toute espèce de spéculum. On se sert du crayon de nitrate d'argent qu'on promène sur la plaque granuleuse. Il est bon de dépasser les limites de cette plaque et il n'y a aucun inconvénient même à toucher toute la surface du col et la partie supérieure du vagin. Il faut surtout cautériser les granulations dans l'intérieur même du col, en enfonçant le crayon à 2 centimètres environ. Faute de cette précaution, on ne détruirait pas toute la maladie, qui tendrait à se perpétuer.

La cautérisation n'a aucune espèce d'inconvénient, et le traitement réussit aussi bien quand on néglige complètement toute précaution.

La cautérisation par le nitrate d'argent doit être pratiquée d'abord deux fois par semaine, puis tous les huit jours jusqu'à la fin du lraiteme.it, qui dure ordinairement de six semaines à deux mois. ...

Pour venir en aide a ce traitement, ou a recours à des injections delers.ves ou astringentes avec Vacétate de plomb, Valun, la décoction de racine de raton/na, de noix de galle, de femlles de noyer. Quelques médecins veulent même qu on laisse dans le vagin un tampon de charpie, ou une petite éponge imbibée de ces Iauides M Mêlier (2), qui a suivi ce conseil, a trouvé que le plus souvent ces corps £"er devenaient puants, occasionnaient de la douleur et irritaient le col de PuZs et le vagin. L mêmes réflexions s'appliquent aux astnngents reduUs en poudre et portés sur le col à l'aide d'un bourdonnet de charpie

On a couse lié d'employer uniquement les astringents dans un but curât f, et Dou Trend e leur effet plus grand, on a, le spéculum étant en place, lance avec oTe Sections sur le cl H n'existe pas de relevés de faits faire connaître la valeur de ce traitement, et par conséquent il uffi de tome n rionner surtout lorsque nous venons d'en exposer un autre dont l efficacité est ÏÏSLS Ayante l'hôpital de Lourcine, mis ^^TT^ les infections d'eau de feuilles de noyer poussées avec force su. le col, nous

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médecine, Paris, 1833, t. H, p. 330).

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