TRAITEMENT PAR L'HUILE DE CROTON TIGLIUM
« Le meilleur mode d'administration de l'huile de croton, c'est de la donner à la dose d'une goutte dans une cuillerée de tisane, à la première visite qu'on fait au malade.
» Si cette première prise ne produit pas de selles ni de vomissements, sept ou nuit heures après, il faut encore administrer une nouvelle goutte ou un lavement | purgatif.
» Le lendemain et le surlendemain, oh devra encore prescrire l'huile de croton i de la même manière.
» Le quatrième jour, lorsque le malade est entièrement débarrassé de tous les symptômes de la colique, on peut lui faire administrer un second lavement purgatif , que l'on continue jusqu'au septième ou huitième jour. Dans les cas rares où I la colique n'a pas entièrement cessé le quatrième jour, il faut encore donner une
(I) Loc. cit., t. I, p. toi .
goutte d'huile de croton, qu'on peut même répéter les jours suivants, si par hasard toutes les traces de la maladie n'avaient pas disparu.
» Lorsque le malade vomit l'huile de croton, un quart d'heure ou une demiheure après son introduction, il faut la mélanger avec 30 grammes d'huile de ricin, ou l'administrer en lavements à une dose double de celle prescrite par la bouche.
» En même temps qu'on administre l'huile de croton, il est bon que le malade fasse usage d'une grande quantité de tisane. La plupart des nôtres buvaient chaque jour deux ou trois pots d'orge miellée. »
M. Grisolle conseille, s'il y a des symptômes saburraux, de commencer par administrer X émélo-cathar ligue suivant :
If Tartre stibié. . . 0,10 ou 0,15 gram. j Sulfate de soude 15 gram.
On favorise l'action évacuante par des lavements purgatifs. Tous les soirs on donne de 5 à 10 centigrammes d'opium pour procurer un peu de sommeil.
Il n'est pas rare de voir la première administration de l'huile de croton produire une amélioration des plus marquées; mais l'expérience a prouvé qu'il ne fallait pas s'arrêter, et que le remède doit être donné au moins pendant trois jours; et si plus tard les accidents se reproduisaient avec une certaine intensité, il ne faudrait pas hésiter à revenir à son emploi.
Telles sont, comme nous l'avons dit plus haut, les seules médications dans lesquelles on puisse, jusqu'à nouvel ordre, avoir une enlière confiance; mais on a vanté encore d'autres moyens que nous allons énumérer :
M. Aran (1) emploie le chloroforme en applications loco dolenti, dans une potion, à la dose de 30 gouttes, et eu lavements; les doses peuvent être répétées dans la journée, mais ce médicament n'est employé qu'à titre d'adjuvant. On n'a pas besoin, comme pour l'opium et la belladone, de se préoccuper des conséquences de son emploi. Les coliques sont très promptement calmées.
M. Malherbe (2) remplace l'opium par la belladone, qui, outre son action sédative, possède également des propriétés légèrement laxatives. Il dit avoir obtenu de bons résultats dans 29 cas dans lesquels il a employé ce médicament de la manière suivante :
Le premier jour, extrait de belladone 0,05 gram. unis à 0,10 gram. de poudre de racine de la même plante. Si l'action du médicament est évidente, il continue à la même dose pendant trois ou quatre jours, puis diminue et cesse; dans le cas contraire, il va jusqu'à doubler et même tripler ces doses.
Les boissons chargées d'hydrogène sulfuré, proposées d'abord par Lalouette, puis par MM. Chevallier et Rayer, sont aujourd'hui abandonnées; la limonade sulfurique, vantée par M. Foucat et surtout par M. Gendrin (3), est un moyen reconnu infidèle par tous les autres expérimentateurs; Vaiun, le mercure, le fer,
(1) Bulletin gén. de thirap., 15 avril 1852.
(2) Revue médico-chirurgicale de Paris, décembre 1850. ... • „„,
(3) Transactions médicales. Paris, 1832, t. - Lettre à V Academxo dos sciences, %l février 18*0. — Annales d'hygiène. Paria, 1841, t. XXV, p. i63 ; t. XXVI, p. s**-