‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource] (volume 2)Chapitre 268 sur 344 · ACCIDENTS CÉRÉBRAUX SATURNINS. — SYMPTÔMES · texte numérisé non relu

ACCIDENTS CÉRÉBRAUX SATURNINS. — SYMPTÔMES

le plomb, qui a été prescrit lui-même, ne- méritent pas plus de confiance. La méthode antiphlogistique a été vantée par un certain nombre de médecins; mais dans les cas où elle a paru avoir du succès, on a mis en usage des purgatifs, et tout porte à croire que c'est à eux qu'on doit la guérison de la maladie. Dans un certain nombre de cas, V opium et les autres narcotiques ont eu un effet plus marqué ; mais aujourd'hui tout le monde reconnaît qu'il est nécessaire de es associer aux évacuants. On a encore conseillé la noix vomigue, mais ce médicament est abandonné.

Dans ces derniers temps, M. Sandras (1), ayant traité un assez grand nombre de sujets parle pcrsu/fure de fer, a obtenu des guérisons remarquables, et regarde ce moyen comme supérieur au traitement de la Charité; il est à désirer que ces expériences soient continuées. Le tabac en fomentations et en lavements a été également conseillé par des médecins qui ont été sans doute trompés par quelques cas exceptionnels de guérison. Quant au traitement très compliqué de M. Ranque, nous ne l'exposerons pas ici, parce que rien ne prouve qu'il ait une efficacité approchant de celle de la méthode évacuante; nous dirons seulement qu'il est à la fois révulsif et calmant.

ARTICLE XVIII

ACCIDENTS CÉRÉBRAUX SATURNINS.

Les accidents cérébraux saturnins avaient passé inaperçus ou avaient été attribués à d'autres causes qu'à l'intoxication saturnine jusqu'à ces trente dernières années ; alors on commença à publier quelques observations qui prouvèrent que les symptômes cérébraux étaient véritablement le résultat de l'empoisonnement par le plomb; et enfin, en 1836, M. Grisolle (2) a pu, à l'aide d'un certain nombre de faits bien observés, donner l'histoire des principales formes qu'affectent les accidents cérébraux saturnins. Aussi est-ce à cet auteur que nous devons emprunter les principaux détails de cet article.

§ X. — Symptômes.

Les formes dont il s'agit sont au nombre de trois : 1° forme délirante, 2° forme convulsive , 3" forme comateuse. Nous les décrirons successivement après avoir dit un mot des prodromes qui leur sont communs.

Début, prodromes. — Dans un certain nombre de cas, la maladie survient tout à coup et d'une manière foudroyante, revêtant tantôt une forme, tantôt une autre. Bien plus souvent les choses se passent autrement : chez des individus dont la plupart viennent d'être en proie à la colique de plomb, et dont quelques-uns éprouvent encore les symptômes de cette colique, il survient les symptômes suivants : céphalalgie frontale ou sincipitale; vertiges /sommeil agité ou somnolence, hébétude du regard, accélération du pouls; inquiétude ou tristesse, parfois amaurose; engourdissement, fourmillements ou douleurs dans les membres.

(1) Bulletin de l'Acad. deméd., t. XII, p. tis.

(2) Journal hebdomadaire, t. IV.

J^Z^LZ ^1 *T" 86 remar(IUe Chez u» qwrt *B individus affectés d accidents cérébraux. Le délire consiste quelquefois en une simple divagation ; plus souvent c'est un délire furieux avec vociférations, injure c ù s donnes aux personnes qui approchent les malades, et parfois illusions et hal'.ucinat.ons. Dans un certain nombre de cas, entre les paroxysmes, les malades recouvrent en partie leur raison.

Le délire est continu, mais avec des exacerbations ordinairement très violentes perduf Pemlant par°Xysmes' la raison est touJours complètement

Ce délire peut se dissiper de lui-même, au bout de quatre ou cinq jours après un sommeil paisible, et les malades ne conservent qu'une idée confuse de ce qui s est passé. Ces cas ne sont pas, à beaucoup près, les plus fréquents, et, dans un certa.n nombre d'entre eux, les rechutes sont à craindre. Quelques sujets meurent subitement au plus fort de leur délire; d'autres se donnent la mort et dans le plus grand nombre des cas, cette forme délirante se termine par la forme comateuse.

2» Forme convulsive. — Cette forme a reçu les noms de forme épileptique ou dépilepsie saturnine. M. Grisolle n'a jamais pu constater l'existence de l'aura epileptica. Voici les différentes variétés que présente l'épilepsie saturnine :

Quelques individus (un septième) tombent subitement sans connaissance; la sensibilité est abolie, les yeux sont fixes; on n'observe aucune convulsion. Cet état dure plusieurs heures.

« Lorsque, dit M. Grisolle, à qui nous empruntons ces détails, les malades reprennent connaissance, ils ne jouissent pas immédiatement de la plénitude de leurs facultés intellectuelles ; ils ne se rappellent ni leur attaque, ni souvent les circonstances qui l'ont précédée; leur physionomie porte l'empreinte d'une stupeur profonde; leurs membres sont tremblants; ils chancellent, ils sont debout, et ne saisissent les objets extérieurs qu'avec hésitation; leurs idées sont confuses; leur parole est lente, embarrassée.

» Bientôt, c'est-à-dire après huit ou dix minutes, une ou plusieurs heures, une nouvelle attaque se déclare : celle-ci s'accompagne ordinairement de mouvements convulsifs; on voit alors la figure du malade s'injecter tout à coup, puis, et en un instant presque indivisible, la rougeur est remplacée par la pâleur de la mort. Si l'individu est debout, il tombe à la renverse comme une masse inerte, insensible à tous les excitants extérieurs. Aussitôt tout son corps se roidit ; les membres, les supérieurs surtout, éprouvent de légères secousses; on n'observe pas généralement de mouvements désordonnés qui poussent les malades hors du lit où ils reposent. Ordinairement la roideur, quelquefois presque tétanique, prédomine dans un côté ; alors on voit la face horriblement défigurée; les commissures sont fortement tirées à droite ou à gauche; les paupières sont fermées ou largement ouvertes; les yeux fixes ou roulants : toutes les parties sont agitées de petits mouvements convulsifs. La langue, dans la moitié des cas, saisie entre les dents, est déchirée; une salive écumeuse, très rarement sanguinolente, inonde les lèvres, en même temps que le gonflement des veines du cou et la turgescence violacée de la face viennent augmenter encore l'horreur d'un pareil tableau.

. Pendant que ces phénomènes existent, la respiration est courte et pénible :

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