‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource] (volume 2)Chapitre 270 sur 344 · PROPHYLAXIE DES AFFECTIONS SATURNINES · texte numérisé non relu

PROPHYLAXIE DES AFFECTIONS SATURNINES

n'obtient qu'une guérison incomplète, sans que l'on puisse ordinairement dire d'avance quel sera le résultat du traitement.

§ IV. — Traitement.

La méthode évacuante est inutile. On a employé avec quelque succès les frictions excitantes sur les membres malades, ainsi que les bains de mer, les bains sulfureux et les bains ferrugineux ; mais ces moyens sont bien souvent infidèles. Il en est de même des sinapismes, des vésicatoires, de la pommade stibiée sur les parties paralysées.

L'électricité, et en particulier le galvanisme, ont procuré un certain nombre de guérisons dans des cas très graves, et en général on en obtient de bons effets, alors même que la guérison n'est pas complètement obtenue.

La noix vomique a été administrée par M. Fouquier avec des succès remarquables. Aujourd'hui on administre la strychnine de la manière suivante :

On commence par en donner sept ou huit milligrammes pendant deux ou trois jours ; puis on en donne un centigramme, et l'on augmente graduellement la dose jusqu'à ce que le malade en prenne cinq, six ou sept centigrammes par jour. Lorsqu'on arrive à ces dernières doses, il faut surveiller attentivement les effets du remède, qui pourrait causer des accidents. Il est rarement nécessaire de les dépasser. La strychnine s'administre en pilules ou dans une potion. On peut encore la faire absorber par la méthode endermique.

Il résulte des faits observés par M. Tanquerel, que ces trois moyens réunis, les bains sulfureux, l'électricité et la strychnine, constituent la médication qui procure le plus de guérisons.

ARTICLE XXL PROPHYLAXIE DES AFFECTIONS SATURNINES.

Nous nous contenterons de citer l'extrait suivant d'un rapport fait par Combes à l'Académie des sciences ; il renferme les principaux points du traitement prophylactique. ,

« Les maladies des ouvriers cérusiers peuvent être généralement prévenues par la substitulion des procédés mécaniques au travail manuel dans les opérations où les hommes sont obligés de toucher ou de manier la ceruse; par l'intervention de l'eau dans la séparation des écailles des résidus de plomb, la pulvérisation de ces écailles et le criblage qui la suit; par la substitution du moulage en prismes ou en briques à l'empotage de la céruse broyée à l'eau; par le broyage à J'huile, dans la fabrique même, à l'aide d'appareils convenables, de toute la céruse qui subit cette manipulation avant d'être mise en œuvre; parla clôture, dans des chambres isolées des ateliers, de tous les mécanismes servant à la pulvérisation, tamisage ou blutage à sec de la céruse, lorsque ces opérations sont indispensables. On préviendrait l'issue de la poussière par les ouvertures que nécessitent l'introduction des matières et le passage des arbres de transmission du mouvement, en dirigeant des courants d'air vers l'intérieur des chambres, surmontées, à cet effet, d'un tuyau en forme de cheminée élevé au-dessus du toit, et en faisant tourner les arbres de

transmission dans des anneaux de matière élastique ou des bourrelets constamment humectés et fixés aux parois. Enfin, on compléterait ces mesures par une ventilation très active des ateliers, et par des précautions hygiéniques d'une observation iacile pour les ouvriers. »

Telles sont les maladies causées par le plomb. Nous ne croyons pas devoir entrer dans de plus grands détails sur la prophylaxie de l'intoxication saturnine appliquée aux fabriques. C'est un point d'hygiène que les médecins attachés à ces établissements doivent étudier dans les ouvrages spéciaux, et particulièrement dans celui de M. Tanquerel, qui a traité avec soin ce point important.

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