‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource] (volume 2)Chapitre 28 sur 344 · ÉROSIONS DU COL DE L'UTÉRUS · texte numérisé non relu

ÉROSIONS DU COL DE L'UTÉRUS

Les érosions du col de l'utérus ont moins d'importance que les granulations. Nous n'en connaissons pas les causes. On a dit que ces lésions sont dues au passage continuel d'un mucus altéré ; mais M. Duparcque n'a pas observé ce rapport de cause à effet, et il a vu la sécrétion morbide dépendre bien plutôt de ces érosions que les produire. Dans un cas cité par Magistel, elles étaient, selon toutes les apparences, occasionnées par la présence d'un pessaire.

Symptômes. — La douleur est plus remarquable dans les érosions que dans les granulations. Elle se manifeste particulièrement dans le coït, et est rendue vive par le contact du doigt dans l'acte du toucher. Voici comment M. Duparcque s'exprime au sujet des symptômes :

«Les signes, dit-il -(l), qui font soupçonner l'existence de ce genre d'affection, sont un sentiment de chaleur brûlante, de prurit incommode dans le fond du vagin, des douleurs vives du col de l'utérus réveillées par le contact du doigt, et qui rendent surtout le coït pénible. Mais le principal et le plus marqué est fourni par l'écoulement plus ou moins abondant qui constitue la leucorrhée, et qui a longtemps attiré seul l'attention des praticiens : ce n'est que depuis qu'on a popularisé l'usage du spéculum, qu'on a vu que beaucoup de ces écoulements étaient dus à des affections ulcéreuses du vagin, et surtout de l'utérus. Dans ce cas, la matière ne provient pas seulement de la surface érodée; l'irritation qui s'irradie au reste de l'utérus augmente sa sécrétion, et ce produit lui-même, par son contact avec le vagin, y excite et altère la sécrétion normale de ce conduit. Mais ce signe n'est pas constant, la suppuration peut être assez peu abondante pour que la matière, pour ainsi dire perdue dans le canal vaginal, ne vienne point se manifester au dehors. »

Beaucoup de signes des érosions se rapprochent de ceux des granulations, que M. Duparcque ne distingue pas d'une manière très rigoureuse. On les complète par le toucher et par l'examen à l'aide du spéculum.

Le toucher, outre la douleur qu'il produit, fait reconnaître l'existence d'une très légère perle de substance qui se l'ait sentir vers les bords de l'érosion. On sent, en passant de la surface saine à la surface malade, une petite arête qui indique le commencement de l'ulcération un peu déprimée.

A Y aide du spéculum, on voit une surface d'un rouge plus ou moins vif, siégeant tantôt sur une lèvre, tantôt sur l'autre, et quelquefois sur les deux. Elle est ir-régulière, et l'on distingue facilement la saillie de ses bords, qui sont entourés d'une auréole rouge plus ou moins large.

L écoulement qui accompagne ces érosions étâilt ordinairement assez abondant,

(1) Loc. cit., p. 374.

il en résulte assez fréquemment des symptômes semblables à ceux qui viennent d'être indiqués à propos des granulations.

Traitement. — Le traitement antiphlogistique est plus souvent applicable aux érosions qu'aux granulations du col de l'utérus. On y a recours lorsque, ainsi que le fait remarquer M. Duparcque, l'érosion est <' d'un rouge vif, sensible, douloureuse, et repose sur un fond engorgé, congestionné, enflammé. Le sujet est-il jeune et fort, continue cet auteur, on débute par une saignée, on le soumet à un régime rafraîchissant, on pousse doucement et fréquemment des injections de liquides mucilagineux et narcotiques à température basse, comme d'une décoction de racine de guimauve, ou de graine de lin et de tête de pavot, on on les remplace par des cataplasmes à demeure ; les bains entiers et les bains de siège 'presque froids conviennent également.

» On proscrit toute espèce de fatigue, on éloigne les causes qui ont déterminé ou qui entretiennent l'érosion, et l'on recommande principalement le repos absolu des organes; on surveille les évacuations alvines, et l'on prescrit un régime approprié. »

Il y a bien loin de ces données vagues aux préceptes rigoureux qui résultent d'une bonne analyse des faits; mais les recherches ont été faites trop négligemment pour qu'il soit possible d'indiquer quelque chose de plus précis.

Lorsque l'inflammation est peu vive, ou lorsque, à l'aide des moyens qui viennent, d'être indiqués, on l'a notablement apaisée, on a recours au traitement exposé en détail à propos des granulations, et auquel nous renvoyons le lecteur.

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