MÉTRITE INTERNE. — CATARRHE UTÉRIN. — CAUSES
Tempérament, constitution. — «Userait bien difficile, dit M. Nonat, d'apprécier d'une manière exacte l'influence que peut avoir le tempérament sur la genèse des phlegmasies utérines. Cependant il est certain que les femmes douées d'un tempérament lymphatique et celles dont le sang est appauvri y sont plus exposées que les femmes qui jouissent d'un tempérament sanguin : ce qui semble pouvoir s'expliquer par les troubles ou l'irrégularité de la fonction menstruelle chez les premières. Il n'est pas aussi bien établi que la métrite soit plus commune chez les femmes blondes que chez les autres, quoi qu'en aient dit quelques auteurs. »
Le même auteur fait encore remarquer que la métrite est un peu plus commune chez les femmes des classes indigentes que chez celles des classes aisées, peutêtre parla double influence du vice et de la misère.
L'usage de substances stimulantes, comme les emménagogues, doit figurer au rang des causes prédisposantes, de même que certaines pratiques, telles que les injections vaginales, les bains de siège, les pédiluves. On a signalé, sans avoir la démonstration de leur nocuité, l'usage des corsets. Enfin on a noté sans preuves l'influence des climats tempérés, des saisons froides et du séjour dans les grandes villes.
A notre sens, ces causes, qui sont communes à un si grand nombre de femmes et qui sont loin cependant de produire toujours des effets semblables, ne peuvent avoir d'action réelle qu'en vertu d'une prédisposition particulière, et nous pensons, avec M. Bazin et avec M. Tillot, que les diathèses rhumatismale, tuberculeuse, scrofuleuse et herpétique, ont la plus grande part à la production de la métrite interne. Il ne faut plus qu'une cause occasionnelle pour que l'influence morbide préexistante localise son action sur l'organe utérin, comme elle l'exercerait dans tout autre lieu soumis à cette action excitatrice.
2° Causes occasionnelles.
Toute cause capable à' augmenter ou de diminuer la congestion sanguine qui se fait à l'époque menstruelle, est capable de déterminer le développement de la métrite; et c'est pour ce motif que l'on recommande avec raison aux femmes d'éviter toutes les influences capables de troubler la menstruation, connue les emménagogues, les purgatifs, les saignées, les bains de pieds, et même les émotions morales. ]
Il faut reconnaître avec M. Duparcque que les couches jouent un grand rôle dans la production de la métrite chronique; mais peut-être la proposition de cet auteur est-elle trop absolue lorsqu'il dit : « Le plus grand nombre de ces altérations (celles de la métrite chronique) sont survenues à la suite des couches. » Sur 22 cas que nous avons rassemblés, on ne peut rapporter la maladie que 1 1 fois a cette cause (accouchement ou avoiiement), et encore dans quelques-uns la métrite chronique s'est-elle définitivement déclarée assez longtemps après les couches pour qu'on puisse conserver quelque doute. Ce nombre est néanmoins assez grand pour nous confirmer dans l'opinion précédemment émise, que les femmes qui ont des enfants sont dans la condition la plus favorable au développement de la maladie.
On a dit que marcher trop tôt après l'accouchememt, et surtout se livrer à des fatigues considérables peu de temps après les couches ou un avorlement, estime
itâ m MALADIES DES FEMMES.
des causes Les plus actives de la maladie. C'est, en effet, ce quia eu lieu dans deux cas. Ce nombre est bien peu considérable, sans doute; mais, dans ces deux cas, il y a eu une relation de cause à effet si évidente, qu'il a été impossible de la méconnaître.
Un simple avortement, sans fatigue consécutive, a donné lieu à la maladie dans trois cas, et, si l'on considère que l'avortement est beaucoup plus rare que l'accouchement à terme, on reconnaîtra que ce nombre ne laisse pas d'avoir de l'importance.
Les coups sur l'abdomen, les chutes sur le siège, sur les genoux, sur les pieds, sur le ventre, les manœuvres nécessitées par un accouchement laborieux, toutes les violences extérieures qui peuvent porter sur l'utérus, soit directement, soit indirectement, ont été rangées parmi les causes de la métrite chronique. Nous n'en trouvons qu'un seul exemple parmi les faits que nous avous rassemblés, et encore s'agit-il d'un coup sur le ventre ayant déterminé l'avortement qui, comme nous venons de le voir, peut par lui-môme être la cause efficiente de la maladie.
On a encore cité en première ligne les excès de coït. Nous croyons qu'on a beaucoup exagéré l'influence de celle cause. La métrite chronique se rencontre bien plus rarement chez les filles publiques qu'on ne devrait s'y attendre, si l'on regardait le fait comme certain, et cette proportion paraîtra bien plus faible encore, si l'on songe que ces femmes sont exposées à beaucoup d'autres causes d'inflammation. Dans les faits que nous avons réunis, celle cause n'a pu être invoquée qu'une seule fois.
Quant à la masturbation, aux excès alcooliques, aux exercices violents, etc. , nous nous bornerons aies mentionner, parce que l'on ne trouve aucun fait qui démontre l'existence de ces causes.
On a également fait jouer un très grand rôle aux couses morales. Parmi les laits auxquels nous empruntons ces détails, il n'en est que trois dans lesquels ont ait constaté leur existence : une fois ce fut une grande frayeur qui détermina une métrorrhagie suivie de métrite, et deux fois les femmes étaient en proie à de grands chagrins.
Parmi les causes, il nous faut citer la suppression des règles. Dans un cas, les règles ayant été brusquement supprimées à la suite d'une vive émotion morale, il survint bientôt une métrite chronique dont la durée fut considérable. Dans trois autres cas, la suppression fut graduelle et sans cause connue; mais on peut se demander si lorsque les règles commencèrent à diminuer, l'inflammation chronique n'existait pas déjà, et si la suppression n'était pas plutôt l'effet que la cause.
On a cité des cas où la métrite chronique a été la terminaison d'une met rite
aiquë; cela est rare. . , , . .
La métrite chronique a encore été attribuée à l'action d'uuvirus venerun. Mais nous ne connaissons pas les observations sur lesquelles on s'est fondé, du moins quand il s'agit de la métrite chronique simple.
[Le séjour de corps étrangers dans le vagin, les opérations pratiquées sur le col ou le corps de l'utérus, comme l'abaissement de l'utérus pour 1 estract.on des polypes, le débridement de l'orifice ntéro-vaginal,. les cautérisations, le cathete. %Z utérin, Y application du redresseur, etc., sont encore des causes de métrite interne.