‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource] (volume 2)Chapitre 35 sur 344 · MÉTRITE INTERNE. — CATARRHE UTÉRIN · texte numérisé non relu

MÉTRITE INTERNE. — CATARRHE UTÉRIN

[De toutes les affections inflammatoires de l'utérus, celle de la membrane interne est une des plus communes. Qu'elle soit absolument superficielle ou qu'elle affeete a une plus ou moins grande profondeur le parenchyme de l'organe, qu'elle soit bornée à la cavité du corps et du col, ou qu'elle se prolonge sur le col, elle n'en constitue pas moins une espèce très nettement délimitée et à laquelle s'attache un très grand intérêt.

A notre sens, devant les questions pratiques doivent tomber toutes les vaines distinctions, faciles à établir dans le silence du cabinet, et à l'exemple de MM. Velpeau, Soanzoni, Nonat, nous ne dislin-uenwis ni la mélrite du corps, ni celle du col; et nous ne conserverons pas même de délimitation entre les formes aiguës et chroniques, à peu près impossibles à distinguer au lit des malades. Pour nous, la métrite interne est une, et les petites différences dues à des localisations ou a une

(1) llibliothèquo de thérapeutique. Paris, 1828, t. I, p. 296.

marche particulière, ne nous semblent utiles que pour indiquer quelques légères modifications à opérer dans l'application du traitement local.

§ I. — Définition, synonymie, fréquence.

On entend parle mot de métrite interne, toute inflammation occupant primitivement ou consécutivement la surface interne de l'utérus, avec ou sans complication d'affection de tissu musculaire de l'organe et d'altération du col, et survenant hors de l'état de grossesse et du temps des couches.

On a désigné cette affection sous les noms ù'inflammatio uteri, inflammattô uterina, hysteritis, metritis, catarrhe utérin ; C'est la même qui est décrite sous le nom de métrite aiguë ou chronique.

On ne possède aucun renseignement sur sa fréquence absolue, mais nous exposerons plus bas sa fréquence selon les âges.

§ II. — Causes.

Nous suivrons dans cet exposé l'ordre adopté par M. Nonat, dans son remarquable traité des maladies de l'utérus (1), sauf à y ajouter quelques détails qui ne nous paraissent pas sans importance.

1° Causes prédisposantes.

Age. — Le tableau suivant, emprunté à M. Nonat (2), fera connaître sur-lechamp la proportion des cas de métrite, suivant les âges ; il ne s'agit pas de l'époque du début, toujours difficile à préciser, mais de l'époque où le médecin a été appelé à les constater.

♦ Le relevé a été fait d'après 300 observations :

De 10 De 15 De 20 De 25 De 00 De 55 De 40 De 45 De 50 De 55 an à à à à à à n à

15 ans. -20 ans. 25 ans. 30 ans. 53 ans. 40 ans. 45 ans. 50 ans. 55 ans. 60 uns.

« Il suffit, dit M. Nonat, de regarder notre tableau pour se convaincre aisément que les phlegmasies utérines ont leur maximum de fréquence de quinze à quarante-cinq ans, c'est-à-dire pendant ce que nous avons appelé la période menstruelle ou génitale de la vie de la femme. Et, dans cette période, quel est l'âge où la femme est le plus exposée à la métrite ? C'est de vingt à trente ans, c'est-à-dire à l'âge où ses fonctions génératrices s'accomplissent avec le plus d'activité, où les rapports sexuels sont le plus fréquents et où les grossesses sont le plus nombreuses. » Néanmoins il y a des causes indépendantes des fonctions génitales, qui peuvent augmenter le chiffre des métrites à diverses époques de la vie.

Hérédité. — Lisfranc, M. A. Robert et M. Nonat citent des cas où ils ont donné des soins à la mère et à la fille, ou à plusieurs sœurs, pour des affections semblables de l'utérus; ce qui établirait le fait de l'hérédité, si les observations étaient en plus grand nombre

(1) Traité pratique des maladies de l'utérus et de ses annexes. Pans, 1

(2) Loc. cit., p. 59.

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