MÉTBITE INTERNE. — CATARRHE UTÉRIN. — TRAITEMENT
temps. Si quelques pustules se montrent sur une partie, on cesse d'y appliquer d'autres frictions; car ce n'est pas pour déterminer une éruption, comme on le fait ordinairement, que je les emploie, mais pour faire pénétrer le médicament par l'absorption; ce n'est pas une action dérivative externe, nuis une action altérante interne que je me propose d'exciter.
» Si l'on n'aperçoit aucun résultat après avoir employé de cette manière Ja valeur de 15 à 30 grammes d'émétique, il faut cesser l'application. Je ferai observer qu'aucune des malades soumises à celte médication n'offrilde phénomènes indiquant que le tartre stibié ainsi administré ait porté son action sur les voies digestives. »
Parmi les purgatif.-; on choisit ordinairement ceux qui ne provoquent pas une grande irritation dans l'intestin, ou, en d'autres termes, les laxatifs. Veau de Sedlitz, Y huile de ricin ou d'épurge à doses modérées ; les sels de soude et de magnésie remplissent cette indication. Ces moyens, du reste, ne doivent être considérés que comme des adjuvants. Dans aucun cas ils n'ont été administrés seuls.
Narcotiques à l'intérieur. — Les narcotiques ne sont guère administrés à l'intérieur que dans les cas où les douleurs sont vives, et surtout lorsqu'il survient des symptômes de dysménorrhée. Il faut faire une exception pour la ciguë, qui, d'après plusieurs auteurs, parmi lesquels il faut citer Lisfranc, Récamier et M. Dnparcque, aurait procuré la guérison, non-seulement de plusieurs métriles chroniques, mais encor.e de véritables squirrhes de l'utérus!
Lisfranc conseillait de donner la poudre de ciguë à la dose de cinq centigrammes que l'on double au bout de quinze jours eu augmentant successivement jusqu'à 15 et 20 centigrammes. Suivant M. Duparcque, l'extrait a autant d'efficacité, et n'a pas, comme la poudre, l'inconvénient d'occasionner le dévoiement et un sentiment désagréable à la gorge. Mais il importe de donner Y extrait préparé à froid , en faisant traverser le suc de la plante par un courant d'eau continu.
Les autres narcotiques, comme l'opium, les sels de morphin°, la belladone, le datura, ne sont administrés que pour calmer les douleurs. Un des modes d'administration de l'opium les plus recommandés, est l'emploi de lavements laudanisés plus ou moins réitérés.
Il faut, avec M. Duparcque, passer sous silence Y acide hydrocyanique dont l'action est très contestable, parce que ce médicament dangereux ne doit être conseillé que dans les cas où l'expérience en a bien démontré l'utilité.
Nous en dirons autant de Y arsenic. Il faudrait, pour que l'on pût avoir quelque confiance dans ce médicament, que des faits bien détaillés nous en fissent connaître l'action presque jour par jour.
Anes/hé.siques. — Nous renvoyons pour l'emploi de ces moyens (chloroforme, acide carbonique), à ce que nous en avons dit à L'article Dysménorrhée (voy. p. 79).
Résolutifs, fondants, désobstruants. — Cette médication est suivie dans tous les cas où l'on a constaté l'existence de I cngorgement d'un viscère quelconque. Parmi les moyens de ce genre, ceux généralement employés, sont les boissons alcalines et les bains alcalins. L'eau de Vichy, de Néris, de Carjsbnd, à'Ems, etc. (I ), est prescrite en boisson, et tous les jours on fait prendre aux malades un bain d'eau
(1) Voyez ces stations thermales dans le Dictionnaire des cau.v minérales rl d'hydrologie médicale, \w Durand-Fardel, Le Bretal Lefort. Paris, I8fi0.
15<l MALADIES DES FEMMES.
alcaline naturelle, ou un bain d'eau simple auquel on ajoute deux ou trois cents grammes de carbonate de soudé.
MeréUriàux. — Les mereuriaux sont également employés dans le but de résoudre l'engorgement. Lecalomel, les pilules d'onguent mercuriel, les frictions mercurielles sur les membres, l'application de la pommade mercurielle sur le col de l'utérus ont élé fréquemment mis en usage. •
loduri's. — Celui de potassium peut être prescrit de la manière suivante : .
Ifi Infusion de saponaire. . . . 500 grarn. | Iodure de potassium 5 gram.
Dissolvez. Dose : matin et soir, une ou deux cuillerées à bouche de cette solution dans une tasse de décoction de salsepareille.
« Dans le cas de contre-indication par les voies digestives, on administre, dit M. Dupareque (1), les préparations d'iode par la méthode iatrajeptique, c'est-àdire en frictions. On se sert pour cela de Vhydriodate de potasse, des iodnres de soufre, de plômb, de mercure, auxquels on donne la forme de pommade en les incorporant à l'axonge. Les proportions sont de quatre grammes de médicament par trente grammes d'axonge. On augmente l'action résolutive de la pommade en y ajoutant quelques centigrammes d'iode (de 0,20 à 0,40). »
Préparations d'or. — ISous retrouvons encore ici les préparations d'or recommandées comme l'iode dans les cas où l'on peut attribuer la maladie au vice scrofuleux.
Révulsifs, dérivatifs. — Les révulsifs sont placés au nombre des moyens les plus actifs contre la métrite chronique.
La pommade stihiée, un emplâtre de poix de Bourgogne saupoudré ou non d'émétique, les frictions avec Vhuile de tsrotah, avec un Uniment ammoniacal, avec la teinture de myrrhe ou à'aloès, sont également employés dans le but d'exciter plus ou moins violemment la peau ; mais rien ne prouve que ces moyens, dont quelques-uns sont très douloureux quand on les emploie activement, soient autre chose que de simples adjuvants.
On peut rapprocher de ces moyens les irrigations, les douches sur le col de l'utérus, sur le bassin, sur les cuisses, avec différents liquides excitants.
M. le docteur Fleury (2) a obtenu la guérison d'engorgements anciens et indurés à l'aide de douches f roides.
[Cuuléri-ation intra-utérine. —Tous les moyens précédents peuvent rester sans efficacité et il est absolument urgent d'agir directement sur les points malades. Cette nécessité a fait imaginer la cautérisation intra utérine. En ellet, la congestion utérine peut être dissipée par les saignées, les révulsifs, etc. , mais non pas toujours les altérations de la muqueuse du corps ou du col de l'organe.
Lorsqu'on est décidé à agir ainsi sans intermédiaire, il faut pratiquer d abord le eathétérisme de l'utérus connue procédé d'exploration (Nonat). Celle opérât, on préliminaire a pour but de préparer les voies et de s'assurer de la sensdn .le des parties. Ensuite on peut cautériser de diverses manières. L'introduction et le se-
(1) Loc. cit., p. 307.
(2) Séances de l'Académie des sciences, 12 mars 1
FONGOSITÊS INTRA-UTÉRINES. 155
jour prolongé d'un crayon de nitrate d'argent dans le col do l'utérus produisent souvent des douleurs et des coliques et amènent le rétrécissement du col. M. Nonat préfère en conséquence la cautérisation avec la solulioon de nitrate d'argent ou avec le nitrate acide de mercure.
Dans l'intérieur même de l'utérus on peut pratiquer sans crainte la cautérisation avec le nitrate d'argent solide, mais introduit à l'aide d'un porte-caustique analogue à celui que [.allemand employait pour l'urèlhre. On doit retourner l'instrument dans l'ulérus et ne pas prolonger le contact au delà de deux minutes. Les caustiques liquides sont portés avec l'aide d'un pinceau. On a proposé de substituer des crayons de tannin aux caustiques précédents.]
RÉSUMÉ SOMMAIRE DU TRAITEMENT
Émissions sanguines; émollients, délayants; narcotiques à l'extérieur; bains du col de l'utérus, pansements avec des pommades narcotiques; injections; cataplasmes sur le bassin, dans le vagin; glace dans le vagin; purgatifs, éméliqoe par absorption ; narcotiques à l'intérieur; résolutifs, fondants, désobstruants; mercuriaux, iode, or; révulsifs, dérivatifs; injections dans la cavité utérine, cautérisation de cette cavité.
ARTICLE X
FONGOSITÊS INTRA-UTÉRtNES.
[La description de cette affection est toute moderne, et nous la présentons ici comme une sorte d'appendice à la métrite interne.
Récamier (1) a le premier indiqué ces fongosilés; en inventant la curette intrautérine, il témoignait de la connaissance qu'il en avait, mais il ne les a décrites nulle part avec précision. Après lui, M. A. Robert (2) pratiqua Vabrasion de fongosités utérines, M. Ch. Robin (3) en donna ensuite une description; mais les seuls travaux inporlanls que nous connaissions sur ce sujet sont ceux de M. Rouyer (Zi) et de M. Goldschmidt (5). Après ces auteurs, MM. Nonat, Aran, Becquerel ont aussi parlé des fongosilés utérines. Nous empruntons, principalement a MM. Rouyer et Goldschmidt, les délails qui vont suivre.
Plusieurs médecins ont nié l'existence des fongosilés utérines, et voici en particulier l'opinion de M. Lebert (6) :
« J'ai entendu dire à des pra;iciens fort distingués, tels que MM. Nélalon et Robert, que cette opération (l'abrasion) avait eu plus d'une fois entre leurs mains
(1) Recherches sur les maladies vaginale* et utérines, etc. Note lue à l'Académie de médecine les 7 février et 1 1 mars 184 i. — Mémoire sur les productions fibreuses et fongueuses Wra-ulérines (Union médicale, Ier, l, fi et 8 juin 1850).
(2) HuUelin de thérapeutique, t. XXXI, p. 3)4. — Tliésc citée sur \es granulations du col tir l'utérus, 1818.
(3) Archives générales de médecine, lSi7 l. XVII.
''\ Etude clinique sur les fongosilés du la miu/itcmo utérine (thèse inaugurale. Paris, 2(i août I s:>-( .
{■>) Des fongosilés de la cavité de l'utérus, thèse Inaugurale. Strasbourg, 21 janvier 1859. (6) Traité d'auatomie pathologique. Paris, iSfiO, m-M\o, I. Il, p. 132.
ir>(> MALADIES DES FEMMES.
d'heureux résultats. Il s'agissait de déterminer en quoi consistait son mode d'action; c'est ce que je n'ai pas tardé à faire, à la suite de L'examen de nombreux fragments de ce genre qui ont été soumis à mon osbservation. Je n'ai jamais trouvé autre chose que les glandules et les autres cléments normaux de la muqueuse utérine ; et comme rien absolument ne démontre qu'il y ait eu autre chose dans ces utérus ainsi grattés, tout au plus un léger gonflement catarrhal de la muqueuse, je persiste à croire, jusqu'à preuve du contraire, que dans tous ces cas il ne s'agit que du grattage de la muqueuse elle-même, dont des fragments avaient été enlevés au moyen de cette curette. Il se pourrait, en effet, que l'on eût pu, par cette manœuvre, soulager quelques malades; il me paraît cependant dangereux d'entrer ainsi en aveugle dans la cavité de cet organe et d'y opérer le grattage; et comme on pourrait parfaitement y rencontrer un produit de conception, on conçoit qu'au lieu d'une amélioration problématique, on pourrait déterminer des accidents graves : c'est donc une méthode à abandonner. »
Mais il nous semble que l'opinion négative de M. Lebert, qui porte sur des opérations pratiquées sur le vivant, n'ont pas d'autorité suffisante. Los observations de M. Rouyer et les planches de M. Ferrier témoignent de la réalité anatoinique des fongosités utérines, et les recherches micrographiques de M. Lebert démontrent seulement que cet observateur n'a vu que des fragments de muqueuse utérme enlevés peut-être sur des fongosités qui n'ont pas cédé à l'abrasion. D'ailleurs, M Lebert convient que la muqueuse n'est pas fions son état normal. Or, il resuite des recherches de M. Ch. Robin qu'il s'agit d'une hypertrophie de la muqueuse utérine, avec adjonction d'éléments nouveaux (produits hbro-plasliques). Peut-être la négation de M. Lebert est-elle utile en ce sens, qu'elle tend a réduire des descriptions exagérées à une hypertrophie simple de la muqueuse intra-utérine, mais elle ne doit pas faire méconnaître la réalité de ces fongosités.
g I, — Description anatomique.
Voici les descriptions données par les auteurs que nous avons cités : «Les lambeaux enlevés au moyen de la curette utérine présentent, dit M. Rouyer, à cause même de la forme de l'instrument, l'aspect de bandelettes longues de J . 5 centimètres sur 5 à 6 millimètres de largeur. Les deux faces, libre m t adhérente sont circonscrites par des bords taillés en biseau, aux dépens de la du- S.' La face libre est lisse, recouverte par I epi.hélium ; on y aperçoit un lac, a culaire, généralement fin, de couleur rouge, quelquefois v.o lace ; la face adl.e.e. te e t h ssée de petites vi.losi.és très fines, dues à l'action de la curette ; elle es n Teu v butée, d un blanc grisâtre ou rosé, très peu vasculaire. L'épaisseur du lam- Cenlëvé est de 1 millimètre a 2 millimètres 1/2; on r—^Tw seurs sur le même fragment; la vascularisation pénètre jusqu a 1 m.ll.mct.e et \\L
0l?,lutqu"c!T'descrip,ion se rapporte très exactement a celle de la muqueuse ob erS emlant l'écoulement menstruel ; mais i. est extrêmement .rc ; que on rencontre la muqueuse simplement dans cet état; on trouve, en >' 1 ; granulations saillantes, soulevant légèrement la muqueuse, d au es f e petites saillies hémisphériques ou même sphériques, et un peu pédiculées, ressen