FONGOSITÉS INTRA-UTÉRINES, — DESCRIPTION AN ATOMIQUE
blant assez, bien à de petits grains de groseille, opaques ou transparents, el, dans ce dernier cas jaunâtres comme de petils polypes vésiculaires, ou rosés, rouges même Sous la muqueuse on trouve quelquefois de petils caillots sanguins, comme apoplectiques mais beaucoup plus souvent de petites masses à surface spongieuse, violacées semblables à du tissu placentaire, contenant dans leur- intérieur une sorte de noyau central, mal limité, plus dur, que l'on sent bien surtout en les pressant entre, le pouce et l'index.
>, Je viens dè parler à l'instant de petits grains, un peu pédicules, formant une saillie très prononcée sous la muqueuse. Dans certains cas ils ne sont rattachés à la muqueuse que par un petit pédicule mince, et ressemblent alors tout à fait aux polvpes vésiculaires que l'on extrait souvent des fosses nasales. Ces polypes sont implantés alors sur la muqueuse vascula. isée que nous avons décrite plus haut.
„ H est enfin une autre disposition de granulations que l'on rencontre sur la muqueuse vascularisée, ce sont de petils grains, comme des tètes d'épingle qui, se trouvent sous la face libre de la muqueuse, et lui donnent un aspect chagrine. Quelquefois ils atteignent la grosseur d'une graine de chènevisou même d'un petit pois et ressemblent alors à l'état que nous avons décrit plus haut, s. ce n'est que, Sans ce dernier cas, ils sont plus abondants et plus régulièrement disséminés. Ces granul .lionssont assez consistantes et présentent à la coupeune couleur blanchâtre; elles ressemblent parfaitement à de petits grains glandulaires.
„ Les fongosités de l'utérus peuvent aussi s'observer dans la cavité du col; certains médecins admettent qu'on les rencontre fréquemment clans le col, tandis qu'elles sont très rares dans la cavité du corps ou ne s'y rencontrent jamais. Je crois au contraire qu'elles sont extrêmement rares dans la cavitédu col exclusivement.... Quelques observateurs, et notamment M. A. Robert et M. Richet, ont pensé que les fongosités se développent peut-êlre de préférence sur les points de la cavité utérine qui ont été le siège de l'implantation du placenta pendant la grossesse. Je pense qu'il est difficile de se rendre un compte exact de celte opinion. »
Ici nous devons faire remarquer que le - plus grand nombre des descriptions anatomiques ont été données d'après les fragments retirés de l'utérus, a I aide de la curette de Récamier; et que c'est l'absence d'examen direct qui a pu faire élever des doutes sur la nature, le siège et même l'existence des fongosités intrautérines. Mais il nous semble que le doute n'est plus permis depuis que 1 on a donné des observations, ecueillics sur le cadavre. M. Richet (1)ena trouve sept ou huit exemples sur une centaine d'autopsies de femmes mortes à Lourcine, pendant le choléra de M. Nélalon, à la même époque, et dans des circonstances analogues, en a rencontré aussi des exemples à l'hôpital Saint-Antoine. M. Robert en a vu également sur le cadavre. M. Fcrrier (2) a décrit quelques pièces anatomiques : dans un cas, sur la partie postérieure de la cavité utérine, au niveau des trompes, il existait une masse fongueuse, pulpeuse, rougeâtre framboisée, sans forme déterminée; cette masse se laissait facilement enlever avec les doigts; dans un autre cas, à la partie postérieure et sur la ligne médiane de la face interne du corps
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de l'utérus, on voyait une végétation d'une forme aplatie, d'une couleur rosée (1 une consistance molle, s'insérant sur la muqueuse par un pédicule élalé
Mais c'est surtout à M. Goldschmidt que nous devons le plus grand nombre de descriptions de fongosités observées sur le cadavre; les dessins joints à sa thèse, bien qu'incorrects, ne peuvent cependant laisser aucun doute sur la réalité de l'affection. Le fait suivant, extrait de cette thèse, nous paraît suffire comme description générale. Chez une femme âgée de soixante-deux ans, morte de métro-péritonite, on trouva une tumeur fongueuse jaunâtre, très vasculaire, d'un rouge vif en quelques points, insérée par une large base sur toute l'étendue du fond et sur une partie de la surface postérieure de la cavité utérine, et présentant les caractères suivants : production fongueuse molle, se laissant assez facilement entamer par l'ongle, divisée en deux lobes inégaux qui offrent à leurs extrémités libres un certain nombre de lobules moulés les uns sur les autres et aplatis sur les côtés, lobules d'un rouge brun, qui ont été le siège d'hémorrhagics abondantes et presque continues vers la fin delà vie; accumulation de matières félidés entre la tumeur et la cavité utérine. Les autres descriptions, au nombre de onze, tracées par M. Goldschmidt, d'après des pièces recueillies par M. Kœberlé, chef des travaux anatomiques et agrégé delà Faculté de médecine de Strasbourg, et par M. le professeur Stoltz, diffèrent peu de la précédente.
Quant à la nature intime de ces productions, les auteurs sont tous d'accord. C'est une hypertrophie de la muqueuse utérine, avec addition de produits fibro-plastiques. Nous renvoyons, pour cette description qui intéresse peu le praticien, aux observations microscopiques de MM. Ch. Robin (1), Lebert (2), Ferrier (3), Rouyer, Goldschmidt, etc.
Maintenant il nous semble qu'après toutes les descriptions qui ont été publiées, il est impossible de nier l'existence des fongosités utérines.
Que l'on dise, avec M. P. Dubois et avec M. Lebert, que la curette ne ramène que des lambeaux de muqueuse utérine, nous en convenons, mais ce sont des portions modifiées, hypertrophiées; et M. Lebert en convient aussi lui-même, en disant que dans l'utérus normal il n'est pas aisé de voir les glandules utriculaires delà muqueuse, mais qu'il les a beaucoup mieux étudiées dans les prétendues végétations qu'on retire avec la curette utérine.
§ II. — Causes.
Age. — On ne trouve point, dit M. Goldschmidt, de fongosités avant la puberté; les malades les plus jeunes sont comprises entre vingt et vingt-cinq ans; à dater de cet âge, les fongosités apparaissent à toutes les époques de la vie et elles survivent à l'âge critique. Le tableau suivant, dressé par cet auteur, indique 1$ fréquence des cas où l'origine du mal paraît avoir été constatée avec une certaine précision :
(1) Mémoire pour servir à l'hisloire analomique et physique de la muqueivc utérine (Arch. gén. de méd., 1848, t. XVII).
(2) Thèse de M. Juteau. Paris, lbftO.
(3) Des fongonsilés utérines, etc., thèse (Paris, 185*). Cette dissertation est accompagnée de fort belles planches.