DIAGNOSTIC
2° Signes distinctif s du cancer ulcéré et de l'ulcère simple, ou de l'ulcère vénérien de la matrice.
a. CANCER ULCÉRÉ.
Profond; bords durs et élevés.
Suppuration sanieuse et fétide.
Les parties du col sur lesquelles repose l'ulcère cancéreux sont dures; parfois, au contraire, ramollies.
Signes généraux du cancer.
b. CANCER ULCÉRÉ.
Commémoralifs : Pas de chancre à une époque antérieure.
Pas de traces de syphilis dans les autres parties du corps.
Signes généraux du cancer.
Dans les cas douteux, effets du traitement : l'ulcère cancéreux est peu ou point modifiépav le traitement antisyphilitique.
a. ULCÈRE SIMPLE.
Superficiel ; bords souples et peu élevés.
Suppuration sans caractères particuliers .
Les parties du col sur lesquelles repose l'ulcère simple ont leur consistance normale, ou à peu près normale.
Pas de signes généraux du cancer.
b. ULCÈRE SYPHILITIQUE.
Commémoralifs : Chancres à une époque antérieure ; surtout chancres indurés.
Parfois traces de syphilis dans une autre partie du corps.
Pas de signes généraux du cancer.
Dans les cas douteux, effets du traitement : l'ulcère vénérien est promplement modifié par le traitement antisyphilitique.
Pronostic. — Il résulte de ce que nous avons dit à propos de la maladie, qu'il n'est pas d'affection plus grave que le cancer de l'utérus. Tous les cas où l'on a mis en usage le traitement interne et un traitement local autre que l'extirpation de la partie malade ont été mortels ; car ceux qu'on a cités comme exemples de cancer guéri par ces moyens ne présentent pas les sigties caractéristiques de cette affection. Quant, à l'opération, a-t-elle de plus grands avantages ? C'est ce que nous discuterons en parlant du traitement. À l'époque où l'amputation du col était en grand honneur, on regardait les cancers bornés à cetle partie de l'organe comme infiniment moins graves que ceux qui se sont étendus au corps del'utérus. Lespremiers, seuls, en effet, permettent une opération qu'on croyait alors presque innocente, et à laquelle on attribuait de très nombreux succès. Aujourd'hui qu'une étude plus attentive des faits a prouvé que cette opération est beaucoup plus dangereuse qu'on ne le croyait, et qu'elle n'a pas les avantages qu'on lui attribuait, on ne peut plus partager complètement ces illusions. Il est certain néanmoins que le mal, borné à une partie accessible à nos agents directs, nous offre plus de chance d'en empêcher les progrès et d'adoucir les souffrances de la maladie ; mais cela ne change rien au pronostic définitif. Le danger est seulement, toutes choses égales d'ailleurs, moins imminent. Mais s'ensuit-il qu'en doive regarder le cancer comme à tout jamais incurable, et qu'on ne doive plus chercher les moyens de procurer aux malades une guérison radicale ? Non, sans doute. On doit à ce sujet garder la même réserve que pour les tubercules. Mais il n'y aurait aucun avantage à se faire illusion, et il faut que les praticiens éclairés sachent bien que personne n'a encore cité un seul cas de cancer de l'utérus, même commençant (le diagnostic ne présentant aucun doulc), qui ait été guéri par les nombreux traitements, spécifiques ou non, préconisés jusqu'à présent. Le traitement curatif, s'il est possible, est encore à trouver.
§ VII. — Traitement.
Le traitement du cancer, bien que ne pouvant être que palliatif, mérite néanmoins d'être exposé avec quelques détails. Cette affection est si terrible, elle détermine parfois de si atroces douleurs, qu'il est très important de connaître les moyens qui peuvent apporter du soulagement et rendre l'existence supportable.
1° Traitement de la première période. — Beaucoup d'auteurs ont regardé comme appartenant à la même maladie l'engorgement dû à l'inflammation chronique et celui qui résulte du cancer ; aussi, dans les descriptions qu'ils nous ont laissées, ont-ils exposé d'une manière générale le traitement de ces affections diverses. Or, ce traitement n'est autre que celui que nous avons exposé dans l'histoire de la métrite interne. Si ce traitement réussit, on dit ou qu'on a guéri un squirrhe, ou du moins qu'on a prévenu un cancer. S'il ne guérit pas, on attribue ce non-succès à l'emploi trop tardif des moyens thérapeutiques. Nous nous bornerons à dire que si ce traitement des engorgements de l'utérus ( saignée, émollients, narcotiques, iode, mercuriaux) a des avantages lorsque l'engorgement est cancéreux, c'est comme palliatif; et quant à l'application de ces divers moyens, elle est réglée d'après les symptômes observés et l'état général.
Ainsi la saignée, les sangsues, les ventouses scarifiées, sont prescrites dans les cas où les signes d'engorgement sanguin, des troubles de la menstruation, un état pléthorique, viennent se joindre aux signes locaux du cancer.
Dans les mêmes circonstances, et lorsque l'utérus offre une sensibilité exaltée, on a recours aux émollients, aux bains, aux injections narcotiques, etc., comme dans la métrite chronique. Le régime, le repos, complètent ce traitement, qui doit être plus actif lorsqu'une inflammation des parties voisines du mal vient à se manifester.
Les vomitifs et les purgatifs ne sont utiles que pour combattre, dans quelques circonstances, les symptômes de l'embarras gastrique, ou pour entretenir la liberté du ventre, Ce qui est souvent nécessaire.
Les narcotiques à l'intérieur sont opposés aux douleurs vives qui causent fréquemment l'insomnie ; mais c'est surtout dans le traitement de la deuxième période que ces moyens sont de la plus grande utilité.
La ciguë n joui d'une grande réputation contre les divers cancers. On n'a pas manqué de l'administrer dans les cas de cancer de l'utérus; mais, comme pour la même maladie ayant son siège dans d'autres organes, les cas de guérison sont trop douteux pour qu'on regarde cette substance comme ayant plus d'efficacité que les palliatifs ordinaires. Il faut augmenter graduellement la dose de ce médicament. Ainsi on prescrira de 5 à 30, U0 centigrammes d'extrait, que les malades supportent très bien, pourvu que la progression ne soit pas trop brusque. On doit néanmoins, dans cette administration, surveiller l'état des malades et s'arrêter s il paraît quelques troubles fonctionnels qu'on puisse attribuer au médicament.
Les remèdes auxquels on a donné les noms de résolutifs, fondants, desobstruants, sont également mis en usage ; les plus importants sont les mercuriaux, Y iode, les préparations d'or.