GROSSESSE UTÉRINE
Sonorité dans les deux fosses iliaques.
Développement plus rapide.
Tumeur occupant la partie moyenne du ventre.
Globuleuse.
Au toucher vaginal, augmentation de volume du col et du corps.
Bruit de souffle connu sous le nom de bruit placentaire, sans battement.
Aune certaine époque, doubles battemen ts du cœur du fœtus.
Mouvements du fœtus.
enkystée des ovaires et de V hydropisie le.
ASCITE.
Abdomen plus ou moins aplati.
Son clair dans Un espace compris effltee l'épi' gastre et une ligne contournant l'ombilic.
Matité d'autant plus grande qu'on s'éloigne davantage de cet espace, et qu'on s'approche des parties déclives.
Changements de rapports de la sonorité o( île lu niatité, quand on fait changer la position de la malade.
Fluctuation généralement phis facile.
(1) Voyez article Ascite, t. IV, p. 484.
Pronostic. — Le pronostic des kystes de l'ovaire est en général grave. 11 est rare qu'à une certaine époque l'affection ne (misse pas par déterminer des accidents sérieux, et, au bout d'un temps très variable, elle devient mortelle dans le plus grand nombre des cas; seulement on peut dire d'une manière générale que la terminaison funeste n'arrive qu'après un temps fort long.
§ VII. — Traitement.
La guérison par les médications internes est au moins très difficile à obtenir. M. Velpeau n'hésite pas même à poser en question l'existence d'un seul succès avéré. Il nous suffira, par conséquent, de mentionner très rapidement les moyens qui constituent la médication interne, et qui ne diffèrent pas, comme on va le voir, de ceux qu'on oppose aux bydropisies et aux engorgements des divers organes.
1" Médication interne. — On recommande les aniiphlogistiques, et surtout la saignée locale, lorsque l'affection parait avoir été occasionnée par une violence extérieure, et surtout au début de la maladie ; mais, dans le paragraphe consacré à Vétiologie, nous avons dit combien l'existence d'une pareille cause est hypothétique.
Si l'on pouvait penser qu'une suppression des règles a produit cette affection, on aurait recours aux moyens indiqués dans un autre article (1), et qui sont destinés à rappeler les menstrues.
Ensuite on a, dit M. Velpeau, « tenté successivement l'administration des sudorifiques, des mercuriaux, des purgatifs hydragogues. Les préparations d'or, de plomb, d'iode, etc.; les eaux minérales, les applications locales de nature variée, ont encore été employées. ... Nous ne ferons que mentionner pour mémoire la compression, que l'on a proposée, il n'y a pas longtemps, dans le but de faire disparaître les hydropisies enkystées de l'ovaire. Cette méthode, ainsi appliquée, ne compte pas encore des résultats que l'on puisse invoquer en sa faveur.»
2° Moyens chirurgicaux. 1° Ponction. — La ponction n'est qu'un moyen palliatif. Elle ne doit être partiquée que lorsque la fluctuation est sentie de manière à faire croire qu'il n'y a qu'un seul kyste, ou du moins qu'il en existe un beaucoup plus considérable que les autres et qui cause tous les accidents. On pratique ordi nairement la ponction sur la partie antérieure de la tumeur. La percussion devra être employée pour s'assurer qu'une matité complète existe dans le point que l'on veut ponctionner, et qu'il n'y a pas de danger d'intéresser un autre organe (pic l'ovaire malade.
Après la ponction, le kyste se remplit de nouveau, et souvent avec une grande rapidité. On a cité des cas où celte opération a été renouvelée jusqu'à quatrevingts fois et plus.
La ponction n'est pas toujours sans danger. Elle a produit parfois un épanche* ment péritonéal, suivi de péritonite suraiguë promptement mortelle ; d'autres lois il y a eu une hémorrhagie interne qui a emporté la malade ; quelquefois enfin la mort est survenue peu de jours après une ponction, par suite d'une inflammatiou du kyste. Lorsque la matière contenue csl trop épaisse, la ponction du kyste esl pratiquée inutilement.
(I) Voyez Aménorrhée, l. V, p. 158.
KYSTES DES OVAIRES. — TRAITEMENT. ;.;05 La ponction parle vagin a été quelquefois pratiquée. Elle est beaucouo nlus dangereuse ; et, d'après le cas que nous connaissons, on doit y renoncer à moins dP circonstances toutes particulières. '
2° Ponction et injections. - On trouve clans les auteurs plusieurs exemples a injections pratiquées avec divers liquides (gros vin, eau aiguisée avec de ial cool etc.), après avoir vidé le kyste à l'aide d'une ponction. On a proposé dan, ces derniers temps, les injections iodées. Il faut dire, avec Lisfranc, que dans I II faits rapportés, lors de la discussion, à l'Académie de médecine (1), sur cè suiet il se trouve beaucoup de revers et peu de succès. Or, comme dans les cas où ce ori rations sont pratiquées, la maladie ne menace pas actuellement les jours delà malade, et que le traitement palliatif suffit pour la faire vivre, sans trop d'incom- .modités, pendant plusieurs années, un médecin prudent doit, jusqu'à ce nue les faits encourageants s'accumulent, redouter cette opération. M. le docteur Vi son (2) a obtenu une guérison d'un kyste de l'ovaire par les injections iodées Ce cas est surtout remarquable en ce que l'incision et l'introduction d'une tente aVant e te prat.quees il survenait du marasme et la fièvre hectique, et que dès qu'on em ploya les injections iodées, il y eut une amélioration rapide qui ne se démentit 1 jusqu a a guérison. Dans ces derniers temps, M. Boinet a également S M
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Mais dans les kystes iniiloculaircs môme, on ne réussit ordinairement que lorsqu'ils contiennent un liquide purement séreux. M. Rouycr rapporte trois observalions appartenant à Al. le professeur Nélaton et concluantes à cet égard. Dans le premier cas, on relira dix-huit litres d'un liquide séreux, et comme l'ouverture du kvste avait été faite avec la potasse caustique, on put faire, tous les deux ou trois jours pendant six semaines, des injections iodées ; le kyste se rétrécit graduellement, et la guérison fut définitive. Dans le second cas, on fit dans l'espace de trois mois quatre ponctions suivies chacune d'une injection iodée, et la malade guérit; près de deux ans après, elle ne présentait pas de récidive. Dans le troisième cas une seule injection suffit.
Que si, au contraire, on a affaire h un kyste contenant un liquide visqueux, gélatineux et filant, non-seulement on n'obtient pas de guérison, -mais encore l'injection iodée peut être nuisible. Voici en effet ce qui arriva dans le quatrième fait cité par M. Rouyer . « Vue ponction fut faite et donna issue à dix-huit litres d'un liquide épais, visqueux. Des injections iodées furent faites dans la tumeur, mais ne donnèrent aucun résultat favorable. M. Nélaton, espérant favoriser leur action par des injections délayantes, des lavages réitérés de l'intérieur du kyste, eut recours à l'emploi de ce moyen, mais sans succès. Il varia alors la nature des injections irritantes; et, après la teinture d'iode, il lit pénétrer dans la poche kystique de l'alcool pur, de l'eau-de-vie camphrée, du vin de quinquina, du chlorure de soude, des solutions de sulfate de zinc, de nitrate d'argent, toujours sans succès. La santé s'altérait pendant toutes ces opérations; les fonctions digestives étaient troublées, la malade s'affaiblissait de plus en plus, et elle s'éteignit ainsi graduellement deux mois après le commencement du traitement... » Ce fait seul, ajoute M Rouyer ne suffirait pas pour qu'on pût, avec raison, poser la conclusion que nous avons citée précédemment; mais M. Nélaton a vu plusieurs fois encore, dans six cas semblables qu'il lui a été donné d'observer, la même série de phénomènes se produire et amener un résultat aussi funeste ; aussi est-il arrivé naturellement : h repousser l'emploi des injections iodées dans les cas de kystes ovanques conte- • nant un liquide visqueux. »
Nous ajoutons, pour éviter des recherches aux praticiens, la formule de 1 injection iodée employée par M. Nélaton :
% Teinture d'iode 250 grammss.
Eau 7S0 —
lodure de potassium 8
Ce liquide, composé de trois quarts d'eau et d'un quart de teinture, doit être hbussé lentement et mis en contact avec la plusgrande partie de la surface du kyste nar diverses positions données à la malade ; le liquide doit être extrait en presque totalité, quoique le séjour dans la tumeur d'un peu de teinture d'iode soit sans danser
Gomme on ne saurait prendre trop de précautions avant d'appliquer ou en appliquant un traitement chirurgical aussi actif, nous indiquerons, encore d âpre. M. Rouyer, la conduite que M. Nélaton a adoptée dans le traitement des kyste,,
ovariques uniloculaires : . >
„ Étant donné un kyste, la nature du liquide contenu n'ayant pu être déterminée
KYSTES l)fc!S OVAIRES. — TRAITEMENT. 307
à l'avance (car -ce point de diagnostic reste trèo souvent douteux, quelque soin qu'on apporte dans l'exploration), faire d'abord une ponction simple, afin de connaître le caractère du liquide, attendre dans tous les cas, pendant quelque temps, pour voir si la reproduction est plus ou moins rapide. Si le liquide du kyste est lilant, visqueux, se contenter de celte ponction simple, palliative, sauf à la renouveler, quand elle sera de nouveau nécessitée par le développement excessif du k\ste. — Si le liquide est séreux et s'il se reproduit, pratiquer une seconde ponction que l'on fait suivre alors d'une injection iodée; si le liquide se reproduit de nouveau et que le kyste revienne à son premier volume, attendre encore assez longtemps, six mois environ et plus, si le kyste, ayant repris son premier volume, finit par rester stationnaire. — Si la reproduction était rapide, le kyste acquérant un volume excessif, le chirurgien ayant la main forcée, pour ainsi dire, devrait agir de nouveau. » ]
3° Incision, extirpation. — Nous réunissons à dessein ces deux opérations, parce que nous voulons nous borner ici à une appréciation rapide de leurs avantages et de leurs inconvénients, d'après les chirurgiens qui s'en sont le plus occupés, et surtout d'après M. Velpeau qui a étudié attentivement les faits. Il n'est pas douteux que par ces opérations on ne soit parvenu à guérir complètement plusieurs malades. Mais, d'un autre côté, il est, et sans doute nous sommes loin de connaître tous les faits malheureux, un assez bon nombre de sujets que l'opération a tués. En outre, l'extirpation de la tumeur offre souvent des difficultés imprévues; parfois même on ne réussit pas à trouver l'ovaire malade. En présence de ces faits! il n'est aucun chirurgien qui ait osé poser en principe de pratiquer, soit l'incision', soit l'extirpation. Cependant il faut reconnaître que les cas de succès sont nombreux et méritent considération. M. le docteur A. Ghereau (1) a réuni dans un mémoire intéressant tous les cas de guérison radicale obtenus par Yovariotomie. Le résultat est, au premier abord, avantageux ; car, sur 83 cas, il y a eu k2 guérisons radicales et 27 morts imputables à l'opération. Mais reste à savoir si dans ces 27 cas de mort il n'en est pas quelques-uns où l'on a abrégé de beaucoup une existence très supportable.
[M. Ch. Bernard, médecin des hôpitaux (2), a réuni et critiqué les statistiques d'oyariotomie publiées à l'étranger. Dans la plupart d'entre elles on est effrayé de la légèreté avec laquelle le diagnostic a été fait et le traitement appliqué: ainsi, par exemple, on voit dans la statistique de M. Phillips, que sur 81 cas, cinq fois, après l'ouverture de l'abdomen on ne trouva pas de kyste à extirper; heureusement les malades guérirent. Et, d'un autre côté, dans 15 cas, on ne put achever l'opération a cause des adhérences. Dans tous les cas le nombre des succès ne doit pas encourager beaucoup à cette opération, car s'il y a eu 35 guérisons sur 61 cas, il v a BU n décès, proportion d'autant plus effrayante, que les kystes de l'ovaire soin, jprès tout, une affection pénible mais non dangereuse dans l'immense majorité des cas.l
(1) Union médicale, 7 août 18'» 7 et numéros suivants.
(2) Archive* générales de médecine, octobre 1856.
ARTICLE 111
DÉGÉNÉRESCENCES Dl\ ERSES.
Nous ne voulorife présenter ici qu'une simple énuméralion, parce (pie, bien qu'intéressantes sous d'autres rapports, les lésions dont il s'agit n'ont qu'une importance très secondaire pour le praticien.
On a trouvé dans les ovaires la dégénérescence cancéreuse, dont les symptômes ne paraissent pas différer sensiblement, du moins d'après les faits que nous connaissons, de ceux des kystes multilocnlaires ; des tubercules, qui, d'après les recherches'de M. Louis (1), se rencontrent rarement; la mélanose, ['ossification, la car- (ilaginification; des productions calcaires, des corps fibreux. Pendant la vie, on peut soupçonner, d'après la consistance, les tumeurs osseuses ou cartilagineuses ; mais le plus souvent on ne peut arriver à aucun autre diagnostic qu'à constater une tumeur de l'ovaire, et ce n'est qu'à l'autopsie qu'on en reconnaît la nature.
11 reste maintenant, pour compléter l'histoire des maladies qui occupent les organes génito-urinaires, à traiter des tumeurs inflammatoires qui se forment dans le petit bassin elles fosses iliaques, et dont un grand nombre ont un rapport direct avec les affections des organes génitaux de la femme, ou même ont leur siège primitif dans ces organes ou leurs annexes. Nous placerons, en conséquence, ces tumeurs inllammatoires dans un appendice aux maladies des voies génito-urinaires, quoique dans un certain nombre de cas la source du mal soit dans d'autres organes contenus dans l'abdomen.
APPENDICE
Tl MEURS INFLAMMATOIRES DL PETIT BASSIN ET DES FOSSES 1I.IAUUES.
L'inflammation du tissu cellulaire qui environne les organes de la génération, leurs annexes et les portions d'intestin contenues dans le bassin et les fosses iliaques, occasionne, quelle que soit la cause qui la produise, une tumeur ordinairement accessible à nos moyens d'exploration, et se termine le plus souvent par suppuration C'est cetle inflammation que nous nous proposons d'étudier ici comme une maladie particulière, distincte, ayant sa place à part dans le cadre nosologlque. Nous n'ignorons pas néanmoins que si l'on a égard aux sièges nombreux et très différents qu'elle occupe, ainsi qu'aux circonstances dans lesquelles elle se produit, ou sera plutôt porté à ne la considérer que comme un résultat d'affections très diverses Mais nous devons faire ici ce que nous avons fait déjà pour d'autres étals morbides qui, bien que consécutifs, avaient une importance pratique beaucoup rop grande pour ne pas être traités à part avec toute l'extension nécessaire : c est ce que nous avons fait en particulier pour Yœdèmc de la glotte.
(1) Recherchas analomiqucs, pathologiques et thérapeutiques sur la pkthisie, l'avis, 1813, in-8", |>. 1 12.
ht.
tumeurs inflammatoires du bassin.
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